Video killed the radio star... again
"J’aime les opportunités qu’offre le 21ème siècle pour présenter son travail de différentes manières". C’est par ces mots que Michael Stipe expliquait il y a quelques semaines son ambition de réaliser une vidéo pour chaque titre du quinzième album de R.E.M., Collapse Into Now.
Réalisateurs indépendants, vidéastes, documentaristes, plasticiens, écrivains ou acteurs touche-à-tout, la liste incluant le chanteur lui-même au côté de sa soeur Lynda était alléchante :
1. Discoverer (Michael & Lynda Stipe)
2. All The Best (James Herbert)
3. Überlin (Sam Taylor Wood)
4. Oh My Heart (Jem Cohen)
5. It Happened Today (Tom Gilroy)
6. Every Day Is Yours To Win (Jim McKay, Chris Moukarbel & Valerie Veatch)
7. Mine Smell Like Honey (Dominic DeJoseph)
8. Walk It Back (Sophie Calle)
9. Alligator Aviator Antipilot Antimatter (Lance Bangs)
10. That Someone Is You (James Franco)
11. Me, Marlon Brando, Marlon Brando And I (Albert Maysles & Bradley Kaplan)
12. Blue (James Franco)
Oui mais voilà, à mi-parcours le groupe et ses collaborateurs sont déjà responsables des deux vidéos les plus moches et vides de sens de tous les temps... et on exagère à peine :
(hum, que dire de plus à propos de "ça"... ? )
(avec une Peaches effrayante en gros plan, remercions donc Lance Bangs pour elle, compagnon de Corin Tucker qui avait pourtant fait ses preuves, y compris avec R.E.M. du temps de New Adventures In Hi-Fi )
Et force est de constater qu’It Happened Today et son ramassis de clichés sur l’ennui suburbain :
... la série de plans photographiques, tout aussi chiante mais pour le moins cohérente de Jem Cohen pour Oh My Heart :
... ou même l’efficace Mine Smell Like Honey tout juste sauvé par son esthétique du contraste :
... ne volent pas beaucoup plus haut. Qu’a-t-il bien pu se passer alors ? "Je me suis adressé à des gens avec lesquels je souhaitais vraiment travailler et auxquels je pouvais faire confiance pour faire absolument tout ce qu’ils voulaient", ajoute l’Athénien. Bon, jusque là ça se tient. "J’ai souvent été surpris, mais j’ai souvent eu ce que je voulais." Ah ? "Ce qui m’a surpris, c’est à quel point ils ont su travailler en interconnexion, comme pour un album." Heu... hein ? Enfin heureusement, il y a Sam Taylor Wood, réalisatrice anglaise du récent biopic Nowhere Boy sur John Lennon pour rattraper le coup avec l’aide précieuse de son acteur de compagnon Aaron Johnson qui troque ici la panoplie de l’ancien Beatles pour celle d’un hurluberlu sans pudeur ni complexe :
Pour la suite, c’est par ici que ça passe, en espérant que le drôlissime James Franco, maître de cérémonie des derniers Oscars, ou la paire Chris Moukarbel / Valerie Veatch déjà responsable d’un chouette clip aux hormones adolescentes pour The Drums sauront relever un peu le niveau général de ce projet pourtant pétri des meilleures intentions.
Blog - 05.04.2011 par
Mes bons amis de Flotation Toy Warning
Il est des groupes que l’on retrouve avec le même plaisir que l’on a à retrouver un vieil ami qui fût très proche à une époque. Au premier contact, on se sent comme dans un petit cocon confortable, on retrouve rapidement ses repères de jadis. On découvre alors petit à petit des changements, des évolutions qu’il a connues entre temps. Parfois, on en ressort déçu et on le classe comme une belle histoire mais terminée, préférant s’en tenir à ce qu’on a connu. D’autres fois, on appréciera l’évolution et on décidera de continuer encore un bout de chemin avec lui.
Dans ma propre expérience, Ghinzu fait partie de la première catégorie. Une belle nostalgie me prend lorsque je repense à Electronic Jacuzzi ou Blow mais je reste plutôt de marbre en ce qui concerne la suite... Dans la deuxième catégorie, j’ai invariablement mes chouchous de Thee More Shallows et The Notwist. Deux groupes qui ont pu créer de toutes pièces leur propre univers, singulier et cohérent, dans lequel il fait bon se lover et où il y a finalement peu de choses à jeter.
On doit tous avoir des groupes avec des univers auxquels on adhère complètement. Sentiment encore renforcé si on a découvert ce groupe par nous-mêmes voire encore plus si ce groupe est méconnu : c’est alors notre petit préféré "à nous".
Tout cela m’amène à parler d’un groupe qui rentre dans cette catégorie et que je n’ai découvert que tout récemment : Flotation Toy Warning. Ils sont une sorte de condensé d’influences (pop, électro...) tellement bien digérées qu’elles se fondent complètement dans leur musique, laquelle finit par avoir une identité propre. J’y trouve un côté littéraire, bucolique. Les images, les titres, les paroles, tout pousse à rentrer dans l’histoire qu’ils racontent. On pourrait se croire parfois dans les brumes de la Tamise au début du 20e siècle, dans une ville portuaire du fin fond de la Bretagne par un temps pluvieux et gris voire dans une expédition maritime au bout du monde (comme le suggère la biographie sur leur site, parlant d’explorations maritimes et de bêtes mystérieuses). Une multitude de détails, une mélancolie latente, beaucoup de sensibilité, de l’envoûtement, voilà les éléments du groupe selon moi. Un seul long album à leur actif : Bluffer’s Guide To The Flight Deck, un disque intemporel, inclassable et indispensable.
On les avait ainsi perdus de vue depuis 2004 et on les croyait perdus en mer quelque part entre le Cap Horn et l’Antarctique. Mais voici que l’on reçoit des nouvelles fraîches ! Ils nous reviendront le 25 avril avec le 7" Fire Engine (chez Talitres) composé de deux inédits : When The Boat Comes Inside Your House et A Season Underground, premier 7" d’une série qui se clôturera par un nouvel album dont le titre actuel est The Machine That Made Us. Ô joie !
Et pour patienter :
Blog - 09.03.2011 par
Se les pendre à Glasgow !
Il y a de la souplesse sur ce webzine, de la jeunesse, du bruit et de la fureur de vivre. Et heureusement, sinon point de billet comme celui-ci, sans queue ni tête et où je m’extasie devant deux groupes que les jap’ de Knew Noise Recordings ont repéré il y a déjà fort longtemps.
Un Cadavre

On commence donc avec un duo de Glasgow à l’origine d’un EP 6 titres à faire trembler les petites soeurs. Si je ne devais retenir qu’un titre, ça serait probablement ce Prize Fighter qui renvoie les frères Jones (And Also The Trees) à leurs misères ordinaires.
Carrément excellent, ou disons largement suffisant pour ressusciter quelques défunts membres de la confrérie batcave & co. Et tant qu’à les avoir tirés de leur torpeur, allez donc écouter les autres titres via soundcloud ... à charge dès que possible de dégoter ça chez un bon disquaire ici ou ailleurs.
Myspace : www.myspace.com/ryevskiredoute
She’s Hit

Glasgow toujours, coupe à la Justin B., âge incertain mais le duvet certainement encore soyeux ... euh pardon, try again ... She’s Hit, titre d’un morceau incontournable de Nick Cave et ses Birthday Party, mais également nom d’un groupe qui ouvre le bal avec un single intitulé re:peater bien rentre-dedans.
Facile vous allez me dire ? Oui facile, tellement facile qu’ils sont même capables de titres comme ce Pleasure qui suit, et là on commence quand même à sentir pointer le groupe qui ne va pas rester longtemps signé uniquement par un obscur label japonais.
Myspace : www.myspace.com/sheshitglasgow
Blog - 01.03.2011 par
Mike Skinner, has-been ou visionnaire ?
Pas toujours facile de gérer les attentes du public à l’heure de l’info en temps réel et de l’effet domino numérique. Dernier exemple en date d’une communication en dents de scie, le fameux clap de fin de The Streets dont la découverte a quelque peu souffert des tendances "girouette" de son auteur.
Depuis 2009, Mike Skinner avait en effet laissé filtrer suffisamment de démos via Twitter pour qu’un petit malin les compile l’an dernier en laissant croire à une fuite anticipée du tant attendu Computers And Blues finalement paru lundi dernier. Une compilation au demeurant remarquable malgré son absence de mastérisation et qui collait on ne peut mieux aux annonces de l’Anglais quant à la nature de ce nouvel opus prétendument dark et futuriste, avec ses 14 titres tour à tour épiques et angoissés, et tout aussi dansants que philosophiques.
Alors forcément quand l’album, le vrai, pointe finalement le bout de son nez dans la foulée d’une paire de singles un brin pesants à visionner ici - l’un en duo avec le méconnaissable Robert Harvey de feu The Music apportant du haut de sa boule à zéro une touche heavy rock sans grande subtilité, et l’autre déjà présent sur la compil’ en question dont il constituait peut-être l’unique faute de goût avec son hédonisme tape-à-l’oeil - il y a de quoi s’inquiéter. D’autant que le tracklisting révélé sur le tard nous annonce deux autres morceaux en commun et que l’on s’est déjà attaché à ce "Twitter Album" de 3/4 d’heure auquel il eut été bien difficile de résister compte-tenu de l’absence de date de sortie ou même d’info récente concernant l’album officiel à l’époque - Skinner ayant entre-temps changé de tactique après avoir désavoué la fuite par une annonce officielle via NME, trop maladroite néanmoins pour ne pas nous laisser supposer du contraire pendant encore quelques mois de trop.
Il fallait au moins une mixtape de qualité supérieure pour rectifier le tir, ce sera chose faite fin janvier avec le sombre et sci-fi Cyberspace And Reds et ses quarante minutes d’électro/hip-hop aux métissages jazzy, grime ou acoustiques aussi introspectifs qu’efficaces, de quoi nous assurer de la capacité de l’auteur du fondamental Original Pirate Material à rebondir sur le plan musical à défaut de nous rassurer quant à ses intentions commerciales, le téléchargement de ces 14 morceaux (nombre décidément récurrent) n’étant officiellement permis que par le biais d’une application iPhone. Pas si dépassé donc le Skinner, et même finalement plutôt inspiré avec son dernier concept lancé il y a une semaine pour promouvoir Computers And Bues. Cette fois-ci ça passe par Youtube, sur un mode croisant les principes de la télé-réalité et de ces "Histoires dont vous êtes le héros" de notre enfance, prenant la forme d’une série de petits films emboîtés qui nous proposent à chaque embranchement de choisir la direction qu’empruntera par la suite le personnage principal incarné par le rappeur de Birmingham lui-même :
De quoi nous permettre en quelques dizaines de minutes de l’enfoncer un peu plus dans sa loose de célibataire fraîchement largué ou de sauver son couple in extremis, d’en faire un égoïste ou même un type "bien" en découvrant au passage des extraits de chacun des titres de ce cinquième et ultime opus du projet et même une version acoustique de Those That Don’t Know, dernier bémol avec le clinquant OMG d’un album certes en deçà des espoirs suscités par les deux compilations sus-mentionnées et plus pop que ce à quoi l’on pouvait s’attendre, mais par ailleurs idéalement partagé entre tubes fervents teintés de soul moderne ou de manipulations électroniques et perles catchy au spleen lumineux dans la lignée du touchant Everything Is Borrowed de 2008 :
Autant dire que l’on devrait, malgré - ou grâce à ? - ses quelques penchants radio friendly, finir par s’attacher à ce Computers And Blues qui réussit même le petit exploit de transcender encore les versions déjà connues des excellents Outside Inside et Blip On A Screen par une production savamment contrastée :
Blog - 10.02.2011 par
Une Playlist Presque Parfaite - Les Résultats
Du 29 novembre au 12 décembre 2010, nous organisions un concours de playlists avec les services de Spotify. Voici présentées les deux playlists qui remportent le concours d’une courte tête.
1er : Soirée SF : Aliens 5 par GoJijibe (via le Forum Indie Rock)
Lien Spotify : http://open.spotify.com/user/jijibe...
Note : 14.75/20
On ne va pas reproduire ici son scénario imaginé dans on ne sait quelles conditions, toujours est-il qu’on vous invite à aller partager son délire musical (via spotify) et narratif à cette adresse : http://www.indierockforum.com/topic...
Tout juste se permettra-t-on de lui dire qu’il était à la limite du hors-sujet, rien à manger à part du pop-corn, pire un instant on a bien cru qu’on finirait bouffé tout cru par l’un de ses affreux monstres. Mais quelle playlist impeccable, morceaux choisis et avis de nos jurés :
caribou indie : Carrément extra de bout en bout, même avec certains artistes que j’apprécie moyennement mais pour lesquels tu as choisis LE morceau qui allait bien dans cette playlist.
Rabbit : Inviter un Alien au dîner c’est pas banal, mais la BO proposée était idéale pour coller à la narration malgré le petit hors-sujet, avec d’excellents choix pour 2010, Serena-Maneesh en tête. A quand la version ciné ?
Elnorton : Une playlist plutôt homogène à laquelle la narration plutôt déjantée donne une autre dimension. On entre rapidement dans cet univers, et un morceau pourtant entendu mille fois comme Angel a rarement été aussi déroutant que dans ces conditions.
Guismo : Même si tu n’as pas collé au sujet gastronomique, tu nous a concocté un bien beau voyage avec un scénario bien ficelé et une BO qui révèle des morceaux sous un autre jour. As The Stars Fall - une très belle découverte pour moi - faisait partie de ta sélection, moi je dirais plutôt qu’on a affaire ici à une étoile montante !
Pol : La quasi-totalité des morceaux collent vraiment bien à la trame narrative, ce qui renforce sérieusement le plaisir d’écoute. Même les morceaux relativement faciles passent vraiment bien dans ce contexte et surtout les choix moins évidents font souvent mouche, notamment l’enchaînement Serena-Maneesh / As The Stars Fall. Bien joué aussi pour le Besnard Lakes qui étonne dans cette configuration et passe vraiment très bien.
2ème : Autumn To New Year’s Eve par Yann (via indierockmag)
Lien Spotify : http://open.spotify.com/user/ethset...
Note : 14.625/20
Là par contre, Yann s’est lâché sur la présentation avec un vrai menu alléchant comme il faut joint en pdf, et une playlist taillée pour un repas réussi à coup sûr. Les impressions de notre jury :
caribou indie : J’ai été pris par les sentiments, ai dégusté un repas comme je les aime, sauf The Knife ... du coup je suis parti sans payer.
Elnorton : Lors de ce repas, les transitions entre sucré et salé ont été particulièrement soignées. On alterne découvertes et valeurs sûres (Sufjan Stevens, Elliott Smith), mais aussi moments calmes et explosions. J’apprécie cette sensation, si bien que j’ai laissé un pourboire.
Guismo : Nous étions invités au château ce soir-là ! Très beau menu qui fait saliver et s’avère également très agréable au palais. Quelques plats sans doute trop sophistiqués pour moi (The Knife, TPOBPAH et les Smiths) mais pour le reste, j’en ai eu pour mon argent.
leoluce : Ça sent bon l’Angleterre même quand ça vient d’ailleurs. Très agréable tout ça avec un petit parfum nostalgique (j’ai même apprécié le Sufjan Stevens, mais pas le The Knife, faut pas déconner non plus).
Et c’est là que nombre d’entre vous enragent de ne pas avoir participé se disant qu’ils pouvaient faire mieux, c’est là que certains participants dont nous tairons le nom pleurent d’avoir échoué si près du but, leurs notes frisant pour beaucoup le 14/20. Sincèrement, tout ça s’est joué à rien, on a vraiment fait de superbes découvertes, on a pris grand plaisir à tout écouter. Ainsi s’achève notre concours Une Playlist Presque Parfaite, on vous souhaite de bonnes fêtes à tous, et à bientôt pour de nouveaux concours et toujours des tonnes de découvertes sur indierockmag.com.
Blog - 23.12.2010 par

- FRKSE - Guilt Surveillance
- Wastelanders - Cosmic Despair
- Christian Naujoks - True Life/In Flames
- Bersarin Quartett - II
- Top albums - mars 2012
- Lost In The Trees - A Church That Fits Our Needs
- #345 : Rough Fields - ’Edge Of The Firelight’
- Chapelier Fou - Invisible
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
Ghosting Season - The Very Last Of The Saints
Karelle - Disparition de Mu et Vu EP
VA - ReNYX (Mansfield.TYA Revisited)
Hildur Gudnadottir - Leyfdu Ljosinu
Simian Mobile Disco - Unpatterns
One Little Plane - Into The Trees
Cornershop - Urban Turban
Birthmark - Antibodies
Hot Sugar - Moon Money
Craft Spells - Gallery
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|



![Bang On ! - [sic] Bang On ! - [sic]](http://www.indierockmag.com/local/cache-vignettes/L50xH50/arton18873-b7c2b.jpg)



















