En octobre, payez-vous CASH

Xiu Xiu, Deerhoof, MGMT ou encore Sunset Rubdown offrent des lots pour la grande tombola musicale organisée ce mois-ci par CASH Music afin de lever des fonds.

CASH (Coalition of Artists and Stake Holders) est une organisation sans but lucratif lancée fin 2007 sur une idée de Kristin Hersh. C’est avant tout une "boîte à outils" au service des artistes qui emploie les moyens offerts par la technologie moderne et par les licences Creative Commons pour leur permettre de toucher leur public hors des circuits commerciaux traditionnels.

Participatif, créatif, ouvert, CASH, encore en pleine construction, se veut l’embryon du "nouveau système" réclamé aujourd’hui par tant de musiciens qui ont compris que leur liberté passait nécessairement par un divorce, parfois bruyant (n’est-ce pas, Amanda Palmer ?) avec les majors du disque.

Musique et confiture

Pour rassembler l’argent qui permettra à CASH de fonctionner, Jesse Von Doom, cheville ouvrière de l’association, a donc organisé une loterie musicale géante. Tous les artistes participants ont mis en jeu des lots qui vont du vinyle rare (MGMT, The Secret Machines, Headphones) à la discographie complète (Family Of The Year) en passant par le concert privé (Willard Grant Conspiracy, Kristin Hersh).

ConfitureOn peut citer aussi Xiu Xiu (qui met en jeu un joli lot de vinyles et CD), Deerhoof (une partition originale)... Mais la palme de l’originalité revient sans conteste à Sunset Rubdown qui, en plus d’un picture disc, propose un pot de confiture maison confectionnée par Camilla Wynne.

En guise de remerciement aux donateurs, une compilation de douze titres est en écoute sur le site. Tout le monde peut l’écouter en streaming et ceux qui ont contribué peuvent en plus la télécharger.

http://cashmusic.org/


  - 16.10.2009 par jediroller


Music Go Music aka la bataille de Waterloo

Les vénérables labels jumeaux Jagjaguwar et Secretly Canadian ont toujours eu à mes yeux un petit air de Maritie et Gilbert Carpentier. Mais là je pense que Secretly Canadian par l’entremise de sa nouvelle signature Music Go Music vient de tirer la palme d’or du kitschissime cadeau de Noël que vous pourrez offrir à la personne qui fera cuire la plus grosse dinde du quartier.

Admirez plutôt, et attention, c’est joué live, sans playback et avec le sourire (chose rare de nos jours) :

Ce Light Of Love c’est la classe n’est-il pas ? Abba n’a qu’à bien se tenir, voilà la relève et encore ceci n’est que l’introduction, l’occasion de découvrir ce combo ahurissant un peu plus mis à nu dans les vidéos suivantes.

Une mise en pli plus tard, voici Just Me, une cravate-guitare je veux la même pour offrir au beau-frère, et un batteur qui a tiré un peu sur le joint de ses copains guitaristes et qu’on va donc retrouver en super-forme sur le prochain morceau :

On l’attendait ce Warn In The Shadows, robe de soirée et bigoudis, le batteur a enfin enfilé son pyjama (yes !) ... ses potes ont fait les soldes chez l’opticien avant de venir. Je tape dans les mains, après j’écouterai peut-être bien un Joe Dassin, mais en attendant c’est l’Amérique, la Californie plus exactement d’où nous viennent les Music Go Music ... MGM pour les intimes. Et si on ouvrait une série Vivement Dimanche, on ferait de l’audience ? En guest-star, assurément je vote pour la présence de ce fameux présentateur et de sa complice à lunettes. The show must go on, enfin c’est tout ce qu’on peut espérer.


  - 04.10.2009 par indie


Le Corbeau prend son envol

On doit au multi-instrumentiste norvégien Øystein Sandsdalen, aidé par une poignée de collaborateurs dont son frère Henning (basse, double-basse) et Tord Riverendings (batterie, percussions, banjo et guitare acoustique), ce projet qui n’a de gothique que le nom, citant ouvertement le Velvet Uderground de VU, The Jesus And Mary Chain, les Misfits ou encore Sonic Youth pour ce son de guitare si particulier qu’Øystein s’appropriait déjà sur l’éponyme de Serena-Maneesh, dont la suite From Galaxy Remotely Harmonic est justement sur les rails.

Mais la comparaison avec le combo d’Oslo s’arrête là ou à peu près, pas d’influences shoegaze ou post-rock ici, tout au plus quelques passages noisy mais surtout la poésie noire d’un rock ténébreux débordant de tension cinématique, à la fois saturé et feutré, mélodique et subtilement dissonant, et entrecoupé de passages lo-fi dans l’esprit de la folk électrique et décharnée d’un Loren Connors ou d’un John Fahey.

Une atmosphère un brin lynchienne qui atteint son apogée sur l’excellent Evening Chill / Montreal Of The Mind, publié en mai dernier par le label norvégien Fysisk Format. Un titre en hommage à la musique de Montreal sûrement, en particulier celle qui traîne ses arpèges et ses montées de sève du côté du label Constellation, mais aussi à sa langue, celle de Gainsbourg, autre influence avouée d’Øystein qui chante donc en français sur trois des huit titres de ce deuxième opus aussi court qu’intense, parmi lesquels L’innocence revient encore/Rêve d’ivresse dont le pouvoir de fascination morbide et la violence sourde semblent encore s’accroître avec l’image :

Trois autres morceaux sont à découvrir sur myspace, avec également quelques extraits du précédent album éponyme et surtout deux démos instrumentales parmi les 17 testées cet été en studio en vue d’un troisième opus qui sera enregistré par Øystein lui-même et promet déjà de s’attirer les faveurs des amateurs d’atmosphères bluesy et lancinantes.


  - 21.09.2009 par RabbitInYourHeadlights


Blank Dogs : ça fout les jetons

Pensez-vous qu’on va tous replonger dans les bons vieux trips à la Cure, Joy Division et consorts ? Y’a des signes qui ne trompent pas, on s’est intéressé au dernier album de The Horrors, certains trouvent les Crocodiles plutôt gentils, et je suis capable de m’enfiler pas moins de 4 clips de Blank Dogs sans même frémir.

Alors avant d’aller de fil en aiguille vers quelques profondeurs du rock U.S. , je vous le dis tout de même : le dernier LP en date de Blank Dogs : Under & Under est quand même très à mon goût.


  - 20.09.2009 par indie


Aimer les pines et l’odeur des pins (c’est grave ?)

L’histoire commence mal pour ce vieil homosexuel descendu de sa montagne. On imagine déjà sa femme ravie d’apprendre que son cochon de mari chantonne "j’aime les pines" sur un air bien connu de Jacques Dutronc le soir au fond d’un bois. Tout dans la finesse, les pissenlits par la racine il mangera, c’est la roots-attitude jusqu’au dernier trémolo dans la voix.

Et alors quoi, rien ne vous choque dans cette petite tranche de vie ? Qui pour écrire des trucs pareils, sinon un doux rêveur qui troquerait bien quelques cheveux blancs contre les lunettes noires de David Huckfelt ou Benson Ramsey. C’est les belles paires qu’il aime ou tout simplement le groupe iowaien The Pines (qui fut notamment remarqué par le Q Magazine en 2007 pour la sortie de son second album Sparrows in the Bell ) ?

On s’imagine des choses parfois, tout dans la tournure, et pourtant parler n’importe comment d’un groupe ni folk, ni blues, ni roots, c’est le fruit de longues années de maturation à écouter Whip, The Little Hands Of Asphalt, Two Gallants, des noms bien connus de tous les curieux ici-présents.

Et puis voilà, tout ça pour ça, pour dire que l’album Tremolo de The Pines est sorti le 11 août dernier via Red House Records. Il a vraiment mis la pagaille mon vieil ami en début de billet, je ne peux même plus m’aventurer à dire combien la musique, la voix de The Pines est touchante, impossible même de parler du Throw Me In The River (extrait du précédent album et en écoute sur le myspace du groupe : www.myspace.com/thepinesspace) sans que je n’entende : "Oui c’est ça, jette-toi à l’eau, de toutes façons on en entendra jamais parler en Gaule des iowaiens !" ... et de conclure par un grand classique "mais je compte bien sur toi pour élargir le cercle de leurs amis".

Tous sur le site officiel : www.thepinesmusic.com ou sur myspace alors, j’imagine déjà comment le google translate va s’affoler en lisant ce billet un peu bûcheron. "Et pourtant c’est comme dans le cochon, tout est bon chez The Pines". Merci l’ami pour ce mot de la fin.


  - 10.09.2009 par indie