A qui le tour en 2013 ? 3/3

Veuillez excuser le détournement d’une citation émanant d’une industrie qui génère bien assez de fonds pour ne pas avoir besoin de pareille publicité. Première année post-fin du monde, 2013 avait toutes les raisons d’être redoutée par les superstitieux. Alors, musicalement, s’agissait-il d’un grand cru ou un chat noir captait-il les diverses ondes produites ? La réponse en trois parties. De treize disques, forcément.

13. Tricky - False Idols

Le voilà le vrai retour en forme de l’année. En 2010, avec Mixed Race, Tricky sortait un album horrible et indigne de son talent. Mais après tout, depuis Vulnerable, le Kid de Bristol n’avait pas pondu le moindre bon album. Avec False Idols, la donne change. Adrian Thaws la joue plus modeste. Il reconnaît même s’être rendu compte que ses deux opus précédents étaient indigestes et le retour à des sonorités plus sombres lui va à ravir. Un album obsédant, comme à la belle époque.

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12. Arcade Fire - Reflektor

Ayant adoré The Suburbs, je craignais d’être déçu par ce double album. Et puis, la sortie du single Reflektor m’a rassuré. Avant que je n’écoute la totalité du disque, d’abord jugé insipide. Insipide, mais les mélodies me restaient en tête. J’y suis donc revenu, et même un Joan Of Arc que je jugeais absolument ridicule, me paraît efficace. Mon rapport à cet album a ressemblé à un parcours de montagnes russes mais il s’est aujourd’hui figé. Arcade Fire réussit encore à livrer un album majuscule et entêtant. Je n’en attendais pas autant.

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11. Ghostpoet - Some Say I So I Say Light

A la croisée du hip-hop, du dubstep et du trip-hop bristolien, les compositions d’Obaro Ejimiwe sont appuyées par un flow entêtant et nonchalant efficace au possible. On évolue dans les mêmes sphères que celles chères à Tricky. Aucun temps mort sur la galette. Définitivement, avec Ghostpoet, la relève est prête.

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10. Shizuka - We Are Empty

Inconfortable au possible, We Are Empty digère brillamment les influences d’Autechre ou Aphex Twin. L’IDM du rejeton de la team Chez.Kito.Kat est menaçante et capable d’évoluer vers des ambiances industrielles à la Nine Inch Nails. Ajoutez à cela un aspect entêtant et vous comprendrez pourquoi ce disque se devait de figurer dans mes dix disques préférés de l’année.

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9. The National - Trouble Will Find Me

Les Américains sont sur une série formidable. Depuis Alligator, ils enchaînent les disques indispensables. Matt Berninger, au chant, est au sommet de sa forme, et les compositions du groupe sont toujours aussi entêtantes et évidentes. A la fois pop et exigeante, la musique de The National ne se renouvèle pas vraiment mais parvient à maintenir un même niveau d’efficacité sans tourner en rond.

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8. The Flaming Lips - The Terror

Les Flaming Lips ne m’avaient guère fasciné depuis Yoshimi. Mais entre l’EP Peace Sword et The Terror, sorti plus tôt dans l’année, je me suis réconcilié avec la bande menée par Wayne Coyne. A l’image d’un You, Lust de treize minutes répétitif mais jouissif, les Américains ne cèdent à aucune autre urgence que celle de satisfaire leurs exigences. Ambitieux comme toujours, mais peut-être plus accessible et cohérent que ses prédécesseurs, The Terror fera partie, à coup sûr, des incontournables de l’année.

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7. Boards of Canada - Tomorrow’s Harvest

Huit ans après The Campfire Headphase, les rois de l’IDM sont de retour. De Tomorrow’s Harvest, certains retiennent que les Écossais n’ont plus quinze ans d’avance sur le reste de la mêlée. Les autres, dont je fais partie, constatent simplement qu’ils livrent un nouveau disque de haute volée, dans la lignée de son prédécesseur, qui, s’il avait été sorti par n’importe quel groupe anonyme, susciterait sans doute l’admiration de tous. En bref, le seul défaut de Tomorrow’s Harvest est sans doute d’avoir été pondu par Boards of Canada.

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6. Robin Foster - PenInsular

Petite parenthèse pour débuter, le Britannique vient de livrer un mini-live que je vous recommande particulièrement. Avant ça, il avait fait appel à ses fans pour financer PenInsular. L’occasion de vérifier que, si son talent n’est pas reconnu à sa valeur, il dispose d’une base solide d’aficionados qui apprécient les envolées de son post-rock soutenues par les voix de Dave Pen d’Archive ou Ndidi O. Album concept s’inspirant des paysages de Camaret sur Mer où il a posé ses bagages depuis quelques années, PenInsular reprend les choses là où Robin Foster les avait laissées sur l’excellent Where Do We Go From Here ? et poursuit, sur ce troisième opus, un parcours discographique pour l’instant parfait.

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5. Detroit - Horizons

Je n’avais pas prévu de m’intéresser à la nouvelle livraison de Bertrand Cantat. Ce choix ne s’expliquait pas tant par les événements de Vilnius que par la pauvreté de Gagnants/Perdants et Le Temps Des Cerises, les deux derniers morceaux livrés par Noir Désir (à l’exception de la magnifique reprise d’Aucun Express de Bashung) et l’érosion de la passion que je portais à une formation capable de livrer un chef-d’œuvre tel que Des Visages, Des Figures.
Cela aurait été une belle erreur que de ne pas s’intéresser à ce disque. Cantat n’a rien perdu de son charisme et le travail de Pascal Humbert de 16 Horsepower permet à Detroit de s’appuyer sur des compositions rock solides (Le Creux De Ta Main, Glimmer In Your Eyes) et d’autres plus éthérées mais ô combien poignantes (Horizon, Ma Muse).

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4. Nick Cave & The Bad Seeds - Push The Sky Away

Il ne faut pas bien longtemps pour comprendre que l’on va avoir affaire à un grand disque. En effet, dès les premières notes de We No Wo U R, le décor est planté. Le titre est magnifique, menaçant, entêtant. Nick Cave ne nous a pas ménagés, il n’a pas aménagé une quelconque zone de confort en début d’album, au contraire, il nous plonge d’entrée dans la gueule du loup. Cette tension hypnotique ne va jamais réellement disparaître, atteignant son paroxysme sur le sublime Jubilee Street ou Higgs Boson Blues. Assurément le meilleur disque de l’Australien depuis plus de quinze ans et The Boatman’s Call.

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3. Atoms for Peace - AMOK

Cela fait vingt ans que Thom Yorke n’avait rien fait de dispensable (oui, je parle bien de Pablo Honey) et, si pour la première fois depuis belle lurette, je craignais que le sieur d’Oxford ne me déçoive, AMOK est une réussite de plus à mettre à son actif. Sans doute pas la plus brillante, mais comment lui en vouloir de ne pas égaler un Kid A  ?
A mi-chemin entre son album solo The Eraser et The King Of Limbs, Thom Yorke propose une électro teintée de dubstep suppléée par sa voix inégalable. Un disque en phase avec une époque qu’il domine toujours de la tête et des épaules.

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2. Sigur Rós - Kveikur

Pour la deuxième année consécutive, Sigur Rós s’invite à la deuxième place de mon bilan annuel. Je crois pourtant pouvoir dire que Kveikur est un ton au-dessus de Valtari et que la bonne place de ce dernier s’expliquait en partie par la faiblesse de ses prédécesseurs au sein de la discographie de la formation islandaise et de celle de son leader en solo. Kveikur durcit le ton, et se rapproche, dans l’esprit, de leur chef-d’œuvre Ágætis Byrjun sans se départir des délicieuses envolées de Jonsi qui nous conduisent dans une autre dimension.

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1. Eels - Wonderful, Glorious

Début février, 2013 ne faisait que commencer, mais j’avais déjà identifié ce qui serait, sans nul doute, mon album de l’année. Dire que j’apprécie les travaux de Mark Oliver Everett constituerait un euphémisme. Je ne sais pas si Wonderful, Glorious est le meilleur album sorti cette année, et il n’est sans doute pas celui qui révolutionnera le plus la musique. Qu’importe, c’est incontestablement celui que j’ai le plus écouté et qui m’a le plus fasciné. Sur cet album, E est de retour et réalise un vrai album cohérent composé de nombreuses idées géniales pour quiconque aura la curiosité d’écouter sérieusement le disque. Cette année, mes écoutilles n’ont rien tant aimé que ce Wonderful, Glorious évoluant dans une veine rock indé à la Souljacker sans renier un sens mélodique évident.

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vendredi 23 août 2019


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