Bibio - Ambivalence Avenue

Ambivalent, ce quatrième album de l’anglais Bibio l’est assurément. Sa signature cette année sur un label Warp désormais ouvert à la pop ou la soul comme à l’acoustique et au hip-hop lui aurait-elle donc tourné la tête ?

1. Ambivalence Avenue
2. Jealous Of Roses
3. All The Flowers
4. Fire Ant
5. Haikuesque (When She Laughs)
6. Sugarette
7. Lover’s Carvings
8. Abrasion
9. S’Vive
10. The Palm Of Your Wave
11. Cry ! Baby !
12. Dwrcan

date de sortie : 22-06-2009 Label : Warp Records

Déjà auteur en début d’année d’une petite merveille d’électro-acoustique brumeuse, nostalgique et rêveuse (on se gardera bien cette fois de parler de "folktronica", non que le terme eut été déplacé mais plutôt de peur de réveiller l’allergie du bonhomme) sur le label Mush Records déjà responsable de ses deux premières sorties, c’est chez Warp que l’on retrouve aujourd’hui Stephen James Wilkinson aka Bibio avec ce quatrième opus kaléidoscopique qui le voit élargir nettement son champ d’influences, sans pour autant se défaire de l’esprit qui faisait tout le prix du sus-décrit Vignetting The Compost, ou du tourbillon onirique qui s’ensuivit un mois plus tard sous la forme d’un EP tout bonnement fabuleux, Ovals And Emeralds, dont on imagine que le son proche de celui d’un Boards Of Canada ne fut pas étranger à l’intérêt témoigné par le label anglais.

Des 70’s aux 90’s, c’est en effet à un retour vers le passé, le sien qui sait, que nous convie Bibio. Folk anglaise baroque, mélancolique et hors du temps (Abrasion), électronica stratosphérique (Cry ! Baby !) ou abyssale (Dwrcan, dont le titre à lui seul ne manquera pas d’interpeller les amateurs d’Autechre), balbutiements d’enfants et autres bruits du quotidien comme échappés d’un film en Super 8, funk romantique pleine de guitares wah-wah hâchées et séquencées (Jealous Of Roses), pop folklorique et psychédélique (Ambivalence Avenue), acid-house au groove bancal teintée de breakbeat lascif façon Flying Lotus (S’Vive) ou bribes de soul scratchées avec la virtuosité d’un Cut Chemist sur une bonne vieille platine analogique (Fire Ant, à faire pâlir de jalousie les dépositaires du catalogue de feu J Dilla), inspirations et atmosphères se succèdent avec une paradoxale cohérence, évoquant pourquoi pas le souvenir d’une enfance pastorale (le nom "Bibio" faisant référence à la mouche qu’avait l’habitude d’utiliser son père lors de leurs parties de pêche au pays de Galles) puis d’une jeunesse perdue sans doute entre rêve et drogues douces, entre solitude et soirées branchées.

Des réminiscences dont le cadre même des morceaux ne semble pas réussir à contenir le flux : sur Haikuesque (When She Laughs), une poptronica éthérée mais désenchantée s’éteint bientôt pour laisser place à une plage ambient égarée dans la nébuleuse du temps, tandis que la délicate mélodie de guitare acoustique de Lover’s Carvings, digne de Nick Drake ou Linda Perhacs, s’ouvre sans prévenir au rythme du disco et d’un chant néo-soul à la Mocky. Autant dire qu’une oreille distraite aura tôt fait de cataloguer Bibio en élève doué mais coupable d’imiter trop de maîtres à la fois. Et pourtant, si l’un d’eux et non des moindres puisqu’il s’agit justement de Marcus Eoin, moitié de Boards Of Canada, célèbre déjà le prodige anglais comme remède indispensable à une électro de plus en plus lisse, policée et proportionnellement vidée de sa substance, ça n’est certainement pas un hasard.


Top Soil, l’un des sommets bucoliques et vaporeux de Vignetting The Compost, transposé en vidéo de façon très personnelle par Stephen James Wilkinson lui-même. A voir également, dans le même esprit, ses mises en images de Torn Under The Window Light et Mr. & Mrs. Compost extraits du même album.

On vous conseillera donc de prêter une oreille attentive et même les deux à ce fourre-tout présumé, car il n’en a que l’apparence et malgré une accroche immédiate qui ne s’embarrasse pas forcément des subtilités de l’album précédent, c’est bel et bien au fil des écoutes, une fois familiarisé avec chaque pièce de l’ensemble, que vous apparaîtra la trame générale, ce fil conducteur impalpable sûrement plus métaphysique qu’esthétique, et davantage en rapport avec une sensation diffuse qu’avec une véritable atmosphère : celle de démêler les fils d’une existence, de toucher, d’une certaine manière, au mystère de l’identité.


A découvrir sur myspace, avec notamment un sampler des morceaux de l’album ainsi que deux extraits, Ambivalence Avenue (également disponible en single avec Fire Ant en face-B) et Jealous Of Roses.

Quant à l’EP Ovals And Emeralds, c’est Mush Records qui vous l’offre en écoute dans son intégralité.

Chroniques - 30.06.2009 par RabbitInYourHeadlights
 


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