Le streaming du jour #1113 : I Am A Curse - ’Sequel for an Unforgiving Wreckage : Civil Wars’

Un peu à la bourre pour faire du dernier album d’I Am A Curse notre streaming du jour, mais comme Sequel for an Unforgiving Wreckage : Civil Wars, sorti le 22 mai, tourne encore sur nos platines, qu’il ne laisse jamais s’éveiller la lassitude et qu’il est toujours en téléchargement libre, ça ne coûte vraiment rien d’en dire quelques mots !

Dans un mélange savant de hardcore et de crust, I Am A Curse se fait le porte-parole d’une guerre civile universelle, à la fois politique et mentale, extérieure et intérieure, elle s’incarne aujourd’hui dans une paire d’album succincts mais puissants, où la qualité de la production est au service de compositions intelligemment ravageuses. Après la baffe du Prequel, il fallait s’attendre au coup de la Sequel. Le récit brutal de ces batailles sanglantes se fait désormais dans une ambiance apocalyptique, que le quatuor manceau a chercher à mettre en avant par des effets cinématographiques, pour mieux révéler le caractère narratif de sa musique.

Sur ce second album, un son plus brillant que sur le précédent substitue l’efficacité à la lourdeur. Les dernières traces d’une influence émo-core ont été balayées, il ne reste plus qu’une litanie déchirante, tirée d’une gorge écorchée. La plainte se fait plus brûlante, mais moins urgente. C’est à cause de ses longs développements contemplatifs, que le groupe doit subir qu’on lui colle régulièrement un "post-" au cul. Le premier album était déjà post-hardcore, signe d’un punk complexe, au tempo retenu, à la production métal et aux structures alambiquées, le second emprunte carrément au post-rock ses paysages imaginaires, ses moments suspendus dans des limbes de guitares. Mais ici toujours saturées de sang, elles entremêlent leurs larsens stridents et leurs accords sourds pour peindre ces cités dévastées par le conflit perpétuel des hommes. Ce post-rock bourrin n’est pas aérien, mais rampant, à bout de souffle dans une tempête de cendres.

Si Sequel for an Unforgiving Wreckage : Civil Wars a le mérite d’être sévèrement burné, on ne peut cependant pas lui prêter une grande originalité stylistique. Les codes sont respectés, mais à peine renouvelés. Il faut attendre ...to Give Way to the Pallid Hue of Despair, le cinquième et dernier morceau de cet album définitivement court, pour gagner la nouveauté du disque : un moment de calme où s’élève un chant de plusieurs voix, à l’unisson, à pleins poumons. Ils nous l’avaient déjà fait le coup du chœur a capella (ou presque) sur The Wreck, mais ici, c’est de l’entendre en français qui produit la surprise. Ce refrain de grand soir au champ lexical de la lutte marque une pause judicieuse au milieu du chaos. Balancé avec les tripes, il offre un souffle mérité à l’auditeur. Un souffle qui n’est pas seulement celui du chant, mais celui qui inspire le courage de la révolte, c’est un souffle d’air chaud. Dans ce décor de désolation, I Am A Curse ne reste pas à genou dans la lamentation, mais tient la station droite et le poing haut, invite les survivants à se tenir par la main, à se rassembler pour sortir vainqueurs d’un combat perdu d’avance.


Streaming du jour - 26.06.2014 par Le Crapaud
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mardi 29 septembre 2020


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