Top albums - mai 2017

Croyez-le ou non, en mai, il y avait une vie en dehors des compils IRMxTP, et malgré toute l’attention portée à nos Vol. 1 - I Had the Strangest Dream Last Night (The Owls Were Silent) - et 2 - The Lonesome Foghorn Blows (The Secret of Knowing Who Killed You) - on n’en oublie pas l’actu bouillonnante de cette fin de printemps, en témoigne cette sélection de 12 sorties indispensables des semaines écoulées garantie 100% sans Twin Peaks ajouté.




Nos albums du mois





1. Oxbow - The Thin Black Duke

"Avec sept galettes en trente ans, on peut dire qu’Oxbow prend son temps. Mais qu’importe, de notre côté, on ne s’en est jamais lassé. Après le phénoménal The Narcotic Story de 2007, place aujourd’hui donc à Thin Black Duke, un album absolument pas concept sur pas du tout David Bowie (enfin, si, concept sur le « Thin Black Duke » en question tout du moins).
Un disque suintant la douleur et à la bestialité domptée. Un disque aux relents de sécrétions corporelles et d’hémoglobine. Un disque Janus où le moindre adoucissement mène au combat, où les coups dans la gueule se transforment en gros câlins. Un disque aussi dont les sonorités suspectes participent à l’édification de grands morceaux. Un disque enfin dont on se doutait qu’il allait ressembler à ça mais qui prend tout de même par surprise. Un putain de chef-d’œuvre.
Basse fretless en avant, riffs biscornus à tous les étages, piano, sifflements, cordes vibrantes et pizzicatos, cuivres divers et toujours la voix d’Eugene qui râle, qui crie, murmure, caresse, balance ses coups et feule. Une orchestration dense, riche et raffinée (Joe Chicarrelli à la production fait une nouvelle fois des merveilles) habille désormais leur blues personnel, toujours des plus singuliers. Oxbow suit de loin la voie de The Narcotic Story, celle d’un rock sombre et élégant qui n’en demeure pas moins infiniment fracturé.
Le groupe n’a jamais paru aussi domestiqué mais dans le même temps, la puissance perdure là où on ne l’attend pas. Dans les arrangements, dans le besoin que l’on sent vital de sortir des sentiers battus et de la routine. Même quand il se met en tête d’étoffer son squelette, le groupe le fait avec l’énergie du désespoir. Jusque-là, Oxbow sentait la rue, le cloaque et plantait ses crocs dans la jugulaire urbaine, désormais, il opte pour un intérieur cosy avec fauteuil en velours et beau parquet. Qu’importe, là aussi, il reste cet animal aux aguets près à vous sauter à la gueule. Derrière l’apparent apaisement, les lames de fond électriques et sombres perdurent, la dangerosité aussi."

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(nono & leoluce)



2. Ecid - HowToFakeYourOwnDeath

De l’épique, groovesque et mélodique 100 Smiles And Runnin’ dont les Atmosphere de la grande époque, ses voisins de Minneapolis, n’auraient pas renié l’introspection sarcastique, au plus électronique Pheromone Heavy truffé de basses profondes et de constructions rythmiques alambiquées en passant par ses collaborations goth et schizophréniques avec Awol One (cf. ici et ) ou ses productions indie/soulful pour Sole ou Dwell Divine, le patron de l’excellent petit label indie hip-hop Fill In The Breaks n’avait jamais démérité, mais il manquait toujours à Jason Mckenzie un vrai magnum opus, un truc puissant et intelligent, épuré et percutant, cool et ténébreux, mélangeur et idiosyncratique à la fois qui laisserait une trace sur le hip-hop des années 2010. Bonne nouvelle, avec ses lignes hypnotiques de basses/beats ultra-deep et de guitares lo-fi, ses arrangements électro clairs-obscurs évoquant Restiform Bodies, ses mélodies rappées/chantées dignes du Why ? d’antan, ses samples vocaux baroques à souhait et un storytelling aussi jouissif de nonchalance affichée que touchant d’humanisme sous-jacent HowToFakeYourOwnDeath, blindé de tubes underground en puissance (Placebo fx, Grieving Mantra, Breaking Up With Death et Guru en tête), parvient à sonner dans le même temps comme la quintessence de la disco du MC et producteur alt-rap ricain et l’héritage le plus crédible d’un label Anticon aujourd’hui moribond. Grand.

(Rabbit)



3. Do Make Say Think - Stubborn Persistent Illusions

"Le travail d’écoute est fondamental chez les Canadiens et il apparaît d’emblée qu’aucun instrument ne cherche à tirer la couverture à lui. Ce n’est donc pas l’un de ces innombrables disques de post-rock cherchant à copier ses aînés qui nous est offert. Non, Do Make Say Think fait justement partie de ces aînés qui ont compris que leur jardin était déjà défriché et que pour se renouveler, il fallait chercher des idées dans celui du voisin pour mieux revenir biner le sien.
Les cordes désarmantes d’un Her Eyes On The Horizon cinématographique tout en retenue évoquent ainsi l’univers de Godspeed You ! Black Emperor, et c’est même le spectre de Sonic Youth qui est ressuscité sur And Boundless mêlant guitares claires et enchaînements expérimentaux.
Constructions à tiroirs, sincérité et évidence de la démarche allant du free-rock de Tortoise (Bound) à un math-rock aux guitares anguleuses jamais redondantes (As Far as the Eye Can See), les neuf compositions de ce septième LP de Do Make Say Think sont toujours en mouvement. S’il a fallu huit ans au combo de Toronto pour accoucher d’un tel disque, grand bien lui en a pris. En post-rock peut-être plus que dans bien d’autres mouvements, la précipitation est souvent l’ennemi du bien."

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(Elnorton)



4. KRS-One - The World is MIND

Alors oui, autant en parler tout de suite, KRS-One a fait une boulette, dans Hip Hop Speaks From Heaven, un titre hommage aux rappeurs ayant passé l’arme à gauche, le Teacha a confondu le regretté MCA des Beastie Boys avec un Ad-Rock qui est lui toujours bien vivant... C’est ballot, c’est couillon, mais c’est anecdotique et ça ne justifie en rien de boycotter ce The World is MIND qui est jouissivement excellent !
Avec 51 ans au compteur, 13 albums solo et 30 ans dans le rap jeu (depuis Criminal Minded des Boogie Down Productions, pfffiou), KRS-One a toujours le feu sacré en lui. Pas une ride, on pourrait l’entendre claquer un Sound Of Da Police entre chaque piste que ça passerait encore tout seul ! Un retour en force après plusieurs albums dispensables, mais un retour qui fait bouger la tête avec sa bonne grosse dose de boom-bap vintage à la frontière des années 90/2000, c’est brut, dur, frontal, traditionnel pour qui connait le bougre, mais le constat est que ça fonctionne toujours aussi bien. Du boom-bap des familles, ok, mais avec sa cargaison de pépites, RAW B.E.A.T, Same Shit ou You Ain’t Got Time en tête. A premiére vue, on pourrait trouver ça bizarre que The World is MIND ait été produit et enregistré à Liverpool et pas aux States, mais quand on connait la vitalité de la scène boom-bap anglaise, on comprend rapidement que ce choix ait été le bon. Pour le reste, KRS-One reste droit dans ses bottes, digne, il pose son gros flow avec classe, rage et maîtrise. Il ne reste plus qu’à cliquer sur play et à chopper un torticolis !

(Spoutnik)



5. Andrea Belfi - Ore

Tout ou presque a été dit sur Andrea Belfi dans nos pages, tant l’homme aux mille projets semble faire partie des meubles, sans toutefois prendre la poussière. Magnifiant tout ce qu’il touche, le batteur italien à l’équipement minimaliste (son fameux kit Saari) oscille entre post-rock instrumental, electro ambient ritualiste ou bien plus dark, jazz expérimental ou krautrock. Pourtant cet Ore, la faute à une date de sortie un peu tardive dans le mois, a bien failli passer à la trappe dans le top... bien heureusement rattrapé en plein vol par un soufflé de basses et de caresses sur les toms, de sons de modulaires fourmillants et tombant en gouttelettes dans le creux des oreilles, bien haut de bout en bout, d’Anticline à Syncline. On y retrouve l’intensité d’un Alveare (dont parlait Rabbit en début d’année) dans une production dantesque, masterisée par Nils Frahm (qu’Andrea Belfi accompagnait dernièrement sur scène au sein du génial Nonkeen) et signée sur l’excroissance bien partie d’Erased Tapes, FLOAT. Seul bémol : la durée bien trop faible de ce septième album studio mais une envie permanente d’y revenir. Au bout de quelques écoutes, on en vient même à se demander ’’Quel Ore est-il ?’’.

(Riton)



5. Slowdive - Slowdive

"De tout temps, l’homme a rêvé. Il se perd dans ses pensées. Médite. Et Slowdive est en ce sens un catalyseur hors pair. De Slomo, classique instantané qui fait hésiter en permanence entre envolée aérienne voluptueuse et hymne dansant pour sous-sol, au piano binaire d’un Falling Ashes final et mélancolique qui aurait trouvé sa place sur l’épure de Pygmalion, les Anglais alternent les temps forts et les pauses propices aux rêveries.
En plus d’un single Star Roving au flux instrumental dense auquel se mêle l’imperturbable chant de Neil Halstead et quelques saccades assurées par Rachel Goswell, il convient d’ajouter comme temps forts ce Sugar For The Pill désarmant de lumineuse fragilité et surtout No Longer Making Time, autre instantané s’apparentant à un hymne sacrificiel qui reproduit petit à petit ce fameux « mur du son » inhérent au genre dream-pop sur fond d’accords mineurs.
A l’image de ce dernier, les huit titres de Slowdive sont surtout solides sur le plan de la trame narrative, là où certains se contentent de reproduire de manière superficielle les éléments immergés d’une recette ayant fait leur succès. La cohérence apparaît comme le maître-mot de ce disque. [...] Il faut bien se l’avouer, si Slowdive dégageait déjà ce petit supplément inexplicable qui en faisait un pilier de la dream-pop, le fait qu’il soit le seul (parmi ceux qui ont osé) à avoir réussi son retour ne fait que renforcer ce statut spécial d’empereur (bien malgré lui) du shoegaze."

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(Elnorton)



7. Ships in the Night - Myriologues

"Le chant de Ships In The Night fait partie de ceux qui marquent les esprits tant les harmonies délicates sont mâtinées d’une couche d’éther qui contribue à installer en permanence une incertitude sensorielle. Si un rapprochement devait être effectué, ce serait potentiellement du côté de Julee Cruise ou Hope Sandoval qu’il faudrait se diriger. Les synthétiseurs froids et les percussions métronomiques, parfois étouffées mais toujours intransigeantes, rappellent même Massive Attack. Comme un symbole, il y a quelque chose de The Spoils, collaboration entre les deux derniers artistes cités - le combo bristolien et la chanteuse de Mazzy Star - sur Deathless.
Capable d’évoquer une oraison funèbre décomplexée (Elegy) et de proposer une synthpop underground (Dark Places), une vaporwave cotonneuse (In Dreams) ou même de s’orienter vers une pop atmosphérique transcendante par sa clarté (Myriologues), Ships In The Night présente une palette sonore aussi large que cohérente et profonde. Celle qui dit s’inspirer de Mazzy Star et Brian Eno est assurément l’une de ces artistes pour lesquelles il n’est pas trop hâtif d’affirmer qu’elle a déjà un univers. Et celui-ci est aussi fascinant que réjouissant. La beauté dans la tourmente, en quelque sorte.
Myriologues fait donc partie de ces disques dont on sait déjà qu’ils gagneront en profondeur au fil des écoutes. La densité est perceptible dès la première attention qui lui est accordée, mais il faudra s’y replonger plus sérieusement pour en percevoir toute l’immensité."

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(Elnorton)



8. Ol’ Burger Beats - Mind Games

Jeremiah Jae, Jalal Salaam, Chester Watson, Quelle Chris, Denmark Vessey, Oliver The 2nd, Pink Siifu, on lit ça et on se dit que cette liste d’artistes présents sur Mind Games LP est un piège à peine dissimilé pour le chroniqueur moyen d’IRM ! Un piège parce que ces rappeurs sont juste ce que nous préférons dans le hip-hop ricain actuel, un piège parce que la coolitude inhérente à leurs plumes fonctionne quasiment à chaque fois, mais complètement subjectivement, un piège dans lequel nous tombons toujours avec un plaisir savoureux !
Après, pour être honnête, peu au courant des tenants et des aboutissants de la scène hip-hop norvégienne (mis à part Ivan Ave qu’on croise ici comme par magie), le chroniqueur moyen d’IRM ne connaissait pas Ol’ Burger Beats avant cette bombe... Mais quelle découverte ! Le producteur osloïte assure le cachou avec les félicitations du jury ! Dans des tonalités jazzy avec des loops délicieux de piano ou de cuivres, des beats suaves et des basses délicates, il assure des sommets de beatmaking moderne en version introspective, élégante et minimale. Et les rappeurs présents ? On va juste dire qu’ils sont tous fidèles à eux-mêmes dans l’excellence, leurs particularités verbales et stylistiques s’accordent ici parfaitement et cette union nous amène à des summums de chillitude qui avec les températures estivales pourrait bien faire des étincelles. A écouter jusqu’à l’overdose !

(Spoutnik)



8. Juana Molina - Halo

"Il ne reste plus grand-chose de la folk avec laquelle Juana Molina avait pris l’habitude de nous hypnotiser. Et tant mieux. Il n’est jamais trop tard pour défricher de nouveaux horizons et la quinquagénaire l’a compris depuis bien longtemps sans qu’il ne s’agisse là d’une simple pose. Voici pourquoi quelques réminiscences de ses productions précédentes apparaissent avec parcimonie et en ce sens, le point culminant semble coïncider avec le point final sur un Al Oeste qui se rappelle au bon souvenir des guitares en bois dont le gimmick répétitif semble se dédoubler pour soutenir une voix plus désemparée que jamais sur ce disque.
Difficile d’isoler quelques titres plus marquants que les autres, les moments forts variant selon les écoutes qui permettent de mieux mesurer la densité de l’œuvre de Juana Molina. Les déambulations dans un labyrinthe glacial promises par un Lentilsimo Halo épuré, la course minérale effrénée d’un Cosoco sec et vaporeux à la fois ou la rétention forcée d’un Estalacticas aux audacieuses cascades électroniques pourront néanmoins illustrer l’ampleur de la créativité de Juana Molina qui n’a finalement d’égal que son insouciante ambition artistique."

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(Elnorton)

8. Ho99o9 - United States of Horror

La rébellion s’organise ! Après les assauts répétés signés Anal Trump, c’est au tour de Ho99o9 de lâcher un vomi à la face d’une Amérique pro-Trump raciste et blanche ! Découvert grâce au clip coup de poing War is Hell et à une réputation brûlante en live, le duo du New Jersey fait dans le brutal, le chaotique, l’agressif et le salvateur. Sorte de mélange un tiers punk hardcore, un tiers hip-hop tendance horrorcore, un tiers trap décadente, Ho99o9 pourrait être le fils caché ultra-violent et hyperactif conçu durant une énorme partouze entre Bad Brains, Atari Teenage Riot, Death Grips, Spark Master Tape, Black Flag et The Prodigy. Alternant tour à tour tous ces différents visages sur United States of Horror, les deux activistes montrent qu’ils savent tout faire et le moins que l’on puisse dire, c’est que le cahier des charges est respecté, ça soulage grave !

(Spoutnik)




Notre EP du mois



- Féroces - Victor

Pour leur deuxième EP, Féroces ont fait le choix du changement dans la continuité. Tout doucement, à petits pas, quelques effets un peu plus new wave se sont glissés ça et là dans le post-rock cinématique du combo, qui emprunte cette fois-ci ses voix aux films de Philippe de Broca, Jean-Jacques Beineix, Noémie Lvovsky, Gilles Behat, Jean-Marc Moutout et Patrice Leconte. Accompagnés chacun par un code couleur et une vidéo signée Nicotine, les six morceaux intenses (sauf une respiration bienvenue fort justement nommée J’attends qu’il m’arrive quelque chose) nous entraînent une fois de plus dans les tourments du cinéma d’auteur français, avec un son toujours plus tendu et des mélodies imparables. Après leur impeccable premier EP, leur magnifique participation à notre IRMxTP sous la forme d’un hommage à peine déguisé au Cure de Disintegration et leur réécriture d’un classique de My Bloody Valentine, le trio bisontin infatigable revient donc aux affaires avec un son plus personnel et transforme l’essai avec brio. A noter que la sortie physique de cet EP est attendue pour septembre.

(lloyd_cf)




Notre beat tape du mois



- Bonzo Speechless - The Rotten Lust

Essai transformé pour le beatmaker le plus excitant du moment chez IHAA après son split cauchemardé avec le noiseux Tenshun en janvier dernier. On vous a mis ça en beat tape du mois mais c’est surtout qu’on savait pas vraiment quoi en faire, trop court pour un album, trop hors-format pour un EP, parler de hip-hop instrumental à propos de The Rotten Lust n’en serait pas moins par trop réducteur tant ces deux suites d’atmosphères malaisantes enchaînent à coups de drums lo-fi qui claquent, craquèlent et crispent les tympans des segments abstract, psyché, noise voire même black metal. Autant de plongées aussi brèves que vertigineuses dans un subconscient malfaisant auxquelles l’Ukrainien superpose des dialogues d’obscures séries B d’épouvante, au diapason de la pochette baroque et des samples ciné morbides facilitant les transitions entre les vignettes lourdes et sursaturées qui composent chaque face de ce nouveau bijou horrifique édité sur cassette par le génial petit label DIY d’outre-Atlantique. Pour se faire une idée, imaginez-vous un Terra Tenebrosa hip-hop, un Sixtoo enterré vivant ou un DJ Shadow circa Endtroducing du côté obscur s’associant avec Morricone pour réinventer les BOs des vieux giallos de Mario Bava, ci-gît Bonzo quelque part au milieu et c’est tant mieux.

(Rabbit)




Le choix des rédacteurs



- Elnorton :

1. Slowdive - Slowdive
2. Mac DeMarco - This Old Dog
3. Ships in the Night - Myriologues
4. Do Make Say Think - Stubborn Persistent Illusions
5. Aphant - Another Other

- Leoluce :

1. Oxbow - The Thin Black Duke
2. Biosphere - The Petrified Forest
3. Buzz Rodeo - Combine
4. Animal Youth - Animal
5. Ho99o9 - United States of Horror

- Lloyd_cf  :

1. Slowdive - Slowdive
2. Ships in the Night - Myriologues
3. Aldous Harding - Party
4. Alex G - Rocket
5. Fazerdaze - Morningside

- Rabbit  :

1. Andrea Belfi - Ore
2. Gimu - Gone Again, Haunted Again
3. Ecid - HowToFakeYourOwnDeath
4. Black Swan - Travesty Waves
5. Do Make Say Think - Stubborn Persistent Illusions

- Riton :

1. Andrea Belfi - Ore
2. Full of Hell - Trumpeting Ecstasy
3. Ecid - HowToFakeYourOwnDeath
4. Oxbow - The Thin Black Duke
5. Juana Molina - Halo

- Spoutnik :

1. Ol’ Burger Beats - Mind Games
2. Bisk - Gutter City
3. KRS-One - The World is MIND
4. The Diabolical Doctor Strange and Friends - Doctor Strange and Friends
5. Ho99o9 - United States of Horror

- Spydermonkey :

1. Oxbow - The Thin Black Duke
2. Moon Duo - Occult Architecture Vol. 2
3. Do Make Say Think - Stubborn Persistent Illusions
4. Soley - Endless Summer
5. KRS-One - The World is MIND



Rendez-vous dans un mois pour la sélection de juin si BOB ne nous a pas drainé de toute notre énergie vitale avant.


Articles - 18.06.2017 par La rédaction
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