Top albums - novembre 2011

De la grisaille du Finistère à la matière noire du cosmos infini, Indie Rock Mag vous fait un zoom arrière vertigineux façon Google Earth revu et corrigé par Michael Bay. Attachez vos ceintures, c’est le top novembre et une fois n’est pas coutume c’est 100% sans pop ajoutée.


1. Robin Foster - Where Do We Go From Here ?

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Robin Foster - Where Do We Go From Here ? disponible sur Amazon.fr

On s’envole de Brest où l’Anglais Robin Foster a élu domicile il y a maintenant près de 15 ans. Après quelques saisons à composer au sein de Beth, futurs Moneypenny, ce sont des influences autrement plus cinématiques qui éveillent l’intérêt du guitariste en solo, passant alors par l’étape obligée du tout instrumental avec un Life Is Elsewhere connoté post-rock, presque trop. Il aura fallu l’arrivée de Dave Pen, chanteur d’Archive, au sein du projet pour que l’inspiration du bonhomme trouve un nouvel élan, loin des recettes classiques du genre avec lequel ce premier opus jonglait certes habilement mais sans vraie prise de risque. Résultat, un deuxième album qui fait déjà l’unanimité sur notre forum et dont l’ampleur doit tout autant à cet horizon de flots gris-bleu à perte de vue cher aux Finistériens qu’au souvenir d’une Angleterre que le musicien avait quittée en pleine gloire à la fin des années 90, alors même que la folle ambition de Radiohead de marier les progressions d’un rock mélodique aux soubassements d’une électronica plus aventureuse faisait écho au rayonnement taciturne de la scène de Bristol. L’idéal pour décoller sans trop d’à-coups.

< Where Do We Go From Here ? dans le streaming du jour >

2. Dale Cooper Quartet & The Dictaphones - Métamanoir

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Dale Cooper Quartet & The Dictaphones - Métamanoir disponible sur Amazon.fr

C’est toujours la pointe de la Bretagne que l’on survole avec Dale Cooper Quartet & The Dictaphones mais la petite troupe élargit quelque peu le champ de ce bilan. Signé sur le label allemand Denovali, l’univers des auteurs des Parole De Navarre et Métamanoir est en effet à la mesure de l’écurie des Kilimanjaro Darkjazz Ensemble, Aun et autres Infinite Light Ltd. comme des paysages embrumés du Finistère qui semblent avoir marqué cette musique aux contours flous, au même titre que la nébuleuse ambient-jazz du label Rune Grammofon ou les films de David Lynch : langoureux, impressionniste, mystérieux et parfois un peu inquiétant. Autant dire qu’on ne sait pas vraiment où l’on met les pieds et c’est justement en cela que le groupe passionne, capable d’arpenter au sein d’un même morceau le genre d’impros erratiques qu’on connaissait aux Norvégiens de Supersilent et les saturations mélancoliques d’un drone plus lancinant, de mêler les effluves opiacées d’un blues hypnotique réminiscent des clubs interlopes de Blue Velvet ou Lost Highway aux friches atonales d’un David Sylvian illuminées par le chant en apesanteur de Ronan Mac Erlaine et Gaëlle Kerrien, quand ils ne laissent pas la part belle aux vocalises de succube tout aussi aériennes de Zalie Bellacicco.

< l’avis express de nono >

3. 65daysofstatic - Silent Running

65daysofstatic - Silent Running disponible sur Amazon.fr

BO alternative d’un vieux film de SF écolo des 70’s commandée par le festival de Glasgow puis sortie en vinyle grâce au soutien financier des fans du groupe, on pouvait légitimement craindre le pire de ce nouvel opus de 65daysofstatic, et d’autant plus au sortir des Labyrinths rétro-futuristes agencés par son guitariste et bidouilleur en chef Paul Wolinski aka Polinski sur un premier album solo inondé de beats trance épuisants et de claviers au romantisme saturé à la croisée d’un Mondkopf en plus technoïde et des derniers M83. C’est pourtant justement l’occasion qu’auront choisie les Anglais pour nous surprendre à nouveau, laissant tomber l’emphase binaire de leur décevant We Were Exploding Anyway de l’an dernier au profit d’une dynamique plus organique toute batterie en avant qui nous envoie droit dans l’espace sur un crescendo de piano lyrique, de guitares flamboyantes et autres distorsions synthétiques en guise de rampe de lancement. Une fièvre voyageuse qui sans renouer tout à fait avec l’essence anxieuse et chaotique du génial The Fall Of Math, refait enfin honneur à l’ambition épique de ses auteurs.


4. Zëro - Hungry Dogs (In The Backyard)

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Zëro - Hungry Dogs (In The Backyard) disponible sur Amazon.fr

Retour en France enfin mais depuis ce cosmos qu’avaient coutume d’explorer nos voisins allemands dans les années 70 avec leurs fusions cosmiques de psychédélisme hypnotique et d’électronique balbutiante, comme quoi tout se tient. La tête dans les étoiles donc mais les pieds bien vissés dans la roche en ébullition, le rock des mythiques lyonnais remet les guitares et l’essence du blues au premier plan, mais pour mieux les fondre dont la chape de plomb d’un post-punk sous haute pression dont le syncrétisme magmatique coule droit devant lui et brûle tout sur son passage. La noise d’ici se réclamait depuis longtemps de Deity Guns ou de Bästard, il faudra désormais payer tribut à leur plus récente incarnation pour avoir su concilier énergie forcenée et goût pour les sillons atmosphériques plus souterrains avec autant de classe et de jusqu’au-boutisme décomplexé.

< Hungry Dogs (In The Backyard) dans le streaming du jour >

Sur ce, on en termine avec les tops mensuels pour ce cru 2011, mais pas sans vous avoir fixé un dernier rendez-vous début janvier pour le bilan de l’année du Forum Indie Rock. A bientôt en 2012 !



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jeudi 22 août 2019


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