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2016 par Rabbit : 22 chansons ! | Indie Rock Mag

2016 par Rabbit : 22 chansons !

Comme son nom l’indique, 22 chansons, avec du chant donc par définition, et puis des mélodies qui font bouger la tête, halluciner à jeun ou tressauter le cœur. Les plus belles, saisissantes et/ou efficaces de l’année donc, pour moi, hormis celles de la future compil’ Twin Peaks d’IRM évidemment, qui compteront pour 2017 !

Quant aux règles, un morceau par artiste et c’est à peu près tout. Pour la playlist, on vous laisse vous débrouiller avec l’outil de votre choix.


Big Thief - Masterpiece

Le quatuor new-yorkais fut à n’en pas douter la sensation indie pop de l’année à laquelle j’ai le plus accroché. Interstate, petit hit nonchalant à la Amps/Breeders, un Vegas fameux comme du Courtney Barnett ou encore Real Love, sorte de croisement entre les White Stripes à leur meilleur pour la tension glam et Elysian Fields pour les tourments capiteux du chant d’Adrianne Lenker auraient aussi tout aussi bien pu faire l’affaire. C’eut été sans compter sans le pouvoir d’addiction de ce morceau-titre à la mélodie fébrile et habitée.




Cryptic One - Get Off My Lawn

J’en ai déjà parlé ici, le nouvel EP de Cryptic One ça a été ma dose d’Atmosphere en 2016. A commencer par cette ode semi-ironique au "dans le rap aussi c’était mieux avant" et au respect de l’espace personnel qui réjouit d’autant plus avec le retour au pouvoir des Républicains outre-Atlantique, imparable avec son groove haché à la Q-Tip et son orgue lyrique.




Crystal Shipsss - Holly

L’hymne synth-pop le plus endeuillé et désespéré depuis le retour à la mode des Affreuses Années 80 est signé Jacob Faurholt, Danois que l’on suit avec ferveur en solo comme avec ce projet mutant depuis une petite demi-douzaine d’années maintenant à IRM et dont on n’a pas fini de vous parler cette année - alors que se profile une certaine compilation à laquelle nous l’avons évidemment convié.




Cyrod Iceberg - I Hope

Ouvrant l’EP guitare en bois/claviers de Cyrille Poumerie dont on touchait un mot ici, I Hope c’est le genre d’instantané simple mais pas simplet (ni même simpliste) qu’on s’étonnerait presque de retrouver dans la disco du Parisien aux télescopages le plus souvent alambiqués et décadents (en solo comme au sein de Red Space Cyrod ou des moins barrés mais tout aussi mélangeurs et passionnants Tadash). Quelque chose des Magnetic Fields de la grande époque ou c’est moi ?




The Divine Comedy - Catherine The Great

Plus beau titre d’Hannon depuis les sommets de Victory For The Comic Muse, la sensibilité de cette chanson me désarme autant que son clavecin baroque à la Left Banke. Si tout avait été aussi fameux que cette romance historique sur Foreverland (une moitié d’album résistant toutefois plutôt bien à la comparaison), il se serait certainement retrouvé dans mon top 20 de l’année comme tout Divine Comedy de plus de 32 minutes sorti entre 1993 et 2006.




Fog - Sister Still

Je reviendrai dans mon bilan albums sur le For Good absolument faramineux du groupe d’Andrew Broder, édité par chez nous en cassette (même pas encore sold out, mais vous attendez quoi les gens ?) par un label Hello.L.A au goût décidément très assuré. En attendant, ce Sister Still éthéré et percussif, mélodieux et aventureux, résume tous les contrastes et contradictions de cette œuvre fascinante et malade, où l’on entend comme ici du Peter Gabriel (!) à la sauce kosmische tandis que plane l’ombre des grands passeurs d’expérimentations 90s que furent Björk ou Massive Attack.




Richard Kapp - Expecting Suspects

Enregistré il y a déjà un petit moment et finalement inclus à la collection de chansons jazz/pop hautes en couleurs du récent Point of No Return (qui le voit sautiller allégrement du beatbox soul d’Appetite au doo-wop apache de Sticky Song en passant par le jazz pitché de Sugazabrakatolla ou la samba d’hyménoptère du morceau-titre, même pas peur !), Expecting Suspects incarne la facette qui m’a toujours le plus ému chez l’Autrichien (présent sur notre compilation Clouds il y a trois ans avec le tout aussi touchant mais plus ambivalent I See Myself in the Water), ce lyrisme piano-voix dépouillé suintant le romantisme contrarié d’une sensibilité inadaptée à notre époque.




King Creosote & Michael Johnston - Since We’ve Fallen Out

Le falsetto de l’Écossais fait merveille sur ce sommet d’un The Bound Of The Red Deer passé relativement inaperçu, qui constitue pourtant pour moi sa sortie la plus homogène et vibrante depuis Diamond Mine avec Jon Hopkins cinq ans auparavant, les talents tout en retenue de pianiste et d’accordéoniste du Canadien Michael Johnston aidant.

(et il est passé tellement inaperçu ce disque qu’on n’a même pas réussi à vous trouver le morceau en streaming... eh ben non, nulle part !)


Malherbe - Peu Importe

Le compère du sus-nommé Cyrod Iceberg au sein de Tadash brille tout autant en mode boisé, dans une veine plus luxuriante et baroque et tout particulièrement sur cet extrait au spleen fantomatique du magnifique Chevalier du Delta, picking impressionniste, cordes asiatisantes et piano délicat à l’appui.




Massive Attack - The Spoils

Sans nul doute ma chanson préférée de ce cru 2016, qui avait valu au très succinct deux-titres éponyme des Bristoliens une place dans mon bilan EPs et l’une de mes rares chroniques long format de l’année. Électronique évanescente, arrangements vaporeux dont les affleurements crève-cœur ne forcent jamais l’émotion et le spleen vocal de l’inimitable Hope Sandoval en prime, on ne se refait pas, c’est pas pour rien si 100th Window est toujours mon album préféré des 15 dernières années. Et ce break mon dieu, si ça vous colle pas le frisson, autant arrêter d’écouter de la musique pour de bon (oui bon, je m’emporte).




Moongazing Hare - Wild Nothing

La ballade folk dépressive de l’année 2016 n’est pas américaine mais danoise, et si son auteur David Folkman Drost nous avait habitués à des tourments plus fantasmagoriques et noisy (y compris sur l’album dont ce titre est issu), cette complainte boisée parfaitement raccord avec son patronyme - avec ses chœurs, au choix, de marins perdus ou de chercheurs d’or errant jusqu’à en perdre la raison dans les montagnes du Grand Ouest - n’est pas en reste côté mythologie et dimension hantée.




of Montreal - Let’s Relate

Le plaisir coupable de cette liste, et encore je ne me suis pas senti si coupable que ça d’adhérer de nouveau à l’univers d’of Montreal après 8 ans de désamour, d’indifférence ou dans le meilleur des cas d’indulgence. Meilleur album de la bande à Kevin Barnes depuis Hissing Fauna, Innocence Reaches envoie du lourd d’emblée dans son revival synth-pop discoïde en quête de connexion humaine, enchaînant cet hymne à la Krafwerk/Depeche Mode et le génialement féministe et dansant It’s Different for Girls pour une entame d’album assez tonitruante.




Owen - Burning Soul

Auteur de mon album "pop" de l’année, rien de moins (j’y reviendrai), Owen est l’un des seuls songwriters pop/folk constamment capable de trousser des mélodies qui m’émeuvent par leur sincérité et leur équilibre parfait de délicatesse et d’intensité, dans un flot d’arrangements au souffle jamais grandiloquent. Ici, c’est la guitare surtout qui me laisse sans voix, les larmes au bord des yeux.




Radiohead - Daydreaming

Décevant pour moi dans son ensemble, A Moon Shaped Pool ne m’a arraché des frissons que sur ce titre très Kid A dans l’esprit comme dans le son, l’un des plus beaux de l’année assurément et encore transcendé par le labyrinthe mémoriel de son clip signé Paul Thomas Anderson. Irradiant de grâce et de mélancolie, les piano, cordes, claviers et scintillements électroniques de Thom Yorke et Jonny Greenwood se suffisent à eux-mêmes sur ce morceau-fleuve aux harmonies suspendues dans l’éther, parvenant même à magnifier ses autocitations mélodiques (qui n’a pas pensé à Motion Picture Soundtrack en l’écoutant la première fois, franchement ?) pour culminer sur les reflux de cordes capiteuses d’un final qui emporte tout sur son passage.




Run The Jewels - Stay Gold

Après le bling-bling d’un deuxième opus assez raté, El-P et Killer Mike rectifient le tir sur un RTJ3 plein de bombinettes aussi jouissives que malaisantes. Avec sa mixture de pesanteur rythmique, de circonvolutions épileptiques et de synthés futuro-gothiques, Stay Gold en est le joyau noir, évoquant Company Flow ou Fantastic Damage plus que les précédentes sorties du duo.




Andy Shauf - Quite Like You

Un charme 60s façon Colin Blundstone, Brian Wilson ou Paul Simon irradie des ballades indie pop aux basses rondes de ce troisième opus du Canadien, et en particulier de ce bijou de romantisme adolescent désabusé - et dieu sait que la fille que l’on aime en secret et qui sort avec le meilleur pote pas assez bien pour elle on a tous connu ça, non ?




Spain - Station 2

Resté aux portes de mon top albums, le Carolina americana de Josh Haden n’en est pas moins la plus belle réussite de Spain depuis la reformation du groupe en 2007... voire depuis The Blue Moods of Spain  ? En témoigne ce final qui ravivera un temps les regrets de tous ceux ont dû, un jour, laissé derrière eux une personne chère à leur cœur.




Trashcan Sinatras - Let Me Inside (Or Let Me Out)

Encore un titre issu d’un recalé de près de mon bilan et pourtant ce retour très pop et rétro des Écossais m’a beaucoup accompagné cette année, au point que je ne m’explique pas le désamour des fans pour ce Wild Pendulum luxuriant plein de classiques instantanés, en tête desquels ce morceau d’ouverture à la croisée de Love et des Zombies.




Ultra Magnus & DJ SLAM ! - Criddown (feat. Dan-e-o)

Cela aurait pu être difficile d’extraire un morceau de cette parfaite collection de tubes hip-hop ludiques et inventifs, mentionnée en bonne place parmi mes albums favoris de l’année écoulée. Et pourtant, devant même Echo ou Thirst Trap, ce Criddown s’est imposé d’emblée pour son refrain incroyablement addictif et puis ces nappes évanescentes qui contrebalancent à la perfection les synthés façon Halloween au second plan.




Unsung - Fall from the Vessel

Avec ses samples de chœurs lounge à la Burt Bacharach, ses cavalcades jazzy et son final fantomatique que l’on n’attendait pas, Fall from the Vessel est sans conteste le sommet d’introspection baroque de l’excellent Young Man, dernier album en date du Virginien Unsung qui s’avère toujours autant à part dans la galaxie hip-hop, rejeton d’un Anticon biberonné à l’ambient et à la psyché-pop 60s.




Working for a Nuclear Free City - Bottlerocket

Avec sa basse incandescente, le morceau d’ouverture du kaléidoscopique What Do People Do All Day (cf. ici) est également le tube évident de ce quatrième opus des Mancuniens, malheureusement toujours pas reconnus à leur juste valeur : celle de meilleur groupe de pop anglaise des années 2000, rien de moins (bon allez, à égalité avec Field Music on va dire).




Zoën - Partir Un Peu

Et pour finir, merci à Spoutnik qui m’a fait découvrir l’univers du Tourangeau Raphaël Zoën, pas forcément dans ma zone de prédilection ni dans la sienne a priori d’ailleurs, pas vraiment spoken word ni complètement électronique mais l’excellent EP Dire Quelque Chose aux faux airs de Daho produit par Ginger Ale en remontre aisément à tout ce revival frenchie de chanson (variété ?) synth-pop qui se veut ludique et coloré mais ne fait que brasser facilité et vulgarité, de La Femme à Lescop en passant par Paradis (à la limite plus écoutable que les deux autres si ce n’est qu’ils refont toujours le même morceau). Ici la spontanéité des claviers et des percus mélancoliques à souhait, et les textes simples en apparence mais d’une grande justesse font mouche par leur sincérité, jusque sur ce Partir Un Peu plus minimal dont l’ailleurs en quête de soi résonne sur un beat presque trap, mais une trap élégante et aérienne alors, plus proche d’Alias du label Anticon que de 808 Mafia en somme.




Et en bonus, les 22 titres qui ont échappé à la sélection, la playlist bis, la face-B si on veut et pourtant vous verrez que ceux qui chauffent le banc n’ont pour le coup rien à envier aux titulaires, simple question d’humeur, de goûts et de couleurs :

And Also The Trees - Boden
Benoît Pioulard - The Sun Is Going To Explode But Whatever It’s OK
Benjamin Biolay - Palermo Hollywood
David Bowie - Blackstar
Car Seat Headrest - Fill In The Blank
Matt Christensen - Lifeless On The Sea
Mike Cooper - The Migrants Song
John Cunningham - Often a Ghost
Dum Spiro - Combien de Vies (feat. ChiefTheDoomsdayDevice & Brzowski)
Elysian Fields - Elysian Fields
Anne Garner - Come In (Christoph Berg Remix)
PJ Harvey - The Wheel
Aidan Knight - What Light (Never Goes Dim)
Lambchop - In Care of 8675309
Mei - Archéen
Metronomy - Old Skool
Nick Cave & The Bad Seeds - Anthrocene
Open Mike Eagle & Paul White - Protectors of the Heat (feat. Hemlock Ernst)
Papa M - Little Girl
Britta Phillips - Daydream
TaxiWars - Soul Repair
Yorkston/Thorne/Khan - Little Black Buzzer