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Aidan Baker / Noveller : split interview - Interviews | Indie Rock Mag

Aidan Baker / Noveller : split interview

Aidan Baker et Sarah Lipstate (aka Noveller) ont déjà partagé un disque, puis également quelques dates, il était temps qu’ils partagent une interview. Entretien croisé/décroisé à l’image de leur musique si ce n’est que cette fois-ci, ce ne sont plus leurs guitares qui parlent mais bien deux artistes aux nombreux points communs, de leur goût pour l’expérimentation et l’exploration tous azimuts à celui pour les instrumentaux longs et fureteurs de préférence.

D’un côté, Aidan Baker, musicien canadien impliqué dans un bon milliard de projets (dont le plus fameux est sans nul doute le duo doom-ambient Nadja qu’il forme avec Leah Buckareff) et ayant sorti à peu près le même nombre de disques, en solo ou accompagné (et le temps que vous lisiez cette phrase, il y a fort à parier qu’un ou deux nouveaux opus dont nous n’avons pas encore eu connaissance voient le jour). Un stakhanoviste qui jamais ne s’arrête et qui, pourtant, œuvre en permanence dans l’excellence, dernier témoignage en date avec Infinite Light Ltd. aux confins de la folk, du drone et du post-rock.

De l’autre, Noveller, pseudonyme derrière lequel se cachent l’Américaine Sarah Lipstate et sa guitare, aux sorties certes moins nombreuses mais néanmoins tout aussi magnifiques, explorant sans relâche les multiples facettes de son instrument de prédilection (et de ses pédales d’effets) qu’elle aime emmener sur les chemins d’un drone majestueux de plus en plus contemplatif mais aux velléités noise tapies dans l’ombre. Une stakhanoviste elle aussi, qui aime également réaliser de beaux courts-métrages illustrés par sa propre musique bien évidemment.

Deux parcours et deux univers qui amenaient, forcément, de multiples questions...


Indie Rock Mag : Vous avez partagé un disque en 2009 (Colorful Disturbances) et la scène l’an dernier avec notamment un passage par chez nous en compagnie d’unFact (alias David Wm. Sims, ex Jesus Lizard). Aidan, comment avez-vous connu la musique de Sarah ?

Aidan Baker : Sarah m’a contacté en 2006, quand Nadja a joué au festival South By Southwest à Austin (Texas), mais nous n’avons commencé à collaborer que quand Divorce Records a suggéré que nous fassions un split ensemble en 2009.

IRM : Sarah, l’univers d’Aidan ou de son duo Nadja faisaient-il partie de vos influences ? Comment vous-êtes vous retrouvée à collaborer, indirectement, avec lui ?

Sarah : J’ai découvert le travail d’Aidan avec Nadja à l’époque où j’animais une émission sur la musique expérimentale sur une radio étudiante. Lui et Leah m’envoyaient les albums de Nadja pour mon émission. Le split que j’ai fait avec Aidan sur Divorce Records était une idée du propriétaire du label, Darcy Spidle. Il a demandé à Aidan si cela l’intéressait de faire ce disque avec moi. Aidan, David (unFact) et moi avons fait une tournée européenne ensemble l’an dernier et c’était une véritable inspiration de le regarder improviser son set chaque soir. Il a un sens de la composition et une technique incroyables. Chaque soir, il donnait un concert différent, j’adorais ça.

IRM : Comment composez-vous ? Y a-t-il un processus d’écriture qui précède l’entrée en studio ou tout se fait-il de manière plus instinctive après de longs jams ? A partir de quel moment savez-vous qu’un morceau est terminé ?

Aidan : En général il y a un peu des deux, structure et improvisation, parfois plus l’un que l’autre, ça dépend de la nature de l’enregistrement ou de la composition. Quant à savoir quand une chanson est terminée, je pense que c’est purement instinctif.

Sarah : Pour mon dernier album Desert Fires et pour le prochain, qui s’appellera Glacial Glow, j’ai passé plus de temps que d’habitude sur ma guitare non amplifiée, à trouver des accords et des mélodies qui me paraissaient intéressants. Mais je ne suis pas allée jusqu’à structurer ces fragments avant d’enregistrer, j’ai quand même beaucoup improvisé et expérimenté pendant l’enregistrement. Je suis en train d’enregistrer 50 pistes de 6 minutes chacune, pour un coffret en édition limitée que je vais bientôt publier sous le titre ARTIFACT Edition [NDLR : désormais disponible ici]. Tous ces morceaux sont improvisés et je suis très satisfaite du résultat.

Ends, morceau final et premier extrait de Glacial Glow à paraître le 30 mai.


IRM : Sarah, parlons un peu de votre parcours. Vous avez notamment côtoyé les vétérans de l’avant-garde Rhys Chatham et Glenn Branca au sein de leurs ensembles de guitares avant de rejoindre vos compatriotes new-yorkais Parts & Labor le temps de l’album Receivers. Quelle a été votre expérience la plus "formatrice" ? Est-ce en réaction à ces diverses collaborations que vous travaillez aujourd’hui en quasi-autonomie dans la conception et l’enregistrement de vos albums ?

Sarah : Pouvoir jouer au sein des orchestres de guitares de Glenn Branca et de Rhys Chatham était quelque chose d’énorme pour moi. A l’époque, j’étais toujours à la fac et je vivais à Austin. Jouer avec Rhys a pratiquement changé ma vie. J’ai commencé à jouer dans Parts & Labor après avoir quitté Austin pour Brooklyn. Cette expérience m’a beaucoup apporté car j’ai appris les ficelles, découvert la vie en tournée et le travail avec un label indépendant réputé (Jagjaguwar). Au bout du compte, j’ai découvert que c’est en solo que je m’épanouis vraiment, mais je serai reconnaissante toute ma vie pour cette expérience.

IRM : Vous avez tous deux choisi de proposer l’intégralité de vos albums à l’écoute via Bandcamp. N’est-ce pas un choix risqué compte-tenu du caractère relativement confidentiel de vos univers respectifs ? Quel bilan en tirez-vous jusqu’ici ?

Aidan : Je n’ai jamais aimé MySpace, principalement à cause de la qualité médiocre des fichiers audio, beaucoup trop compressés. Bandcamp permet de partager des fichiers non compressés ou en MP3 de haute qualité, ce qui le rend supérieur non seulement à MySpace mais à la majorité des marchands de MP3 comme iTunes et eMusic. Je ne pense pas que ce soit particulièrement risqué vu que ma musique est déjà largement disponible via les blogs et le partage de fichiers. Offrir ma musique sur Bandcamp me permet de mieux contrôler ce partage et garantit aux auditeurs des fichiers correctement taggés et de bonne qualité.

Sarah : Jusqu’à maintenant mon expérience avec Bandcamp a été excellente. J’adore le fait que leurs players soient exportables et puissent par exemple être ajoutés à un blog, ce qui permet de toucher un public plus large qu’avec MySpace ou LastFM. J’ai découvert que les gens n’hésitaient pas à payer pour des téléchargements en haute qualité sur ma page Bandcamp.

IRM : Aidan, sur Liminoid/Lifeforms l’an dernier vous faisiez appel à un ensemble d’instrumentistes comptant notamment dans ses rangs votre frère Richard Baker ou des membres de Picastro pour un résultat semi-improvisé et particulièrement luxuriant. Cette dynamique collaborative vous a-t-elle ouvert de nouveaux horizons ou n’était-ce qu’un moyen de mener à bien ce projet en particulier, comme avec Broken & Remade en 2007 (et réédité l’an dernier) pour lequel vous utilisiez les résultats de sessions enregistrées en quartet pour recomposer des morceaux très free à partir de courts samples instrumentaux ?

Aidan : Avant tout, je dois préciser que Richard n’est pas mon frère ! Nous jouons ensemble depuis des années, mais nous ne sommes pas du tout parents : Baker [NDLR : "boulanger" en VF] est un nom assez répandu. Cela dit, Lucas, qui lui est vraiment mon frère, joue sur certains de mes albums : Broken & Remade, Songs Of Flowers & Skin et Autopergamene, par exemple.
Pour ce qui est de jouer avec un grand ensemble, c’était à l’origine une expérience destinée à terminer ce projet particulier, mais cela a bien entendu eu des effets sur mes méthodes de travail : j’ai dû abandonner une partie du contrôle à d’autres musiciens, et cela m’a permis de prendre du recul en n’étant plus la source principale, voire unique, du son. Bien que l’ensemble Liminoid n’ait été assemblé que pour une performance unique, ça me plairait de travailler à nouveau avec un groupe de ce genre, sur disque ou en concert... ou les deux.

IRM : Quant à vous Sarah, sur l’EP Beneath The Basin, vous délaissez également le drone et les effets le temps d’un morceau au piano préparé, et faites naître de vos arpèges de véritables sons de percussions. Doit-on s’attendre à ce que vous vous tourniez vers l’acoustique sur une prochaine réalisation ?

Sarah : Probablement pas. J’ai sorti Beneath The Basin sur une cassette en édition très limitée, afin de contribuer à lever des fonds pour le festival Neon Marshmallow à Chicago l’an dernier. Les morceaux que j’ai donnés avaient été enregistrés pour servir d’esquisses, d’expériences. Le morceau au piano dont vous parlez, Parish Sketch, je l’ai enregistré sur le piano de mes parents quand je leur ai rendu visite pour Noël en 2009. J’espérais transcrire cette mélodie pour la guitare, mais ça ne s’est jamais fait. Le piano était mon premier instrument et je trouve intéressant d’y revenir de temps en temps.

IRM : L’électricité demeure néanmoins prépondérante dans vos projets respectifs. Cette fascination pour les pédales à effets vient-elle de vos premières amours musicales ? Qu’écoutiez-vous à l’adolescence ?

Aidan : J’ai écouté énormément de punk dans ma jeunesse : Dead Kennedys, Black Flag, Dirty Rotten Imbeciles... ce qui m’a amené un peu plus tard à des groupes plus noisy/expérimentaux tels que Sonic Youth, Swans et Big Black. Et la distorsion est sans aucun doute un élément important de leur musique. Mais je pense qu’il est important de ne pas se reposer uniquement sur les pédales et les effets pour créer de la musique ; c’est la raison pour laquelle des gens tels que Glenn Branca et Caspar Brötzmann, qui utilisaient la guitare comme un outil autant que comme un instrument, ont eu une telle influence sur moi.

Sarah : Je me rappelle que, quand j’ai eu ma première guitare électrique, je l’ai branchée et je me suis dit : "OK, comment j’obtiens du feedback avec ce truc ?" J’adorais Sonic Youth quand j’étais au lycée. Les Pixies ont aussi été importants pour moi. A 18 ans, j’ai commencé à me passionner pour les groupes No Wave comme les Contortions, Theoretical Girls et Teenage Jesus And The Jerks. J’étais vraiment attirée par les sons de guitare dissonants et abrasifs, et dès le départ j’ai adopté des accordages bizarroïdes pour ma propre guitare. Les pédales d’effets étaient un mystère total pour moi, jusqu’à ce que j’arrive au lycée et que d’autres musiciens me montrent ce qu’était un processeur.

Duo d’archets avec Lee Ranaldo de Sonic Youth.


IRM : On vous a tous les deux connus très abrasifs, je pense à Red Rainbows pour Sarah ou à un certain nombre d’albums de Nadja pour Aidan, mais ces derniers temps votre musique semble prendre un tour plus épuré et méditatif à l’image de votre Colorful Disturbances où l’on est même carrément dans l’ambient pure. Il y a un côté très mystique également tant sur Desert Fires que sur Liminoid/Lifeforms. Vos compositions traduisent-elles quelques part certains questionnements qui vous préoccupent ?

Aidan : Je ne parlerais pas précisément de questions existentielles... J’hésite à utiliser des termes comme "spirituel" ou "mystique" à cause de leurs connotations particulières (et pas toujours positives), mais la musique peut sans aucun doute être, pour moi, une forme de transcendance.

Sarah : Avec Desert Fires j’ai vraiment essayé de varier autant que possible mon son de guitare, et cela m’a conduite dans des lieux vraiment différents des paysages sonores distordus de Red Rainbows. Je pense aussi que Desert Fires a été fortement influencé par les changements qui se produisaient dans ma vie personnelle à l’époque. Travailler sur ce disque m’a permis de négocier ces changements et je crois que l’ambiance méditative de Desert Fires reflète la symbiose qui s’est développée entre mes compositions et moi-même.

IRM : Vous vous passez de mots sur vos enregistrements respectifs mais usez tous deux d’autres médias pour vous exprimer, notamment la réalisation de courts-métrages pour Sarah (pour lesquels vous composez également la musique) et la poésie pour Aidan (votre nouveau recueil The Shape Of Snakes étant disponible via votre label Broken Spine Recordings). Y a-t-il une complémentarité, une influence mutuelle entre ces différents moyens d’expression aux codes a priori assez éloignés ?

Aidan : L’écriture est à mes yeux une forme d’expression très différente. Alors que la musique est généralement assez instinctive, l’écriture est un processus à la fois plus laborieux et plus rigoureux. La musique a tendance à me venir sans effort, automatiquement... l’écriture aussi, parfois, au moins au tout début, mais je trouve qu’elle demande un effort intellectuel beaucoup plus important. Mais je ne dis pas ça de façon négative, c’est juste que le processus créatif et le résultat sont différents. Mais même si ces deux formes d’art prennent des aspects différents, elle se nourrissent l’une de l’autre, c’est certain.

Sarah : J’ai tendance à adopter la même approche pour les films et la musique et j’ai le sentiment que les deux sont très fortement liés. Cela dit, ces derniers temps, j’ai commencé à expérimenter avec des films à base d’images traitées, sans accompagnement sonore. Cette nouvelle approche a produit des résultats très différents de mes précédents travaux et marque une rupture avec la période où ma musique influençait mes films [NDLR : quelques-un de ces court-métrages peuvent être visionnés sur le site officiel de Sarah].

AEAEAE, réalisé par Sarah Lipstate en 2005.


IRM : Aidan, on vous associe souvent à la scène metal pour vos incursions dans le doom avec Leah Buckareff au sein de Nadja, ce public souvent très orienté vous suit-il dans vos projets plus mélodiques et contemplatifs notamment ? Cette étiquette qui vous colle à la peau plus souvent à tort qu’à raison n’est-elle pas lourde à porter à la longue ?

Aidan : Beaucoup de fans de Nadja s’intéressent aussi à mon travail en solo, oui... mais il y en a aussi beaucoup qui ne l’écoutent pas ou qui ne savent même pas qu’il existe. C’est parfois lourd à porter en effet, surtout que je faisais de la musique en solo bien avant de créer Nadja, mais c’est aussi libérateur d’une certaine manière. Avec Nadja, nous travaillons à l’intérieur des limites posées par un son et une esthétique très particuliers ; sous mon nom propre, j’ai moins de contraintes et beaucoup plus de liberté pour expérimenter avec d’autres genres et/ou instruments.

IRM : Sarah, on imagine au contraire la difficulté des critiques ou d’éventuels distributeurs à associer votre musique à un quelconque genre ou mouvement. Avez-vous l’impression néanmoins d’être parvenue à vous faire une place ?

Sarah : Sincèrement, je n’en ai aucune idée !

IRM : Aidan, on avait surtout l’habitude de croiser Nadja sur des split albums mais plus rarement sur des collaborations directes (je pense à celles avec Atavist ou Fear Falls Burning). Or depuis 2009 vous multipliez au contraire ce genre de rencontres avec beaucoup de réussite, que ce soit avec Pyramids, Black Boned Angel ou plus récemment Troum et OvO, des formations qui pourtant évoluent souvent à des milliers de kilomètres de votre fief de Toronto. Comment naissent ces collaborations et surtout comment prennent-elles corps ?

Aidan : Pour les collaborations avec Troum et OvO, nous étions en studio ensemble, à Brême avec Troum et à Berlin avec OvO, alors qu’avec la majorité des autres cela c’est fait en échangeant des fichiers par mail ou des CD par la poste. En général, nous avons trouvé plus réussies les collaborations réalisées "en personne", mais ce n’est pas toujours le cas. Je pense qu’une collaboration est réussie si elle donne un résultat auquel aucun des participants ne s’attendait, et cela peut se produire à distance aussi bien qu’en personne.
Parfois ces collaborations sont suggérées par d’autres, à d’autres moments c’est tout simplement parce que nous avons partagé la scène et décidé de travailler ensemble.

IRM : Et la scène justement, est-ce une une continuité logique du travail en studio, un terrain d’expérimentation, un passage obligé puisqu’à l’heure actuelle il s’agit pour une majorité de musiciens de l’unique moyen de vivre de leur passion ?

Aidan : Les trois à la fois.

Sarah : Pas mieux.

IRM : L’accueil du public est-il différent en Europe ? Comment votre musique est-elle perçue sur votre continent d’origine ?

Aidan : Je ne crois pas que ce soit si différent en Europe, mais il est tellement plus facile de tourner en Europe qu’aux Etats-Unis (on voyage plus facilement, les réseaux sont meilleurs, on est mieux traité) que cela peut donner cette impression. Notre public est probablement aussi important aux Etats-Unis, mais la musique (et les arts en général) y est plus marginale ou confidentielle qu’en Europe. Donc s’il y a une différence, elle réside plus dans la valeur que la société en général attribue à notre travail, plutôt que dans le nombre de personnes qui l’apprécient.

Sarah : Aidan a bien résumé ma pensée.

Aidan Baker live, à New-York en novembre 2009.


IRM : Aidan, votre actualité est toujours difficile à suivre, vous êtes plutôt du genre stakhanoviste... En bouclant cette interview, on découvre via Bandcamp Lost In The Rat Maze, nouvel opus à la fois éthéré et claustrophobe enregistré là encore avec Richard Baker, ainsi que la "drone folk" plus minimaliste d’Only Stories [NDLR : paru mi-mars sur le label The Kora Records] et où l’on vous retrouve également au chant. Pourriez-vous nous donner un petit temps d’avance en nous éclairant un peu sur vos prochains projets ? Qu’en est-il notamment des prochaines rééditions d’albums de Nadja entamées en janvier avec Bodycage ?

Aidan : Oui, j’aime bien être occupé... Pour ce qui est des projets solo qui verront le jour bientôt : un album de drone minimal/jazz, Refuge From Oblivion, chez Primary Colours ; Rictus, une compilation d’EP anciens chez Ohm Records [NDLR : sortie depuis et commentée ici] ; une réédition d’ Orange, ma collaboration avec Thisquietarmy, chez Lunasylum/Orange Milk Records ; et une réédition de Noise Of Silence [NDLR : publié à l’origine en 2007 par le label grec Hyperblasted] chez Essence Music.
Une collaboration entre Nadja et Galena (avec qui nous avons tourné en avril 2010) sortira bientôt chez Adagio830 Records [NDLR : Konstruktion, disponible depuis début avril]. Elle sera suivie d’un split avec Picastro un peu plus tard dans l’année. Le prochain titre de notre série de rééditions sera soit The Bungled & The Botched ou Thaumogenesis, nous n’avons pas encore décidé mais ce sera probablement pour cet été. Nous avons également une collaboration avec des membres de Bloody Panda intitulée Sythling et à paraître chez Aurora Borealis.
Beta-Lactam Ring sortira par ailleurs une série de six vinyles 12" de différents projets dans lesquels je suis impliqué ou l’ai été par le passé : Nadja, Whisper Room, ARC, Adoran (un duo basse/batterie), Mnemosyne (un trio qui a cessé d’exister) et une collaboration noise-jazz avec mon père Thomas Baker au piano, ainsi qu’Alan Bloor (aka Knurl) aux sons métalliques amplifiés. Au passage, Beta-Lactam envisage aussi de publier un autre de mes livres de poésie, Passing Thru, qui sera accompagné d’un CD de musique.
Enfin, je viens tout juste de terminer deux albums en collaboration. Le premier est assez expérimental, avec plusieurs batteurs dont Ted Parsons (Swans, Godflesh, Jesu, Killing Joke, Prong...), Mac McNeilly (The Jesus Lizard), Bruno Dorella (OvO) et Steven Hess (Ural Umbo, Locrian, Sylvain Chauveau...). L’autre est plus centré sur les chansons, avec des chanteuses comme Carla Bozulich (The Geraldine Fibbers, Evangelista), Liz Hysen (Picastro) et Jessica Bailiff. Je suis encore en train de finaliser les mixes de ces albums, donc je ne peux pas encore vous donner de date de parution.

IRM : Sarah, nous avions entendu parler justement d’un projet commun avec Carla Bozulich pour le label No Fun Productions qui distribuait en 2009 votre premier opus Red Rainbows. Où en sont les choses ? Pouvez-vous nous en dire plus sur l’orientation musicale de cette collaboration pour le moins alléchante sur le papier ?

Sarah : Carla et moi avons enregistré assez de chansons pour faire un album en février 2010. Mais l’an dernier, pendant une tournée en Europe, Carla s’est fait voler un disque dur contenant toutes les chansons qu’elle avait retravaillées. Je pense que perdre tout ce travail l’a pas mal découragée, et nous n’en avons pas beaucoup reparlé depuis. Elle vit à Los Angeles quand elle n’est pas en tournée, moi à Brooklyn, donc c’est un peu difficile de se retrouver, mais j’espère que le public finira par pouvoir entendre ces morceaux un jour ! En ce moment, je travaille sur des collaborations avec Nathan Larson, ancien membre de Shudder To Think et compositeur de musique de films renommé, et sur un autre projet avec David Wm. Sims.


Un grand merci à Aidan et Sarah pour avoir joué le jeu de cette split interview, ainsi qu’à Jediroller pour les traductions.


Interviews - 19.05.2011 par leoluce, RabbitInYourHeadlights