Top albums - janvier 2011

Reflet d’une actualité indé toujours plus foisonnante malgré la crise brandie par les majors comme excuse à leur médiocrité ambiante, notre bilan mensuel devait également s’adapter à la gourmandise des votants du Forum Indie Rock, toujours à l’affût des dernières nouveautés. C’est désormais chose faite avec un vote étendu à dix entrées, l’occasion pour ce premier top de l’année de mettre les bouchées doubles pour vous faire partager rien de moins que les dix albums les plus plébiscités de ce mois de janvier, lesquels par chance avaient chacun ou presque leur chronique côté IRM de la force. Morceaux choisis.

1. Ensemble - Excerpts

L’un des deux seuls albums du lot à ne pas avoir fait l’objet d’une chronique dans nos pages et pour cause, la distribution française du disque ayant été repoussée au 2 mars chez nous, Excerpts a pourtant eu nos faveurs d’entrée de jeu. Une passion pour l’univers impressionniste et délicat d’Olivier Alary qui s’est transmise sans délai coté forum, l’album étant disponible à l’écoute depuis sa sortie européenne à la mi-janvier via Deezer ou Spotify. Ça n’était pourtant pas gagné d’avance, le Français partageant lui-même le micro en toute sincérité avec l’ensorcelante Darcy Conroy et s’ouvrant à des influences plutôt atypiques au regard des méditations électro-acoustiques de son éponyme de 2006, telles que la chanson dans une mouvance mélodique aventureuse proche de Dominique A, l’ambient-jazz dans sa facette la plus solaire (polaire ?) ou la musique de chambre d’un quatuor à cordes dont l’épure cinématique rappellera à certains les bandes originales des japonais Joe Hisaishi ou Shigeru Umebayashi. Le résultat, irrigué par la lumineuse mélancolie d’un lever de soleil sur un paysage de neige embrumé, et unifié par la profondeur de champ d’une production aussi luxuriante que précise, tient du petit miracle : à la fois subtilement évocateur, foncièrement inclassable et véritablement attachant.

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2. Deerhoof - Deerhoof vs. Evil

"Une fois de plus, Deerhoof réussit ce que tant de groupes n’arrivent parfois jamais à faire, à savoir se réinventer tout en conservant leur patte, ce style propre qui est le leur. Mais cette faculté à apporter de nouveaux éléments et un vent de fraîcheur à leur musique n’aura peut-être pas été aussi importante depuis au moins le fabuleux Milk Man en 2004. (...) Une production entièrement gérée par le groupe lui-même encore une fois, se permettant toutes les folies créatives possibles, entre rythmes aux sonorités légèrement africaines ou tribales, et synthés cosmiques intemporels comme dans les premières notes du terrible single Super Duper Rescue Heads ! qui voit encore une fois se mélanger de manière géniale un songwriting simple avec des arrangements barrés, et ce sens recherché de la composition cher à Greg Saunier et John Dieterich."

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3. Iron & Wine - Kiss Each Other Clean

"Depuis maintenant une petite décennie, la discographie d’Iron & Wine se dessine petit à petit comme (...) une toile sur laquelle les premières couches d’apprêt appartiennent au souvenir d’une musique folk datée des années 70, auxquelles on aurait ajouté successivement quelques touches de cuivres, des rythmiques empruntées au funk et à l’afropop et aujourd’hui-même, quelques synthétiseurs et autres éléments électroniques. (...) Là où The Sheperd’s Dog marquait une véritable rupture avec ses prédécesseurs, le quatrième opus, lui, (...) emboîte le pas dans une direction toujours plus ouverte aux sonorités pop, tout en favorisant le mélange des cultures, avec notamment l’utilisation de nombreux instruments africains. (...) L’occasion d’instaurer de belles atmosphères qui prennent le temps de se développer, de monter en intensité ou de simplement créer un jeu de nuances intéressant."

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4. Cheveu - 1000

"En matière de thrash il faudra un peu moins compter sur Cheveu, puisque pour le successeur de son rugueux et rageur éponyme de 2008 le trio parisien nous propose... des cordes cinématiques et des chœurs élégiaques ! (...) Bon d’accord, des chœurs, des cordes, et même des cuivres (...) outre des beats hip-hop un peu fous à la Run-DMC, mais toujours sur fond de ces fusions d’électro saturée et de blues-rock cradingue aux mélodies vocales revêches qui trouvent ici l’écho d’une ambition nouvelle et d’un lyrisme inédit."

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5. Stranded Horse - Humbling Tides

"Amateurs de délectations moroses et de mélancolie mélodique, Yann Tambour aka Stranded Horse est votre homme ! (...) Yann Tambour, qui depuis le début des années 2000 trace sa partition loin des regards médiatiques et des frontières stylistiques. (...) Ses aspirations mélancoliques et (...) ses envies d’exotisme (...) se concrétisent avec (Thee,) Stranded Horse depuis 2007 par une kora utilisée telle une guitare, mais avec ce supplément d’âme qui en fait l’instrument fétiche des griots mandingues. Au détour de deux titres (Shields et Le Bleu Et l’Ether) on peut entendre le violon de Carla Palone du duo Mansfield.TYA, (...) de-ci de-là se glissent un violoncelle ou une guitare qui rehaussent de leurs lignes harmoniques la délicate humeur grise des chansons, souvent en langue anglaise, à deux reprises dans un français chanté comme on ne l’entend que rarement. (...) Huit titres qui luttent contre tout format."

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6. Destroyer - Kaputt

"Kaputt, loin de vouloir nous mettre KO, ambitionnerait plutôt de réenchanter le petit monde de la pop post 80’s. (...) Car si le glam du songwriting par nature flamboyant du co-leader de Swan Lake et des New Pornographers a forcément laissé des traces sur ces chansons sans complexe, (...) dès Chinatown, dont les accords acoustiques rêveurs s’éclairent au contact de nappes électro éthérées et d’un saxo aux errances délicieusement rétro, c’est de fait à la confluence des années 80 et 90 que s’ancre d’emblée l’album (...). Plus loin, (...) le beat se fait plus disco mais tout aussi propice au ballet (...) de claviers nostalgiques, cuivres aux échos synthétiques et autres arrangements de flûte aux charmes désuets (...) de cet hommage poétique et brumeux à un âge où la musique sous ses allures de cocon d’insouciance se contentait d’une atmosphère et de quelques touches discrètes pour évoquer en creux le spleen des âmes solitaires ou des amoureux délaissés."

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7. Decemberists - The King Is Dead

"Pour son sixième album, la bande de Portland, que l’on ne présente plus, renoue avec une certaine tradition musicale américaine. (...) C’est à un certain retour vers une folk musclée dont il est question, même si celle-ci se pare à de nombreuses reprises d’intonations country qui les placent de nouveau en marge de leur discographie passée. Un harmonica omniprésent, quelques mélodies qui fleurent bon l’Amérique des années 60 et 70, jamais encore le répertoire des Decemberists ne s’était autant imprégné de leur propre passé culturel. (...) Le shérif Meloy nous propose une vision du western moderne avec un album qui revisite les classiques et qui, faute de faire des étincelles, devrait au moins reconquérir les amateurs d’authenticité."

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8. Braids - Native Speaker

"Un album de dream pop expérimentale, (...) fait de boucles incessantes et de vocalises éclatantes traduisant des textes obscurs et angoissés. Raphaelle Standell-Preston possède un organe puissant, qu’elle utilise avec brio, capable des mêmes justesses dans des registres de douceur, de force ou même de rage. Le groupe s’essaye à diverses atmosphères, variant les artifices sur fond de drone et de rythmiques ensorcelées, tout en parvenant à homogénéiser l’ensemble. Le tout semble bouillonner littéralement, comme entretenu par un feu permanent, donnant parfois l’impression d’assister à un rite mystérieux animé par des mélodies tribales. (...) Avec toutes ces belles promesses, les attentes risquent d’être nombreuses autour de Braids."

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9. Del - Songs We Wrote #1

"Là où beaucoup vivent à fond dans le présent et baignent dans l’électronique, où d’autres s’épanouissent dans un revival des années 70 ou 80, peu se risquent à aller traîner dans les pattes de Pavement ou de Sonic Youth. (...) Del nous offre un programme varié et captivant marqué par l’authenticité d’enregistrements effectués dans des conditions live. Aucune ambition démesurée là-dessous, mais de la sincérité et du plaisir avant tout, et ça s’entend ! (...) On découvre avec un ravissement non-dissimulé cette nouvelle fournée de mélodies touchantes et de pop songs qui se moquent pas mal des étiquettes et du format couplet-refrain."

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10. Wire - Red Barked Tree

"Object 47 (...) nous présentait des morceaux plus épurés, plus directs, plus pop en quelque sorte. Une orientation conservée par Red Barked Tree comme l’a vaguement laissé penser le single tout justement intitulé Two Minutes, dont les guitares tourbillonnantes ont précédé la sortie de ce nouvel opus, (...) en revanche bien plus audacieux. (...) Le groupe semble prendre plaisir à modeler le son des morceaux en superposant les couches d’effets, heureusement sans jamais tomber dans l’exagération, et ce travail sur les sonorités (...) confère à l’album et surtout aux guitares une aura particulière tout en permettant des subtilités dans les mélodies et les textures. Une volonté de modernisme et d’évolution qui permet au groupe de garder sa crédibilité intacte une trentaine d’années après ses débuts."

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Dix albums dont sept cités en première position par un votant au moins, on ne promet pas de faire aussi bien le mois prochain mais ce qui est certain c’est qu’avec déjà près d’une centaine d’entrées triées sur le volet dans notre agenda de février, le FIR aura du pain sur la planche pour vous en proposer en toute subjectivité la substantifique moelle.



indie rock mag - IRM des musiques actuelles


samedi 14 décembre 2019


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