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2016 : Cocorico sur les cendres - LPs (23 à 44) | Indie Rock Mag

2016 : Cocorico sur les cendres - LPs (23 à 44)

"Sur les cendres", le titre de ce bilan, est autant un clin-d’œil à la compilation Clouds/Clashes/Ashes dévoilée il y a déjà quatre ans sur notre site (en attendant la prochaine en hommage à Twin Peaks), qu’un élément transcrivant le regard que je porte sur une année où l’humeur n’a franchement pas été à la grosse rigolade. Concernant le ’cocorico’ présent dans le titre, il est autant dû au fait que l’hexagone n’a pas été épargné par cette morosité ambiante que par la présence en masse - une fois n’est pas coutume - d’artistes français dans ces différents tops. Pour l’occasion, concerts, EPs, LPs et peut-être même chansons se verront classés par tranches de onze éléments à chaque fois. Pourquoi onze ? Tout simplement car c’est ce total qui me permettait de rassembler, dans chaque catégorie, les disques ou prestations qui faisaient réellement partie du haut du panier.

44. Matt Elliott The Calm Before
"A l’instar de Failing Songs, la folk qu’il décline est ainsi inspirée par des sonorités balkaniques. [...] Mais The Calm Before constituera également un régal pour ceux qui maîtrisent la langue de Shakespeare tant Matt Elliott a mis de sa personne dans les textes et thèmes abordés, qui questionnent ouvertement le sens de la vie et la condition humaine. La limpidité et la richesse des textes ne sauraient pour autant pas effacer l’efficacité des envolées purement musicales. Lorsque la contrebasse s’emballe et que la guitare hésite entre tristesse et luxuriance, la grâce n’est pas très loin".

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43. Romain Humeau Mousquetaire #1 (pop-rock, France)
"Electricité, magnétisme, attrait pour le contrepoint, Romain Humeau sait charmer l’auditeur. Il parvient à contenir cette tendance à la « déclamation » pour se concentrer sur un chant impeccable. Car on a ici affaire à un artiste complet, et ce disque respire l’authenticité. Chacune des pièces respire la sincérité et est suffisamment solide pour justifier sa place sur cet enregistrement résolument pop".

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42. Aidan Knight Each Other (chamber-pop, Canada)
Dans le registre chamber-pop, au retour de Divine Comedy, c’est bien le Each Other d’Aidan Knight qui a eu ma préférence cette année. Sans avoir l’air d’y toucher, le Canadien concocte des thèmes qui s’invitent très rapidement dans notre boîte crânienne pour s’y installer sur le long terme, à la manière du It’s A Pleasure de Baxter Dury.


41. GoGo Penguin Man Made Project (post-jazz, Angleterre)
"De manière artificielle ou non, Man Made Object véhicule en tout cas habilement une large variété de sensations allant du spleen à l’euphorie, contribuant ainsi à faire de GoGo Penguin, aussi bien pour la richesse intrinsèque de ses compositions que pour sa capacité à briser les lignes établies, l’une des formations essentielles de la décennie en cours".

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40. Bon Iver 22, A Million (électronique, Canada)
Si l’enthousiasme s’est légèrement atténué depuis la chronique élogieuse ci-dessous, ce nouvel effort de Justin Vernon contient de vrais grands moments et son utilisation de l’électronique à outrance et de l’auto-tune ne suffit pas à altérer le pouvoir d’attraction du formidable songwriter qu’il est. Pas tout à fait au niveau du The Age of Adz de Sufjan Stevens malgré les similitudes de la démarche, mais on prend quand même.

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39. Morgan Delt Phase Zero (pop solaire, Etats-Unis)
"La promesse d’une traversée agréable où l’auditeur sera plus souvent qu’à son tour dérouté par la simplicité de ces ritournelles gardant toute leur distance avec les incursions électroniques qui ont tendance à envahir le psychédélisme, et la riche production qui confère un caractère véritablement hallucinatoire aux nappes instrumentales et aux effets vocaux, en retrait mais toujours présents. En quête de repères ou justement désireux de les perdre, qu’importe, Phase Zero est un disque qui sait s’adapter aux humeurs et aux besoins de l’auditeur".

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38. Gontard ! Repeupler (collages sonores sur spoken word, France)
"Si une paire d’écoutes pourra être nécessaire pour s’approprier les nouveaux terrains de jeu de cet artiste dont l’humour et l’ironie latente servent principalement à masquer une sensibilité que l’on imagine à fleur de peau, Repeupler est un album bien plus authentique que ce que l’on pourrait suspecter au premier abord. Sans s’éloigner de ses terrains de jeu initiaux qui en font le chaînon manquant entre un Arnaud Fleurent-Didier de gauche et Michel Cloup, son compagnon au sein de l’excellent label Ici D’Ailleurs, Gontard ! se met en danger et entame une courageuse mue qui lui permet de décliner avec brio de nouveaux horizons".

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37. Duck Feeling Like Athena, She Says (rock psychédélique, France)
"Cinq ans après un Die Ewigkeit Lieder où guitare et orgue électronique occupaient le devant de la scène, Duck Feeling confirme donc l’étendue de son potentiel avec un quatrième album solo à la fois déroutant pour son caractère plus immédiat, et tout à fait cohérent en ce sens qu’il constitue le nouveau chapitre d’une discographie ambitieuse et jamais redondante".

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36. Dolàn Xakò Parallela (trip-hop, France)
"Il faut dire que, pour les besoins de Parallela, Dolàn Xakò a eu accès à une collection de vinyles mis à disposition par l’Agence Culturelle de Périgueux. Y piochant quelques bribes à la manière d’un DJ Shadow, le compositeur a eu tout le loisir de générer onze compositions variées dont la cohérence semble en permanence assurée par un fil rouge qui, tel le lien entre contemporanéité et tradition, permet à chacune de ses facettes de s’exprimer. L’univers de Dolàn Xakò semble se décliner au fur et à mesure d’une impeccable avancée discographique".

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35. Lionlimb Shoo (pop, Etats-Unis)
"Musiciens pour Angel Olsen sur scène, le compositeur Stewart Bronaugh et le batteur Joshua Jaeger ont visiblement développé quelques atomes crochus puisqu’ils ont décidé de se lancer dans une aventure indépendante, en formant leur propre groupe Lionlimb. Grand bien leur en a pris puisque leur premier album intitulé Shoo, porté par le single Domino, est une totale réussite. Bien sûr, l’auditeur pensera rapidement à l’univers d’Elliott Smith [...], mais comment pourrait-on reprocher aux Américains cette similarité, tant le contenu est efficace ?".

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34. Shotgun Jimmie - Field of Trampolines (rock lo-fi, Canada)
"Si la grande majorité de ces dix courts morceaux ne dépassant qu’exceptionnellement les deux minutes trente pourraient être de potentiels singles, certains parviennent malgré tout à crever - encore - davantage l’écran, à l’instar de Join The Band ou Project 9 qui évoquent le meilleur de Pavement ou Sebadoh tandis que Triple Letter Score ressuscitera les imparables mélodies déclinées par Weezer au mitan des années 90, une période qui influence ouvertement ce Field Of Trampolines que l’on s’imagine volontiers écouter sur un radio-cassettes usé mais pas pour autant démodé".

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33. David Bowie - Blackstar (rock à vents, Angleterre)
"C’est peut-être cette maîtrise dans le mariage des codes de ces genres qu’il faudra retenir de ce Blackstar. Les percussions habitées, le saxophone dévergondé et la voix libérée ne sont que les outils permettant de mettre en valeur la qualité des arrangements et des mélodies imaginées par un David Bowie auteur d’un grand disque alors qu’on l’aurait davantage imaginé au crépuscule d’une carrière riche, enrichie donc d’un nouveau chapitre élégant".

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32. Cloud Cult - The Seeker (pop-folk, Etats-Unis)
"Il est toujours agréable de voir des formations auxquelles on tient – et comment ne pas s’attacher au couple Minowa qui avait perdu sa fille en 2002 et a longtemps utilisé son art comme outil cathartique d’une manière toujours congruente avec de louables valeurs ? – revenir en grande forme après avoir légèrement marqué le pas. Tel est le cas ici et The Seeker fera probablement date dans la carrière de Cloud Cult".

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31. Gareth Dickson - Orwell Court (folk, Ecosse)
"Mystérieuses mais directes, épurées mais complexes, les réalisations de Gareth Dickson suscitent en permanence l’émerveillement. Elles respirent la grâce. La fluidité et l’évidence des compositions [...] pourraient peut-être permettre au Britannique de ne plus être incessamment comparé aux Nick Drake ou Brian Eno dont il se réclame pourtant de manière assez évidente".

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30. Millimetrik - Fog Dreams (IDM, Canada)
"Fog Dreams est donc avant tout, et Millimetrik le précise d’ailleurs sur la pochette de l’opus, le catalogue de rêves brumeux. L’onirisme évoqué s’intéresse davantage aux nimbostratus qu’aux rayonnements du soleil. Pour ce faire, celui qui officie également comme batteur au sein de la formation Les Indiens met à profit ses compétences pour dresser une IDM atmosphérico-rythmique qui plonge l’auditeur averti à rêver de corps mouvants dans des espaces spectraux et épurés".

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29. Motorama - Dialogues (post-punk, Russie)
"Dans la continuité de Poverty, Dialogues se singulariserait donc par des mélodies plus directes et légèrement moins glaciales. Motorama est pourtant loin d’avoir vendu son âme au diable, le mode de composition presque surréaliste de Vladislav Parshin ne laissant de toute manière aucune place aux faux-semblants. Non, plus accessibles et épanouis que jamais, les Motorama semblent traduire un quotidien légèrement moins sombre que par le passé. Tant mieux pour eux, et peut-être également pour nous, Dialogues se hissant au moins à la hauteur de son prédécesseur".

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28. If This Is A Man - Splinters (pop lo-fi, Angleterre)
"Le Britannique s’inscrit dans la lignée de ces musiciens qui s’enferment pendant plusieurs jours au sein de leur domicile afin d’y enregistrer des disques dont la qualité est inversement proportionnelle aux écoutes générées. [...] Les horizons déclinés s’animent néanmoins de nuances, si bien qu’au final, un certain privilège est éprouvé à l’écoute de ces compositions méconnues, à la fois singulières et rassurantes, puisqu’elles sont à classer auprès de celles d’artistes de chevet tels que Alex G, Bon Iver ou The Last Morning Soundtrack".

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27. Fragments - Imaginary Seas (post-rock, France)
C’est justement Sylvain Texier, élément central de The Last Morning Soundtrack, que l’on retrouvait au sein du trio Fragments avant qu’il ne quitte le groupe il y a quelques mois. Entre road trip mental et voyage initiatique, le post-rock onirique et éthéré des Rennais fait en tout cas mouche sur ce premier long format totalement instrumental.

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26. Tricky - Skilled Mechanics (trip-hop, Angleterre)
Le Kid de Bristol semble décidé à alterner sorties géniales et anecdotiques. Après la déception Adrian Thaws en 2014, il retrouve le niveau qu’il affichait l’année précédente sur un False Idols dont il a même emprunté le nom pour baptiser son nouveau label. Plus en retrait, la voix du Londonien intervient seulement pour enfoncer le clou mais ce sont surtout les voix féminines (Ivy et surtout Francesca Belmonte) qui occupent la place centrale. Un vrai bon Tricky qui prend également plaisir à distiller des missives instrumentales abrasives.


25. Minor Victories – s/t (post-rock, Grande-Bretagne)
"Le quatuor a de sérieux atouts à faire valoir, avec rien de moins que Rachel Goswell, illustre chanteuse de Slowdive, Stuart Braithwaite, guitariste de Mogwai, Justin Lockey, qui occupe la même fonction au sein des Editors, sans occulter le réalisateur James Lockey. Une brochette alléchante, donc, mais les plus sceptiques objecteront que les grandes heures de chacune des formations dont ils sont issus remontent à la décennie – quand ce n’est pas au siècle – précédent. Certes. [...] Ce super-groupe, qui a essentiellement travaillé via Skype au point que certains membres ne se sont jamais rencontrés lors de l’élaboration de ce disque, ne sonne nullement « daté ». Sans même chercher à surfer sur la vague du jeunisme, l’univers de formations telles qu’Arcade Fire ou M83 émerge. Pas de révolution, donc, mais un vrai bon album".

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24. Doctor Flake - Six (trip-hop, France)
Entre nappes oniriques (Back To Basics), beats contondants (Ceremony) et chants hantés (Listen To The Ground), c’est une véritable panoplie d’atmosphères frigorifiques au point de glacer le sang de l’auditeur que propose ici le beatmaker né à Annecy. Le trip-hop qu’il décline est à la fois direct et malin, tant il sait prendre son temps pour surprendre au moment adéquat, tel un uppercut après une étreinte prétendument empathique.


23. Dakota Suite & Quentin Sirjacq - Wintersong (néo-classique, France)
Quentin Sirjacq prend plaisir à revisiter le répertoire de Dakota Suite dans une veine néoclassique. Muni de son piano, le Parisien réalise des prouesses et la grâce s’invite au milieu des structures labyrinthiques qu’il déconstruit avec brio. A ranger aux côtés des plus belles réalisations d’Ólafur Arnalds ou Bruno Bavota, et peut-être même un peu plus d’ailleurs. Sans compter que l’artiste a aussi produit un Far Islands And Near Places de haute volée cette année.


Articles - 25.01.2017 par Elnorton
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