Bill Callahan - Woke On A Whaleheart

Premier album de Bill Callahan sous son propre nom, Woke On A Whaleheart finit de dissiper totalement les nappes brumeuses qui entouraient la musique de Smog.

1. From The Rivers To The Oceans
2. Footprints
3. Diamond Dancer
4. Sycamore
5. Wheel
6. Honeymoon Child
7. Day
8. Night
9. Man Needs A Woman Or A Man To Be A Man

date de sortie : 16-04-2007 Label : Drag City

Depuis les excellents Supper et A River Ain’t Too Much Love , Bill Callahan sous son pseudonyme Smog a délaissé son folk lo-fi janséniste dans lequel il s’était laissé enfermer pour se tourner vers une musique plus lumineuse qui fait la part belle aux mélodies beaucoup plus accueillantes. Sous son propre nom, il publie aujourd’hui son nouvel album Woke On A Whaleheart qui poursuit dans cette veine beaucoup moins introspective.

Dès le premier titre, la sublime ballade au piano From The Rivers To The Ocean, Bill Callahan se reconvertit en crooner décadent sachant transcender le quotidien ordinaire comme personne (“And that beautiful thing you said, lying in bed /about all the things I could think of at the end of the day”). Tout au long du disque sa voix distanciée virevolte au milieu d’une production riche enfin digne d’un songwriter aussi talentueux. Woke On A Whaleheart délaisse en effet le dépouillement passé pour un son chaleureux composé de basses chaudes, arpèges de guitares cristallins et lignes de piano aériennes. Du groovy Diamond Dancer à la country poussiéreuse de The Wheel, Bill Callahan continue à tracer sa route au sein de l’Amérique des laissés pour compte, celle qui respire la solitude et qui a le goût des alcools frelatés. Cette Amérique c’est celle des perdants, des paumés et des rebelles. C’est celle de William Faulkner et Sam Peckinpah, celle de Johnny Cash (A Man Needs A Woman Or A Man To Be A Man) et Lee Hazlewood (Honeymoon Child).

Sur l’inusable Sycamore, l’ex-Smog laisse les guitares papillonner et s’enlacer autour d’une rythmique souple pour permettre à son songwriting de s’envoler à des hauteurs inestimables. Ecouter un morceau à la beauté aussi fragile après avoir accompagné Smog dans ses moments les plus sombres revient à apercevoir la lumière filtrée dans une pièce noyée dans la pénombre. Bill Callahan se pose plus que jamais en compagnon d’infortune dont les disques sombres et introspectifs dégagent mystérieusement des propriétés thérapeutiques rassurantes.

Treizième étape d’une discographie foisonnante et passionnante, Woke On A Waleheart confirme la place prépondérante de Bill Callahan sur l’échiquier de la musique américaine. A l’instar de celle d’un Bonnie Prince Billy, sa musique s’éloigne peu à peu du dépouillement passé pour se tourner vers un classicisme unique, tout simplement la marque de fabrique des grands songwriters.

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