Bruno Bavota - The Secret Of The Sea

A la lecture du titre et après découverte de la pochette, plus de doute, The Secret Of The Sea est un disque aquatique. Comme tant d’autres, me direz-vous ? Certes, si ce n’est que celui-ci se donne les moyens de ses ambitions.

1. Me And You
2. Les Nuits Blanches
3. The Man Who Chased The Sea
4. Hidden Lights Through Smoky Clouds
5. If Only My Heart Were Wide Like The Sea
6. Constellations
7. Plasson
8. Northern Lights
9. The Boy And The Whale
10. The Secret Of The Sea
11. Chasing Stars

date de sortie : 24-04-2014 Label : PsychoNavigation Records

Se servir de la mer comme source d’inspiration, la recette est éculée. A ce petit jeu, la musique de Bruno Bavota présente un avantage ; elle est adaptée à ce thème dans le sens où elle est totalement instrumentale.

Silencieuses vocalement, alternant entre de petites ritournelles douces et une puissance inquiétante, à l’instar du mouvement alternatif des vagues heurtant les rochers, les compositions du pianiste italien respirent l’air marin.

Première bonne pioche, donc, le hors-sujet est évité. Cela n’est néanmoins pas suffisant pour en faire un bon disque. Mais le troisième effort de Bruno Bavota en est assurément un. Après Il Pozzo D’Amor en 2010 et La Casa Sulla Luna l’an passé, l’Italien abandonne, sur The Secret Of The Sea, et ce pour la première fois, la langue de Dante à l’heure de baptiser ses compositions. A l’exception d’un morceau faisant la part belle au français, l’anglais devient la langue chère à Bruno Bavota. Est-ce là le signe qu’il est aujourd’hui prêt à partager sa musique à l’échelle planétaire ?

Cela ne devrait en tout cas pas poser le moindre problème puisque, encore une fois, le Napolitain a les moyens de ses ambitions. De sa ville, il est justement question à l’idée de justifier son inspiration : "La chose que j’aime le plus à propos de Naples, ma ville natale, c’est la mer. Et à propos de ​​la mer, j’ai toujours aimé les vagues, leur son et encore plus leurs mouvements à bascule, qui me font penser au geste humain le plus profond, l’étreinte. Si immense et familière en même temps, à travers la mer, on peut lire à l’intérieur de soi-même et découvrir sa propre mer intérieure. Un jour, je vais révéler le secret de la mer ".



Vous l’aurez compris, Bruno Bavota est un sacré rêveur pourtant loin du cliché du pianiste surdoué ayant fait ses gammes depuis le plus jeune âge. Il ne s’est en effet intéressé à la musique qu’une fois la vingtaine passée. Ce retard à l’allumage est largement compensé par une multitude d’idées apparaissant sur un disque revendiqué comme plus expérimental.

Très mélodique, The Secret Of The Sea ne tourne jamais en rond et n’ennuie jamais. Il bascule même vers le sublime lorsque piano et guitare se marient, à l’instar de Constellations ou surtout le véritable sommet de l’album que constitue The Man Who Chased The Sea. Absolument délicieux, ces moments ne doivent pas faire oublier la majesté, proche de celle de son compatriote Ludovico Einaudi de titres entièrement joués au piano comme Hidden Lights Through Smoky Clouds et sa reverb’ appuyée, Chasing Stars, Les Nuits Blanches ou Me And You.

En somme, après deux albums plus confidentiels, Bruno Bavota serait donc prêt à offrir sa musique au reste du monde ? Que cette idée ne nous effleure pas trop longtemps l’esprit, un simple regard sur la pochette où, coincé sur un rocher, l’homme se protège (se cache ?) en arborant un large parapluie. Prêt à s’ouvrir, mais pas trop quand même, il s’agit de rester cohérent avec cette mer qui n’apprécie jamais qu’on l’approche de trop près.

Chroniques - 03.03.2014 par Elnorton
 


Chroniques // 24 mai 2015
Bruno Bavota

Treize mois après, Bruno Bavota livre un successeur à l’excellent The Secret of The Sea. Et, autant mettre fin au suspense d’emblée, Mediterraneo est tout sauf le contre-pied de son prédécesseur.




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jeudi 19 septembre 2019


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