L.Boy Jr. - Aether & Nostalgia

1. Ballroom
2. In the forest
3. Crystal beach
4. Melancholic mermaid
5. Abyss’s hunters
6. Wild camping
7. Far sunday
8. Metamorphosis of the city
9. Smoky cruise
10. 6 a.m.
11. Ethereal beauty
12. Infinite melody
Sortie le : 26 septembre 2018
Comme un espèce de cousin séraphique du Britannique The Caretaker avec un accent tout particulier sur le collage sonore qui se fait chez lui plus métamorphe et luxuriant (6.a.m.), L.Boy Jr. convoque la nostalgie éthérée d’un passé vu à travers le prisme en verre dépoli de nos rêves sibyllins (le fascinant et déconstruit Metamorphosis of the city) et de nos souvenirs brouillés sur ce très bel album défendu par le label japonais I Low You Records. Samplant de vieux vinyles dans des atmosphères réverbérées évoquant autant l’ambient hantologique (In the forest) que des tranches de ciné hors du temps telles que la fameuse scène du bar de l’Overlook Hotel dans Shining (Smoky Cruise), le Nantais y dévoile une facette plus envoûtante et mélodieuse, moins kaléidoscopique et opiacée que le morceau qu’il avait offert au dernier volet de notre compil hommage à Twin Peaks, UnPiAno.
Inspiré par le livre de David Toop, Ocean of Sound (publié par l’Anglais quelques années après sa double compil du même nom), dédié aux imaginaires sonores éthérés et où l’on retrouvait notamment des interviews de pionniers des manipulations musicales oniriques tels que Brian Wilson, Brian Eno, Sun Ra, Lee Perry, Kraftwerk, Aphex Twin ou Sakamoto (David Lynch y était également mentionné), le successeur du fantastique EP Peur Bleue délaisse les ambiances horrifiques de giallo psyché d’anticipation et les rythmiques héritées du hip-hop aux profit de récollections surannées que l’auteur passe au filtre baroque de ses fantasmes de futur révolu et d’ectoplasmes musicaux d’un passé persistant.
On y trouve ainsi des poussières de soul offertes à l’érosion du temps (Ballroom), des mélodies d’autrefois flottant aux portes des limbes de l’oubli (Crystal beach, ou le final Infinite melody aux synthés très Badalamenti justement), des chœurs de sirènes en lévitation sur des cumulus rétro-futuristes (Melancholic mermaid), une valse jazzy que des beats syncopés tiennent à distance d’un abîme capiteux (Abyss’s hunters), de la pop 70s zébrée d’étoiles filantes (Wild camping), un pianiste des années 20 perdu en 2046 (Far sunday) ou encore de l’ambient techno d’île déserte qui ne figure sur aucune carte hormis celle de l’imaginaire du Français (Ethereal beauty). Un album qui requiert de s’abandonner pleinement, au casque de préférence, à ses repères dépaysants pour en goûter toute la magie déliquescente, ces charmes ambivalents d’une "familière étrangeté" presque morbide et pourtant confortable voire apaisante.
On ne va pas se mentir, l’exercice est toujours difficile, surtout quand on écoute 800 albums par an déjà triés sur le volet. Mais chaque année, ça se complique encore un peu... de fil en aiguille, d’une connexion à l’autre, de labels sortis de l’ombre en artistes émergents, les découvertes nous submergent et de nouveaux horizons s’ouvrent à nous, sans (...)
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