2013 : les artistes font leur bilan - Part 5

Ils ont fait l’actu cette année sur IRM, à leur tour de nous parler de leur cru 2013 ! Jusqu’à l’heure des bilans et dans l’idéal sous forme d’un top 3 des albums, EPs, rééditions, concerts ou autres évènements qu’ils retiendront avant toute autre chose de ces 11, bientôt 12 derniers mois, les choix des artistes, patrons de labels et autres activistes des scènes indépendantes de tous horizons géographiques et musicaux nous mèneront de découvertes en confrontations de points de vue, l’occasion également de revenir en quelques mots sur leurs propres sorties qui ont toutes marqué à divers degrés l’équipe d’IRM cette année.


Matt Bower

(Wizards Tell Lies, The Revenant Sea, Isobel Ccircle - Angleterre)

... a beau se camoufler derrière les avatars animaliers des flippants Wizards Tell Lies, il n’en a pas moins multiplié les sorties et projets cette année (voyez donc par ici, par là ou encore par là-bas), le dernier en date en compagnie de Justin Wiggan aka Roadside Picnic, déjà sold out, déclinant désormais via Bandcamp ses fantasmagories tachycardiques et décharnées :



Son bilan 2013 :

- Bandcamp

I only discovered Bandcamp this year and it has been a godsend. I know it’s a corporate beast but it has given independent artists and labels the tools to get heard and make money from their art. Most importantly for me it has made searching out music interesting again and I have made some wonderful discoveries : Medroxy Progesterone Acetate, April Larson, Laica, Synek, people-eaters, oh/ex/oh, Moon Zero, Lumbers, Keep Sheila on Acid, Rano, Auditory Field Theory, The Geography Trip, Chapel Yard Label, Disco Insolence.

Je n’ai découvert Bandcamp que cette année et ça a été un don du ciel. Je sais que c’est un poids lourd, mais il a offert aux artistes et aux labels indépendants les outils pour se faire entendre et gagner de l’argent grâce à leur art. Plus important pour moi, Bandcamp a rendu la recherche de musique intéressante à nouveau, et j’y ai fait de magnifiques découvertes : Medroxy Progesterone Acetate, April Larson, Laica, Synek, people-eaters, oh/ex/oh, Moon Zero, Lumbers, Keep Sheila on Acid, Rano, Auditory Field Theory, The Geography Trip, Chapel Yard Label, Disco Insolence.

- The Outer Church

Joseph Stannard’s The Outer Church is first and foremost an ‘uncanny audiovisual event’ but I know it via its website and Twitter. Joseph and The Outer Church have become very important to me this year - through The OC I have made contacts and friendships that have become part of the backbone of my creative life. One of the best records of the year is the compilation Joseph released in September on Front & Follow which features many of the artists who have performed live at his events and sum up his creative ethos and passions perfectly.

The Outer Church de Joseph Stannard est d’abord et avant tout une « étrange performance audiovisuelle » mais je le connais par l’intermédiaire de son site Internet et de Twitter. Joseph et The Outer Church sont devenus très importants pour moi cette année - grâce à The OC, j’ai noué des contacts et des amitiés qui font désormais partie de la colonne vertébrale de ma vie créative. L’un des meilleurs disques de l’année est la compilation que Joseph a sortie en septembre sur Front & Follow avec de nombreux artistes invités qui ont joué live à ses concerts, résumant à la perfection sa philosophie créative et ses passions.


- Leigh Wright

Otherwise known as The Ephemeral Man, Leigh Wright launched the Wyrd Daze Zine this year. Now in digital form, the zine comes as a huge downloadable mixed-media bundle and it has attracted an impressive list of contributors from the worlds of experimental art, music and literature. Leigh has started something vast and unique here ; the zine is a conduit that projects an array of esoteric and eclectic art, well worth looking at and well worth contributing to.

Également connu en tant que The Ephemeral Man, Leigh Wright a lancé le webzine Wyrd Daze cette année. Désormais sous forme numérique, le zine se présente comme un énorme paquet de médias variés à télécharger et a attiré une liste impressionnante de collaborateurs issus du monde de l’art expérimental, de la musique et de la littérature. Leigh a commencé quelque chose de vaste et d’unique, le zine est un conduit qui projette tout un étalage d’art ésotérique et éclectique, et mérite qu’on l’explore et qu’on y contribue.



Lucien Dell’Eglio

(Stolearm - France)

... continue d’œuvrer dans la "fausse musique" vraiment jouissive et singulière aux manettes du label Linge Records et nous a livré avec Glasslight Schwarzfaçade (dont on parlait ici) son album le plus frontal et percutant, voire "pop". A réviser via Bandcamp avant la tournée à 5 prévue pour le printemps prochain, en préambule au disque suivant que le Montpelliérain adepte d’une new wave dopée à l’indus et à l’EBM nous annonce tout aussi mélodique mais plus "minimaliste et crade shoegaze avec des contrastes de vide et d’excès".



Son bilan 2013 :

ALBUMS :

- The Knife - Shaking The Habitual

J’avais hésité avec Holy Other et sa nouvelle sauce Art Of Noise sombre et Lesser Evil de Doldrums, album un peu trop jeune et hyperactif pour être jugé et qui mérite décantation. J’avais rarement été convaincu par les précédents albums de The Knife, excepté Fever Ray dont l’album est excellent. Shaking The Habitual, par contre, m’envoie des grosses claques. Je trouve ça novateur à tout point de vue, car cela représente ce que j’attendais à notre époque en 2013 : une musique excentrée des carcans occidentaux avec des touches néo-orientales voire extra-terrestres. C’est comme si Omar Souleyman avait rencontré les Residents et Throbbing Gristle. Modalités et instruments délicieusement bizarres, rythmiques massives et subtiles, idées brillantes et savamment orchestrées, forment cet album varié avec mille recoins à explorer. L’ensemble reste cohérent et non-surproduit avec un feeling sincère de live et d’improvisation. Prenez-en de la graine ! Titres phares : Without You My Life... / Full Of Fire

- Rapido De Noir - Equidistant Loneliness

Et là, on peut sortir une phrase honteuse : "C’est les nouveaux Cure français !" (de la côte d’Azur). Mais dans le cas des Rapido, je prends cette remarque à cœur. Ils ont un son très moderne, à mon sens, car il fait le pont entre les musiques Cold et New Wave, bien sûr, une touche de punk-rockab’ hispanique, mais aussi avec l’électronica Warpienne et toute la scène des musiques électroniques britanniques. Le songwriting est à tomber par terre, et le charisme et la voix humble et décadente de Pat me retourneront toujours le bide. Ils ont malheureusement mis fin au groupe en 2013 pour des raisons logistiques et cela va beaucoup me manquer. Titres phares : My Shining Whore / Close To The Edge / Shaun

- Claude Biscuit + Cyrod - Neuvaine et L’Omaryde

Facile à dire ; j’ai été impliqué dans le processus de ces albums (retouche de mix et mastering pour le premier, et aussi à la compo dans le second qui date de 2007 à 2009). Neuvaine, c’est encore un EP qui prouve que le songwriting est encore excellent, et les sons utilisés sont déroutants, granuleux et enfantins, crades comme dans les samples utilisés par Devo, Yello, YMO, et Art Of Noiso. Chaque chanson est comme un rêve matérialisé en sons, c’est bourré de références musicales qui finissent pulvérisées comme des châteaux de sables. L’Omaryde est bourré de souvenirs, de sons cachés, de secrets, et incarne la folie de la découverte de la musique by Claude Biscuit, affranchie de tout carcan. C’était nos "Années colorées" et "Cité U", tout ça. Titres phares : Flow, Synode, Chocolate, Into The Garden, Observation


CONCERTS :

- My Bloody Valentine au Bikini, Toulouse - MBV

Il y a pas mal de monde qui conchie cette galette, attendue comme "l’album parfait", le "y’a interêt...". Je le trouve plus aéré, lisible et aussi plaisant quIsn’t Anything. On dirait qu’ils ont tout composé en mode "random" avec des accords au pif, et pourtant ça lâche des grosses salves émotionnelles bien ramollo. On sent comme s’il y avait eu un bouton pause appuyé entre 91 et 2013, et je trouve ça aussi angoissant et magique à la fois. C’est un des premiers groupes à ma connaissance qui arrive à générer cette émotion de l’album "retour" / "dans la continuité". Vous l’aurez compris, je suis très nostalgique. Et puis y’a quand même de la nouveauté et de l’étrangeté dans certains titres - New You, l’hélicoptéré Wonder 2 (hallucinant en live avec la reprise noise interminable de You Made Me Realise). Leur live à Toulouse était terrible, bien que Shields était d’une humeur massacrante, le couple basse/batterie était charismatique et la setlist idéale. Titres phares : Who Sees You / New You / You Made Me Realise (Live) / Wonder 2 (Live)

- Light Asylum au Connexion Café, Toulouse

Pas mal de titres de leur premier LP sont monstrueux et m’ont donné des bouffées d’adrénaline à la première écoute (Pope Will Roll, Dark Allies par exemple). Par contre, l’album a un peu du mal à tenir sur la longueur, mais en live c’était l’extase. Shannon possède un coffre effrayant et séduisant, elle crache ses tripes sur scène, donne des coups de fouet vocaux. C’est aussi quelqu’un d’adorable (après avoir discuté après concert sur nos passions communes de Yello et l’EBM).

REEDITIONS :

- Cyrnai Transfiguration

J’ai découvert cet album en cherchant sur Google le nom d’un claviériste qui a participé à cet album entièrement composé, chanté et sound designé de la main de maître d’une certaine Carolyn Fok. Transfiguration est un album rare, introuvable (à part sur Spotify et très cher en commande sur un ou deux sites). C’est surtout une chimère digitale, organique et fantomatique. On est pas loin de Dead Inside des Golden Palominos, mais aussi de Recoil, Nine Inch Nails, Skinny Puppy... Très dur de situer cet album, mais les sons utilisés apparaissent nets, chatouillent les oreilles et surprennent, comme émergeant d’un magma sonore bouillant. La voix sous mixée n’apparaît que par murmures incompréhensibles, dans une sorte d’évanescence engourdie. C’est un album à écouter assis face aux enceintes à l’ombre de ses hallucinations auditives.



William Ryan Fritch

(aka Vieo Abiungo - US)

... pouvait difficile nous enchanter davantage qu’en 2012 avec sa participation, interview à l’appui, à notre compilation de morceaux exclusifs Clashes. Une gageure pourtant accomplie par The Waiting Room, BO sortie chez Lost Tribe Sound d’un docu hospitalier qui se passe pourtant volontiers d’images pour exprimer au gré de ses tourbillons orchestraux toute la tragique poésie d’une société en lutte quotidienne pour son humanité.



Son bilan 2013 :

- Revival Hour - Scorpio Little Devil

This album was unfortunately slept on by far too many here in the states. DM Stith (probably my favorite songwriter alive at the moment) and JM Lapham produced a stunning swirl of lucid psychedelia that was as intense and visceral a listening experience as I’ve had in recent memory. Unlike so many bands that have chased the same mojo drenched vintage Soul/R&B sound that the greatest Muscle Shoals and Stax Records epitomized, Revival Hour’s debut LP is a thoroughly innovative and multi-faceted endeavor. It doesn’t just congratulate itself for the aesthetic or pleasing fidelity of it’s sound world, it contains treasure troves of complexity, nuance and a lyrical identity that has powers of conveyance beyond any work that I’ve heard from the innumerable modern soul or psych-rock re-enactors.

Cet album a été malheureusement ignoré par un trop grand nombre ici aux États-Unis. DM Stith (probablement mon songwriter préféré en activité) et JM Lapham ont produit un stupéfiant tourbillon de psychédélisme lucide qui s’est avéré être l’expérience d’écoute la plus intense et viscérale que j’ai eue de mémoire récente. Contrairement à beaucoup de groupes qui ont chassé le même son Soul vintage / R&B trempé de mojo que les géniaux Muscle Shoals et Stax Records ont incarné, ce premier LP de The Revival Hour est une entreprise minutieusement novatrice et multi-facettes. Il ne se contente pas de s’auto-féliciter de l’esthétique ou de la plaisante fidélité de son univers sonore, mais contient des trésors de complexité, de nuance et une identité lyrique qui a le pouvoir de transporter au-delà de tout ce que j’ai pu entendre de la part de ces innombrables revivalistes de la soul moderne ou du rock psyché.


- Son Lux - Lanterns

This record displays a tidiness and level of precision that I would normally consider to be too sterile or over-developed. However, the sophistication and the sheer musical prowess that Ryan Lott displays on this record is unlike anything out there in the world of popular music. His rhythmic sensibilities, often employing shifts in feel, time and tempo that most producers have never felt, heard, or imagined, are constantly captivating and keeps the listener in a very satisfying state between being surprised and anticipatory. Being a composer that prefers to work with more crude and unpolished elements, hearing Son Lux’s work seems alien and imposing for it’s virtuosic and refined palette. It has so far offered the most satisfying sound puzzles of any record I’ve heard all year.

Ce disque affiche une méticulosité et un niveau de précision que j’aurais normalement tendance à considérer comme stériles ou sur-développés. Cependant, la sophistication et la pure virtuosité musicale dont Ryan Lott fait montre sur cet album ne ressemblent à rien d’autre actuellement dans le monde de la musique populaire. Sa sensibilité rythmique, employant souvent des changements de dynamique, de temps et de tempo que la plupart des producteurs n’ont jamais sentis, entendus ou imaginés, est constamment captivante et maintient l’auditeur dans un état très plaisant entre la surprise et l’anticipation. Étant un compositeur qui préfère travailler avec des éléments plus bruts et non polis, le travail de Son Lux me semble venir d’une autre planète et m’en impose par sa palette virtuose et raffinée. Il a jusqu’à présent offert les puzzles sonores les plus satisfaisants de tout ce que j’ai entendu cette année.


- Tim Hecker - Virgins

This record is bookend to bookend filled with the best sounds and textures I’ve heard in 2013. This record is the opposite side of the same coin for me as the other aforementioned records. I do not overanalyze, scroll back for one more listen or try to contextualize this music. Where the other records deftness of craft produced scintillating moments of catharsis, Hecker’s deftness of craft created a breathless, fluid and seamless work that feels utterly indivisible to me.

Ce disque est à lui seul une entière étagère remplie des meilleurs sons et textures que j’ai entendus en 2013. C’est pour moi l’autre côté de la médaille des albums mentionnés plus haut. Je ne le suranalyse pas, ne reviens pas en arrière pour une écoute supplémentaire ou n’essaie pas mettre cette musique en contexte. Là où l’habileté ou la maîtrise des disques précédemment cités produit de scintillants moments de catharsis, l’habileté et la maîtrise d’Hecker a généré une œuvre à couper le souffle, fluide et limpide, qui m’apparaît totalement indivisible.



Ched Hélias

(France)

... nous a régalés d’un nouvel EP téléchargeable à prix libre dont la pop racée à cheval sur les années 70 et 90 culmine sur la poésie électrique de l’intense Technicolor Eyes :



Son bilan 2013 :

- 1. Overseas - Overseas (juin 2013)

Le retour des frères Kadane (Bedhead, The New Year), accompagnés de David Bazan (Pedro The Lion) et de Will Johnson (Centro-Matic). Ce « supergroupe » a su mettre en valeur la singularité de chacun pour en faire un monument indie extrêmement cohérent. Tout y est, les chansons, le son et un tracklisting qui fait que l’album s’écoute d’une seule traite sans pouvoir en décrocher. Massif.

- 2. Louis-Jean Cormier - Le Treizième Ėtage

Album sorti en septembre 2012 au Québec mais que j’ai découvert un peu par hasard en 2013. Voix et guitare des excellents Karkwa (en pause à durée indéterminée), Louis-Jean concentre tout son talent d’écriture sur cet album solo. Cette façon swinguante de faire sonner les mots et le (léger) accent du terroir me galvanisent à chaque écoute. Un vrai sens des arrangements aussi, généreux et sensibles.

- 3. V.O. - On Rapids (février 2013)

Ces Bruxellois ont confié leurs morceaux à John McEntire (Tortoise, The Sea And Cake) et je les en remercie ! Il a su laisser respirer et aérer leur musique fine, poétique et pleine de surprises harmoniques.



Euan McMeeken

(aka Glacis, Graveyard Tapes - Ecosse)

... s’est associé à Matthew Collings (que l’on devrait retrouver très bientôt dans cette même rubrique) pour l’ambient-pop gothique aux effluves électro et modern classical du projet Graveyard Tapes toujours chez Lost Tribe Sound, entre deux sorties éclectiques de son très bon label mini50 Records - citons notamment celles d’Old Earth et de Løzninger chroniquées dans nos pages.



Son bilan 2013 :

- The Alvaret Ensembe - s/t

I think this is just incredible. Given it’s largely improvised it’s an amazingly accomplished piece of music. I was a fan of Greg Haines work anyway but the depth of emotion conveyed in this record, through a collaboration of people obviously on the same page musically is quite sublime.

J’ai trouvé ce disque tout bonnement incroyable. Étant donné son degré d’improvisation, il s’agit d’une œuvre étonnamment accomplie. J’étais fan du travail de Greg Haines de toute façon, mais la profondeur de l’émotion véhiculée par cet album, grâce à la collaboration d’artistes de toute évidence sur la même longueur d’onde, est assez sublime.

- Gideon Wolf - I Am Wolf

If I could have released this on mini50 I would have. Simply stunning use and manipulation of the voice. I really was stopped in my tracks by this record. Chemical Tapes do lots of good things but nothing as incredible as this. I think this record is just amazing.

Si j’avais eu l’occasion de publier ce disque sur mini50, je l’aurais fait. Utilisation et manipulation tout simplement magnifiques de la voix. J’ai été vraiment soufflé par cet enregistrement. Chemical Tapes a sorti beaucoup de bonnes choses mais rien d’aussi incroyable que ça. Je pense que ce disque est simplement exceptionnel.


- Mat Riviere - Not Even Doom Music

First record I heard in 2013 and still one of the best. It’s hard to describe this record other than hugely challenging, completely off the wall, and totally insane but absolutely brilliant from start to finish. If you find a better album closer than Gardens anywhere in 2013 I would be hugely surprised. Also had the pleasure of seeing him live twice this year and it’s even more amazing live.

C’est le premier album que j’ai entendu en 2013 et ça reste l’un des meilleurs. Il est difficile de décrire ce disque autrement qu’en le qualifiant d’énormément stimulant, complètement décalé et totalement fou, mais aussi absolument brillant du début à la fin. Si vous trouvez quoi que ce soit de meilleur que Gardens n’importe où en 2013, j’en serai extrêmement surpris. J’ai également eu le plaisir de le voir deux fois en concert cette année et il est encore plus impressionnant live.



Photo : William Ryan Fritch.


Articles - 01.12.2013 par RabbitInYourHeadlights

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jeudi 22 août 2019


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