Concours/interview : les Balades Sonores nous emmènent au paradis

Toujours en quête de découvertes musicales, les Balades Sonores, régulièrement à l’honneur dans nos pages, vont à nouveau nous entraîner dans leurs filets en ce début d’été. En effet, non content d’organiser des concerts tout au long de l’année, nous sommes invités à nous laisser aller au rythme de leur Bitter Sweet (paradise) qui se déroulera du 6 au 15 juillet dans une dizaine de salles parisiennes.

Une fois de plus, la programmation est à la hauteur des attentes placées dans un tel évènement avant le break des vacances estivales, regroupant une partie des artistes estampillés "BS" ainsi qu’un certain nombre d’invités de cette scène pop française qu’on aime, celle qui se joue des étiquettes et des conventions du music business.

Ainsi, on notera parmi la soixantaine de noms étalés sur 10 jours selon le programme détaillé ici, la pop épique et post-moderne de La Féline et celle plus décalée et bigarrée du collectif De La Jolie Musique le 9 juillet au Divan du Monde, la crème du label We Are Unique, d’Angil & The Hiddentracks à Raymonde Howard en passant par Half Asleep pour un concert anniversaire le lendemain à l’International, le songwriting radieux de Reza et St Augustine à l’Espace B le 11, la poésie crue de Liz Bastard (Del Cielo) et l’électro rétro-futuriste de Blind Digital Citizen le 12 à la Flèche d’Or, et plein d’autres univers à découvrir, de showcases surprises en concerts itinérants jusqu’à la soirée pop/folk de clôture le 15 où séviront notamment à la Plage du Glaz’Art, Arch Woodmann, Maud Lübeck ou encore Edward Barrow - dont le nouvel opus The Black Tree sorti en mars dernier est plus que conseillé aux amateurs de mélancolie onirique et majestueuse.



Le concours


Et les concerts surprises parlons-en, puisque Indie Rock Mag en partenariat avec l’équipe de BS vous propose de gagner une place pour un showcase secret qui se tiendra le 13 juillet dans un bus des années 50 en balade dans Paris. Réservé aux souscripteurs du pack "Soutien Inconditionnel" proposé dans la cadre d’une campagne de financement qui permettra à tous les autres concerts d’être proposés à prix libre et à laquelle on vous engage à participer pour profiter des nombreux avantages offerts, l’unique chanceux sera guidé dans ce périple musical par la merveilleuse Dawn Landes venue tout spécialement de New-York pour illuminer la soirée en petit comité avec les chansons de son tout récent "french EP", Mal Habillée.

Pour être du voyage, il vous suffit donc de répondre à la question suivante avant mardi prochain 10 juillet à minuit, en envoyant un mail à l’adresse concours.baladessonores@gmail.com :

- "Quel artiste est responsable des visuels des Balades Sonores ?"

La réponse se trouve dans l’interview qui suit, dans laquelle Thomas Changeur alias ToMa, le fondateur de BS, nous en dit un peu plus sur le festival, la Fabrique Balades Sonores, et les objectifs de la structure en 2012 et au-delà. Quant à nous, l’heureux gagnant du concours pourra nous retrouver aux platines entre les concerts de la soirée du 8 juillet au Divan du Monde, à ne surtout pas manquer ne serait-ce que pour la post-folk psyché de Don Niño échappé de NLF3 et le math-rock bluesy de One Lick Less dont le dernier album en date n’avait pas échappé à nos oreilles avisées.

BitterSweet (paradise)2012 du 6 au 15 Juillet 2012 à Paris - Trailer from Balades Sonores on Vimeo.



L’interview


IRM : Bonjour ToMa, les Boutiques Sonores ont changé de peau l’an dernier et portent désormais le nom de Balades Sonores. Mis à part l’ouverture de la Fabrique en février sur Paris, qu’est-ce qui a changé chez BS ?

ToMa : On avait choisi la date d’ouverture de la boutique, le 1er février 2012, pour dévoiler notre nouvelle identité : Balades Sonores, et lancer du coup le nouveau site web. Il s’agit plus d’une volonté de clarifier notre propos et nos actions que de tout changer : on voit ça comme une mise à plat...
On voulait se détacher aussi de l’idée de départ de Les Boutiques Sonores, à savoir des lieux où l’on pouvait via des bornes d’écoute à écran tactile écouter des nouveautés. On a conservé cette idée de réseau de lieux mais petit à petit on a augmenté le nombre d’outils : sélections, stands, street-marketing, concerts, label, festival, etc.
Le nouveau nom reflète mieux cette diversité.

Peux-tu nous en dire plus sur les objectifs de cette Fabrique, décrite sur votre site comme un "lieu de d’explorations, de créations et de rencontres (extra)musicales" ?

C’est un pas de plus dans la volonté de multiplier les outils pour servir la scène musicale indépendante et de rencontrer au mieux un public. On y propose donc tous les disques des artistes qui sont dans nos sélections mensuelles, mais aussi les créations de Chicamancha (qui s’occupe de notre identité visuelle depuis nos débuts), quelques livres, DVD, platines K7/vinyles, etc.
Le lieu a été conçu plus comme un "salon" que comme une traditionnelle boutique de disques. On a essayé de faire un petit coin chaleureux, pour que les gens s’y sentent bien et aient envie de (re)découvrir la musique sur supports physiques, avec notamment beaucoup de vinyles.
Ouvrir un lieu est certes un investissement mais c’est aussi une nécessité pour survivre : on navigue depuis nos débuts avec la difficulté de trouver un équilibre économique... et on essaie donc régulièrement de passer à la vitesse supérieure pour tenter de viabiliser l’ensemble.
Il y a quand même une prise permanente de risques : si on s’écroule un jour, on tombera toujours de plus haut... Mais on est persuadés que cette scène musicale indépendante a besoin d’être représentée autrement, d’avoir à disposition des outils, et créer une énergie collective ne peut que porter à terme ses fruits.

La troisième édition du festival BitterSweet (paradise) débutera le 6 juillet et présentera quelques 60 groupes et musiciens sur 10 jours de concerts. Es-tu seul en charge de la sélection des artistes ? Y a-t-il un groupe que tu n’as pas réussi à programmer cette année et dont tu regrettes particulièrement l’absence ?

Le festival va dans le sens du rassemblement énoncé plus haut : réunir le maximum d’artistes et de lieux partenaires sur cette période estivale à Paris, avec la volonté de fédérer le public. Cette année, nous allons au bout de cette idée avec aucune tête d’affiche au programme et tous les concerts à prix libre.
C’est plutôt la scène française indépendante qui fait ce festival, et pas nous qui faisons cette scène. Si le festival est de qualité, c’est parce qu’il y a aujourd’hui un grand nombre d’artistes qui méritent de l’exposition. Et on veut en donner à ceux qui doivent être plus connus.
Pour répondre à ta question, oui, je m’occupe seul de la programmation mais on a convié des amis labels à participer, comme Microcultures et We Are Unique ! Records. Et je ne suis pas seul en revanche à travailler sur le festival, bénévoles et stagiaires m’aidant notamment beaucoup sur les questions logistiques.
La programmation reflète donc toute la scène que l’on soutient tout au long de l’année via nos sélections mensuelles. C’est aussi l’occasion de faire jouer des artistes que l’on aime mais dont on n’a pas eu l’occasion de parler, faute d’actualité discographique.
Quelques artistes n’ont pas pu répondre présent à l’invitation, mais pour des questions de planning. Il faut noter qu’aucun artiste n’a refusé le principe de ne pas savoir à l’avance combien ils toucheront, puisque les recettes sont réparties à parts égales. Il y a aussi des artistes que l’on a oublié de programmer, mais on se rattrapera l’année prochaine !
On regrette par contre de ne pas avoir pu inviter plus de groupes non parisiens... mais c’est une question d’argent : c’est délicat de proposer à un groupe de venir de l’autre bout de la France pour une date sans savoir à l’avance si ils pourront rentrer dans leur frais.

Une campagne de crowdfunding suit son cours via Oocto pour aider au financement du festival, dont toutes les soirées seront proposés à prix libre. Pourquoi ce pari ? Il vous reste 10 jours et un peu moins du tiers des 2500 requis à récolter, l’enjeu est-il vital pour la survie du festival ?

On a en effet déterminé un faible budget de fonctionnement et sollicité en amont le public. Le but est ainsi de ne pas avoir à ponctionner les recettes des concerts pour les laisser aux artistes. Mais on est, il est vrai, déçu du manque d’entrain... On voit que la page a été partagée pas moins de 755 fois pour "seulement" 45 participations financières...
Pourtant, il ne s’agissait pas de quémander brutalement de l’argent, on propose des contreparties intéressantes (places de concerts, disques, goodies, etc...). Peut-être que ce type de "crowdfunding" manque de lisibilité. Peut-être que les gens attendent le dernier moment pour mettre la main au porte-monnaie... ou alors ils viendront nombreux au festival et donneront sur place pour les artistes, et c’est tant mieux. On verra bien.
En tout cas, le festival aura lieu. C’est plus l’édition de l’année prochaine qui serait remise en cause si on perdait trop d’argent sur cette édition. Il faut ici rappeler que nous n’avons aucun sponsor ni subventions.

On sent ton attachement à une scène pop française d’inspiration anglo-saxonne et néanmoins singulière que l’on suit également avec beaucoup d’intérêt, d’Angil à La Féline en passant par Don Niño, EDH, One Lick Less ou encore Half Asleep. Quelles sont tes musiques de chevet ?

J’apprécie beaucoup de musiques différentes et déjà près de 20 ans de découvertes musicales au compteur, à un rythme gargantuesque.
Après une période ado plutôt hard-rock, j’ai grandi avec des groupes comme Nirvana, Smashing Pumpkins, Sugar, Ride, Oasis, Blur, Divine Comedy, etc.
J’ai écouté aussi beaucoup de choses plus folk ou traditionnelles.
Aujourd’hui, les frontières musicales s’estompent et c’est tant mieux, brassant musiques électroniques, post-rock, noise, pop, etc.
La scène musicale française s’en ressent, et elle assume aussi de plus en plus des textes en français. Ce qui est une bonne nouvelle. On sort des clivages chanson/pop/rock.
Balades Sonores veut refléter tout ça.

L’an dernier Deerhoof était en tête d’affiche, est-ce un choix délibéré de n’avoir pas sollicité de "grand nom" international cette année ?

Exactement, cette année, on ne voulait pas qu’un artiste "vampirise" le reste de la programmation... autant au niveau budgétaire que médiatique. On ne regrette pas d’avoir accueilli les deux années précédentes des groupes comme Deerhoof et Dum Dum Girls car on les apprécie et ils correspondent à notre identité musicale, mais ceux-ci ont du coup été mis en avant par les médias plus que les autres, et ont de fait coûté plus cher.
On avait envie cette année que tout le monde soit sur un même piédestal. On communique donc peu au final sur tel ou tel artiste et on privilégie du coup la mise en avant de toute une scène fédérée autour d’un événement convivial dédié à la découverte. On espère que le public reste curieux et sera au rendez-vous.

Le festival est entièrement programmé sur Paris, mais depuis peu BS organise des concerts sur Lille et entretient des partenariats avec des disquaires sur Lyon ou Dijon. Y a-t-il une chance de voir le BitterSweet (paradise) s’étendre prochainement à quelques dates en Province ?

On cherche depuis déjà quelques années à sortir de Paris. On a d’ailleurs co-organisé une tournée "Balades Sonores" il y a 2 ans avec Syd Matters et Thos Henley au niveau national, passant exclusivement par des lieux atypiques. On aimerait beaucoup pouvoir un jour refaire ce type de choses. On est de temps en temps invités (comme à Lille récemment avec AhBon ?) pour co-programmer des plateaux. Et on recherche en effet des points-relais, comme Lille et Lyon pour l’instant, où l’on pourrait proposer à la vente les sélections BS.

Quel concert du festival conseillerais-tu en particulier aux spectateurs qui aiment être surpris ?

Chaque jour du festival mérite d’être suivi !
Par exemple, le 12 juillet à La Flèche d’Or met en avant une "autre" scène française qui s’exprime dans la langue de Molière.
Le 14 juillet, après une après-midi au Square d’Anvers et un passage à La Fabrique BS, on convie les gens à venir danser au Divan du Monde avec une programmation plus électro-pop.

BS Records semble avoir ralenti ses activité d’édition musicale en ce début d’année, quelles sont tes priorités pour 2012 ?

Oui on a ralenti le rythme de sorties, surtout faute de temps et d’argent. Entre l’ouverture de la boutique et le festival, on a dû réduire un peu la voilure sur certains choses.
Aussi, le label nous a amené son lot de déceptions, financières certes mais aussi humaines et affectives. Il y a souvent un fort décalage entre le possible et les attentes d’un artiste qui (à tort ou à raison ?) estime qu’on doit toujours plus accorder de temps et d’argent au projet. Mais ça doit aller dans les deux sens : un artiste peut/doit être ambitieux et exigeant mais de là à se transformer en égocentrique ingrat, c’est juste pas possible. Comme on travaille avec beaucoup d’affect, on a pas les nerfs assez solides pour supporter ça. Et on travaille depuis de nombreuses années avec les artistes, et je peux dire que des gens très talentueux et très humbles il y en a ! Je refuse le diktat de l’artiste incompris et génial à qui on doit passer tous les caprices et nombrilismes.
On doit donc remettre à plat le fonctionnement du label, soit grossir avec de vraies ambitions de label (production, promotion, etc.) soit au contraire revenir à des sorties plus confidentielles. On se pose pas mal de questions en ce moment.
Mais tout n’est pas négatif : la collaboration avec La Féline se passe assez bien et on commence à passer le relai à des structures plus adaptées car le groupe mérite d’avoir une plus grande force de frappe à ses côtés.
Je crois qu’on doit se concentrer sur notre rôle de passeur, de tremplin pour les artistes, et donc on doit trouver les moyens de financer tout ça.


Merci à ToMa pour sa disponibilité et à toute l’équipe de BS pour cet évènement auquel on espère vous voir nombreux !

News - 04.07.2012 par RabbitInYourHeadlights, spydermonkey
 


Reza, une micro-culture qui fait le maximum

Reza, c’est avant tout le projet semi-acoustique de Reza Hatami, mais ce fut d’abord un groupe, le temps de deux EPs chroniqués dans nos pages il y a quelques années (ici et là) puis d’autant d’albums tout aussi recommandables, le dernier en date, Moonless (2009) n’ayant d’ailleurs pas échappé non plus à nos oreilles aiguisées. De cette configuration (...)



Chroniques // 29 novembre 2006
Reza

One time she asked me : "Tu vas aller jusqu’au bout ?"




indie rock mag - IRM des musiques actuelles


mardi 17 septembre 2019


àýlaýune



surýlesýplatines


nouveauxýmédias



IRMýXýTP


ligneýdeýmire


selectionýirm


friends