The Living Blue - Fire, Blood, Water

Que du rock’n’ roll, et encore, à forte dose... Pour amateurs de... non, pour tout le monde, et que ça saute !

1. State of Affairs
2. Murderous Youth
3. Tell me Leza
4. Serrated Friend
5. Greenthumb
6. She bleeds pink
7. Secrets
8. One Beat
9. Wishlist
10. Conquistador

date de sortie : 06-11-2006 Label : Boxson

C’est toujours à l’occasion de vacances comme cette courte pause de la Toussaint que je regarde la pile grandissante de chroniques à faire et que je me demande sérieusement par laquelle commencer, avec une sourde angoisse me serrant légèrement le coeur. Parfois, au hasard d’une écoute ou d’une réception de disques, la liste de priorités change, se meut, et au final, je me retrouve invariablement à écrire mes plus belles chroniques dans ma tête au volant de ma voiture et bien entendu, je les ai oubliées en rentrant chez moi. C’est pour ça que je devrais acheter un dictaphone, et c’est pour ça que je n’en achète pas.

Il en est ainsi pour The Living Blue. Je pense sincèrement que c’est en auto avec le son à fond qu’on appréciera encore mieux ce combo de Champaign, dans l’Illinois. Au premier titre, passé la moue dubitative que pourra entraîner chez les plus sceptiques d’entre nous le riff d’entrée de l’album, très rock’n’roll classique, dès le rythme mis en place, c’est parti, on a envie de rouler vite, loin, ou alors (si on n’est pas dans son confortable intérieur automobile) de bouger, bouger, bouger.

Vous l’aurez compris, il ne s’agit pas là d’un groupe pop autocomplaisant (comme on les aime tant, rassurez-vous) mais bien d’un gang de rockers, purs et durs, vrais, des baroudeurs. Mais pas rudes. Oh, les mélodies ! Oh, le chant ! C’est là que réside le plus invraisemblable du groupe : je reste persuadé qu’ils peuvent devenir "the next big thing" parce qu’ils possèdent tout. Chaque élément semble en place, la mélodie et l’énergie savamment combinés...

Avec un titre comme Tell me Leza, les Strokes pourraient bien les jalouser, voyez-vous, car il y a la même urgence, la même construction plaisante, le même tour de chant... sans vraiment ressembler aux Strokes, en réalité : et c’est la marque d’un grand groupe que d’être aisément identifiable sans tomber dans la plagiat. Parce qu’il y a aussi une urgence digne des Hives (Wishlist), des fulgurances et des rythmes rock’n’roll à rendre les White Stripes fous (Murderous Youth), on pense parfois aux Kills avec ce bon vieux rock’n’roll qu’est Serrated Friend ... et puis de belles mélodies et un orgue digne des Inspiral Carpets reviennent accompagner la voix impeccable sur Greenthumb, puis les arpèges et la rythmique puissante de She bleeds pink avec ses breaks imparables. Et les perles s’enfilent ainsi jusqu’à la fin de l’album.

Il faut dire que les Living Blue ne sortent pas du néant. Ouvrons une page historique. Seul groupe non émo-heavy sévissant depuis 1988 à Champaign, les Bloody Knuckles (c’était leur petit nom dans le temps) dérangeaient et comme dit Ucherek, leur leader : "Les gens ne nous aimaient pas parce que nous étions sauvages et bruyants et qu’on se foutait pas mal du monde." Tout un programme. En 2002, ils deviennent les Blackout et enregistrent leur premier album. Puis ils se feront connaître plus largement en 2004 avec Living in Blue, partageant la scène avec les Strokes et les New York Dolls et enregistrant un live pour MTV2. C’est alors qu’ils changeront de nom et opteront pour The Living Blue pour se démarquer de tous les groupes utilisant Blackout, en rencontrant Andrew Davidson, bassiste de son état, et, selon les dire des autres membres du groupe, "jouant de la basse comme John Entwistle". Rien que ça.

Pas un titre qui ne faiblisse, voilà un album pour l’hiver. Qui tient chaud, qui donne la pêche, communicatif en plus (plein de gens devraient adorer, vous pourrez même le faire partager à vos amis) et qui mérite largement une reconnaissance vaste et glorieuse. Parce que les Living Blue ont un son, un vrai. Et des chansons, des vraies. Alors le mieux à faire pour vous serait de programmer une excursion automobile vers nulle part avec un gros auto-radio et des grosses encientes et d’y emmener ce disque. Il aura tourné trois fois en boucle dans la voiture et vous ne vous en serez pas rendu compte, mais vous serez loin.

Tins, je viens d’avoir une idée. Allez constater vous même sur www.thelivingblue.com, il y a même des titres à écouter. Ca vous épargnera cette longue lecture. Oh, vous aviez déjà fini de lire ? Dommage.

Chroniques - 31.10.2006 par lloyd_cf