The Brian Jonestown Massacre - Take It From The Man !

1. Vacuum Boots
2. Who ?
3. Oh Lord
4. Caress
5. (David Bowie I Love You) Since I Was Six
6. Straight Up And Down
7. Monster
8. Take It From The Man
9. B.S.A.
10. Mary, Please
11. Monkey Puzzle
12. Fucker
13. Dawn
14. Cabin Fever
15. In My Life
16. The Be Song
17. My Man Syd
18. Straight Up And Down

1996 - Bomp Records

Sortie le : 28 mai 1996

Take It From The Man ! (1996)

Sûrement l’album le plus efficace du groupe, le plus rentre-dedans, celui qui donne envie de sauter dès la première chanson, et qui ne s’essouffle pas surtout. C’est LA bombe du BJM, qui ne fléchit pas, ne faiblit pas. Si je devais vous conseiller un album pour commencer, ce serait celui-là, rien que les premières chansons sont caractéristiques du BJM en général (avec Who monté sur ressorts, Oh Lord, chanson Hollywoodienne par excellence et (David Bowie I Love You) Since I Was 6, ballade lascive aux sonorités surprenantes). Anton atteint sûrement son paroxysme de créativité sur cet album, en produisant autant de bombes en une seule année. Je pourrais tenter de lister les chansons excellentes sur cet album, mais c’est impossible, c’est un album qu’on s’approprie, comme toute la discographie du BJM, c’est d’ailleurs là que ma démarche est totalement subjective, chacun sera touché par des chansons différentes, tant il y en a de bonnes…

On arrive aussi à un changement sonore, léger, mais perceptible. Je me rappelle que mon père avait dit, en l’écoutant dans la voiture : « On dirait qu’il a enregistré ses guitares avec l’ampli de son petit frère ». Le son est crade, garage, mais pas toujours, souvent une acoustique ou une slide vient compléter la mélodie d’Anton. On pourrait dire que cet album est le plus stonien, dans la façon de chanter d’Anton (sur Take It From The Man par exemple, c’est frappant), dans les guitares et la basse, qui se fait moins présente que sur Their Satanic Majesties’ Second Request . Mais les paroles deviennent aussi plus engagées, plus paranos et provocatrices, rock’n’roll (“Serving magazines to sell you used things”). Il faudrait faire un autel pour cet ouvrage de psychédélisme, pour ces tambourinades exactement bien placées, pour ces rythmiques étudiées, pour ces backing vocals totalement allumés, pour ces mélodies gigantesques, prenantes comme du Bowie, pour ces envolées à la guitare, qui révèlent un Anton vraiment profusément bon.

Si il ne devait rester plus qu’une chanson sur cet album, ce serait Straight Up & Down, deuxième du nom, clôturant l’album sur une envolée de onze minutes sur un thème unique, un refrain entêtant, du talent musical et une subtile reprise de Hey Jude à la toute fin, confondue dans le brouhaha sonore, en chœur, chantée aussi faux que possible...

Le séisme est passé, vous pouvez reprendre une activité normale, ou relancer le CD sur la platine, encore et encore. Premier excellent album, il dévoile un groupe au talent sans limite, qui ne se satisfait pas de sortir deux albums géniaux la même année, qui va jusqu’à un troisième, presque une distraction acoustique, comme s’il suffisait à Anton d’éternuer pour sortir des tubes.


( moiz )

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