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2016 par Rabbit : 22 (v’là les) EPs | Indie Rock Mag

2016 par Rabbit : 22 (v’là les) EPs

22 pour rester dans le ton car mon bilan albums en comptera 66 en trois parties (rendez-vous la semaine prochaine pour une première série), mais surtout parce que ces 22 là se sont imposés, s’il avait fallu couper plus loin on aurait approché la centaine et ça devenait compliqué.

22 formats plus ou moins courts donc, reflétant sans préméditation la diversité des musiques que l’on défend à IRM, de l’ambient au hip-hop en passant par l’électronique, le metal ou le classique contemporain. Bien sûr, vous y trouverez aussi quelques guitares, pas très pop certes mais d’autres après moi rétabliront certainement la balance de ce côté-là.

Bonnes découvertes (du moins j’espère, sinon tout ça n’aurait finalement que bien peu d’intérêt) et bonne année 2017, si elle s’avère être à moitié aussi riche que celle qui se termine et à moins d’être aussi curieux qu’une bûche (de Noël, pas de Twin Peaks évidemment), on n’aura vraiment pas de quoi se lamenter.


22. Pjusk - Syklus [Autoproduction]

Dans la foulée du virage techno atmosphérique un peu trop sage de l’EP Shibuya, ça fait plaisir de retrouver Rune Sagevik et Jostein Dahl Gjelsvik avec ce qu’ils savent faire de mieux. Syklus perpétue le concept, trois morceaux pour autant de collaborations mais cette fois avec des pointures de l’ambient telles que Loscil ou Porya Hatami, le résultat, contemplatif autant qu’impressionniste, renoue sans surprise avec les soundscapes engourdis par le givre des travaux précédents du duo norvégien, agrémentés tantôt de beats dub cotonneux (Trinity Bay), de piano cristallin (Haras), ou encore de pulsations cardiaques et de glitchs percussifs (Xuě, avec le Chinois Shao Yanpeng auquel il faudra assurément s’intéresser).




21. Blu & Fa†e - Open Your Optics To Optimism [EveryDejaVu]

Open Your Optics To Optimism c’est un peu "il était une fois la vie", par Blu. Une quête des origines pour mieux embrasser son appartenance à un tout, et la signification que l’on peut trouver à exister là, aujourd’hui, maintenant. Et en parlant de destin, aux manettes de ce nouvel opus du MC officie justement un certain Fa†e, dont les instrus planants tout en pulsations downtempo, nappes ambient, vapeurs de chœurs électroniquement modifiés et nuages de piano impressionniste enveloppent avec une élégance ouatée le flow olympien du Californien. Un cloud rap new age sans le kitsch qui, dix après Below The Heavens (avec le fidèle compère Exile), voit enfin Blu rejoindre les cieux, escorté par l’ange Cehryl sur l’envoûtant Higher (The Cosmos) et les sémillants chérubins Milo et Open Mike Eagle, entre autres - et avec en prime le plus électro-funky et récréatif Cheetah In The City, il nous aura encore fait une bien belle année le bonhomme.




20. Cowards - Still [Throatruiner]

Entre hardcore black-metalisé, sludge bien fangeux et doom désespéré, le quintette parisien ne surprend ici les aficionados qui le suivent depuis l’excellent Shooting Blanks And Pills que par la constante qualité de ses sorties. Dans la continuité de l’étouffant Rise To Infamy, les pensionnaires de Throatruiner badigeonnent les murs en noir et ne nous laissent pas prendre la moindre goulée d’air, de crescendos rampants (Still) en changements de tempi rageurs (Like Us) ou autres déferlantes belliqueuses (l’épileptique Empty Eyes Smiles). Et comme sur Hoarder, on a droit à la reprise inattendue, ce coup-ci plus encore qu’un méconnaissable You Belong To Me doomesque à souhait, c’est la néo-EBM d’un The Horrorist en passe de retomber dans un anonymat bien mérité qui en fait les frais sur One Night In Any City, beat binaire et spoken word de rigueur sur fond de guitares dégénérées et autres beuglements de frustration trop longtemps contenue.




19. Matt Christensen - Sea Bells [Autoproduction]

Avec sa quinzaine de sorties depuis janvier dernier (un certain Winter Solstice 2016 vient d’ailleurs de s’y ajouter), Matt Christensen aura bien mérité la double peine de figurer dans mes bilans albums et EPs. Ici en "court format" maousse qui flirte avec la demi-heure, le guitariste et songwriter de Zelienople laisse libre cours à son goût pour un slowcore incantatoire (I Know The Lines, Hiding’s False) nourri au post-rock jazzy des derniers Talk Talk (jusque sur I’m Ready For You qu’un harmonium lancinant retient de se dissoudre dans l’atmosphère environnante) et les longues progressions fantasmatiques et dissonantes, à l’image de cette première mouture d’I Brought A Knife To You que l’on retrouverait quelques mois plus tard sur A Lighted Year In View dans une version plus folk brumeuse et dépouillée, et que l’on jurerait ici par moments interprétée par un doppelgänger de Mark Hollis lui-même.




18. Vanessa Wagner & Murcof - EP01 [Infiné]

Armé de son sens de l’espace peu commun, Vanessa Wagner s’attaque au troublant monument d’Erik Satie Gnossienne 3 et au forcément moins connu et moins épuré mais tout aussi mélancolique What Arms Are These For You ! de David Moore (on vous conseille d’ailleurs ce disque où le titre apparaît). Puis la pianiste rennaise laisse place au génial bidouilleur mexicain Fernando Corona aka Murcof dont les réinterprétations se font ici plus proches de la kosmische musik que de l’électronica glitchée à laquelle l’auteur de Remembranza nous avait habitués (en solo comme avec le jazzeux Erik Truffaz). Avec son What Arms Are These For You ! on se croirait presque dans Blade Runner, tandis que sa Gnossienne, échantillonnant le piano de Wagner, fait surgir l’abîme entre les accords mineurs de Satie, sorte de dark ambient "lost in space" assez vertigineux qui constitue le sommet de ce premier EP d’une série collaborative prévue par Infiné.





17. Seabuckthorn - I Could See The Smoke [Lost Tribe Sound]

"A la croisée d’une americana hypnotique charriant à perte de vue ses paysages meurtris par un soleil de plomb (Passage of Old), d’une folk anglaise à douze cordes biberonnée au drone (le James Blackshaw des débuts n’est pas loin) et du fingerpicking tout en cascades mélancoliques de Gustavo Santaolalla (Seen As A Black Road), le Bristolien Andy Cartwright insuffle dans ses évocations acoustiques une envergure cinématographique et une profondeur de champ qu’on aimerait rencontrer plus souvent au pays des guitares en bois. La musique de Seabuckthorn, désormais tombée dans le giron du label Lost Tribe Sound sur conseil avisé du génial William Ryan Fritch, est avant tout une bulle de chaleur humaine dans un désert émotionnel sans fin."

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16. Bongchops - Bongchops [I Had An Accident]

mHaze_beats de black_monologs (cf. la suite du classement) associé au tout aussi mystérieux bongchopsbeats, batteur en roue libre de son état, ça donne Bongchops, festival de drums à la croisée du free jazz et de l’abstract hip-hop que le premier fait basculer de l’autre côté du miroir à coups de samples vocaux et d’échos opiacés, mais surtout grâce à son sens du collage psyché qui voit les vignettes s’enchaîner comme autant de scénettes hallucinées sur deux premiers morceaux de près de 10 minutes chacun. C’est à la fois très épuré et redoutablement efficace, groovesque tout en multipliant les contrepieds et les changements d’ambiance et de tempo, ça rebondit de la membrane des tympans aux parois du cerveau et ça devient très difficile de ne pas laisser ses doigts tapoter tout ce qui bouge aux alentours pour tenter d’attraper au vol les rythmiques folles du duo.

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15. Massive Attack - The Spoils [Autoproduction]

"Exit les rythmiques tribales et l’efficacité de l’EP précédent, The Spoils donne dans le spleen minimaliste et éthéré, reprenant les choses là où le groupe les avait laissées au milieu des années 2000. Reflux de cordes et synthés capiteux envoient The Spoils dans les cieux sans jamais l’envahir, premier de ces deux titres dont les échos de blips fugaces convoquent l’impressionnisme du chef-d’œuvre électronique 100th Window, la voix de la chanteuse de Mazzy Star, totalement à nu sur les couplets, décollant pour la stratosphère sur des refrains au romantisme ample et désespéré. Pulsatile et ténébreux, Come Near Me a également ses figures tutélaires dans la disco du groupe, du très deep et minimaliste I Against I avec Mos Def (circa 100th Window justement) au slow burner False Flags. Mais le timbre lascif aux tonalités tant inquiétantes que tourmentées de Ghostpoet a tôt fait de l’en distinguer."

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14. Infinity Gauntlet - Pistol Opera 4 [Red Lotus Klan]

Le patron du Red Lotus Klan, certains le connaissent sous le blaze Scvtter Brvin, via ses instrus pour le crew 90s Masters of The Universe ou encore sa participation au collectif abstract hip-hop californien Kilowattz d’où s’échappèrent il y a quelques années Gonsujafi et des types qui eux sont restés underground comme Tenshun ou Walter Gross - lesquels continuent aujourd’hui d’explorer les frontières entre noise et hip-hop du côté du label IHAA omniprésent dans ce bilan EPs. Mais ceux qui l’apprécient surtout comme producteur sous l’alias Infinity Gauntlet n’auront sûrement pas manqué ce quatrième opus de la série (majoritairement) instrumentale Pistol Opera initiée en 2010 et délaissée pendant presque 5 ans. Une série qui recycle une certaine culture série B baroque, mélancolique et (forcément) opératique des bandes originales de films, de Morricone qui se frottait au patchouli et au ragga sur le premier volet, via les accents psyché/futuristes du second et le lyrisme du troisième jusqu’à, finalement, ce volume 4 entre tension urbaine et spleen lounge à la Mancini/Legrand qui aurait enterré les autres si tout avait été aussi faramineux que ce Scattergun d’ouverture aux chœurs à coller le frisson.

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13. Rival Consoles - Night Melody [Erased Tapes]

"Les nappes organiques de textures vacillantes (Slow Song) ou crépitantes (Night Melody) et autres pulsations tantôt hypnotiques (Pattern of the North), polyrythmiques et syncopées (Lone) ou plus libertaires et virevoltantes (Johannesburg) s’intensifient à chaque fois en un crescendo viscéral et ardent auquel rien ne peut résister, et avec ses flots de beats martelés sur fond de lames de bruit blanc et d’arpeggiators rétro-futuristes, What Sorrow clôt le disque sur un paroxysme embrasé dont le bouillonnement magmatique n’a rien envier ou si peu au post-rock synthétique et noisy du génial Terminal Sound System. Une entrée en bonne et due forme dans la cour des grands pour Rivale Consoles."

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12. Eisentanz - Y - Meson [Raumklang Music]

Là encore pas loin de la demi-heure pour cet EP qui voit Jean-Claude Horlacher aka Eisentanz emplir l’apesanteur cosmique coutumièrement explorée par les beatmakers astronautes du label Raumklang Music de sonorités plus organiques, la particularité du Suisse étant de construire ses rythmiques post-industrielles sur la base d’un échantillonnage de percussions d’objets ou d’instruments construits par ses soins avec des matériaux de récupération (métalliques surtout mais aussi faits de bois, de pierre...). Cinématographique à souhait, le résultat n’a rien à envier aux épopées stellaires électroniques d’Access To Arasaka, Reform-1 ou Hotaru Bay, de la longue progression isolationniste d’Internal avec ses inquiétants échos rampants aux circonvolutions IDM polyrythmiques et baroques de Somnium.




11. Ólafur Arnalds - Island Songs [Mercury Classics]

Après les Found Songs de 2009 - qui constituaient sa première sortie entièrement jouée au piano - puis trois ans plus tard les Living Room Songs où la performance live venait s’ajouter au concept de mise à libre disposition d’un nouveau morceau par jour pendant une semaine, Ólafur Arnalds nous invitait en août dernier à faire le tour de son Islande natale via cette troisième collection de compos, captées cette fois - musique et vidéo - au rythme d’une par semaine et par lieu visité. L’occasion par ailleurs de jouer le jeu des collaborations puisque chacune de ces Island Songs bénéficie de l’apport d’un invité de la scène locale et des arrangements d’un ensemble de musiciens. Le résultat - un "projet de film musical vivant" selon son auteur - est élégiaque et tellement spleenétique que c’en est douloureux, les choeurs du South Iceland Chamber Choir sur Raddir, l’orgue de Dagný Arnalds sur 1995 ou les clarinettes d’Öldurót sur fond de violons crève-coeur rivalisant avec les travaux les plus bouleversants de Max Richter, tandis que Particles avec Nanna Bryndís Hilmarsdóttir des Of Monsters and Men au chant apporte un peu de baume aux âmes meurtries par tant d’introspection.




10. Marsman - Mindwarp [Xtraplex]

Comme avec l’album New Kind of Purple paru chez Lowriders Recordings en juin dernier, le Néerlandais Rutger Marsman confronte sur cette deuxième sortie pour le label belge Xtraplex les textures gondolées par les ans de ses souvenirs de futur fantasmé dans l’enfance à la réalité forcément plus sombre d’aujourd’hui, progressant ici d’un morceau à l’autre vers une déliquescence de plus en plus marquée. Un EP d’IDM vintage et singulier aux arythmies fascinantes d’étrangeté, dont les synthés délicieusement instables et les accents funky essorés par le temps nous laissent imaginer ce qu’auraient pu donner les premiers opus de Bibio si son compère de Warp Flying Lotus s’était associé à The Caretaker pour lui filer un coup de patine hantologique aux manettes.




9. Peter Holy - Peter Holy [Valeot Records]

"17 minutes de bonheur assuré pour ceux qui ont toujours admiré la capacité de Mark Hollis ou encore Stina Nordenstam à laisser leur mal-être s’évaporer dans l’air ambiant. A l’image de sa cover enneigée, l’EP semble en effet essoré de ses couleurs mélodiques et attend un hypothétique retour à la vie, en quête de lumière depuis les élans réfrénés d’un 8 plombé d’entrée, jusqu’aux Almost Forgotten ou Snail Shell gagnés par la neurasthénie. "I’m waiting patiently for every colour to turn into light" résume ainsi l’Autrichien sur ce dernier avant que les ultimes accords de piano discordants du Finale ne disparaissent dans le néant. Tout ce qu’on espère, c’est qu’il n’en sera pas de même de son groupe Tupolev, dont on espère toujours un quatrième opus six ans après."

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8. Cryptic One - The World According To [Autoproduction]

Producteur et emcee en chef du génial collectif new-yorkais Atoms Family (dont l’inaugural The Prequel en 2000 fut une fabuleuse rampe de lancement pour le cultissime The Cold Vein des Cannibal Ox échappés du même crew, album auquel il n’a pourtant rien à envier), Cryptic One nous fait partager sa vision du monde désabusée mais concernée sur ce (très) mini-album au groove sensible mâtiné d’influences jazzy (la basse de Flawless in Orbit, le piano de Fish Tank, l’orgue très "éthiopique" de Herstory vs History). Un merveilleux EP de storytelling à l’ancienne qui rappellle notamment la grande époque des Atmosphere avec des classiques instantanées humbles et sans fioriture mais d’une classe innée tels que Nothings Left, All Right ou plus encore Get Off My Lawn, le genre de production funky et débonnaire à la Q-Tip qu’on aurait aimé retrouver sur le dernier A Tribe Called Quest.




7. black_monologs - blood_ballads [I Had An Accident]

"Fin mai sortait chez I Had An Accident la première collaboration entre l’excellent Psychopop (moitié de Skrapez) et le méconnu mHaze_beats (en toute honnêteté on sait pas du tout qui c’est celui-là, si ce n’est qu’il est pété de talent, cf. Bongchops ci-avant). Du lourd, à la hauteur de l’EP de Damien dont on vous parle plus haut dans le classement mais versant noisy et névrosé cette fois, sorte de soundtrack morriconien pour no man’s land post-apocalypique (cf. Melancholia Wasteland qui convoque même l’harmonica morbide dIl était une fois dans l’Ouest ou quelque chose d’approchant), piano désaccordé et transmissions radio désincarnées emplissant les interstices d’un abstract/kraut de purgatoire mental sur 7 morceaux fantomatiques et futuristes."

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6. Odd Nosdam - Sisters [Leaving Records]

"Cousins pas si lointains des Kill Tone, Up In Flames et autre Fat Hooks sur Level Live Wires, l’accrocheur Bow They Will !!! réveille ce groove noisy aux basses ronflantes sur fond de cymbales cliquetantes tandis que le très beau Ten Echoes révèle par une nuit d’orage la part de lumière de nos pathétiques moments d’abandon à coups de battements syncopés et de chœurs susurrés. Côté slow Burners, Burrow et Profane Bong Sue ressuscitent les décollages stratosphériques aux nappes de bruit blanc éthérées des faramineux Untitled. Quant aux collages onirico-ésotériques de l’EP précédent, ils perdurent sur le court Center aux idiophones et samples chamaniques, le scintillant Endless 432 (sous influence évidente du talentueux Teebs en featuring) qu’illumine une harpe électroniquement modifiée et surtout les liturgies ambient d’un morceau-titre qui tient autant d’Enya que de la messe du dimanche matin."

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5. Damien - Axis II [I Had An Accident]

"Il y a deux ans, John Pain et son compère Egadz commençaient à creuser chez I Had An Accident le sillon d’un beatmaking massif et ténébreux dopé à la noise et au psychédélisme avec de vrais gros bouts de batterie dedans. Un paradigme qui se taille aujourd’hui la part du lion chez IHAA, depuis le passage de témoin en mars dernier entre Justin Bieler et le nouveau gestionnaire du label, un certain Damien Miller. Ce dernier, natif de l’Arizona désormais basé dans l’état de Washington cultive lui-même en tant que Damien le même genre d’abstract hypnotique et drogué, avec dans son cas un soupçon de drones radiants et de saxo paraphrénique, en témoigne ce petit chef-d’œuvre alternant brillamment entre extase et tension."

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4. John Frusciante - Foregrow [Acid Test]

Contre toute attente, "l’ancien gratteux hirsute des Red Hot Chili Peppers accouche de la meilleure sortie IDM de l’année. Oubliez donc le Cheetah EP d’Aphex Twin et ses autocaricatures ramollo dans lignée du médiocre Syro, on est ici dans la droite lignée des grandes heures du label Warp. Pour figure tutélaire, le trop méconnu Tim Exile dont la pop synthétique décadente du génial Listening Tree croise sur Foregrow les emballements rythmiques de Squarepusher sur fond de blips acides aux mélodies réminiscentes du Richard D. James Album dès l’entame éponyme, la litanie très en retrait de Frusciante venant s’intégrer à l’ensemble avec autant de naturel que les hymnes décadrés d’Exile et juste ce qu’il faut d’emphase contenue."

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LE PODIUM !





3. Ynoji - Ronokironikon & Ekra [Subtrakt / Xtraplex]

Plus encore peut-être qu’avec son ultime album et meilleur long format Kojito dont on reparlera, c’est avec cette doublette d’EP ténébreux et tribaux que le beatmaker belge Lucian Dittulescu, récemment interviewé dans le cadre de notre future compilation Twin Peaks, m’a laissé cette année l’impression la plus durable. Sortis respectivement chez Subtrakt et Xtraplex, ces deux collections de brulôts électro anxiogènes et radiants mêlent dubstep belliqueux, dark ambient fulligineux et déflagrations drum’n’bass, évoquant par leur dimension mystique, leurs percus ethniques et autres field recordings amazoniens les fantasmes d’apocalypse des anciennes civilisations amérindiennes.

< lire notre chronique de Ronokironikon >
< lire notre chronique dEkra >




2. Genghis Khan - Friday Night Fright [Red Lotus Klan]

Ma première et plus grosse claque hip-hop de 2016 aura été cette micro-collection de titres menaçants et désespérés, une bande-son de thriller malaisant à la croisée de Dr. Octagon (la référence de la pochette est évidente) et d’une BO de film de Peckinpah (on se demande d’ailleurs si les arrangements de cordes tendus et tourmentés des trois premiers morceaux ne viennent pas tout droit d’une obscure BO de Jerry Fielding, c’est bluffant). Au micro donc, l’ex Masters of the Universe donne dans le cut-up mental et futuriste façon Kool Keith du caniveau ou Cannibal Ox sans le maniérisme, mais aux manettes son compère Infinity Gauntlet aka Scvtter Brvin mentionné plus haut tape dans une atmsophère nettement plus vintage et viscérale, culminant sur les 7 minutes d’un Chad qui convoque cette fois le Morricone de The Thing et ses orchestrations funestes et délétères.

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1. Joe Acheson - Marconi & The Lizard [Tru Thoughts]

"Sur ce 5-titres du beatmaker de Hidden Orchestra, pas d’électronica jazzy aux arrangements capiteux sous perfusion trip-hop et drum’n’bass (ceux qui découvrent, on vous renvoie au fabuleux Night Walks de 2010 ou plus récemment au bel EP Wingbeats). Usant principalement de sonorités costales et autres bruits naturels enregistrés et bidouillés jusqu’à l’abstraction, Marconi & The Lizard ce serait plutôt la rencontre entre les étranges collisions dadaïstes façon collages hétéroclites de feu The Books et la techno à base d’échantillons de bruits samplés que pratiquait Matthew Herbert au tournant des années 2000. On y entend aussi bien le son des vagues et des cornes de brume que celui des klaxons et de transmissions radio, signaux de morse et autres boucles de percus naturelles se mêlant aux infrabasses et aux synthés discrets pour générer de fascinants tapis polyrythmiques de pulsations glitchy."

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