John Barry, mort d’un géant aux doigts graciles

Retiré du cinéma depuis le début de la dernière décennie, John Barry s’est éteint hier à New York des suites d’une crise cardiaque, à l’âge de 77 ans.

Universellement connu pour sa douzaine de bandes originales de James Bond, de Dr. No au début des 60’s à Tuer n’est pas jouer à la fin des années 80, et pour son célèbre thème attribué à tort à un certain Monty Norman qu’il avait alors remplacé au pied levé, on retiendra au moins autant de l’Anglais sa période John Barry Seven (dont les reprises rock’n’roll formidablement modernes de standards jazz ou variété auront valu son pseudonyme au leader des Add N To (X), Barry 7, et un tube à Fatboy Slim dont le fameux Rockafeller Skank recyclait allégrement le déjà tubesque Beat Girl), ses premières pièces maîtresses au cinéma influencées par le jazz ( Le Knack... et comment l’avoir ) ou la folk ( Macadam Cowboy ), ses incursions à la télévision qui auront accouché du fabuleux thème de la série Amicalement Vôtre, et bien sûr ses scores orchestraux plus tardifs au lyrisme feutré dont les inoubliables Out of Africa (film transcendé par sa BO s’il en est) et Danse avec les loups lui auront offert deux de ses cinq oscars, sans pour autant éclipser aux oreilles de ses admirateurs les dizaines de partitions composées pour des films au moindre succès public mais tout aussi magnifiques, citons notamment Ipcress, danger immédiat, Quelque part dans le temps ou plus récemment L’Expert.

Avec Nancy Sinatra, interprète du superbe thème d’ On ne vit que deux fois.

Vénéré par Portishead (dont la chanteuse Beth Gibbons lui avait rendu en musique le plus bel hommage possible avec Romance sur son album Out Of Season ) ou les Propellerheads (qui samplaient le score du James Bond On Her Majesty’s Secret Service et invitaient Shirley Bassey, interprète du thème mythique de Goldfinger, sur Decksandrumsandrockandroll en 98), c’est par son influence jamais démentie sur tout un pan de la musique contemporaine que le compositeur, bien que moins novateur dans sa démarche, se sera finalement imposé à l’égal d’un Morricone, son oeuvre n’en finissant pas de laisser des traces bien au-delà des frontières de la musique de films, du côté de la pop (de Catatonia aux Postmarks en passant par The Last Shadow Puppets) ou du trip-hop (Goldfrapp, Rob Dougan) comme des têtes chercheuses les plus exigeantes (Mike Patton, Bronnt Industries Kapital) et bien sûr d’une part non négligeable de l’ambient actuelle marqué par la mélancolie éthérée de ses cordes aux harmonies stratosphériques, ses cuivres majestueux ou ses accords de vents au spleen atemporel :


Un extrait de l’album The Beyondness Of Things, chef-d’oeuvre tardif enregistré en 98 et suivi en 2001 d’un Eternal Echoes aux méditations et autres élégies tout aussi recommandables, qui nous fait regretter d’autant plus l’interruption prématurée de son grand projet The Seasons pour lequel cet éternel dénicheur de talents avait semble-t-il trouvé une jeune vocaliste aux aptitudes aussi naturelles qu’exceptionnelles. RIP Mr. Barry, et que l’au-delà vous soit aussi doux que cette merveille continue de l’être à nos oreilles.

Quant à nous, on se quitte sur la plus belle chanson du monde, tout simplement :

John Barry feat. Louis Armstrong - We Have All The Time In The World (1969)

News - 31.01.2011 par RabbitInYourHeadlights
 


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