Le streaming du jour #1398 : Chambers - ’Sigma Flare II’ & ’Satellites’

Régulièrement célébré dans nos pages, depuis l’excellent Adhere estampillé Miasmah, pour son ambient lugubre et anxiogène où se côtoient percus martiales, piano funeste et drones étouffants, l’ex Yellow Swans, Gabriel Saloman avait ouvert les vannes il y a deux ans à une mélancolie plus hypnotique et vaporeuse au côté de Peter Broderick sur le label de ce dernier, Beacon Sound, touchant notamment au dub sur fond d’orchestrations élégiaques au détour du composite Man Of The Streets, étrange pop song atmosphérique de 10 minutes.

Une collaboration qui a sûrement eu sa part d’influence sur le projet qui nous occupe aujourd’hui et voit le Canadien associé à son compatriote Michael Red, lui même adepte d’un dubstep minimal et mutant marqué par les travaux impressionnistes de Stefan Betke aka Pole, comme en témoignait notamment l’excellent EP MM002 du label Modern Math en 2013. A la croisée des abstractions électroniques métamorphes et tendues du second et des soundscapes plus viscéraux du premier, on a donc Chambers, qui nous gratifie cette année de deux sorties tout aussi fascinantes l’une que l’autre d’épure et de luxuriance mêlées, entre anxiété et contemplation.

Commençons donc par la plus aboutie, Sigma Flare II, suite comme son nom l’indique de l’anxiogène et pullulant Sigma Flare I de l’an passé, lequel se caractérisait par la présence d’idiophones aux sonorités plus mystiques. Toujours chez Debacle Records (label expé de Seattle que l’on avait un peu perdu de vue depuis une paire d’années mais il faut dire aussi que l’écurie de Samuel Melancon avait très largement réduit le rythme effréné des sorties comme annoncé dans cette interview accordée à IRM fin 2011), cette seconde partie laisse ses instrus oniriques s’étoffer naturellement depuis les reverbs de guitare initiales jusqu’aux denses textures d’une dubtronica sous tension downtempo, qui se déleste ensuite peu à peu de ses beats syncopés et de ses couches d’effets hallucinés pour revenir aux sources de la soupe primordiale de drones océaniques dont elle s’était tout d’abord extirpée - soupe, soupe... façon de parler hein, si c’était vraiment de la soupe on en dirait pas tant de bien évidemment :



Une référence qui par ailleurs a la particularité d’être la centième de l’impressionnant catalogue de Debacle, que l’on vous engage à approfondir sans plus attendre si ce n’est déjà fait.

Ensuite, retour chez Beacon Sound avec l’un peu moins ample mais tout aussi magnétique Satellites, enregistré live puis retravaillé par Michael Red en studio. Faisant la part belle aux fantasmagories granuleuses évoquant tantôt l’écho inquiétant de quelque crypte naturelle ou les respirations malaisées de l’explorateur qui s’y aventure à ses risques et périls, les rythmiques y font peu à peu leur apparition, d’abord largement assourdies sur Emerald 2 avant de venir marteler plus ostensiblement, mais toujours à la manière d’un organisme vivant, la progression rampante puis grondante du faramineux Rio sur près de 22 minutes chimériques à souhait :


Streaming du jour - 08.09.2016 par RabbitInYourHeadlights
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mercredi 17 juillet 2019


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