Calexico + Kurt Wagner (Lambchop) - Social Club (Paris)

le 8/09/2008

Calexico + Kurt Wagner (Lambchop) - Social Club (Paris)

Tout d’abord, saluons l’initiative du journal Libération qui nous a offert cette soirée sous le signe de cette Amérique qui nous fait rêver et vibrer, celle de Calexico et de Lambchop. Cette soirée spéciale sur simple présentation d’un encart, à l’occasion de la sortie du dernier album de la bande de Tucson à savoir Carried to Dust, promettait d’être belle et chaude, et elle le fut.

En ouverture de cette soirée, Kurt Wagner est arrivé par derrière en se faufilant au milieu des spectateurs massés dans la salle évidemment comble du Social Club. De sa voix si particulière, il s’est mis à psalmodier un chant tel un prêcheur ou un bluesman américain en traversant la foule. Ce fut bien entendu une entrée remarquée qui donnait le ton de la soirée, celui de la bonne humeur et de la proximité. Auparavant, il s’était déjà distingué par sa courtoisie et son humilité en saluant les quelques personnes qu’il croisait avec un réel plaisir. Une fois monté sur scène, il s’installait sur une chaise avec une simple guitare pour mener à bien sa prestation solitaire. Toujours affublé de sa casquette, il se montrait à la fois détendu et concentré, même si on le sent, cet artiste est assez réservé de nature. Dés lors et durant ce concert, une curieuse et étrange impression planait au dessus. Les chansons interprétées ce soir se révélaient dans leur plus simple dénuement et sans aucune fioriture. Il n’y avait pas l’orchestration habituelle et enchanteresse de Lambchop, cette formation de Nashville dont il est le leader. D’ailleurs, celle-ci n’a jamais fait beaucoup de bruit mais propose des ballades d’un charme élégant et suranné depuis une quinzaine d’années, en s’inspirant de toutes les musiques traditionnelles de la country au folk en passant par le blues. Les chansons alanguies et vaporeuses de Lambchop défilaient ainsi au ralenti et se déployaient au rythme d’arpèges inspirés et travaillés. Ce moment rare et intense inspirait le respect et le silence de la part d’un public captivé et attentif. Mais la plupart des titres joués ce soir étaient encore inconnus, ils donnaient bien cette impression de toute beauté et délicatesse mais se révélaient difficiles à apprivoiser. Finalement, il faudra donc attendre la sortie du prochain album Oh Ohio prévu pour cet automne, pour apprécier de nouveau ces morceaux sous leur véritable forme.

Après avoir apprécié cette prestation, les membres de Calexico pouvaient prendre la relève. Joey Burns était au chant et à la guitare tandis que John Convertino officiait à la batterie. Le groupe se présentait donc sous sa plus simple forme à savoir le duo à l’origine de cette formation après quelques temps passés au sein de Giant Sand. De manière surprenante, c’était sous le signe de l’électricité que les deux compères présentaient leurs nouvelles compositions. Les ambiances mariachi étaient quelques peu éclipsées pour laisser la place à des chansons à la fois rugueuses et encrassées mais toujours empreintes d’une mélancolie agréable et ensoleillée. Le public ne s’y trompait pas et appréciait rapidement ces ballades entraînantes et caressantes qui naviguent entre blues et folk-rock. A travers ces nouvelles compositions électriques, la magie était comme espéré bien présente, même si nombreux étaient les doutes concernant ce nouvel album. Ils ont été en grande partie levés avec notamment un Two Silver Trees bien plus passionnant en concert. Cette bonne impression était sans doute due à un Joey Burns qui s’est montré heureux d’être sur scène et vraiment proche du public, mettant une bonne ambiance avec un remarquable sens de l’humour. Sur le deuxième morceau, il s’est ainsi mis à chanter des paroles en français à la Katerine qu’il disait adorer ne cessant de faire son apologie. Il s’est amusé notamment avec le « Je coupe le son » afin de provoquer son assistance. Il en a profité pour raconter aussi qu’il appréciait beaucoup la scène nantaise citant pêle-mêle Dominique A, Françoiz Breut (avec qui il avait fait un duo, il y a quelques années) et les French Cowboys, un bien bel hommage à tout ce joli monde. Il n’en fallait pas plus pour convaincre le public qui a eu rapidement le sourire aux lèvres et l’a gardé jusqu’à la fin de leur prestation.

Pour terminer en beauté, Kurt Wagner quelque peu impressionné a rejoint le duo pour un rappel avec une dernière chanson, lui au chant et ses deux amis de longue date à l’accompagnement. Il n’y a rien à dire de plus, ce genre de soirée, on en redemande encore.


( darko )

 


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