L’attaque des soucoupes volantes a fait long-feu

1997, souvenez-vous. Ou plutôt non, car même à l’époque presque personne n’en a parlé. Alors même que paraissait OK Computer , autre grand fossoyeur et recréateur de genres, le dream rock, la noisy pop et le folk spatial venaient d’être enterrés à tout jamais par un seul et même album, New Lands , cinquième réalisation en cinq ans d’un gringalet à lunettes de même pas la trentaine.

Son nom : Dave Pearce. Son terrain de jeu : Bristol, berceau du renouveau de la musique urbaine dès la fin des années 80 (sous l’impulsion du Wild Bunch des futurs Massive Attack), du trip-hop, à la jungle en passant par la drum’n’bass. Son statut : génie méconnu. Son bilan : six chef-d’oeuvres inclassables sous le pseudonyme de Flying Saucer Attack (en comptant les deux compilations de singles Distance et Chorus , construites comme de véritables albums, et avec l’aide de sa petite amie de l’époque, Rachel Brook - du groupe Movietone - pour les quatre premiers), faits de murs de guitares noisy en apparence opaques. Mais montez un peu le son, fermez les yeux, ouvrez votre coeur et vous vous y perdrez corps et âme.

Pourtant, les diamants noirs de Massive Attack et Portishead éclipseront sans le vouloir aux yeux de la presse et du public la lumière diffusée du fin fond des abysses du temps et de l’espace par ces albums hors-normes et hors-formats, dont l’histoire officielle n’a malheureusement toujours pas réhabilité l’auteur.

Un peu d’histoire...

Après un premier album éponyme sorti début 94 sur le propre label de Dave Pearce, Heartbeat Records, le groupe est remarqué et signé par l’indispensable label Domino, qui en publiera tous les albums suivants jusqu’à New Lands inclus. Après un dernier single, Pearce quitte alors le label, et Mirror , ultime merveille ouverte à l’électro, paru à nouveau sur Heartbeat Records, marquera la fin de l’aventure Flying Saucer Attack. Depuis, Pearce a collaboré avec Jessica Bailiff pour le projet Clear Horizon, dont l’album éponyme est sorti sur Kranky Records en 2003.

Demeuré confidentiel (la preuve, je n’ai pu trouver aucune vidéo live, ni aucun lien direct vers des mp3 officiels !), Flying Saucer Attack n’en deviendra pas moins formidablement culte, tout comme d’ailleurs The Third Eye Foundation, projet solo hybride tout aussi inclassable et vertigineux d’un autre génie discret de Bristol, compagnon d’armes de Dave Pearce aux débuts de FSA justement : Matt Elliott, malgré le beau succès critique en 1998 de You Guys Kill Me , sommet bouleversant et dérangeant d’électro torturée, ne connaîtra jamais tout à fait lui non plus la reconnaissance qu’il continue pourtant de mériter sous son véritable patronyme avec des joyaux d’inspiration plus folk comme The Mess We Made , Drinking Songs ou le dernier en date, Failing Songs . D’ailleurs tiens ça tombe bien, parlons-en de Matt Elliott, puiqu’il est de passage ce soir-même à la Flèche d’Or en companie de Deportivo, Scanners et Charlie O. Alors amis parisiens, ne manquez surtout pas d’en profiter, d’autant plus que c’est gratuit et qu’il y jouera exceptionnellement en tant que The Third Eye Foundation. Vous n’y entendrez donc sans doute pas La mort de la France, morceau folk aux paroles des plus... hum... disons directes et sans équivoque, enregistré par Monsieur Elliott (qui vit dans notre ex-beau pays depuis quelques années déjà) après l’élection de notre cher nouveau président : pour ça, il vous faudra aller sur myspace. Ou sur son site officiel si vous voulez découvrir plus d’extraits musicaux ou goûter d’abord à The Third Eye Foundation en vidéo live avant de vous décider.

Allez, en bonus, un inédit folk mutant de 10 minutes (qui pourrait bien figurer sur le prochain album du génie anglais...) en showcase au magasin de disques madrilène CD Drome en novembre 2006. Qui a dit touché par la grâce ?...


Mais pour recentrer ce billet fourre-tout sur FSA, à l’heure où s’en réclament un nombre grandissant de musiciens talentueux, d’Odd Nosdam à Stars Of The Lid en passant par FiRES WERE SHOT ou... New Lands, le temps semble venu de se repencher d’un peu plus près sur leur cas. Voici donc un lien pour écouter cinq morceaux, extraits des compilations Distance et Chorus , sur le site officiel de Domino Records, et un autre vers un excellent myspace de fan, où quatre autres morceaux (tirés de l’éponyme Flying Saucer Attack , Further et Chorus ) sont en écoute et où vous pourrez en apprendre davantage sur l’histoire du groupe de Dave Pearce.



indie rock mag - IRM des musiques actuelles


dimanche 20 octobre 2019


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