Le streaming du jour #1618 : Duck Feeling - ’ýKnthos’
C’est devenu une habitude. Depuis quelques années, Duck Feeling fait de chaque cuvée un régal en dévoilant une gâterie dont l’accessibilité n’a d’égale que l’ambition.
Après avoir étoffé, en 2014 avec Live In Thespiae et ec(H)o - system l’année suivante, la riche et hétérogène discographie des Snobs, duo qu’il forme avec Mad Rabbit et dont nous encensions également le Rhythms of Concrete de 2011, Duck Feeling donne donc un successeur au célébré Like Athena, She Says paru en mars 2016.
En seulement onze minutes, le Français dévoile de nouveau une curiosité musicale qui semble sans limite. S’inscrivant en permanence entre un rock apaisé et des influences plus sophistiquées - pour peu que le rock ne le soit pas - cet EP répondant à l’énigmatique titre de ýKnthos laisse apparaître une dimension synthétique peut-être plus prégnante que jamais dans l’oeuvre de Duck Feeling.
Ainsi, une guitare aux accords éphémères répond à un piano cristallin sur un Viv. à la progression remarquable pour l’irruption aussi essentielle que naturelle de nappes synthétiques entêtantes auxquelles répond cette éternelle voix qui semble revenue d’outre-tombe.
Des failles intimes apparaissent sur ce premier titre, mais sont rapidement écartées sur un Fic. au débit percutant. Le chant se fait plus vindicatif et les guitares plus tranchantes pour ce qui pourrait se rapprocher d’un post-punk à la Motorama mâtiné de ponts plus mélodiques.
Enfin, Luc. débute comme un titre lo-fi de Cyrod Iceberg pour finalement renouer avec des synthétiseurs proches de Air que l’on repérait déjà sur le Kay de Like Athena, She Says. Contemplatif, ce titre fait partie de ces instrumentations essentielles tant elles parviennent, sans imposer de rythmique particulièrement galopante, à générer une dimension dansante que l’on pourrait rapprocher d’une danse de tête, celle que le corps intériorise.
Un concept qui n’est pas nécessairement très investi par les artistes de la sphère contemporaine mais il y a bien longtemps que Duck Feeling n’a plus à justifier sa réputation de défricheur de contrées isolées.

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