Le streaming du jour #457 : VA - ’I Hope It Shines On Me - A Tribute To Codeine’

Pionniers de ce fameux "slowcore" dont l’étiquette sans queue ni tête colle toujours à la peau de leurs éminents héritiers de Low, les New-Yorkais de Codeine donnaient il y a peu leur premier concert en 18 ans. Reformés en réponse à l’invitation de Mogwai pour une date exceptionnelle à Londres dans le cadre du festival I’ll Be Your Mirror, voilà même nos Chris Brokaw, John Engle et Stephen Immerwahr repartis pour une tournée dans la foulée. Comme quoi l’influence de ces héros des 90’s que l’on pensait oubliés de beaucoup est encore bien vivace, et même tout particulièrement de l’autre côté des Alpes où une douzaine de groupes viennent de célébrer l’évènement en livrant leurs relectures toutes personnelles des classiques du trio.

C’est White Birch Records qui régale, jeune structure italienne basée à Pistoia et peu connue chez nous, à l’image du gros des intervenants de ce tribute offert au téléchargement dont certains avaient été révélés par le label sur album ou EP. C’est notamment le cas de Walking The Cow, dont le foisonnant Pea aux arrangements baroques et duo de voix crève-cœur s’impose d’emblée comme le sommet de la compilation, mais aussi de Werner, auteurs d’un Broken Hearted Wine folky et habité par un violon poignant, ou encore de Ka Mate Ka Ora ouvrant les hostilités sur les refrains à combustion lente d’un Cave In qui vient nous rappeler pourquoi les massifs métalleux du même nom avaient jugé bon de choisir cette appellation en référence aux auteurs de Frigid Stars.

Car l’influence de Codeine s’étend bien au-delà du cercle des rockeurs sous analgésiques, des Red House Painters à Bedhead, comme en témoignait notamment la reprise du sus-nommé Pea par Nadja sur l’excellent When I See The Sun Always Shines On TV en 2009. Ainsi le doom doit-il énormément lui aussi au dépouillement électrique tout en riffs alanguis et en rythmiques appesanties des premières heures de la formation, et les amateurs ne seront donc qu’à moitié étonnés de se frotter aux six minutes plombées et saturées d’un Cigarette Machine revu et corrigé par Idle God ou à la tension pesante de Crimen, entre deux incursions noisy dues à Baby Blue (via un Castle dissonant et désarticulé) ou encore aux excellents The Marigold, dont l’aridité menaçante et désincarnée trace un trait d’union avec l’univers de Slint qui n’avait pas manqué d’inspirer Codeine à l’époque.

Enfin, on trouve également sur cet I Hope It Shines On Me (référence là encore au parfait Pea) quelques digressions du plus bel effet, citons la power-pop aux guitares shoegaze de Shelly Johnson Broke My Heart, le trip-hop électrique d’Old Boy mâtiné de synthés façon Vangelis, le romantisme bluesy et capiteux de Verily So, l’ambient-rock nébuleux et narcotique de Derma et surtout la glitch-pop d’In A Sleeping Mood, qui vient clore l’album sur les accords de piano lumineux et les programmations fuyantes d’un Vacancy instrumental au spleen solaire :


Autant dire que l’on n’a pas fini de faire de belles découvertes en creusant les diverses pistes transalpines ouvertes par cet hommage plus que conseillé.


Streaming du jour - 17.07.2012 par RabbitInYourHeadlights
... et plus si affinités ...
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mardi 7 juillet 2020


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