The Go ! Team : jump in the line !

Il y a deux mois et demi, nous rencontrions Ian Parton et Ninja, respectivement leaders de The Go ! Team en studio et sur scène, pour parler du deuxième album du groupe alors à paraître, Proof Of Youth . Depuis, ce nouvel opus est sorti (ce lundi très exactement), et fait déjà l’objet d’une chronique dans nos pages. L’occasion idéale de pouvoir comparer nos attentes au résultat final, et surtout d’en apprendre davantage sur l’inspiration particulièrement riche du sextet de Brighton.
Une interview à lire en découvrant l’album, actuellement à l’écoute dans son intégralité sur le myspace de The Go ! Team.

Et si vous nous présentiez un peu mieux The Go ! Team pour commencer ? Qui fait quoi dans le groupe ?
Ian : Nous deux écrivons les chansons, jouons de la guitare, de la basse et la batterie. Il y a quatre autres membres qui ne sont pas là : Chi à la batterie, Sam à la basse et à la batterie, Kaori à la guitare et claviers, et Jamie à la basse.

Tout chez The Go ! Team, de l’univers musical au nom en passant par l’esthétique visuelle de votre artwork et de vos clips, reflète un certain esprit 70’s. En quoi cette période vous a-t-elle marqués ?
Ian : En fait il y a des sons de toutes les périodes qui nous inspirent, pas particulièrement les 70’s. Je n’ai jamais voulu que ma musique sonne rétro ou bizarrement nostalgique. J’essaie de mélanger le disco, la blaxploitation des 70’s, le funk, j’aime bien aussi les 60’s, les beats des années 80 et le côté noisy des 90’s, tout ça en fait… Peut-être que c’est le côté 70’s qui ressort le plus mais c’est vraiment un mix de tout ça.

Vous êtes parvenus avec votre premier album Thunder, Lightning, Strike à une fusion idéale entre pop, rock à guitares, soul rythmique, funk, hip-hop, électro et musiques de films. Tous les membres de The Go ! Team partagent-ils cette multitude d’influences, ou êtes-vous en quelque sorte complémentaires ?
Ninja : On se complète forcément. Tout le monde dans le groupe a certaines influences pas forcément partagées par tout le monde, et parfois inconnues des autres. Par exemple Ian aime Sonic Youth, et personnellement je n’ai jamais écouté ce groupe. Et même si nous parlons d’eux, qu’ils sont un grand groupe, qu’ils font de bons concerts, ce n’est pas mon truc. Nous aimons la musique que nous faisons et les nuances créées par nos différentes influences. Personnellement j’adore le hip-hop et les break beats, l’électro des années 80, c’est vraiment le son que je préfère, et je suis la seule du groupe. Il est vrai que nos influences diffèrent mais se marient totalement sur l’album.

On peut donc compter parmi ces influences celles des bandes originales de films d’exploitation des années 70 ? Par exemple, écoutez-vous beaucoup Lalo Schifrin, Isaac Hayes, Bobby Womack ?
Ian : Oui j’ai plusieurs B.O. de classiques de la blaxploitation. Ils ont un son puissant, et les images très urbaines qu’ils renvoient me donnent envie de les compléter avec des sons de guitares puissantes, des choses qu’on n’avait jamais entendues avant sur cette base.

The Go ! Team : The Power Is On (live @ Coachella, 30-04-2006 ; extrait de Thunder, Lightning, Strike )

Malgré un côté cheap, très bricolé, dans la production qui contribue à son charme, votre musique est plutôt maximaliste, lyrique et émotionnelle. Cela reflète-t-il vos personnalités ? Etes-vous aussi extravertis dans la vie de tous les jours ?
Ian : Oh non ! Non non non non ! (rires)
Ninja : Nous sommes évidemment tous différents, mais ça reflète bien ma personnalité bien sûr. Même si j’aime le hip-hop, je peux aussi écouter de la musique classique certains jours, ou j’aime bien Jamiroquai, j’aime différents styles de musique. La musique est tellement frénétique, elle peut être désorganisée, un peu comme moi. Je suis frénétique, désorganisée, indécise et incomplète. Notre musique est assez optimiste, et moi aussi. Certaines de nos chansons reflètent réellement ma personnalité.

Il y a beaucoup de bruits urbains sur Thunder, Lightning, Strike. La ville en général, et Brighton en particulier, est-elle une source d’inspiration importante pour vous ?
Ian : Non, pas vraiment. Je ne pense que notre musique ait un son de Brighton, ni même un son british. La ville de Brighton n’influence en rien notre musique.

Vous attendiez-vous à un tel succès critique et public vis-à-vis de ce premier album ? Cela vous a-t-il mis la pression pour le deuxième ou au contraire libérés encore plus ?
Ian : J’ai composé le premier album moi-même, modestement, sans en attendre beaucoup. Et il y a eu le bouche à oreille qui a fonctionné en Grande-Bretagne jusqu’en France. Il a même été nominé pour le meilleur album de l’année, ce qui a mis beaucoup de pression pour le deuxième, pas des médias mais de moi-même.

Votre nouvel album, Proof Of Youth, est-il très différent du précédent ou au contraire dans la continuité, comme on pourrait le penser à l’écoute du premier single Grip Like A Vice ?
Ian : Il y a effectivement des similitudes, mais il y a aussi plus de beats et de guitares, plus de mélodies et de chant.

Comment avez-vous abordé la réalisation de ce deuxième opus ? Aviez-vous une idée précise de la direction que vous vouliez emprunter ?
Ian : On a pris des morceaux de-ci de-là, des samples qu’on avait sélectionnés, parfois depuis des années, et les avons mis ensemble pour voir ce que ça donnait. Quand ça fonctionnait on les gardait.

Plus généralement, comment composez-vous ? Chacun amène ses idées, des éléments de chansons à intégrer à l’ensemble ? Y a-t-il une grande part d’improvisation en répétition, en studio ? Comment parvenez-vous à une telle homogénéité en faisant une musique à ce point hybride ?
Ian : J’ai écrit toutes les chansons du premier album et nous avons continué à fonctionner comme ça pour le deuxième. Une fois la base créée, chacun amène ses idées, et on voit comment on peut conjuguer tout ça.

Quellles sont vos relations avec vos talentueux confrères du label Memphis Industries ? Je pense notamment à Field Music, The Pipettes, El Perro Del Mar, ou encore Zan Pan que l’on découvre tout juste en France. Appréciez-vous leur musique ?
Ian : Chacun est différent à Memphis… Mais je ne les connais pas trop en fait. The Pipettes sont aussi de Brighton, nous avons joué quelques fois ensemble, Field Music sont de Sunderland, nous les avons aussi rencontrés lors de tournées.
Ninja : J’aime vraiment beaucoup The Pipettes, et le fait qu’elles écrivent elles-mêmes. C’est ça qui m’impressionne beaucoup, bien plus que les groupes qui ont du succès mais ne sont pas créatifs.

Quelles sont vos passions musicales du moment ? Auriez-vous, notamment, quelques artistes ou albums encore peu connus à nous conseiller ?
Ian : J’aime bien Deerhoof, CSS, enfin beaucoup de choses.
Ninja : si vous aimez le hip-hop, je vous conseille d’aller écouter Klashnekoff, un rappeur anglais d’une très grande clarté. Il est aussi très honnête. Il est de Londres, c’est vraiment bien.


Propos recueillis le 22 juin à Paris. Un grand merci à Ninja et à Ian pour leur disponibilité.


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