Avant-première : la vidéo d’Against Dreaming, morceau IRMxTP du rappeur Jesse Dangerously repris sur le premier album de son nouveau projet Danger Grove

Grosse année pour le rappeur barbu d’Ottawa, qui outre des apparitions sur les derniers albums de ses compères des géniaux Backburner - de The Mighty Rhino (l’électrique Basically Jesus) à More Or Les (le très Beastie Boy circa 2004 Double Tomahawk) chez Hand’Solo Records en passant par le dernier petit bijou autoproduit de Wordburglar (via le jazzy The 2nd Last Song, avec la moitié du crew sus-mentionné) - a sorti deux projets en mode "multiples personnalités", sous deux noms différents, en plus de compiler et de poursuivre sous son véritable patronyme sa série de singles mensuelle The Rap Hundreds.

Le premier, lâché en mars dernier, l’associait au beatmaker Ambition sous le nom The Library Tapes, un Rap Dad, Real Dad plus ou moins mellow, boom bap post-Daisy Age funky aux entournures voire carrément romantique qui culminait sur le fabuleux Nothin Fri3ndly, réunion backburnesque qu’on avait playlistée par ici, suite de cette tuerie et de celle-là, et accessoirement trou noir inattendu du disque avec ses synthés et cuivres insidieux et ses versets du côté obscur... Wordburglar en gourou du ghetto, Timbuktu en vampire, The Mighty Rhino en loup-garou et Ghettosocks en serial killer, c’était un peu Halloween avant l’heure ce morceau :


Mais ce qui nous intéresse plus particulièrement aujourd’hui c’est la sortie vendredi dernier du premier véritable album du projet Danger Grove, qui voit le Canadien s’accoquiner avec la productrice et vocaliste américaine Lizard “Liz” Grove, une collaboration initiée il y a deux ans par les remixes par la première de fonds de tiroir du second sur l’éponyme DangerGrove. Avec Want, For Nothing, moins de connotations trap mais quand même un petit peu (Getafix the Druid), davantage de claviers aériens et d’arrangements synthétiques (Salvarsan Pick-Me-Up, Welcome to Spooky Humour Podcast), d’interventions r’n’b au micro de la dame - qui rappe également sur le cuivré That’s Numberwang ! - et d’autotune nerdy (Die Zauberkugel, neverhome), un peu de country ultra-décalée (gottagonnagottagonna)...


... et surtout la présence du morceau IRMxTP de Jesse précédemment croisé sur le 9e volet de notre compil hommage à Twin Peaks toujours en libre téléchargement ici, l’onirique et très pop Against Dreaming dont on vous offre ci-dessous la primeur de la vidéo, avec en vrac une planche ouija, un vinyle shop, un banjo, un donut en décomposition et des animaux domestiques de partout... la recette du succès facebook en somme, tout y est !


Voici d’ailleurs ce qu’en dit le monteur LES666, qui s’est chargé de réunir tous ces bouts de vidéo filmés par le duo et leurs amis :

"L’idée de Danger Grove était vraiment fun et ambitieuse. En tant que vidéaste, c’était vraiment libérateur d’exprimer certaines idées de l’espace dans le cadre des limites de leurs séquences et de révéler les messages cachés de ces vidéos filmées au petit bonheur la chance avec leurs téléphones portables, des vidéos qui dominent l’espace personnel de nos téléphones mais ne voient pas toujours la lumière du jour, hormis peut-être sur les réseaux sociaux. Je me suis reconnu et j’ai reconnu le belles choses que je vois tous les jours, même si les images n’étaient pas les miennes. Avec l’humour aussi d’user d’un timing et de transitions créatifs dans le contexte de la chanson Against Dreaming, c’était amusant de manipuler la vidéo sur une toile numérique."

"This was a really fun and ambitious idea from Danger Grove. As a video artist it was really liberating to express some spatial ideas within the confines of their footage and unearth hidden messages from random cell phone videos, videos that dominate the personal space of our phones but don’t always see the light of day other than perhaps on social media. I saw myself and I saw the beautiful things I see everyday, even though the footage was not mine. Having the humour as well to use creative transitions and timing in the context of the song Against Dreaming, it was fun to manipulate the video on a digital canvas."


On en profite pour vous faire partager quelques morceaux choisis de ce que Jesse nous disait de la genèse de ce morceau dans son "Entretien à Twin Peaks", malheureusement resté dans les cartons faute de temps pour le traduire - vous allez vite comprendre la raison :

- IRM : Tu as enregistré ce titre pour notre compilation Twin Peaks, quel aspect de la série t’a inspiré ? Des anecdotes à ce sujet ?

Jesse Dangerously : Tout d’abord, je savais que je voulais ne pas rapper car je prenais la direction d’une musique qui aurait vraiment pu figurer sur la bande originale et je ne savais pas comment incorporer les influences d’Angelo Badalamenti et de Julee Cruise dans mon style de hip-hop habituel sans utiliser de samples.
J’avais en tête comme point de départ la scène où les ados s’assoient et chantent ensemble, et j’ai essayé de trouver sur mon banjolélé un arpège simple qu’ils auraient pu jouer à la place. J’étais un peu gêné quand j’ai réalisé que celui que j’avais choisi était sur le même intervalle que le thème d’ouverture, donc j’ai ajouté une autre partie à la phrase principale pour l’en différencier. J’ai joué ça au banjolélé via un bitcrusher pour obtenir une sorte de distorsion rêveuse et granuleuse.
Une fois que j’avais la progression des accords, j’ai commencé à chercher des paroles. Je voulais un point de vue qui me situerait dans l’univers de David Lynch et j’ai opté pour l’insistance que rien sortant de l’ordinaire n’arrive jamais. Une insistance tenace de la mondanité. Je venais juste d’écouter le dernier album de Leonard Cohen donc je me sentais comme une merde et j’étais prêt à trouver mon registre le plus grave. Je veux dire que certaines émotions vraies rampent là-dedans - je ne parle jamais de rêves au sens littéral du terme, car c’est une perte de temps pour les autres de leur imposer la gymnastique de mon subconscient, et je pourrais aussi bien parler du sandwich que je me ferais si j’avais dix ingrédients que je ne vais pas prendre la peine d’acheter de toute façon. Mais j’ai aussi une forte aversion pour la pensée magique, et je déprime beaucoup (c’est le Cohen qui parle, là), donc je me sens de moins en moins à l’aise pour mettre des mots sur mes rêves en termes d’objectifs ou de buts. Je peux me contenter d’être en vie dans ce monde banal et que rien n’arrive et ça peut être suffisant, même si je ne parviens pas à finir tous les albums qui sont là dans ma tête ou à faire toutes les tournées que je voudrais ou à rouler des pelles à de nouvelles personnes de tous sexes aussi souvent que je le voudrais. Je peux simplement prétendre être satisfait, c’est moins stressant.
J’ai écrit la ligne de basse sur mon u-bass (une basse ukulélé avec des cordes en caoutchouc géantes) et le clin d’œil à Walk On The Wild Side est probablement évident ? C’est en partie parce que j’ai travaillé avec les accords, en partie parce que j’ai toujours adoré les lignes de basse acoustique polyphoniques, en partie parce que cette basse est fretless donc ce slide était trop tentant pour être évité, et en partie parce que This Magic Moment était sur la BO de Lost Highway, alors je me suis dit que Lynch devait être un admirateur de Lou Reed. Ce n’est pas vraiment mon cas (à peu près tous les musiciens interviewés pour Please Kill Me sont morts pour moi), mais je suis fan de Can I Kick It [ndlr : morceau de A Tribe Called Quest dont l’instru sample Walk On The Wild Side], donc ça le fait.
L’autre chose que j’ai piquée à Walk On The Wild Side c’est que j’avais lu quelque part que la ligne de basse était doublée entre une contrebasse et une basse électrique, donc je voulais aussi doubler la mienne. Cependant, je ne possède qu’un seul de ces deux instruments, donc j’ai ressorti un achat récent, le légendaire Casio MT40, et je l’y ai superposé. J’ai utilisé son motif d’accompagnement "rock" en tant que batterie sur la première démo de la chanson, motif qui a valu au monde le tristement célèbre Sleng Teng [ndlr : un hymne jamaïcain synthétique qu’on préfère ne pas partager ici], mais je l’ai retiré plus tard au profit de quelque chose de mieux.
J’ai laissé la démo dans un coin pendant des mois et je n’arrivais pas à me décider sur la direction à prendre avec ça. À cette époque, le projet Danger Grove a pris forme avec Lizard Grove - une super productrice qui, je trouve, pourrait être un personnage de Twin Peaks. Quelques semaines avant la deadline, j’ai donc retenu mon souffle et lui ai demandé si elle pouvait m’aider à terminer le morceau. Et je suis bien content de l’avoir fait !
Lizard - vingt ans - s’est enfilée la série en quelques jours, n’appuyant sur pause que pour m’envoyer des textos sur sa haine pour Leo et le fait qu’elle voulait le voir payer (sans vouloir spoiler... pas de quoi s’inquiéter que Leo reste impuni par le destin). Puis elle a fait une petite crise de doute sur quoi faire de ma démo, quoi ajouter sans la ruiner. Et elle a balancé quelques synthés et drums qui l’ont rendu TELLEMENT MEILLEURE qu’elle ne l’était au début !
Pour la dernière partie on a discuté et j’ai pris des suggestions du genre "fais peut-être un peu de beatbox que je puisse associer aux drums ?" et pendant ce temps, j’ai eu l’idée d’incorporer un dernier élément de la série - les voix inversées !
Tout d’abord, j’ai pris la deuxième section vocale, je l’ai mise à l’envers, puis je l’ai superposée à l’arpège augmenté de Lizard au début, comme intro. C’était terminé pour un temps, mais ensuite en construisant le troisième acte climatique du morceau, plutôt que de répéter cette section j’ai décidé d’écrire une nouvelle série de paroles en imitant phonétiquement la section inversée, le chanter de cette façon puis inverser ça (exactement comme le dialogue dans la loge aux rideaux rouges, et un peu comme Spike Jonze avait tenté de convaincre The Pharcyde d’apprendre Drop à l’envers pour le clip) pour un dernier couplet. Il n’y a qu’une poignée de moments où le chant ré-inversé imite le chant originel de manière évidente, mais l’Easter Egg apparaît lorsque vous jouez le morceau à l’envers, vous pouvez entendre le couplet secret et ça se tient plus ou moins en restant fidèle au thème de la chanson.

IRM : You recorded this track for our Twin Peaks compilation, what aspect of the series inspired you ? Any anecdote about that ?

Jesse Dangerously : First off I knew I wanted to not rap because I took the direction of making music that might have been on the soundtrack very strongly and I didn’t know how to incorporate Angelo Badalamenti and Julee Cruise influences into my usual style of hip hop without sampling.
I had the scene in mind where the teens sit around and sing together as a starting point, and tried to find a simple arpeggio on my banjolele that they might have been playing instead. I was kind of embarrassed when I realized the one I settled on is the same interval as the opening theme, so I added another part to the main phrase mainly to differentiate it. I played that with the banjolele through a bitcrusher for kind of a dreamy, grainy distortion.
Once I had the chord progression, I started looking for lyrics. I dug around for a point of view that would situate me within a David Lynch universe and settled on an insistence that nothing out of the ordinary is going on, now or ever. A dogged insistence of mundanity. I had just listened to the last Leonard Cohen album so I felt like shit and i was ready to find my lowest register. It meant that some real feelings crept in there - I genuinely don’t talk about dreams in a literal sense, because it’s a waste of other people’s time to process the gymnastics of my subconscious at them, and I may as well describe a sandwich I would make if I had ten ingredients I’m not going to bother buying. But I also have a strong aversion to magical thinking, and I let myself down a lot (this is the Cohen speaking), so I feel less and less comfortable vocalizing my dreams in the sense of goals or objectives, too. I can just be alive in this unremarkable world and nothing can happen and that can be enough, even if I don’t finish all the albums in my head or go on all the tours or make out with new people of every gender as often as I’d like. I can just pretend to be satisfied, that’s less stressful.
I wrote the bassline on my u-bass (ukulele bass with giant rubber strings) and probably the nod to Walk On The Wild Side is obvious ? That was in part because it worked with the chords, in part because I’ve always loved polyphonic acoustic bass lines, in part because the u-bass is fretless so that slide was too tempting to pass up, and in part because This Magic Moment was on the Lost Highway soundtrack so I figured Lynch was a Lou Reed guy. I’m not a Lou Reed guy (pretty much everyone interviewed for Please Kill Me is dead to me), but I am a Can I Kick It guy, so it works out.
The other thing I took from the Wild Side was i read somewhere that famous bassline was doubled between a upright and a electric, so I wanted to double mine too. I only have the one bass instrument though, so I hauled out a recent purchase, the legendary Casio MT40 and layered it in there. I used its "rock" accompaniment pattern for drums on the first demo of the song, which is the pattern that gave the world the notorious Sleng Teng riddim, but took that out later when something better (for this) came along.
I had the demo sitting for months and couldn’t figure out where to go with it, couldn’t find an ending. In that time, the entire Danger Grove project happened with Lizard Grove - a great producer who I think could BE a character on Twin Peaks. A few weeks before the deadline I held my breath and asked if she’d help me finish it. I’m so glad I did !
Lizard - twenty years of age - powered through the series in a couple days, pausing only to text me periodically about how much she hates Leo and wants to see him get his (I was just like... I don’t want to spoil anything... but... don’t worry that Leo goes unpunished by fate). Then had a little crisis about not being sure what to do with my demo, what to add that wouldn’t wreck it. Then threw in some synths and drums that made it SO MUCH BETTER than it began !
For the last bit we went back and forth, and I took suggestions like "maybe do a little beatbox I can layer in with the drums ?" and during that I got the idea to incorporate one more thing from the show - reversed vocals !
First, I took the second vocal section, flipped it backwards, then layered it over Lizard’s augmented arpeggio at the beginning, as an intro. That was it for a while, but then when they were building the climactic third act of the song, rather than repeat that section I decided to write a new set of lyrics by phonetically approximating the reversed section, singing it that way, then reversing THAT (just like how they did the dialogue in the red curtain room, and kinda how Spike Jonze tried to get The Pharcyde to learn Drop backwards for the video) for a final verse. There’s only a few moments where the re-reversed vocal obviously mimics the original, but the Easter egg is that if you play the song backwards, you can hear the secret verse and it at least kind of makes sense and stays on theme.


- IRM : Comment décrirais-tu ton rapport à Twin Peaks ? A l’univers de Lynch en général ?

Jesse Dangerously : Formatif ! De 13 à 18 ans, mon meilleur ami et moi-même avons loué toutes les cassettes du pilier récemment fermé de la communauté du cinéma alternatif de Nouvelle-Écosse, Video Difference. Eraserhead est la première oeuvre de Lynch que nous avons visionnée et c’était tellement différent de tout ce que nous avions connu. C’était probablement en 1993 ou en 94 et nos références les plus proches étaient les moments les plus inconfortables du cartoon Ren & Stimpy, ou les clips de Liquid Television. Peut-être certaines vidéos musicales particulièrement borderline, mais pas vraiment les clips de rap qui occupaient alors la plus grande partie de mon attention. C’était NOUVEAU.
Hormis quelques moments de légèreté ("OK, PAUL !"), ça m’a rendu très malheureux. La seule scène qui ne m’ait pas fait l’effet d’être complètement aliénante est celle de la fille aux joues d’écureuil derrière le radiateur. Ce devait être en 1994, car je me suis dit "oh, c’est fondamentalement Portishead !" J’ai enregistré cette chanson sur une cassette audio avant de rendre la vidéo, puis je l’ai samplée pour un interlude vraiment bâclé qui a fini par apparaître sur mon album fourre-tout de 2004, How To Express Your Dissenting Political Viewpoint Through Origami.
Après ça, je n’étais plus si sûr d’être emballé à l’idée de visionner d’autres films du bonhomme, mais heureusement mon ami était persistant et j’étais faible donc on a tenté Blue Velvet et Sailor & Lula et j’ai commencé à saisir le truc. Je crinçais toujours des dents aux passages les plus délibérément laids, ça n’est juste pas pour moi, mais j’ai commencé à vraiment apprécié la narration impressionniste et cette logique des rêves d’une extrême honnêteté. Des histoires capables d’embrasser leurs thèmes avec davantage de profondeur en rejetant stricte continuité et logique rationnelle. Cela semblait très courageux, ou du moins vraiment audacieux.
Donc j’étais déjà un fan impatient au moment où Lost Highway est sorti et j’ai dévoré Une histoire vraie, Mulholland Drive (son chef-d’œuvre à mon avis) et Inland Empire. Mais j’ai toujours été réticent à démarrer Twin Peaks car le premier épisode était difficile à trouver, et même le reste de la saison d’ailleurs. Je ne connaissais pas la série au moment de sa première diffusion, et je n’avais visionné que quelques épisodes isolés tard la nuit lorsqu’elle avait été rediffusée, donc tout ce que je savais c’est que l’Agent Mulder en robe avait un tout petit peu complexifié mon approche des genres. Lorsque je suis parti de chez mes parents, je n’avais pas le câble, donc j’ai juste... souhaité pouvoir la voir un jour.
Ensuite, tout est sorti en DVD en même temps au milieu des années 2000 et j’ai acheté un coffret d’occasion pour le visionner voracement avec ma copine de l’époque. C’est un peu les montagnes russes en terme de qualité, comme beaucoup de bonnes séries aux storylines erratiques, mais à son meilleur j’ai vraiment apprécié la chaleur et l’humanité qui ont je suppose résulté d’une approche plus conventionnelle des bizarreries de Lynch. Des bizarreries que j’appréciais d’autant plus lorsqu’elles ajoutaient de la tension à la vie quotidienne des personnages. La période où Lynch est parti pour réaliser Sailor & Lula m’a donné du mal ceci dit. Ça tue presque la deuxième saison pour moi.
Mais attends, je suis en train de chroniquer la série là. Ce n’est pas ce que tu m’as demandé ! Je suppose que je devrais juste dire que ma relation à l’œuvre est très critique mais essentiellement enthousiaste ? Haha.

IRM : How would you describe your relationship with Twin Peaks ? With the work/world of David Lynch in general ?

Jesse Dangerously : Formative ! When we were like 13-18, my best friend and I would rent all the indie VHS tapes from the recently shuttered pillar of Nova Scotia’s alternative film community, Video Difference. Eraserhead was the first Lynch we saw and it was so unlike anything we’d seen. It was probably 1993 or 94 and the closest frame of reference I had was the most uncomfortable moments of Ren & Stimpy, or Liquid Television clips. Maybe some particularly edgy music videos, but not really any of the rap videos that occupied most of my attention. This was NEW.
Apart from a few moments of levity ("OKAY, PAUL !") it made me really unhappy. The one scene that I didn’t find alienating was the Chipmunk Cheeked Girl behind the radiator. It must have been 1994 come to think of it because I immediately was like "ohhh this is basically Portishead !" I recorded that song to audio tape before returning the video, and sampled it in full for a really sloppy interlude that eventually surfaced on my 2004 catch-all record, How To Express Your Dissenting Political Viewpoint Through Origami.
After that, I wasn’t sure I was so keen to check out more by this guy, but fortunately my friend was persistent and I was weak so we got around to Blue Velvet and Wild At Heart and I started to catch the vibe. I still would cringe at some of the deliberate ugliness, I’m just not built for that, but I started to deeply appreciate what I saw as impressionist narratives and honest to goodness dream logic, stories that could embody themes more fully by rejecting strict continuity and sense. It seemed very brave, or at least very bold. Rude, really.
So I was an eager fan by the time Lost Highway came out, and I ate up The Straight Story and Mulholland Drive (his pinnacle in my opinion) and Inland Empire. But I was always reticent to start Twin Peaks because the first episode was nowhere to be had and even the regular season was hard to track down. I hadn’t known about it when it first aired, and I only saw disjointed episodes late at night when it was syndicated, and all I knew was that Agent Mulder in a dress was sophisticating my approach to gender just a little bit. Once I lived away from my parents, I didn’t have cable TV, so I just kinda... wished I would see it some day.
Then it all came to DVD at once in the mid-2000s and I got a used box set and watched it all voraciously with my partner at the time. It’s kind of a roller coaster in terms of quality, like a lot of mostly good shows with meandering storylines, but at it’s best I really appreciated the warmth and humanity that I suppose to have been the result of a more conventional foil to Lynch’s weird shit. I appreciated the weird shit so much more when it was adding tension to the daily lives of characters I might care about. The period where Lynch left to make Wild At Heart really struggles though. It almost kills the second season for me.
Hold up why am I reviewing the series. That’s not what you asked ! I guess I should just say my relationship to the works is critical, but mostly very pleased ? Haha.

Voilà, vous savez tout sur le comment, le pourquoi, avec qui, et aussi la raison pour laquelle nous avions dû laisser l’interview de côté en plein boom de publication des derniers volets du projet - qu’il n’est jamais trop tard pour glaner en intégralité sur notre page Bandcamp si ce n’est déjà fait.


News - 23.10.2018 par RabbitInYourHeadlights
 


Le streaming du jour #1694 : IRM presents - 'IRMxTP part IX - The Gifted and the Damned (Great Players Are Either Far or Few)'

Les élus et les damnés, les esclaves et les maîtres, la loge blanche et la loge noire, la clarté et les ténèbres, l’innocence et la perversité, le bien et le mal, les frontières sont minces surtout dans Twin Peaks. Ce neuvième opus de notre compilation hommage en 16 parties, mastérisé par l’Italienne Marie Rose aka MonoLogue (un grand merci à elle !), va (...)




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mercredi 21 novembre 2018


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