Top albums - février 2021

Pas de date de péremption sur ces derniers grand disques d’un hiver qui rebrousse chemin, ultimes bourrasques d’un vent de fraîcheur plus que jamais nécessaire à nos nouvelles vies de chats d’intérieur.




Nos albums de février



1. Prefuse 73 - The Failing Institute of Drums & Other Percussion

4e volet d’une série en cours de sortie thématiques passées par les collages et manipulations de samples (The Failing Institute of the Sampled Source), l’ambient et la musique contemporaine (The Failing Institute of the Contras) ou encore l’expérimentation lo-fi (The Failing Institute of Tapes Upon Tapes), The Failing Institute of Drums & Other Percussion est jusqu’ici le plus typique de ce à quoi nous a habitués depuis maintenant près d’un quart de siècle le touche-à-tout Guillermo Scott Herren sous l’alias Prefuse 73. C’est aussi le meilleur, et peut-être bien sa plus belle réussite sous ce patronyme, en tout cas la plus enthousiasmante depuis les deux premiers albums du projet, Vocal Studies + Uprock Narratives et One Word Extinguisher. Le musicien s’y est en effet adjoint les services de deux batteurs et percussionnistes qui apportent à ses constructions rythmiques une sensation de liberté flirtant avec le jazz et l’improvisation, et surtout une qualité organique voire boisée épousant à merveille les textures ambient et les mélodies cristallines de ces vignettes électronica/hip-hop plus rêveuses et bucoliques que jamais. Pas un hasard s’il y est question à plusieurs reprises, et même par field recordings interposés, de s’échapper avec les oiseaux, un exercice auquel l’Américain se prêtait brillamment via l’ambient-folk impressionniste de son regretté projet Savath & Savalas, dont il parviendrait presque ici à égaler les sommets.

(Rabbit)


2. Ol’ Burger Beats & Vuyo - Dialogue

Pour faire suite à une collaboration entamée en mai 2020 avec le MC Vuyo, le beatmaker norvégien Ol’ Burger Beats, habitué aux rencontres bien senties (Chester Watson, Jeremiah Jae, Pink Siifu, Quelle Chris... rien que ça... réunis en 2017 sur l’excellent Mind Games) nous met au parfum d’un Dialogue. pour le moins intelligent : celui d’un feelgood movie de soul rap où le groove trône en haut de l’affiche, la détente en décor permanent. Là où All Yours sentait fortement le doux r’n’b, c’est plutôt les effluves d’un jazz plus organique et viscéral que l’en ressent ici, c’est la chaleur en tube venue du grand froid, qui picote les orteils au point d’en danser... des drumkits acoustiques merveilleusement bien choisis, des basses rondes à faire frémir, des samples parfaits et la nonchalance d’un flow réconfortant qui déroule des histoires comme un tapis, pour un résultat qui sent bon le chill et l’oisiveté. Un disque à siroter sans modération autant au coin du feu que les pieds dans l’eau !

(Riton)


3. Water Music - Bones

Après un Starland aux textures rêveuses et un brin troublantes, par moments presque lynchiennes (on y retrouvait d’ailleurs ce titre, pas un hasard), MJ Barker nous avait gratifiés de quelques sorties désormais introuvables, à l’image de ce Void. Serait-ce donc que l’Australien manque de confiance en son talent ? On espère en tout cas que Bones ne subira pas le même sort des oubliettes de l’internet tant on s’est déjà attaché à ce nouvel opus superbement dépouillé au songwriting aussi intense qu’évident (cf. The Great Divide et ses airs du Calexico de la grande époque avec l’outback australien à la place du désert de Sonora, et surtout le déjà classique Youth, mélodie de ce début d’année pour ceux qui aiment à réchauffer leur solitude post-covidienne à la flamme de Nick Drake notamment), sur lequel la voix du Melbournais évoque plus que jamais feu Sparklehorse, influence évidence sur cette folk rêche et intimiste aux affleurements électriques saturés, partagée entre lumière et mal-être. Téléchargez donc l’album sans tarder, demain il sera peut-être trop tard !

(Rabbit)


4. Lael Neale - Acquainted with Night

Vous aimez Mary Lattimore et Hope Sandoval ? Alors vous n’aurez sans doute aucune difficulté à apprécier Acquainted With Night, deuxième album de l’Américaine Lael Neale. Les chanteuses évoluant dans un registre folk s’inspirant de Mazzy Star sont nombreuses et peinent bien souvent à nous surprendre au-delà d’une poignée de titres inspirés. La voix, aussi majestueuse et angélique soit-elle, ne fait pas tout. Et dans ce registre, Lael Neale part peut-être avec un léger déficit puisque sa voix de velours n’est pas tout à fait aussi somptueuse - comment lui en tenir rigueur ? - que celle de Hope Sandoval. Alors l’Américaine compense ce léger déficit avec une tension de tous les instants, créée à partir d’une base extrêmement minimaliste, se rapprochant en ce sens de Mary Lattimore si ce n’est qu’à défaut de la harpe chère à l’auteure de Silver Ladder, c’est ici l’omnichord, pendant électronique à l’autoharpe, qui est utilisé. Avec peu de sons, Lael Neale développe un univers mélodieux, gracile et inspiré. Un délice.

(Elnorton)


5. Aalborg - And This is How​​.​​​.​​.

Groupe clermontois signé chez le prolifique label Araki Records, Atypeek et Juggernoise, Aalborg produit un rock binaire en mineur, tantôt lourd, comme sur le final de Wind Walkers où la rythmique semble lutter contre une tempête de sable pour continuer à marquer le tempo, tantôt aérien, comme sur Velvet Water, où les accords de guitare flottent et emportent l’auditeur dans une douce méditation. Avec ce quatuor qui réunit des membres de Untitled With Drums, Birmingham et Niandra Lades, on flirte régulièrement avec le post-rock de Mogwai. Mais le timbre de la voix rappelle, quant à lui, celui de Morrissey et d’ailleurs, c’est tout The Smiths qui résonne parfois dans ces airs lents et mélancoliques. On peut aussi y apprécier les élans shoegaze et noisy de Grace, par exemple. Bref, un condensé de guitares noires et rappeuses pour des chansons gothiques qui transpirent une ferveur authentique, emballé dans une pochette au visuel classieux et inspirant. Un bel objet.

(Le Crapaud)


5. Konejo - Beetz

Extrêmement prolifique - il a déjà sorti l’excellent Friendly Faces EP : The Error 404 Tape entretemps - Konejo fait varier les plaisirs et explore, après un Snapping Back In plus cinématographique, un univers teinté de beats percutants, de collages astucieux, de mélodies immédiates et de guests talentueux parmi lesquels Noventa, Klimperei, Otrno Slvani et bien d’autres. Long, puisque composé de trente-cinq titres, Beetz n’est cependant jamais redondant, le nombre d’invités et les centres d’intérêt élargis du Français lui permettant de s’aventurer dans des ambiances variées allant d’un hip-hop lo-fi aux musiques atmosphériques, en passant par des missives percutantes et des expérimentations abstraites. Bel exercice de style.

(Elnorton)



5. Menahan Street Band - The Exciting Sound of Menahan Street Band

Passé la pochette (d’autres diraient une “mochette”) à l’esthétique discutable et dont on ne voit pas bien le rapport avec la musique, ce disque de Menahan Street Band vaut le détour. Le collectif new-yorkais signé sur le prestigieux label de Sharon Jones, Daptone, ne fait pas vraiment des albums de musique, mais directement, des boîtes à samples des années 60/70. Ou plutôt, c’est par un jeu de billard à trois bandes que le groupe a trouvé son style : à l’instar d’autres formations cuivrées, comme The Budos Band, le travail d’un Adrian Younge ou encore, tout récemment, l’album pastiche d’Aaron Frazer, Introducing... , il s’agit de jouer la soul, le funk, le groove, bref tout ce qui caractérise la Black Music produite il y a environ 50 ou 60 ans, mais comme s’il s’agissait d’un disque méconnu déjà allègrement pillé par les producteurs de hip hop et dont on connaîtrait déjà, par ricochet, tous les morceaux. Drôle d’idée ! Mais, à l’écoute de ce troisième album du groupe, cela fonctionne très bien et, de par la composition, le timbre des instruments et le grain très spécial (l’effet “analogique”) de l’enregistrement, on est d’emblée plongé, avec un mélange d’amusement et de nostalgie, dans l’ambiance moite et groovy d’un Quincy Jones, d’un Marvin Gaye (sans la voix) ou de façon plus discrète, d’un Ennio Morricone. Dans le cas où vous auriez un projet de filature urbaine au crépuscule, c’est la bande-son parfaite !

(Le Crapaud)


8. 90 (Noventa) - Novlangue Tome 2

Suite logique du Tome 1, ce Novlangue nouveau (pléonasme !) en reprend comme un leitmotiv certains éléments-clés : la mise en musique sur deux titres de poèmes de Ghérasim Luca avec lequel Noventa partage le goût d’une phonétique atypique, morbide aux entournures et l’envie de réinventer la langue (jusqu’à en improviser une nouvelle sur l’anxiogène Zar Onda Nav, répondant à Droit et à sa diction en reverse façon Loge Noire dans Twin Peaks), les effluves de trip-hop latino malaisant à la Tricky (Basta Ya, toujours avec Mad Clay déjà présent sur le Ya Cayo de l’opus précédent), le scat et les rires de coulisses de l’amie Folle Alliée, le morceau d’ouverture aux airs de plongée dans une psyché tourmentée, le hip-hop abrasif nourri à l’indus, à l’abstract des débuts de Mike Ladd ou Def Jux et à l’expérimentation bruitiste (Cancérigène, Tu Laisseras Quoi ?), les cordes cinématographiques et hantées (Accident, comme un épilogue mental d’Allongé sur le vide), l’urgence de l’album pris sur le vif et annoncé pas même fini pour mieux capter le mal-être, la spontanéité et l’inspiration du moment. On y retrouve aussi, bien sûr, ces atmosphères sombres et désespérées déjouées par des collaborations ludiques, ce flow désabusé et ces courants de pensée, cut-ups d’idées, de sensations et d’émotions qui refusent tout cliché. Encore un grand disque, en somme, de l’anti-rappeur français le plus important de ces 20 dernières années.

(Rabbit)


8. Jam Baxter - Obscure Liqueurs

Conséquence logique d’une collaboration avec Lee Scott (Happy Hour at the Super Fun Time Party Dome Megamix 3000), Jam Baxter semble avoir transité pour de bon de High Focus à Blah Records, l’autre grand label hip-hop à l’exigence décontractée d’outre-manche. Pour autant, il conserve et affine sa ligne toute en basses profondes, mélodies inquiétantes et storytelling sombre et dépressif dont les accents gothiques se reflètent plus que jamais sur la pochette de cet Obscure Liqueurs. La production, confiée cette fois à un certain Sumgii, est un écrin sans fioritures au flow désabusé du Britannique, intégrant avec la subtilité d’un minimalisme classieux la substantifique moelle des tendances enfumées du hip-hop anglais, tout en apportant cette touche d’étrangeté urbaine des heures indues sous influence psychotropique, qui culmine sur les polyrythmies bricolées d’un Feek flirtant avec l’esthétique de la grande époque de Brainfeeder.

(Rabbit)


Les EPs du mois


1. Christophe Bailleau - Persistance

Il n’est jamais simple de parler d’un disque soutenu par le netlabel affilié à notre webzine. Néanmoins, si nous avons fait le choix de défendre le dernier EP de Christophe Bailleau, c’est bien parce que nous étions convaincus de ses immenses qualités. Dès la première écoute, les poils se hérissent, les frissons apparaissent et les textures subtilement arrangées sauront satisfaire l’auditeur habitué aux abstractions ambient cristallines. Le concept de l’EP consiste à inviter un partenaire sur chacun des titres, et l’on se délectera tour à tour de l’irruption inattendue mais jouissive des arpeggiators sur 77 Affairs avec Paradise Now, des circonvolutions électroniques de Jules Nerbard sur Perhaps ou de celles, plus rythmiques et hantées, de A Limb sur 11H60. Mais c’est évidemment à l’habileté et à l’élégance de Christophe Bailleau que Persistance doit son caractère envoûtant, le Français basé en Belgique ouvrant les vannes en grand au point de faire le grand écart entre Tangerine Dream et Aphex Twin sans jamais perdre son à-propos. La virtuosité au sens large.

(Elnorton)



2. Thamel - Ballads In Plain Be Sharp

Adepte du Buchla Music Easel, mythique synthé modulaire des années 70, le Belge Thamel aka Jérôme Mardaga est sûrement pour nous la révélation de cette sélection. On doit au sus-mentionné Christophe Bailleau la découverte de ces rêveries hivernales, pures et malléables comme la neige de la pochette, où les flâneries poétiques entre la nature en sommeil et les astres (Never Cry Swans) côtoient avec la même ampleur le spleen entêtant des souvenirs (Decade) et de longues déambulations aux recoins plus inquiétants à l’image de cette forêt perdue dans la brume en arrière-plan (cf. le crescendo final du morceau d’ouverture fleuve Ballad In Plain Be Sharp). Un véritable moment de magie, d’introspection mystique et de dépaysement kosmische qui à l’instar de Persistance n’a d’EP que le nom, du haute de ses 4 morceaux pour 43 minutes.

(Rabbit)



3. Scvtterbrvin - P​.​H. Lovecraft

Troisième EP d’une série de sorties courtes (entamée avec Paradise Hell et Purgatory Heaven) produites par d’autres, ce nouvel EP de Scvtterbrvin mis en musique par Abomination Oner et Hi_Post reste fidèle aux atmosphères cinématographiques chères au boss du collectif Red Lotus Klan de San Diego : finalement plus inquiétantes et hypnotiques, intrigantes et opiacées que vraiment malsaines, hantées par les soundtracks de films d’horreur à l’ancienne sans pour autant céder aux facilités du glauque ou du jumpscare. Référence au film le plus lovecraftien de John Carpenter, In the Mouth Of Madness donne le ton avec ses boucles cristallines aux ambiances Chinatown de film noir, et la suite, papillonnant de la NBA (Tim Donaghy) à RoboCop (Clarence Boddicker), ne déroge pas à cette esthétique d’un rap sombre et sans chichis dont les samples charrient autant de malaise urbain que de lyrisme mélodique et de mélancolie.

(Rabbit)



4. LPF12 - A Clear Bright New Sky

Sascha Lemon est si productif qu’il est parfois difficile de suivre l’avancée de tous ses travaux. Néanmoins, pour les éventuels fidèles lecteurs de notre webzine qui n’auraient pas encore découvert l’univers de LPF12, nous ne saurons que trop recommander l’écoute de l’EP A Clear Bright New Sky, représentatif du talent et de l’ambition de l’Allemand tout en présentant l’avantage - diront les plus pressés tandis que les gourmands considéreront cet élément comme un défaut - d’apparaître sur un format resserré inhérent à l’EP. Nappes désolées, déconstructions soniques, granulations mélodieuses, piano brumeux voire synthétiseurs tutoyant Boards of Canada (Keep You Out Of My Mind), l’ambient de LPF12 est protéiforme mais toujours fascinante.

(Elnorton)




Les bonus des rédacteurs


- Le choix de Rabbit : C. Reider & Christophe Petchanatz - Ghost Factory

Après le Comeladien Rainbow de Nuit, recueil de ballades nomades enregistrées avec David Fenech et faisant la part belle aux mélodies acoustiques de bric et de broc et aux harmonies joliment déglinguées à grand renfort d’instruments atypiques aux sonorités bringuebalantes et de field recordings du quotidien, on retrouve ici Christophe Petchanatz aka Klimperei sous une facette qu’on lui connait moins, celle de l’expérimentation ambient hypnotique et inquiétante. En compagnie de C. Reider, le Lyonnais anime sur Ghost Factory une poignée d’ectoplasmes des plus fascinants, faits d’instruments bitcrushés et de phasers mouvants (deux qualificatifs qui siéraient d’ailleurs tout à fait à la pochette du disque), de beats sourds et de drones organiques, de pads cristallins et de field recordings manipulés, ballet de fréquences intrigantes voire anxiogènes mais jamais pesantes qui culmine sur le magnétique Apocalypse Of Absence.



- Le choix de leoluce : USA/Mexico - Del Rio

N’en déplaise aux copains, une bonne dose de saine violence bien déviante pour rompre le paradigme électro-ambient-pop-hip-hop développé jusqu’ici : "La musique psychopathe d’USA/MEXICO a encore franchi un pas (et franchement, je ne me doutais pas qu’il y avait encore un pas à franchir après la boue déchirante de Matamoros). Pour un peu, on dirait du drone (glauque et purulent, le drone) et le trio semble avoir largué les amarres, s’éloignant de ce qui le rattachait encore au monde connu. C’est bien ce qui surprend le plus, la manière qu’ont Craig Clouse, Nate Cross et King Coffey de systématiquement se réinventer tout en malaxant exactement la même matière. On pourrait trouver la musique d’USA/MEXICO vaine, inutile et dénuée de fond mais elle est définitivement l’antithèse de tout ça. Elle est jusqu’au-boutiste, c’est vrai mais aussi salutaire, vitale, politique, subversive et dangereuse".

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Les tops des rédacteurs


- Le Crapaud :

1. Fire ! - Defeat
2. Lent - Croix-bâton
3. Prefuse 73 - The Failing Institute of Drums & Other Percussion
4. Aalborg - And This is How​​.​​​.​​.
5. Ol’ Burger Beats - Dialogue.
6. Archie Shepp & Jason Moran - Let My People Go
7. Lael Neale - Acquainted with Night
8. Menahan Street Band - The Exciting Sound of Menahan Street Band
9. Tendinite - Neither/Nor
10. Work, Money, Death - The Space In Which The Uncontrollable Unknown Resides, Can Be The Place From Which Creation Arises

- Elnorton :

1. Water Music - Bones
2. Lael Neale - Acquainted with Night
3. Prefuse 73 - The Failing Institute of Drums & Other Percussion
4. Ol’ Burger Beats & Vuyo - Dialogue
5. Sébastien Radiguet - Lentomania
6. Konejo - Beetz
7. Mogwai - As The Love Continues
8. Indigo Sparke - Echo
9. Aalborg - And This Is How...
10. 36 & Awakened Souls - The Other Side of Darkness

- leoluce :

1. Mainliner - Dual Myths
2. Usa/Mexico - Del Rio
3. The Martha’s Vineyard Ferries - Suns Out Guns Out
4. Freak Genes - Power Station
5. OLO - Sombre

- Rabbit :

1. Prefuse 73 - The Failing Institute of Drums & Other Percussion
2. C. Reider & Christophe Petchanatz - Ghost Factory
3. Massaith - 4 · My Inner Demons Speaks · Chapter One
4. Jeremiah Cymerman / Charlie Looker - A Horizon Made Of Canvas
5. Funki Porcini - Drift To This
6. Jam Baxter - Obscure Liqueurs
7. Water Music - Bones
8. 90 (Noventa) - Novlangue (Tome 2)
9. Caulbearer - Occultation
10. Mandrax & Captagon - IndusHeartIssues

- Riton :

1. Ad Nauseam - Imperative Imperceptible Impulse
2. Prefuse 73 - The Failing Institute of Drums & Other Percussion
3. Ol’ Burger Beats & Vuyo - Dialogue
4. Dax Pierson - Nerve Bumps (A Queer Divine Dissatisfaction)
5. Menahan Street Band - The Exciting Sound of Menahan Street Band
6. 90 (Noventa) - Novlangue (Tome 2)
7. Konejo - Beetz
8. Jam Baxter - Obscure Liqueurs
9. Jazz Spastiks - Camera of Sound
10. Alkerdeel - Slonk


Articles - 21.03.2021 par La rédaction