Le streaming du jour #702 : John Mannion - ’Slice Through Or​/​In Glassmetal’, Crowhurst - ’Death Van’ & Omaniescum Aorisum - ’Mademoiselle Hélène’

Triplette harsh noise au menu d’aujourd’hui pour nos lecteurs aux tympans bien trempés, IRM décline toute responsabilité en cas de saignements inopinés.

On commence par l’Américain John Mannion, membre du Red Light Collective et d’une pelletée de groupes électro/noise tels que The Cathode Terror Secretion, Yellow Tears, Halflings, Teeny Bopper et on en passe. Avec Slice Through Or​/​In Glassmetal, le voilà qui débarque avec sa scie-sauteuse et ses partitions de Penderecki brûlées au chalumeau du côté d’Hanson Records, mené de main de maître par une autre figure de l’expérimentation indus/harsh, l’ex Wolf Eyes Aaron Dilloway dont on ne citera pas les multiples projets parallèles parce que dans son cas, il y en a vraiment trop. Disons seulement pour planter un peu le décor que l’auteur du récent Siena a vu passer par les rangs du label, en 20 ans d’activisme dans le bruit mystique ou le dark ambient cosmique, des pointures telles que Kevin Drumm, Prurient, Emeralds ou plus récemment Trepaneringsritualen, alias ésotérique du Suédois Thomas Ekelund dont on parlait ici. Une tradition transgressive dans laquelle s’inscrit pleinement ce premier LP signé en solo par Mannion sous son véritable patronyme, alternant progressions anxieuses mêlées de murmures insidieux, crescendos d’Airbus au décollage et tronçonnages stridents sur fond de déferlements métalliques et autres grouillements implosifs hantés par les vocalises de succube d’une chanteuse d’opéra, avec un sens du contraste qui devrait vous faire jouer de la mollette de volume deux ou trois fois par piste pour sauver vos tympans du carnage si par malheur vous avez eu l’idée d’écouter ça au casque. Un choc :


Désormais bien connu des lecteurs d’IRM, notre second violeur auriculaire du jour nous emmène en virée dans son van de l’enfer, destination l’apocalypse et ses abysses de damnation. Pas vraiment de pics de violence cette fois malgré un artwork à vous rendre borgne au premier coup d’œil, Crowhurst et ses collaborateurs récurrents (parmi lesquels des membres de Yuggoth, Opacities, Dive Signals ou Black Leather Jesus) nous emportent au gré de leurs murs de drones électriques et de leurs coulées de lave noise-ambient semées de clous rouillés et autres échardes poncées au larcen. Pas étonnant que Death Van se termine sur une reprise funeste à souhait du fantasmatique Rose Clouds Of Holocaust de Death In June, final aussi surprenant que réussi avec au micro Jay Gambit lui-même :


Enfin, on se quitte avec le premier album hautement cinématographique - découvert en fouinant sur le blog curieux Nova Express - du mystérieux Poitevin Omaniescum Aorisum, qui n’est pas tout à fait un Boucher malgré les multiples références au film homonyme dont les samples émaillent ce Mademoiselle Hélène portant le nom de son personnage féminin incarné par Stéphane Audran. Néanmoins, si l’on y croise une romance insulaire pour le moins... volcanique et le spectre jeté au bûcher d’une Gymnopédie d’Erik Satie, l’ensemble évoque bel et bien la psyché tourmentée du Popaul de Chabrol, plongée harsh monolithique et sans issue dans les méandres d’une conscience obscurcie par sa violence latente :


Streaming du jour - 22.03.2013 par RabbitInYourHeadlights
... et plus si affinités ...
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mercredi 19 décembre 2018


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