Top albums - février 2014

Cordes boisées et humeurs bucoliques, guitares orageuses et amplis qui chauffent, jungle des arrangements et rafraîchissements plus électroniques, pour peu on se croirait déjà en juillet avec ce bilan de février du Forum Indie Rock. Plus qu’à s’autopersuader comme Marissa et bientôt l’hiver ne sera plus qu’un lointain souvenir. D’ailleurs nos votants n’ont pas été frileux : une fois de plus, impossible de mentionner moins de 8 albums, complétés par les choix de la rédaction.

Les Résultats



1. The Notwist - Close To The Glass

Après Shrink, Neon Golden et The Devil, You + Me, comment The Notwist pouvaient-ils à nouveau nous surprendre ? La tâche semblait ardue et, s’il n’y a pas de grosse révolution à constater dans le fond, les structures des compositions sont toujours aussi alambiquées à l’instar de l’éponyme Close To The Glass ou Seven Hour Drive.
Close To The Glass est un album cohérent, où les Allemands prennent un malin plaisir à poursuivre leurs expérimentations sonores n’ayant pour seule limite que le maintien d’une trame mélodique minimale. Et surtout, figurent sur ce disque quelques bijoux, à l’instar de Run Run Run ou Casino qui viennent rejoindre Consequence ou Gloomy Planets au panthéon des productions de la formation bavaroise.



(Elnorton)


2. Jacob Faurholt - Corners

"Moins abrasif que ses sorties en tant que Crystal Shipsss mais finalement tout aussi névrosé sous ses refrains désarmants de simplicité, ce nouvel opus de Jacob Faurholt confirme le talent de cet héritier de Daniel Johnston ou Mark Linkous pour un songwriting touchant de nudité.
Ainsi, il n’est jamais question d’autre chose que d’amour déchues et de mal-être existentiel chez l’auteur du schizophrénique Dirty Dancer de l’an passé, à la différence que la voix d’écorché de notre Berlinois d’adoption se met ici au service de petits hymnes lo-fi électrisants (Oh My Love, Rock n Roll) ou parfois à demi débranchés (Girls, SH) qu’on jurerait tout droit revenus des glorieuses 90, convoquant les mélodies désespérées mais paradoxalement réconfortantes voire faussement insouciantes des premiers Eels avec A Horse’s Head ou surtout Sing & Swing, l’intensité dépouillée des débuts de Bright Eyes ou les maux imagés de feu Sparklehorse."



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(Rabbit)


3. Beck - Morning Phase

"En bon artiste touche-à-tout et novateur qu’il est, Beck Hansen a connu différentes périodes musicalement parlant. Mais au bout d’un certain nombre de disques, il est difficile de créer de nouvelles contrées sans évoquer celles défrichées par le passé.
De quel autre album ce Morning Phase se rapproche-t-il donc le plus ? Trêve de suspense, c’est clairement à Sea Change, de douze ans son aîné, que l’on pense rapidement. Cette tendance est pleinement assumée (et recherchée ?) par Beck qui a convié pour cette nouvelle livraison plusieurs musiciens ayant officié sur son "grand frère".
Say Goodbye est un titre clairement caractéristique du son de l’Américain. Un tempo assez lent, quelques arpèges de gratte ici et là, et une mélodie imparable. La recette est connue, mais elle accouche de morceaux toujours aussi fabuleux. En un peu plus de trois quarts d’heure, Beck renoue avec les harmonies toutes voiles dehors qui lui siéent à merveille. Un délice."



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(Elnorton)


3. Henry Blacker - Hungry Dogs Will Eat Dirty Puddings

"Dès Crab House, premier titre de cet album féroce et brailleur, le ton est donné : de l’étranglé, du sauvage, des claviers véloces qui épousent le tissu rythmique simple et binaire érigé par une batterie sèche et une basse ventripotente. La guitare est quant à elle à l’image de la voix : acide et menaçante, partagée entre murmure et vocifération.
Tous les autres titres du trio anglais, construits dans le même moule, provoquent leur lot de frissons sur l’échine et rendent Hungry Dogs Will Eat Dirty Puddings extrêmement jubilatoire. Amalgamant en permanence proto-hard rock carré et gravité stoner, garage méchant et heavy primitif, les morceaux filent à la vitesse de l’éclair, labourent la face et le thorax avant d’enfoncer consciencieusement le reste du corps dans les strates puis s’en vont tout aussi rapidement qu’ils étaient venus en retrouvant la grâce un peu gauche d’un mastodonte courant le cent mètres.
C’est bien là toute la réussite de ce premier album qui porte si bien son nom : des chiens affamés qui bouffent n’importe quoi. En une petite demi-heure de musique sauvage et spontanée, les huit morceaux de Hungry Dogs Will Eat Dirty Puddings placent sans peine Henry Blacker dans l’empan auditif des groupes que l’on prendra désormais plaisir à surveiller."



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(leoluce)


5. Marissa Nadler - July

2014 sera une année à marquer à grands coups de belles dames du folk, et Marissa Nadler ne déroge pas à la règle. Certes, sortir ce July en plein mois de Février peut être un choix assez étrange, car même si le spleen étendu sur tout le disque correspondait à une journée d’hiver froide et brumeuse, il ne serait pas interdit d’écouter les mêmes chansons en plein été, au milieu d’un champ, sous une chaleur écrasante. Car oui, July est aérien, atmosphérique, fantomatique, comme le laisserait penser la pochette, entre ombre et lumière. La guitare délicate, les envolées de Miss Nadler, les arrangements riches de détails, rien n’est à jeter, et le disque se laisse écouter sans que l’on prête attention à sa durée.
Difficile de dire du mal de ce disque, surtout quand on voit l’homme auquel Marissa Nadler doit ses productions : Randall Dunn aux manettes, pas inconnu au bataillon puisqu’il a déjà produit Sunn O))) ou encore Earth.
Bref, passer à côté serait une erreur, et puisque Juillet est encore un peu loin, profitons des matins hivernaux ensoleillés pour entrer dans la folk de Marissa Nadler.



(Redscape)


6. Petrels - Mima

Nommé d’après un personnage dAniara, poème SF fleuve du Suédois Harry Martinson, le successeur dOnkalo tout comme l’œuvre qui l’inspire tient autant de l’opéra mythologique que de la rêverie existentielle.
Fidèle à la luxuriance électro-acoustique majestueuse et pulsatoire du précédent opus également sorti chez Denovali, le Londonien Oliver Barrett en tire cette fois une véritable geste épique à la croisée de la kosmische musik et du post-rock (Treetiger), mettant l’accent sur des crescendos rythmiques jusque là absents de sa musique. Mais qui dit opéra dit forcément emphase et les immenses édifices rétro-futuristes construits par Petrels sur Mima, animés de leur cosmologie propre aux allures de chaos synthétique contrôlé, demandent que l’on s’y plonge au défi de toute logique pour être appréciés à leur juste valeur, bande-son d’une odyssée où l’esprit fusionne avec la matière et dont la part de mystère semble croître écoute après écoute.



(Rabbit)


7. Angel Olsen - Burn Your Fire For No Witness

Grand début d’année pour nos dames de la folk ! Nouveaux et remarquables disques pour Tara Jane O’Neil (parmi nos favoris de janvier), Marissa Nadler, Linda Perhacs… aux côtés desquelles Angel Olsen ferait presque figure de petite nouvelle. Presque seulement, vu la maturité troublante de ce Burn Your Fire For No Witness … laissant tomber le calme des ballades essentiellement acoustiques ( Half Way Home, en 2012 chez Debacle) pour une tension plus rock, la chaleur des lampes, associées à un americana boisé… un songwriting touchant, haletant, pouvant parfois rappeler le plus beau de Julie Doiron, l’accent en moins. Difficile de ne pas tomber sous le charme !



(Riton)


8. Les Marquises - Pensée Magique

"Lost Lost Lost avait déjà fortement intrigué il y a quelques années. Encore une fois, Les Marquises commettent un petit bout de plastique qui pèse bien plus lourd qu’il n’y paraît. C’est à la fois très mélodique et très déstructuré, accueillant et torturé, élégant et grossier, inoffensif et féroce. Disque funambule, Pensée Magique empile nombre de strates épaisses tout en montrant beaucoup de légèreté et d’élégance.
Les morceaux se suivent et ne se ressemblent pas vraiment, parfois portés par une polyrythmie proprement ahurissante à laquelle se substitue un mince filet électronique à d’autres moments. Parfois, une voix se fait entendre, elle peut d’ailleurs déclamer ses mots en anglais ou en français, et parfois elle se tait et ne subsistent alors que des arrangements mêlant synthétique et organique.
Pensée Magique est donc des plus varié et frappe par le soin insensé porté aux arrangements et à sa construction même. Tout est ici réfléchi, pesé, soupesé, chaque élément s’imbrique dans le tout sans jamais nuire à la cohérence d’ensemble et il faut bien attendre d’avoir posé la dernière pièce pour comprendre ce que le puzzle représente. Magnifique."



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(leoluce)


Les Choix des Rédacteurs



- Elnorton :

1. The Notwist - Close To The Glass
2. Beck - Morning Phase
3. Alpaca Sports - Sealed With A Kiss
4. Jacob Faurholt - Corners
5. The Go Find - Brand New Love

- Le Crapaud :

1. Les Marquises - Pensée Magique
2. Jacob Faurholt - Corners
3. The Notwist - Close To The Glass
4. Sheik Anorak - Keep Your Hands Low
5. Pillars and Tongues - End Dances

- Leoluce :

1. Henry Blacker - Hungry Dogs Will Eat Dirty Puddings
2. Petrels - Mima
3. Sheik Anorak - Keep Your Hands Low
4. Les Marquises - Pensée Magique
5. Louis Minus XVI - Kindergarten

- Lilie Del Sol :

1. Angel Olsen - Burn Your Fire For No Witness
2. Orouni - Grand Tour
3. Raymonde Howard - Le Lit
4. Death Vessel - Island Intervals
5. Barzin - To Live Alone In That Long Summer

- Nono :

1. Henry Blacker - Hungry Dogs Will Eat Dirty Puddings
2. Plurals - Bugenès Melissae
3. Sunn O))) & Ulver - Terrestrials
4. Nadja - Queller
5. Sun Kil Moon - Benji

- Rabbit :

1. Jacob Faurholt - Corners
2. B/B/S - Coltre/Manto
3. Bohren & Der Club Of Gore - Piano Nights
4. Petrels - Mima
5. Poemss - Poemss

- Redscape :

1. Kangding Ray - Solens Arc
2. Lucy - Churches, Schools And Guns
3. Marissa Nadler - July
4. Alpaca Sports - Sealed With A Kiss
5. Pan Sonic - Oksastus

- Riton :

1. Pan Sonic - Oksastus
2. Hobo Cubes - Apex Ideals
3. Bohren & Der Club Of Gore - Piano Nights
4. Petrels - Mima
5. Origamibiro - Odhams Standard

- Spoutnik :

1. SHIRT. - Rap (Album)
2. Dag Savage - E&J
3. Bloodmoney & Morbidly-O-Beats - The Art Of Self Destruction
4. Amerigo Gazaway - Yasiin Gaye : The Departure (Side One)
5. The Doppelgangaz - Peace Kehd



indie rock mag - IRM des musiques actuelles


vendredi 18 octobre 2019


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