Crowhurst - III

1. I Will Carry You To Hell
2. Self Portrait With Halo And Snake
3. The Drift
4. La Faim
5. Ghost Tropic 
6. Five Characters In Search Of An Exit
Sortie le : 5 avril 2019
Quadrupler sa fanbase en 4 ans, c’est l’effet metal, certainement la plus rassembleuse des étiquettes musicales anti-conformistes (qui ne l’est d’ailleurs pas toujours tant que ça). Après non pas un mais DEUX concerts au dernier Roadburn Festival (dont un en compagnie de Gnaw Their Tongues, logique), Crowhurst aka Jay Gambit et - désormais - sa bande nous reviennent avec III (on chroniquait le premier par ici, et le II s’écoute là), troisième long-format METAL donc depuis le virage black (quoique toujours bien mélangeur) d’un projet venu du bruit blanc le plus extrémiste et vicié et repassé par la case harsh noise une ou deux fois entre-temps.
La production est moins crade, presque limpide en comparaison des sorties précédentes dès l’entame gothique du néanmoins malsain et bien-nommé I Will Carry You To Hell. Comme sur II, on a droit à des morceaux dont le chant clair s’avère tout aussi caverneux et tourmenté, pas loin d’un Nick Cave cette fois sur Self Portrait With Halo And Snake et The Drift, finalement plus proches du post-rock et du shoegaze respectivement, où la voix est également plus en avant, entre deux saillies torturées à la frontière du screamo. Plus loin, autrement dissonant et nébuleux, parsemé d’onomatopées et de hurlements semi-gutturaux, La Faim avec ses guitares déglinguées nous rappelle finalement au génie d’un groupe capable d’ériger le malaise en art formel, tandis que le single Ghost Tropic, véritable monstre de Frankenstein, greffe dark rock atmosphérique et black metal frénétique sur 6 minutes bipolaires comme pas permis.
Enfin, Five Characters In Search Of An Exit renoue avec tous les aspects du jusqu’au-boutisme cher au Californien : metal fangeux, supplice noise ambient et purgatoire industriel, au programme d’un final mutant dont on aurait aimé qu’il reflète l’ensemble d’un disque pas entièrement à la hauteur de sa pochette monstrueuse et carnassière. Mais réussi quoi qu’il en soit !
Pas question ici de prétendre au meilleur de quoi que ce soit, ou à cette illusoire universalité qui sert d’excuse au conformisme ambiant : nombre de ces albums ne vous parleront pas mais certains pourraient contribuer à changer votre vie, et si c’est le cas pour ne serait-ce que l’un d’entre eux, l’exercice n’aura pas été vain. Avec un peu de recul, (...)
On s’en doutait un peu de la part de deux des pourvoyeurs de musiques extrêmes les plus jusqu’au-boutistes et bouillonnants de notre temps, Burning Ad Infinitum : A Collaboration est l’éclipse de soleil de cette fin d’été... tout en s’avérant, paradoxalement et de façon tout à fait surprenante, bien plus audible du commun des tympans que les (...)

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