Nas lâche le "mot en N"
A peine plus d’un an après l’excellent Hip Hop Is Dead , et alors qu’un Greatest Hits de ses dix ans chez Columbia (de Illmatic en 1994 à Street Disciple en 2004) est sorti en novembre dernier, Nasir Jones aka Nas reviendra en février avec un nouvel album intitulé Nigger . Il s’agira du deuxième à paraître sur le mythique label Def Jam, toujours en coproduction avec Columbia et en conjonction avec son propre label naissant, The Jones Experience.
On ne sait pas encore grand chose sur l’album, si ce n’est qu’Ice Cube et Snoop Dog ont expressément demandé à Nas d’y participer, lui témoignant par ailleurs comme beaucoup d’autres artistes afro-américains (parmi lesquels Common, Method Man, GZA, Jay-Z, Lupe Fiasco ou encore Alicia Keys) de leur soutien et de leur confiance vis-à-vis du nom de l’album, déjà vivement critiqué par des personnalités aussi diverses que le révérend Jesse Jackson ou... 50 Cent, qui entre nous ferait bien de retourner astiquer son pétard au lieu de la ramener.
Sans doute les amis de Nas pensent-ils, avec raison, que sa vision socio-politique et satirique justifie ce choix d’appellation, et que celle-ci ne sera en rien gratuite ou à simple vocation provocatrice.
Le tracklisting et la pochette de l’album, selon certaines sources non officielles, pourraient être les suivants :
1. Intro

2. Black Legends
3. Rest In Peace
4. You A Nigger Too
5. The Fear Of A Black Man’s Dick
6. I’m Blessed
7. The Truth
8. Realise
9. Just Memories
10. This Way (feat. Jay-Z)
11. Kisses & Hugs (feat. Kelis)
12. Based On A True Story (feat. The Game)
13. Take A While
14. Nigger
15. Publicity (bonus track)
Toutefois, seuls les morceaux You A Nigger Too et The Fear (Of The Black Man’s Dick) (tout un programme...) ont été confirmés jusqu’ici par le rappeur, et aucun extrait ni même single n’étant encore disponible, il faudra patienter encore un peu pour en savoir plus sur ce neuvième album en date du new-yorkais. L’occasion, en attendant, de se replonger dans la grande époque de Illmatic avec la vidéo de One Love :
- 30.01.2008 par
L’apocalypse selon KTL
Âmes (et oreilles) sensibles, passez votre chemin. Car derrière KTL se cachent le guitariste Stephen O’Malley, maître d’oeuvre du groupe de "drone métal" américain Sunn O))), et son compatriote l’expérimentateur électro Peter Rehberg (aka Pita), connu notamment pour être un membre du trio d’improvisation Fenno’Berg avec Jim O’ Rourke et Christian Fennesz. Et autant le dire tout de suite, nos deux amis ne sont vraiment pas là pour rigoler.
Avec ses couches obsédantes de drones menaçants et son mur de guitare électrique triturée à l’envie, le groupe cultive en effet le paradoxe d’une ambient glauque et lourde de menaces, apocalyptique et torturée. Une radicalité oppressante et un brin flippante qui ressort des courts extraits en écoute sur myspace, tirés de morceaux dépassant souvent les 20 minutes présents sur leurs deux premiers albums, KTL et KTL 2 , enregistrés en France et sortis respectivement en 2006 et 2007. Depuis, l’enregistrement d’un concert ( Live In Krems ) a également vu le jour, et KTL a composé la nouvelle bande-son d’un classique du muet qui sera réédité courant février chez Tartan, The Phantom Carriage ( Körkarlen , ou encore La Charrette Fantôme en français), et dont voici deux teasers assez parlants :
A noter que le duo entamera bientôt une nouvelle série de concerts dans l’hexagone. Il se produira le 13 février au Grand Mix de Tourcoing, le 15 au Nouveau Casino de Paris, le 16 à l’Autre Canal de Paris, et plus tard chaque soir du 24 au 29 avril au théâtre de la Bastille, toujours à Paris, pour accompagner la troupe de Kindertotenlieder . Montée par la chorégraphe et metteur en scène française Gisèle Vienne en étroite collaboration avec l’écrivain Dennis Cooper, c’est cette pièce dérangeante, pour laquelle avait été composé et joué sur scène le premier album, qui donne son nom au duo. Inspirée de la mythologie autrichienne, elle met en scène des Perchten, personnages des légendes populaires auxquels on prête le pouvoir de chasser les démons et punir les âmes damnées...
- 22.01.2008 par
Japancakes en manque d’amour
Loveless . Tiens, un nom d’album qui rappelle quelques bons souvenirs... Oui mais cette fois, pas de pochette rosâtre et floue où l’on ne distingue qu’à peine le pickguard d’une guitare électrique. Non, le Loveless dont on parle aujourd’hui est signé Japancakes qui n’a pas tremblé à l’idée de reprendre l’album ultra-culte de My Bloody Valentine !
Alors que Kevin Shields et sa tribu prévoient leur retour tellement attendu, une demi-douzaine d’inconnus de l’Etat Américain de Géorgie, profitent de l’impatience des fans pour proposer leur version post-rock du Saint Calice du shoegazing. A partir de là, la description de ce nouvel album de reprises en est déjà presque effectuée. Oubliés les effets de disto à profusion, évanouies les dissonnances sonores, effacées les discrètes voix camouflées derrière tout ce désordre instrumental. Mais que reste-t-il alors ? Et bien Japancakes a fait le pari de conserver les mélodies originales et de les interpréter à leur façon. Et à ce petit jeu-là il faut savoir qu’ils peuvent être très bons. Effectivement, il s’agit d’un groupe dont j’avais fait connaissance il y a un an, et déjà, leur musique semblait se démarquer de ce que certains qualifient d’"enlisement du post-rock", notamment grâce à des mélodies particulièrement expressives et ayant plus pour objectif d’évoquer la joie que le désespoir. De cette créativité associée au génie de My Bloody Valentine, il résulte un éclaircissement et une restructuration des morceaux originaux. La pedal steel se tait pour laisser parler le violon et le piano. Pour s’en convaincre, la page MySpace propose comme à son habitude l’écoute de deux morceaux : Loomer et To Here Knows When. Oh oui, ces noms ne laissent pas indifférent ! En tout cas Japancakes nous propose ici de redécouvrir d’une nouvelle façon assez surprenante un album qui n’a rien perdu de sa splendeur. Preuve que même 16 ans plus tard, certains restent toujours autant émerveillés devant une pièce qui, paraît-il, n’avait aucun amour à offrir...
- 01.12.2007 par
La musique libre se paie C.A.S.H.
Certains agriculteurs, notamment dans le bio, proposent leurs produits à des souscripteurs qui prennent un abonnement à l’année. Ce système permet d’assurer la subsistance du paysan en lui garantissant un revenu stable et un débouché pour sa production.
Appliqué à la musique, ce système se nomme C.A.S.H. (pour Coalition of Artists and Stake Holders : "coalition d’artistes et d’actionnaires"). Lancé le 26 novembre 2007 par Kristin Hersh, le projet C.A.S.H. veut révolutionner la manière dont les artistes partagent leur musique avec leur public. Un système d’abonnement progressif (de 10 à 30 dollars US par trimestre) ou de donation de soutien (pour 500 dollars vous pouvez assister à l’enregistrement en studio, pour 1 000 vous êtes, en plus, crédité sur le prochain CD) est proposé, mais il est tout à fait optionnel. Si vous souhaitez télécharger gratuitement Slippershell, la première chanson inédite proposée par Kristin, libre à vous.
Autre originalité du système C.A.S.H., l’auditeur y est invité à être plus qu’un simple consommateur. En plus de sa chanson (disponible en MP3 mais aussi en Flac, un format de compression sans perte de qualité), Kristin Hersh met à disposition des fans les fichiers ProTools et les paroles, en les invitant à créer leur propre version. "L’art est, par nature, une conversation, commente Kristin. J’aimerais que nous en fassions une communauté. Pensez à ce que vous avez à offrir. La culture de la "lecture seule" ne suffit plus. Nous vous demandons de passer à la "lecture-écriture"."
Dans cet esprit d’interactivité, bien d’autres contenus et événements devraient être proposés aux internautes / auditeurs / participants / actionnaires, qui sont d’ailleurs invités à formuler leurs propres suggestions sur le site.
En outre, si Kristin Hersh est l’initiatrice et la première artiste engagée dans le projet C.A.S.H., celui-ci devrait rapidement s’ouvrir à d’autres participants. Restez connectés...
Le site de C.A.S.H. Music : http://kristinhersh.cashmusic.org/
- 27.11.2007 par
Le Canada, une république qu’elle est bien !
Le Canada, ça paraît être le pays où il fait bon vivre pour les caribous, mais aussi pour tous les amateurs de musique indépendante du XXIeme siècle ! Entre les Arcade Fire, Broken Social Scene, Feist, Do Make Say Think et autres Silver Mount Zion on ne sait parfois plus où donner de la tête devant autant de créativité, tabernacle ! Par contre, si vous êtes resté bloqué à l’époque de Neil Young, je connais un groupe qui devrait vous permettre de rattraper votre retard sur tous les artistes précédemment cités.
Voici donc The Most Serene Republic, un groupe qui ne cache pas ses influences puisqu’on peut le qualifier comme étant un énorme condensé de musique Rock et Post-Rock comme ils savent si bien en faire au pays des pancakes. Pour s’en rendre compte, les supports ne manquent pas ! En premier lieu, la traditionnelle page MySpace sur laquelle 4 morceaux sont proposés à l’écoute dont Pillow Percussion, un mash-up de BSS et DMST ; une tripotée de vidéos sur Youtube ; une interview sur MTV ; et même un player audio depuis le site du label Arts&Crafts pour découvrir Population , la quatrième production de TMSR, disponible depuis octobre dernier. Et comme ça ne semblait pas suffire, on peut aussi trouver la chanson Stay Ups en MP3 gratuit depuis le profil Last.fm ! Si avec un tel dispositif, le buzz ne prend pas, il n’y aura plus qu’à ajouter le nom du groupe sur les pots de sirop d’érable...
Allons bon, que les lecteurs Canadiens ne se vexent pas face à mes petits sarcasmes puisque je suis bien le premier à leur envier leurs innombrables groupes de qualité et The Most Serene Republic en fait absolument partie !
- 26.11.2007 par

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