Le streaming du jour #1682 : IRM presents - ’IRMxTP Part VIII - The Wood Holds Many Spirits (My Log Saw Something That Night)’

Promenade en forêt avec ce 8e volet de notre compilation hommage à Twin Peaks, un projet qui du haut des 16 volumes prévus est encore loin de sentir le sapin même si les fameux pins Douglas de la série de David Lynch et Mark Frost étendent leur ombre sur ces 13 nouveaux instrumentaux inédits explorant les sentiers boisés qu’arpentent sous forme animale, à la nuit tombée, les mystérieuses forces de la Loge Noire.

Comme à l’accoutumée, on commence par les présentations de rigueur côté coulisses. L’Écossais Anthony Morrow, patron du label expérimental Herhalen s’est chargé du mastering avec un résultat tout à fait digne des contrastes radiants du fabuleux Lost King, After You, suite auquel le Britannique Wizards Tell Lies (que l’on retrouvera sur le volume 14 avec un titre solo dans la foulée de sa collaboration avec April Larson en tant qu’Isobel Ccircle sur le second volet) nous avait chaudement recommandé ses compétences d’ingé son. Quant à l’artwork, ce bosquet digital qui semble prêt à charrier son lot d’esprits malfaisants ou au contraire à avaler toute la lumière à portée du vortex de ténèbres qui lui sert d’entrailles, il est signé Han Leese, déjà à l’œuvre sur notre volume 4 et que l’on ne présente plus aux amateurs de glitch et d’IDM après des années de splendeurs visuelles pour le label belge Xtraplex Records.

The Wood Holds Many Spirits (My Log Saw Something That Night), un titre doublement dédié à la regrettée Dame à la Bûche et pour cause, il sera essentiellement question de mystères, de surnaturel et d’arbres inquiétants sur ce volet qui se déroule dans la fameuse forêt de Ghostwood, aux abords de la petite bourgade de Twin Peaks. Cette forêt, après une ouverture opératique sur plus de 11 minutes de crescendo arpégé par l’excellent André Foisy de Locrian en guise de Préliminaires psyché, le Français Vinc2 en esquisse une superbe cartographie aérienne tout en spleen pianistique et en reverbs impressionnistes sur fond de basses fréquences insidieuses. Puis la ballade commence dans la brume du petit matin en compagnie de KJ, vision romantique d’une nature de songe dont Angelo Badalamenti ne renierait pas la pointe de nostalgie éthérée, et vue sur la fameuse chute d’eau du générique dont le Polonais Grzegorz Bojanek transcende l’ambivalente majesté par une guitare bluesy lynchienne à souhait et des carillons séraphiques en surplomb de field recordings aquatiques.

Mais à trop rêvasser devant tant de beauté naturelle et à contempler les feuilles qui s’agitent dans le vent en compagnie du Luxembourgeois Blue Dressed Man, dont le Leaves As Witness en vidéo plus bas parvient à mêler la dimension dronesque ésotérique et claire-obscure dominant ce volet à une mélancolie synthétique quasi abstraite qui doit finalement plus aux grandes heures de Vangelis qu’au compositeur de Twin Peaks, on en oublie le couvre-feu et lorsque la nuit tombe sur le rideau boisé au son des vagues de textures mélodiques du Biélorusse Harmash, on trébuche sur des ossements à la beauté presque fantasmagorique (le Bones de Subsea, cristallin et fuligineux à la fois) et on cavale, pris de panique, au rythme des beats techno-kraut tribaux de l’angoissé The Night Digger, que Les Marquises de Jean-Sébastien Nouveau déroulent sur plus de 6 min de tension insidieuse. Il est bien trop tard cependant et Susan Matthews pave déjà la route vers l’antre mystique des esprits de la Loge d’affleurements harsh noise et de piano sépulcral, livrant son offrande de chair et de sang au Dweller on the Threshold plus connu sous le nom de BOB qui s’attache à son hôte au gré de la longue élégie spirituelle et spectrale de Petrels.


Tous les éléments sont alors réunis pour enfin voire le drame se jouer, au terme d’une marche plombée dans la ténébreuse forêt doom ambient des improvisateurs viennois de Boorii : une balle dans la tête pour préserver son âme d’une boulimie de Garmonbozia, une fin tragique signée Aaron Martin (From the Mouth of the Sun) dans la solitude de la nuit, les vibrations désespérées du violoncelle faisant écho aux dernières heures de Troy, le poney de Laura pour qui liberté fut synonyme d’abandon et d’achèvement pathétique. BOB le phagocyte des damnés n’ira pas plus loin aujourd’hui mais il continue de roder, Yann Kornowicz aka Kung Lao s’en assure dans un dernier élan de tension orchestrale, point final anxiogène qui laisse entrevoir la tonalité menaçante de notre prochain volume forestier, le 13e, quête du portail vers la Loge Noire qui hantera vos nuits en novembre prochain.

A écouter et télécharger librement via Bandcamp :



indie rock mag - IRM des musiques actuelles


mercredi 19 décembre 2018


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