Voxtrot + Loney Dear - La Flèche d’Or (Paris)

le 28/02/2007

Voxtrot + Loney Dear - La Flèche d’Or (Paris)

C’est non sans une certaine impatience que je me dirige vers la Flèche d’Or en vue de découvrir Voxtrot sur scène pour la première fois en France (et même en Europe). Et apparemment je ne suis pas le seul, la salle est bondée. Les effets de bouche à oreille depuis plus d’un an et la sortie de quelques superbes EPs ont fait monter la côte du groupe américain attendu comme la révélation de cette année par certains.

Le rideau rouge s’ouvre pour Loney Dear seul et muni d’une simple guitare acoustique. En provenance de Suède, le jeune homme au folk mélodique essaye d’attirer l’attention vers lui. Et il le réussit franchement malgré un brouhaha ambiant au départ. Il charme l’assistance par ses chansons simplement lumineuses et froides à la fois. Il en profite même pour faire participer les spectateurs en leur demandant de reprendre en chœur des “tadada” pendant que lui chante et joue de sa simple guitare. La voix du song-writer est capable de monter dans les aigus admirablement et de toucher qui veut bien s’y laisser prendre, avec un chant qui peut à certains moments faire penser à celui de Neil Young. Un charmant décor pour une agréable atmosphère même si la relation entre lui et son public aurait pu être beaucoup plus intime avec des chansons connues par tous. Quoiqu’il en soit, même sans cela, la découverte fraîchement signée chez Sub Pop et dont l’album Loney Noir vient de sortir début février, a réussi son passage parisien et mérite le détour. Le rideau peut se fermer pour quelques minutes le temps au groupe suivant tant attendu d’installer son matériel.

Quelques coups de guitares saturées résonnent derrière le rideau qui s’ouvre et laisse la place à Voxtrot et son accrocheur Mothers, Sisters, Daughters & Wives. La basse entraîne rapidement dans son sillon le jeune public et les deux guitares terminent de chauffer la salle dans une toute première envolée énervée. Le jeune quintet texan en provenance d’Austin surprend par sa fougue et une certaine insouciance. Décontractés et contents de jouer, les jeunes membres de Voxtrot remettent au goût du jour une certaine image de la pop anglaise, rappelant notamment aux souvenirs des Smiths. Le très remuant chanteur guitariste impressionne par son chant qui ne flanche pas malgré le faît qu’il saute souvent à l’image des spectateurs enthousiastes. Et ce n’est pas sur leur single Your biggest fan qu’il se calmera et se reposera. Même aux claviers sur Soft & Warm, le chanteur se donne à fond. Il ira également par la suite chanter en plein milieu de la foule tout en sautant en rythme avec les spectateurs. Même s’il apparaît essoufflé entre les morceaux, il continue à discuter avec le public, cela fait plaisir à voir. Mais sur la fin du concert avant le rappel, quelques inquiétudes apparaissent quand il a du mal à retrouver la voix et son souffle. Cela dure quelques secondes heureusement pour lui mais il va sûrement falloir qu’il fasse attention pour la suite de la tournée.

Evidemment, le groupe ne se résume pas qu’au chanteur, il faut aussi parler du bassiste qui prend tout aussi plaisir à jouer et arpenter la scène. Il assure de belle manière la rythmique entêtante et entraînante de ces pop-songs devant un guitariste plus en retrait, bien concentré et soucieux de jouer juste, n’hésitant pas à lâcher des soli de haute volée. A leur côté, le claviériste et le batteur métronome semblent être plus réservés mais tiennent parfaitement leur rôle. Les mélodieuses et lumineuses compositions sur scène deviennent plus dynamiques et intenses s‘éloignant quelque peu de l’univers et l’orchestration de Love et Belle & Sebastian, influences évidentes du groupe.

Le contact avec le public rapidement convaincu, même pour ceux qui ne connaissaient pas, s’est très bien passé alors que la fin du concert se termine avec une invasion de la scène par un certain nombre de spectateurs qui dansent, sans que cela ne semble troubler le groupe qui partira ravi. Maintenant avec cette belle prestation qui restera gravée comme la première de Voxtrot en France, la sortie de leur premier album se fait encore plus désirer…


( darko )

 


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