2014 sans prise de tête - Partie 6

Quelles sont les raisons qui nous font, chaque année, lire et relire les différents tops affolant webzines et presse spécialisée ? Si ces objectifs plus (la volonté de partager de nouveaux disques) ou moins (l’illusion d’être un défricheur) avouables rendent l’exercice de plus en plus raillé, j’y vois essentiellement l’occasion d’ordonner mes découvertes annuelles. Et tant mieux si certains y trouvent ici et là leur compte.

50. Sylvie Simmons Sylvie

En tant que journaliste, la vétérane avait pris l’habitude de parler des disques des autres. Repérée par Howe Gelb, tête pensante de Giant Sand, elle dévoile sur son premier album une folk délicate centrée sur le ukulélé et une voix rappelant celle de Hope Sandoval. Un délice.

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50 bis. Suzanne Vega - Tales from the Realm of the Queen of Pentacles

Un disque passé entre les mailles du filet - d’où le fait qu’il s’invite en tant que "bis" - mais finalement tout à fait légitime aux côtés de Sylvie Simmons. Vingt-neuf ans après un premier opus éponyme et sept ans après son prédécesseur, le nouveau disque de Suzanne Vega permet à l’artiste de maintenir un niveau de qualité discographique intact, et, avouons-le, assez incroyable. "La mère du mp3" (Tom’s Diner fut utilisé comme étalon pour ce format) livre une nouvelle série de titres à la fois chauds et contemplatifs, nostalgiques et enjoués, mais toujours purs, honnêtes, limpides et inspirés. Dans la continuité des précédents, sans jamais faire le même disque, telle est la recette de l’Américaine.


49. Bruno Bavota The Secret of The Sea

En écoutant ce disque, on pense nécessairement à Ludovico Einaudi. Comme son compatriote, Bruno Bavota mêle avec délicatesse guitare et piano et l’agréable côtoie le majestueux au gré des fluctuations d’ambiances de ce disque maritime.

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48. Involved Revolving Maze

Disque composé à distance entre un Américain et un Belge échangeant leur matériel uniquement par internet, Revolving Maze s’affranchit des frontières sur de multiples dimensions, lorgnant aussi bien du côté de compositions cinématiques à la Craig Armstrong que vers le trip-hop, l’IDM, l’ambient ou le krautrock.

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47. TV Girl French Exit

Sur French Exit, la pop shoegazy-solaire des Angelenos est imparable et rappelle en ce sens l’immédiateté des compositions des Suédois de The Radio Dept. L’évidence mélancolique fait ici mouche.

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46. Mermonte Audiorama

Le post-rock des Rennais est bien plus complexe qu’il n’y paraît à première vue, s’orientant ici et là vers une symphonie de poche à la Sufjan Stevens et s’appuyant sur un chant empathique hanté utilisé avec parcimonie. Les variations de tension représentent l’intérêt principal dAudiorama et sont parfaitement maîtrisées.

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45. We Are Ghosts Miami OST

Le collectif israélien a ceci d’atypique que l’improvisation constitue sa seule essence. Initialement, Miami est d’ailleurs un documentaire consacré à une prestation improvisée du groupe. C’est cet enregistrement que l’on retrouve sur Miami OST. L’influence jazzy est omniprésente mais les frontières musicales vont bien au-delà puisque l’on croise, entre autres, les spectres de Rob Dougan, Talk Talk, Tortoise, Explosions In The Sky voire même celui des Tindersticks.

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44. Helado Negro Double Youth

Pas de nouveau Sufjan Stevens à se mettre sous la dent en 2014 - ce sera en revanche le cas cette année - mais son label, Asthmatic Kitty, a quand même trouvé le moyen de se distinguer. L’electronica accessible, rafraîchissante et attachante de Double Youth mêle efficacement nappes aériennes et rythmes tranchants, et bien qu’il ne renouvèle pas grand-chose, Helado Negro nous charme sans jamais forcer le trait.

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43. Neneh Cherry Blank Project

On a finalement trop peu parlé de ce nouvel opus de Neneh Cherry. Blank Project marque le retour en forme d’un Four Tet dont les incursions électroniques classieuses constituent un formidable terrain de jeu sur lequel s’impose l’inimitable voix de Neneh Cherry. Le travail sur les percussions contribue par ailleurs à l’instauration d’une atmosphère reposante, non dénuée d’une nécessaire dose de spleen.



42. Lily & Madeleine Fumes

Pas encore majeures, les sœurs Jurkiewicz roulent, comme Helado Negro, pour Asthmatic Kitty. Sur Fumes, elles associent une candeur juvénile attachante à des envolées de cordes (vocales ou frottées) au charme imparable.

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41. Baxter Dury Pleasure

Pleasure est-il le disque le plus passionnant de cette liste sur le plan technique ? Absolument pas. Mais le « crandy » (terme mélangeant ceux de crooner et dandy que revendique l’artiste non sans un soupçon d’ironie) ne cherche de toute façon pas à réaliser de prouesses sur ce plan-là. C’est au contraire en faisant de la simplicité son leitmotiv qu’il nous incite à nous prélasser dans son univers. Ce songwriting élégant et imparable constitue l’une des principales forces de Baxter Dury, lequel ne se prend jamais totalement au sérieux sans tomber dans l’écueil de ceux qui, à force d’ironie, voient leur musique se couvrir elle-même de ridicule.

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Articles - 13.01.2015 par Elnorton
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