Sweeping Promises - You Say I Romanticize
Troisième album de Sweeping Promises, You Say I Romanticize fournit la bande son idéale d’un été déclinant.

1. Shooting Shadows
2. My Friend’s An Entomologist
3. Last Man
4. Rapture, Or...
5. Abduction On Camera
6. My Anchoress
7. Cocoon
8. Accent
9. Does He Want To Be The Weatherman ?
10. Write Lightly
date de sortie : 14-08-2026
Label : Sub Pop
On va parler d’un disque qui s’accommode très bien des degrés excédentaires. Un disque qui est tout à la fois "léger" et conforme au nom que porte ce webzine. Alors évidemment, j’écris tout ça avec de gros guillemets parce que la légèreté susmentionnée revêt parfois un certain poids et que l’étiquette indie rock est tellement floue et incertaine qu’il s’avère assez difficile d’affirmer sans ambages que le troisième album de Sweeping Promises rentre dans cette catégorie.
You Say I Romanticize fait suite à Hunger For A Way Out (2020) et Good Living Is Coming For You (2023). J’avais beaucoup écouté le premier (et je continue à le faire) et très peu le deuxième. Pourtant, rien n’avait fondamentalement changé entre eux et rien n’a encore fondamentalement changé sur celui-ci mais allez savoir pourquoi, You Say I Romanticize s’est inscrit assez rapidement dans ma boite crânienne. Son évidence mélodique, sa nervosité, ces morceaux courts et efficaces en font le genre de disque qu’on dégaine rapidement lorsqu’on veut écouter quelque chose d’excitant et d’agréable mais qui a quand même du fond et à l’instar du premier (et du deuxième que j’ai réécouté depuis), je pense qu’il ne s’épuisera pas si facilement.
Toujours ces bombinettes (post- et art-)punk rock douces amères portées par la voix formidable et démultipliée de Lira Mondal. Elle s’occupe aussi de la basse quand Caufield Schnug manipule la guitare maligne. Et cette fois-ci, c’est Spenser Gralla qui est derrière la batterie (habituellement, ce dernier les accompagne plutôt sur scène alors que c’est Schnug qui tient les baguettes sur disque). C’est que l’album a été intégralement enregistré dans leur home studio sis à Lawrence au Kansas (dont ils ne sortent que rarement, y enregistrant pléthore de groupes et y organisant pléthore de concerts) dans les conditions du live (d’où la présence de Gralla derrière la batterie) et que du coup, tout s’est resserré.
You Say I Romanticize est ainsi bien plus monolithique et claustrophobe que ne l’étaient les deux précédents et pourtant, la voix de Mondal - aussi à l’aise dans le rugissement que le murmure - insuffle pas mal de variété à l’ensemble. Extrêmement expressive, elle est capable de manier le sarcasme (My Friend’s An Entomologist) comme le plus grand désespoir (Last Man) et souvent, les deux (en plus de tout un tas d’autres choses) au sein du même morceau (Rapture, Or...). Du coup, ça a beau être complètement à l’os, le relief se montre au final très accidenté et on ne s’ennuie jamais dans le disque.
C’est vraiment minimaliste mais avec trois fois rien et quelques empilements, Sweeping Promises suggère beaucoup et donne une impression de grand foisonnement. D’autant plus que le duo aime toujours autant brouiller les pistes en parsemant son punk paranoïaque de bouts de mélodie qui s’agrafent aux neurones mais qu’il noie en cours de route (Last Man) ou qu’il dynamite via un synthé cinoque (Abduction On Camera, Does He Want To Be The Weatherman ?) tout en finissant toujours par les retrouver.
Dans ces conditions, difficile de ne pas succomber. Partant du nerveux Shooting Shadows qui ne s’embarrasse d’aucunes bifurcations inutiles pour rejoindre le tout aussi tendu Write Lightly en toute fin, le disque se montre tour à tour larvé (My Friend’s An Entomologist), arachnéen (My Anchoress), exalté (Accent) ou tout simplement imparable (Cocoon) et on suit ses pérégrinations un grand sourire aux lèvres tout du long.
Alors c’est vrai qu’à force de ressasser la même formule en plus d’en resserrer les boulons, on pourrait se dire que l’avenir de Sweeping Promises ne peut ressembler qu’à un crash sur un mur mais il me semble qu’il y a suffisamment de talent là-derrière pour que le choses se passent autrement. En outre, la dite formule se révèle in fine plutôt métamorphe, chaque disque n’étant jamais une stricte photocopie des deux autres. Celui-ci, bien que toujours aussi sec, rehausse ainsi leur écorché habituel d’un surplus de muscles et de chair.
Et de toute façon, tout ça on s’en fout un peu. ce qui compte, c’est le plaisir immédiat que procure You Say I Romanticize et ce dernier est suffisamment fort pour qu’on y revienne régulièrement.
Sale bête.

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