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Le streaming du jour #1596 : IRM presents - ’IRMxTP Part VI - The Full Blossom of the Evening (The Most Beautiful Dream and the Most Terrible Nightmare All at Once)’ | Indie Rock Mag

Le streaming du jour #1596 : IRM presents - ’IRMxTP Part VI - The Full Blossom of the Evening (The Most Beautiful Dream and the Most Terrible Nightmare All at Once)’

Hasard des délais du mastering, on vous lâche le VIe volet de nos compilations IRMxTP avant les trois suivants, à vous d’en reconstituer plus tard le puzzle narratif dans la pure tradition des labyrinthes mentaux de David Lynch. Un troisième volet ambient d’affilée (après les Part I et Part II) en dépit de notre volonté, mais celui-ci penche davantage du côté d’un drone sismique, ténébreux et hanté, déchirant le voile de la normalité lorsque la nuit tombe sur la petite bourgade lynchienne. Plongez donc avec nous dans l’atmosphère délétère des rues désertées de Twin Peaks où les feux de signalisation passent au rouge comme pour mieux nous alerter des dangers de sa face cachée, une dualité qu’illustre la pochette du peintre et droneux polonais Cezary Gapik, lui-même musicien invité d’un volume à venir.

Les pensionnaires du label allemand Denovali ont la part belle sur ce volet, du crescendo futuriste d’intro où l’Écossais Ben Chatwin aka Talvihorros triture le romantisme du thème de la série à coups de synthés vacillants, de beats érodés et de nappes désagrégées, jusqu’au dédale claustrophobique d’un Teufelsberg où les textures du Danois Monolog nous mènent délicatement à l’asphyxie (cf. ici et pour en savoir plus sur la genèse de ce morceau), en passant par cette étonnante relecture tectonique de Lonesome Town par un Terminal Sound System qui prend même le micro pour l’occasion, murmurant son étrange complainte fantomatique sous les battements industriels et les renflements saturés. Le Melbournais, Skye Klein à la ville, nous a même fait l’honneur de mastériser cette partie, avec le saisissant sens du contraste et de l’espace qu’on lui connaît. Quant à Birds of Passage, sa respiration susurrée s’avère tout aussi spectrale, les vocalises d’Alicia Merz sur fond de drone lancinant évoquant quelque purgatoire où gisent les anges déchus, les âmes qui sait des victimes de BOB auxquelles on accorde une seconde vie dans la fausse quiétude d’un asile extra-dimensionnel aux rideaux écarlates et au sol zébré de noir et de blanc.

Dans cette veine épurée s’inscrit également une autre reprise, celle du fameux Sycamore Trees que Jimmy Scott déclamait d’un timbre déchirant à l’entrée de l’Agent Cooper dans la Loge Noire dans le tout dernier épisode de la saison 2. Un morceau que les Britanniques de Fallows aka Anne Garner - à la flûte et au chant éthéré - et Jeff Stonehouse - au background ambient désincarné - parviennent à transcender en lui donnant des airs de David Sylvian du côté obscur, la voix à coller le frisson de la compagne de James Murray terrassant nos dernières résistances face à tant d’ambivalente magnificence en suspension.

L’un des rares volumes de notre projet à mêler chansons et instrumentaux, The Full Blossom of the Evening (The Most Beautiful Dream and the Most Terrible Nightmare All at Once) n’en brille pas moins par sa cohérence. En témoignent la menaçante exposition d’Acre Stowe (tiers des excellents Hash Blade et Club Friendsday) se déroulant au mystérieux Listening Post Alpha, station construite par le gouvernement sur l’un des pics jumeaux pour enregistrer les signaux émanant de la forêt environnante, le Peestoya Nub quasi mythologique du trio italien Daimon prenant la suite directe de leur album de l’an passé avec ses 9 minutes dark ambient aux inquiétants field recordings d’un quotidien sorti de son contexte, les intrigantes mutations organiques et abstraites à la fois du Toulousain Philippe Lamy pleines d’oscillations, d’exhalaisons et d’étranges interférences d’une autre dimension, ou encore les travellings hantologiques de Greg Reason (leader d’Ektoise, que l’on retrouvera au générique d’un des volets suivants) dont les nappes oniriques diffusent un spleen réminiscent des travaux de Badalamenti comme des élégies neurasthéniques de Leyland Kirby. Autant de titres qui évoquaient certainement pour leurs auteurs des aspects différents de la série mais trouvent tout naturellement ici une profondeur nouvelle, les uns au contact des autres.

Mais le tour d’horizon, forcément nocturne et inquiétant, ne serait pas complet sans mentionner deux des têtes d’affiche d’IRMxTP dont la présence sur ce volet nous remplit de fierté, mastodontes du drone et du dark ambient à l’influence particulièrement prégnante sur le genre aujourd’hui. Avec For If You Hear A Distant Falling, l’Australien Lawrence English, patron du très respecté label Room40, livre la plus méconnaissable des quatre reprises ici rassemblées, un Falling magnétique qui n’a plus grand chose de la chanson originale de Julee Cruise si ce n’est les basses dissoutes en arrière-plan, et tout du monolithe radiant depuis l’amoncellement de nuages d’un orage en formation. Quant au Belge Dirk Serries (Vidna Obmana, Fear Falls Burning, Yodok III, Continuum, et on en passe, les alias cultes et autres collaborations passionnantes émaillant par dizaines ses plus de 30 années de carrière), son Inflame the Spleen, nouvelle émanation du projet Microphonics, vient clore l’ensemble sur près de 7 minutes de progression incandescente et imposante vers le retour salvateur du petit jour.

A écouter et télécharger librement via Bandcamp :




English Version



One of those accidents of mastering deadlines : there’s the 6th part of our IRMxTP series, out before the previous three. You’ll have to rebuild the narrative up later, in the inimitable tradition of David Lynch’s mental mazes. This - unwillingly from our part - third ambient instalment in a row (right after Part I and Part II) leans somewhat more towards seismic, dark and haunted drone ; and it rips the veil of normalcy apart when night falls on the small Lynchian town. So just dive with us into the unsound atmosphere of Twin Peaks’ deserted streets, where street lights go red as an alarm to the dangers of the town’s hidden secrets - a duality that Polish painter and droneman Cezary Gapik, a guest musician in an upcoming instalment himself, illustrates with his beautiful artwork.

Residents of German label Denovali take most of the credits on this episode : the introductory futuristic crescendo in which Scotsman Ben Chatwin, a.k.a. Talvihorros, tortures the romanticism of the series’ main theme with his vacillating synths, eroded beats and disintegrated waves ; the claustrophobic Teufelsberg with Danish musician Monolog delicately leading us to asphyxia (see here or there to know more about how the track was conceived) ; and Melbourne’s Terminal Sound System’s astonishing tectonic re-make of Lonesome Town - he even picks up the mic for the occasion, and whispers his strange, ghostly threnody below industrial beats and saturated swellings. Skye Klein (TSS’s civil alias) has even honoured us with mastering the whole part, with his renowned sense of contrast and space. Birds of Passage’s murmured breathing is just as spectral, and Alicia Merz’s vocalizing over throbbing drone evokes the kind of purgatory where lay fallen angels - or, who knows, the souls of BOB’s victims who get awarded a second life in the fake quiet of an extra-dimensional asylum decorated with scarlet curtains and black & white striped floor.

Another cover in the same bare vein : Sycamore Trees, which you remember Jimmy Scott declaiming in his heart-rending tone when Agent Cooper entered the Black Loge in season 2’s finale. Brits Fallows (Anne Garner’s flute and ethereal singing and Jeff Stonehouse’s disembodied ambient background) transcend the song and make it sound like a dark side David Sylvian. Her mesmerizing voice rips apart our last hopes of resistance with its ambivalent, suspended magnificence.

Although it is one of the very few volumes in our project to mix songs and instrumentals, The Full Blossom of the Evening (The Most Beautiful Dream and the Most Terrible Nightmare All at Once) is still evidently cohesive. See for instance Acre Stowe (one third of the remarkable Hash Blade and Club Friendsday) and his threatening exposition set in Listening Post Alpha, the station built by the goverment at the top of one of the peaks to record signals emitted by the surrounding woods. Or the almost mythological Peestoya Nub by Italian trio Daimon, a direct follow-up to their first LP from last year : 9 minutes of dark ambient with unsettling field recordings from out-of-context daily life. Or the intriguing mutations, both organic and abstract, of Philippe Lamy from Toulouse, full of oscillations, exhalations and strange interferences from another dimension. Or still, Greg Reason (leader of Ektoise whom we’ll meet again later on in the series) and his hauntological travelling shots, with their dreamy waves and spleen reminiscing both Badalamenti and Leyland Kirby’s neurasthenic elegies. All these tracks certainly evoked various aspects of the series to their authors, but put together, they find new meaning, new depth.

But our little round-up, nocturnal and disquieting as it should be, wouldn’t be whole if we didn’t mention two of IRMxTP’s headliners, the presence of whom we’re very proud of. They’re mostodons of drone and dark ambient, whose influence on the genre today is indisputable. With For If You Hear a Distant Falling, Australia’s Lawrence English, boss of the über-respected Room40 label, delivers the most unrecognizable cover in the lot : a magnetic Falling which bares little resemblance to Julee Cruise’s original - apart from the dissolving bass in the background. It’s more like a radiating monolith coming out of a forming storm cloud. As for Belgium’s Dirk Serries (Vidna Obmana, Fear Falls Burning, Yodok III, Continuum, and so on and so forth - dozens of cult aliases and fascinating collabs over a career span of more than 30 years), his Inflame the Spleen, newest offspring of his Microphonics project, closes the instalment with almost 7 minutes of incandescent, imposing crescendo towards the welcome return to the break of dawn.

Available to stream and download for free through Bandcamp.

(translation : Norman Bates)