Sole - Selling Live Water

1. Da Baddest Poet
2. Shoot The Messenger
3. Salt On Everything
4. I Hope You Like My Stupid Painting
5. Respect Pt 3
6. Tokyo
7. Plutonium
8. Sebago
9. Slow, Cold Drops
10. Pawn In The Game Pt 1
11. Pawn In The Game Pt 2
12. The Priziest Horse
13. Teepee On A Highway Blues
14. Selling Live Water
15. Ode To The War On Terrorism

2003 - Anticon

Sortie le : 13 janvier 2003

Le hip-hop est mort, vive Sole !

Pawn In The Game Pt. 1 : il fallait oser du Michel Legrand sur un album hip-hop, surtout Le Messager, déjà samplé l’année précédente par RJD2 sur A Shot In The Dark - d’aucuns penseront plutôt au générique de l’émission de France 2 "Faites entrer l’accusé" via la relecture des Narcoleptics... qu’importe. Mais là où l’auteur de Deadringer s’était contenté d’une transition (et quelle transition !), Sole transcende encore davantage l’original en construisant sur ce clavecin mortuaire un morceau épique, vindicatif et virtuose en forme de chevauchée morriconienne.

Un exemple à l’image de tout l’album, d’une richesse d’inspiration peu commune (musiques de films donc, mais aussi folk de western, jazz, rock expé, ambient ou encore electronica, avec l’omniprésence discrète de ces claviers analogiques rappelant par moments l’atmosphère des meilleurs films de John Carpenter et qui deviendront par la suite l’une des principales caractéristiques de la musique de Sole et plus encore de son side project Mansbestfriend), qui ne recule devant aucune gageure : évoquer les cuivres en apesanteur et les basses à la Morricone (encore) de Portishead dès l’ouverture de l’album sur Da Baddest Poet, puis carrément sampler la voix de Beth Gibbons (Cowboys, sur l’éponyme de Portishead) quelques morceaux plus tard, sur le magistral Respect Pt. 3... on dit respect.

Tantôt vénéneux, tantôt mélancolique, souvent lyrique et parfois même poignant (Teepee On A Highway Blues, qui convoque le plus beau du grand Lalo Schifrin), Sole n’a du rappeur tel qu’on se l’imagine, que le flow... et encore : rarement phrasé hip-hop aura autant respiré l’introspection à fleur de peau, qu’il soit engagé, désabusé, angoissé ou frappé par la folie d’un monde comme plongé dans une guerre perpétuelle. Autant dire que si Bottle of Humans était déjà un grand album, à partir d’ici Tim Holland aka Sole ou Mansbestfriend, bien épaulé par la crème des producteurs du label (ici Alias, Jel, Odd Nosdam ou Telephone Jim Jesus) ne pondra plus que des chefs-d’oeuvre, toujours plus vastes et plus aboutis.


( RabbitInYourHeadlights )

- 11.03.2007 par RabbitInYourHeadlights
 


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