Le streaming du jour #1317 : Crystal Shipsss - ’I Will See No Moon No Sky’

Qui aurait misé sur la probabilité de retrouver le cador Aidan Baker en renfort d’un trio danois qui n’aura guère généré jusqu’ici que l’écho de quelques blogs curieux et de vos serviteurs ? A croire que même si le projet fut à l’époque de Yay celui du seul Jacob Faurholt, également célébré dans nos pages pour le songwriting lo-fi plus mélodique digne de Sparklehorse ou de Daniel Johnston des disques signés sous son patronyme, l’hommage évident à Nadja de ce premier opus pourtant plus noisy pop que doomesque n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd.

Et en guitares sourdes qui saturent avec parcimonie et rampent dans la pénombre le Canadien y connaît un rayon, apposant d’emblée sa marque sur le néanmoins mal-nommé Metal surplombé par la voix de fausset et les harmonies planantes du Danois, dans une atmosphère fantomatique qui présidera plus loin aux 8 minutes de distos éthérées et de batterie feutrée d’un Deer pourtant étrangement apaisé.

Sans réelle corrélation musicale avec la pop abrasive et lyrique de l’EP éponyme ou l’indie rock plus décadent et déglingué du fabuleux Dirty Dancer, Jacob Faurholt témoigne ainsi via ce nouvel opus d’un goût persistant pour les ambiances rêveuses ou fantasmagoriques, qu’elles soient à la limite du bad trip (le Lynchien Crown au "chant" étouffé de goule neurasthénique) ou au contraire épurées à l’extrême comme sur le très contemplatif Head - voire encore sur l’entame du déliquescent Drum, s’ouvrant sur plus de trois minutes de hiss avant que les riffs de guitare funestes et la batterie martiale ne viennent soutenir avec tout autant de mesure une mélodie vocale à la fois livide et fragile.

A la différence que cette fois le résultat ne ressemble à rien de connu, et quel que soit l’effort de réduction du chroniqueur aucune case ne saurait circonscrire l’impressionnant II, sorte de comptine malaisante qui fusionne dream-pop goth, doom ambient, pulsations downtempo et fourmillements organiques sur fond de nappes de synthés lancinantes décrépies par la course du temps, évoquant ce qu’aurait pu donner Mount Eerie produit par feu Mark Bell et arrangé par Leyland Kirby.


Streaming du jour - 10.06.2015 par RabbitInYourHeadlights
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mercredi 24 avril 2019


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