Top albums - juin/juillet/août 2020

La cigale ayant procrastiné tout l’été, n’en fut pas pour autant dépourvue pour bricoler un classement quand la fin des vacances fut venue. Pas un seul petit morceau mais tout plein d’EPs et de LPs pour subsister jusqu’au bilan d’un mois de septembre chargé. Pas de quoi crier famine, en tout cas pas si vous aimez le beatmaking déglingué, les guitares abrasives, le rap mélancolique, la pop perchée, l’électro pour salles obscures, le psychédélisme libertaire, on en passe et des meilleures !




Nos albums de juin/juillet/août 2020



1. The Gaslamp Killer - Heart Math

Cela s’ouvre sur des synthés qui d’emblée placent l’auditeur dans une temporalité alternative : le futur. Puis des cordes s’élèvent et ouvrent une aventure, un voyage, une odyssée intergalactique ! Le beatmaker californien The Gaslamp Killer, avec ce troisième album, réussit la bande-son d’un film imaginaire, un film de SF bien sûr, urbain et aérien, une anticipation tour à tour chromée ou veloutée, âpre et sensuelle. Barbarella et RZA s’accouplant dans le Faucon Millenium tandis que les fantômes de Chewbacca et de Spok dansent sur une planète où le temps passe à l’envers. Si j’imagine ce délire ectoplasmique, c’est que les spectres sont bien là, sur The Cat’s Meow, réveillés par un rituel chamanique. Ce voyage halluciné dans un avenir étrange n’en convoque pas moins le passé, comme sur Hooked on Classic’s, où Bach surgit sur un clavier bien tempéré par l’électricité (comme dans un James Bond incompréhensible où les objets seraient inversés…). Ne parlons même pas des featurings dont l’album est systématiquement jonché. Tous ces noms, c’en est vertigineux. N’en gardons qu’un, habitué de nos colonnes et que l’on retrouvera juste en-dessous dans notre top, The Heliocentrics, opportunément invités pour transfigurer le classic susnommé. Vous l’aurez compris, cet album, c’est du cinéma. Mais il n’en oublie pas pour autant d’invoquer le groove, de susciter le mouvement de nuque. Chaque beat est un bijou de syncopes jazzy ou rétro-futuristes. Le rap de demain selon aujourd’hui !

(Le Crapaud)


2. The Heliocentrics - Telemetric Sounds

Soundtracks, collaborations, featurings, albums avec ou sans vocalistes, le combo emmené par Malcolm Catto et Jake Ferguson fait feu de tout bois depuis quelques années, et si l’on peut préférer les Britanniques dans le groove abstract, rétro-futuriste et subtilement orchestré de leurs albums les plus cinématographiques (citons l’immense 13 Degrees of Reality), un peu comme si le visionnaire David Axelrod s’était nourri du hip-hop au lieu du contraire, il faut avouer que du plus soul et vocal Infinity Of Now de février dernier à la plongée psychédélique totale de cet instrumental Telemetric Sounds, tout ce qu’entreprend la bande vaut son pesant de trips narcotiques. Dès le morceau-titre dont les 13 minutes de crescendo hypnotique doivent autant à la kosmische musik et au jazz stellaire de Sun Ra (on le retrouvera sur le bien-nommé Space Cake) qu’à la transe tribale de Can, on comprend que les Heliocentrics vont nous emmener loin dans la déconstruction hallucinée, et qu’elle soit dissonante et syncopée (Devistation, non sans tomes crochus avec Ornette Coleman), ou plus percussive et tendue (Left to our own Devices), la suite ne cesse de blipper et de digresser, de zébrer d’arrangements éclatés sa cinématique déglinguée (Shattered Mind), de mélanger début et fin (The Opening, parfaite intro située aux trois-quarts d’album) pour aboutir peut-être au disque le plus inconfortable de la petite troupe, l’un des plus fascinants aussi passées quelques écoutes.

(Rabbit)


2. Protomartyr - Ultimate Success Today

En écoutant ce cinquième album du quatuor de Detroit, vous n’entendrez pas seulement du post-punk. Certes, il y a ces guitares acérées, ces riffs secs, dissonants, racés, cette batterie mécanique qui file sans réfléchir, cette voix désincarnée, la basse qui croque-note et surtout, cette ambiance, glaciale. Toutes les cases sont cochées. Mais ce n’est pas tout. À travers cette froideur, il y a une âme qui vibre. Dans l’humour grinçant de Joe Casey, dans ses associations d’idées bizarres, dans ces mélodies inattendues au détour d’un riff, dans ces changements d’accords qui plongent tout un morceau dans une noirceur mélancolique ou dans un nuage lourd. Un rock âpre et néanmoins sensible. Et c’est presque à chaque titre qu’on se laisse surprendre par une envolée lyrique. Le sommet étant, il me semble, au beau milieu de Michigan Hammers. Top départ : la chanson soulève la poussière comme un cheval au galop, un mustang indomptable. Et puis, au bout d’une minute trente, c’est l’animal lui-même qui s’élève. Par une phrase à la guitare mélodique pointant vers le haut où se mêle un saxophone impromptu, c’est tout l’album qui décolle. Dès la première écoute, ce moment frappe. Mais on l’oublie. À la troisième ou quatrième, on se dit, quel génie ! Et ce sentiment fait tâche d’huile. Finalement c’est tout l’album qu’on aime, de plus en plus, chaque titre réservant sa perle à une écoute intranquille. Et le disque, sans crier gare, retourne sur la platine...

(Le Crapaud)


4. Cloudwarmer - Hushers & The Happening At Groom Lake

Entre le délicat Hushers dominé par piano et claviers, élégie aux influences post-classiques plus présentes qu’à l’accoutumée chez le duo new-yorkais, et le labyrinthique The Happening At Groom Lake dont le sampling hypnotique se double de beats plus marqués et plus libertaires que jamais (Gulf Breeze 1987 or Not Afraid To Continue Being Afraid) chassant sur les terres du génial Funki Porcini et de son faux easy-listening à l’image par exemple du chillesque Voronezh 1989 or I Stopped Eating And Started Drinking ou du galopant Stephenville 2008 or Jump Into The Ocean Heat, la rédaction n’a pas vraiment su choisir, les ex The Fucked Up Beat semblant avoir retrouvé leur productivité et leur inspiration d’il y a quelques années après les premières digressions approximatives de ce nouveau projet. Mâtiné de synthés, de chœurs digitaux voire de quelques cuivres jazz (Elizabeth Woolridge Grant Lived Among The Fascists), le premier fait référence avec mélancolie et une pointe de lyrisme au Counter Intelligence Program développé par le FBI de la fin des années 50 au début des années 70 pour discréditer les opinions divergentes d’organisations et d’individus critiques vis-à-vis du gouvernement, comme allégorie d’un présent chaotique aux États-Unis. On reconnaît bien là l’engagement politique d’Eddie Palmer et Brett Zehner et la délicieuse ironie de leurs titres (cf. Tammy Lahren and other Dead Millennials, en référence à une bimbo "commentatrice politique" de Fox News). Quant au second, jazzy et hanté, il s’inscrit davantage dans la mouvance des sus-nommés avec ses relectures paranoïaques de l’histoire (Nuremberg 1561 or The Stock Market Wants Me For A Sunbeam résumant bien tout ça avec ses loops narcotiques et samples radiophoniques) et n’aura sans doute pas assez d’être écouté en boucle jusqu’à la fin de l’année pour livrer tous ses secrets.

(Rabbit)


5. Les Marquises - La Battue

"Fruit de l’imagination du multi-instrumentiste Jean-Sébastien Nouveau, Les Marquises constitue depuis dix ans un projet musical déroutant. Ses compositions déconstruites alignent les patterns rythmiques simples et à la sensibilité jazz pour mieux exposer ses invocations tribales. Ces dernières évoquent davantage une transe mélancolique que les musiques traditionnelles. Pour mieux signifier son noble statut, Les Marquises puise également son inspiration au sein d’instruments plus anciens,, temporisant l’impulsivité maîtrisée des synthétiseurs de La Battue. L’album évoque ainsi judicieusement la musique minimaliste et répétitive quand il ne tend pas vers une pop déstructurée.
Aussi complexe que déroutant, La Battue mérite une écoute précise pour que ses richesses soient révélées."

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(Baron Nichts)


6. Girls In Synthesis - Now Here’s An Echo From Your Future

"Girls In Synthesis poursuit sa course déterminée et sort son premier album, crânement intitulé Now Here’s An Echo From Your Future. Facile, en ces temps pour le moins dégueulasses, d’avoir une vision de l’avenir qui rejoint exactement la leur. Le trio joue dur, le trio joue noir et va droit dans le mur. Son punk abrasif originel est devenu pas mal post dans l’intervalle mais reste très vitriolé encore et la grande urgence insurrectionnelle perdure.
D’emblée, c’est Arterial Movements et c’est plutôt bien vu de commencer par lui puisque qu’après seulement quelques secondes, on tachycarde déjà. Pressure et The Images Agree insistent encore. Voix urgentes, coups de boule caoutchouteux, guitare incisive, larsens partout.
Il faut attendre Scrapped et surtout Human Frailty pour que ça s’apaise. Alors, c’est certes un peu moins pied au plancher mais ça fait mal quand même. Les gerbes de punk en mettent partout et les larmes sulfuriques coulent en dedans pour provoquer des trous fumants sur les plaies. C’est aussi pas mal exploratoire quand Girls In Synthesis convoque trompette flinguée et bidouillage flou pour balancer quelques pincées d’étrangeté sur le chaos ambiant.
Revêche, renfrogné, écorché mais aussi très prenant, Now Here’s An Echo From Your Future impressionne."

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(leoluce)


7. Tenshun & Bonzo - Repulsive Sounds

Fidèles au poste, les drummers de l’extrême du label I Had An Accident signent après Miasma leur 5e collaboration en un peu plus de trois ans, très certainement l’une des meilleures. S’éloignant de plus en plus du harsh noise qui l’avait révélé, Tenshun donne tout au long des 20 minutes d’Exploration Of Sound dans un abstract lo-fi, abrasif et tendu aux scratches et cuts virtuoses, quelque part entre les compos du DJ Shadow des 90s et l’esthétique sonore des débuts d’Anticon avec quelques accalmies lourdes de menace, autant dire que c’est le pied, à prolonger pourquoi pas avec cet EP sorti fin août en compagnie du patron du label à cassettes. Bonzo quant à lui, garde ses drums au second plan, un beatmaking d’influence plus industrielle servant sur Repulsion une sorte de psychédélisme bruitiste et malsain aux dissonances de cordes et nappes ambient délétères. Toujours dans l’exploration, l’Ukrainien parvient à y être tout aussi flippant qu’à l’accoutumée tout en déjouant nos attentes. Fameux !

(Rabbit)


Le classement des EPs


1. Tokee & Tapage - The Collider Circle

"Les deux ex pensionnaires de feu l’écurie Tympanik Audio sont à l’équilibre entre leurs expérimentations actuelles et l’IDM futuriste qui fit les grandes heures du label de musique électronique chicagoan, notamment sur l’épique The Mylingar dont la mélodie cristalline et les rythmes acides évoquent rien de moins que le Richard D. James de l’album du même nom, avec cette dimension atmosphérique inquiétante typique de l’âge d’or du label Warp. Les rêveries délicatement déstructurées de Dulchiton Ghost Start et son faux jumeau Dulchiton Ghost End aux arrangements solaires explorent quant à eux une facette plus ambient de cette bande-son inspirée des mythes des folklores slaves et scandinaves. Enfin, Strigoi s’attaque à une dynamique plus industrielle tout en faisant la part belle aux textures, ces fantômes dans la machine qui font écho ici aux fantômes de l’imaginaire collectif."

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(Rabbit)

2. 7’Armd Labyrinth - Floating Mansion

7’Armd Labyrinth, aka. 7’Rinth, membre émérite de Ice Cream Koan, collectif d’otakus (qui offrait en mai avec Hsien Ko’s Sleevez la bande-son d’une de leurs réunions de famille) biberonnés aux animes, entre autres substances, donne 4 ans plus tard une suite au déjà excellent Medicine Cabinet. De piano bar déglingué (Persona Brickz) en brumes japonisantes, celui qui ne s’exprime qu’en majuscules dans un anglais cryptique sur les réseaux sociaux, donne corps à un hip hop lo-fi curieusement nostalgique, dont les délicieux tocs d’adepte de la SP (la sainte trinité Delay, Isolator et DJFX Looper, pour les plus connaisseurs) siéent parfaitement à son flow incisif et énervé.


(Riton)

3. Massive Attack - Eutopia

Sans doute ne faut-il plus attendre de longs formats de la part de Massive Attack (ceci étant, le combo étant si imprévisible, cette affirmation pourrait s’avérer très rapidement caduque). Depuis les EPs Ritual Spirit et le majestueux The Spoils, partagés en 2016, les Bristoliens semblent avoir changé de braquet, négligeant plus que jamais la quantité et optant pour des collaborations systématiques.
Eutopia ne fait pas exception à ce nouveau paradigme et, sur les trois titres qui le composent, ce sont respectivement Algiers, dans une veine abrasive et hallucinatoire, Saul Williams avec sa poésie incandescente, et Young Fathers qui s’associent à Massive Attack. Les Britanniques alertent sur le changement climatique, faisant dEutopia une oeuvre engagée. Et si cet aspect est indispensable pour comprendre ce nouveau disque, la richesse musicale est telle qu’il serait dommage de ne pas lui donner l’écho qu’elle mérite. Ainsi, à l’image d’un #UNIVERSALBASICINCOME concluant l’EP, l’auditeur reconnaitra aussi bien les auteurs de 100th Window qu’il songera au Radiohead de In Rainbows ou aux mélopées électroniques d’un Apparat. Entre granulations et crescendos intenses, Massive Attack n’a toujours pas son pareil, en 2020, pour créer des ambiances labyrinthiques hantées et hallucinées. Peut-être bien l’EP de l’année...


(Elnorton)

4. Valgidrà & Konejo - Matchmade Screens

Vétérans de la rédaction passés d’hyperactifs de la plume à hyperactifs de la composition, Valgidrà et Konejo s’associent musicalement par écrans interposés : l’écran à partir duquel ils communiquent mais aussi celui à travers lequel se dessine à l’écoute la bande-son d’un film de genre protéiforme divisé entre science-fiction hallucinée et western initiatique. D’amas de samples finement ciselés dont Konejo s’est fait l’apôtre, servis sur lit de boucles synthétiques revisitées par Valgidrà, la cuisine se complexifie, l’émulsion prend goût très rapidement. Mais c’est à force de se disputer la télécommande et lorsqu’elle se brise, que les univers finissent enfin par se mêler à merveille, en atteste un final (Racing Up Above) évoquant un Morricone d’outre-Terre, éjecté au milieu d’un space opera épique flirtant avec le post-classique... l’alchimie prenant au point d’espérer que l’étrange couple réitère un jour sans pour autant devenir vieux couple.


(Riton)

5. OTRNO SLVANI - Layer Shapes

Totale transparence, derrière ce pseudo des Carpates (à prononcer "Oh Transylvanie") se cache un autre rédacteur des colonnes d’IRM dont vous croiserez même les avis dans cet article. On ne se refait pas, c’est vers la noise, les synthés lo-fi et un beatmaking hip-hop cinématographique (on croise Carlito’s Way aka L’impasse en français sur un Dead End au groove délicieusement bancal et à la mesure du fatalisme du chef-d’œuvre de De Palma) que s’est naturellement tourné OTRNO SLVANI en passant de l’autre côté du miroir. Obsolescence déroule ainsi ses syncopations hypnotiques sur fond de motifs de nappes dystopiques et de basse anxiogène avant de laisser les saturations s’emparer de l’espace, ouvrant la voie à l’abstract en deux temps d’un Rebirth d’abord harsh puis plus insidieux. Mais c’est peut-être Childhood, avec la tension de sa boucle et le malaise qu’il distille, qui fait finalement la plus forte impression sur ce premier EP prometteur, hanté par les sonorités analogiques des sampleurs SP. OTRNO SLVANI a les crocs, on attend la suite et on sait déjà que ça va saigner !


(Rabbit)


Les bonus des rédacteurs


- Le choix de Rabbit : 10th Letter - Primitive Shapes

Petit cousin de Flying Lotus nourri à l’underground à synthés des années 80 (Electric Helix), à la techno (voire à la house, cf. Light Being) des origines et au jazz notamment (Slug Daze) aussi bien qu’au hip-hop électronique libertaire de Thavius Beck (Constellator) et aux expérimentations du label Warp de la grande époque (Crystal Hedron), 10th Letter continue son petit bonhomme de chemin idiosyncratique dans une électronique instrumentale aussi aventureuse qu’irrésistiblement groovesque avec ce nouvel album-monde dans la mouvance des géniaux Reloaded et Ultra Violence. Après l’afrofuturisme jazz de la superbe mini-bande originale du court-métrage Ten Toes Down, le beatmaker d’Atlanta y renoue entre autres avec la drum’n’bass martienne (Torus, Pythagoras’ Theorem), l’ambient rétro-futuriste de la SF des eighties (Formless Shapes) ou encore un boom bap à mi-chemin de l’Afrique et de Miles Davis (Hexagon Mirror), quand il n’en remontre pas à l’auteur de Los Angeles et Cosmogramma sur son propre terrain narcotique et syncopé (Cubism, Amber Leaves). Un nouveau chef-d’œuvre inépuisable et inclassable en somme, où l’étrange et le familier ont trouvé l’équilibre parfait sur le savant déséquilibre rythmique du glitch-hop.



- Le choix de leoluce : Shit And Shine - Goat Yelling Like A Man

Quand les chèvres hurlent comme les hommes, c’est pas bien joli mais c’est purement sidérant. Avec ses guitares ultra-lourdes débitant du riff-tronçonneuse en explorant tout le bas du spectre, ses bidouilles dégueulasses, ses samples iconoclastes et ses voix trafiquées, le nouveau Shit And Shine poursuit l’entreprise de destruction massive des neurones qui veulent bien accueillir le magma terroriste et salement métamorphe (avec eux, l’inconfort revêt des styles toujours différents) que le groupe exsude depuis bientôt quinze années. Craig Clouse et ses sbires s’en donnent à cœur joie et nous, en face, on encaisse. Mais voilà, malgré tout le chaos, toute la folie et l’extrême abrasivité dont fait preuve Goat Yelling Like A Man, le disque cueille et, comme toujours avec Shit And Shine, on trouve au creux du maelström complètement taré une forme de poésie qui touche en profondeur.



- Le choix de Elnorton : Billy Nomates - s/t

"Boucles composées d’une basse et d’un beat abrasifs, spoken word sur le couplet et refrain mélodique, la recette est déclinée à l’envi sur ce disque, d’un Hippy Elite en apnée au pugnace Call In Sick. La mélodie se fait même plus évidente sur un Supermarket Sweep bien huilé sur lequel apparaît Jason Williamson des Sleaford Mods sur la dernière partie. La boucle est bouclée.
Toutefois, le projet Billy Nomates ne se contente pas de pasticher ses compatriotes basés à Nottingham. Ce n’est jamais par hasard que l’on attire l’attention de Geoff Barrow, le disque étant signé sur son label, Invada Records. Les influences brassent plus larges et c’est ainsi que Fat White Man évoque les premiers PJ Harvey pour sa sensualité rugueuse, tandis que Wild Arena constitue une brillante expérience sonore, où la rythmique martiale et les nappes de synthétiseur aériennes et cotonneuses, façon deep-house, servent d’écrin à la voix engagée de Tor Marries. Âpre, compulsif et plus mélodieux que son alter-ego masculin."

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Les tops des rédacteurs


- Elnorton :

1. Feldup - A Thousand Doors, Just One Key
2. I Like Trains - Kompromat
3. Khruangbin - Mordechai
4. Billy Nomates - Billy Nomates
5. Tokee - Stages
6. Run The Jewels - RTJ4
7. Les Marquises - La Battue
8. Stony Sugarskull - Lioness
9. Alexandre Navarro - 26 Impressions de L’Âme
10. Sylvia Hansel - From the Muddy Banks of the Marne

- Le Crapaud :

1. The Gaslamp Killer - Heart Math
2. The Heliocentrics - Telemetrics Sounds
3. Marcos Valle, Ali Shaheed Muhammad & Adrian Younge - Jazz Is Dead 003 EP
4. Trainer - Athletic Statics
5. Protomartyr - Ultimate Success Today
6. Fontaines DC - A Hero’s Death
7. Blacklisters - Fantastic Man
8. Cloudwarmer - Hushers
9. Makaya McCraven - Universal Beings E&F Sides
10. Logic - No Pressure

- leoluce :

1. Lithics - Tower of Age
2. Girls In Synthesis - Now Here’s An Echo From Your Future
3. Shit & Shine - Goat Yelling Like A Man
4. Protomartyr - Ultimate Success Today
5. Duma - Duma
6. Les Marquises - La Battue
7. ILS - Curse
8. Blacklisters - Fantastic Man
9. Sweeping Promises - Hunger for a Way Out
10. The Heliocentrics - Telemetric Sounds

- Rabbit :

1. Cloudwarmer - The Happening At Groom Lake
2. Tenshun & Bonzo - Repulsive Sounds
3. The Gaslamp Killer - Heart Math
4. 10th Letter - Primitive Shapes
5. Les Marquises - La Battue
6. William Ryan Fritch - The Letdown
7. Aidan Baker, Simon Goff & Thor Harris - The Bit
8. Sondre Lerche - Patience
9. Anatoly Grinberg & Mark Spybey - Dust Forbids the Bird to Sing
10. The Heliocentrics - Telemetric Sounds

- Riton :

1. Daniel Blumberg - On & On
2. Cloudwarmer - The Happening At Groom Lake
3. Neptunian Maximalism - Éons
4. The Gaslamp Killer - Heart Math
5. Tenshun & Bonzo - Repulsive Sounds
6. Imperial Triumphant - Alphaville
7. Valance Drakes - Freedom Is Its Own Kind Of Salary
8. Marlowe & L’Orange - Marlowe 2
9. The Heliocentrics - Telemetric Sounds
10. William Ryan Fritch - The Letdown



indie rock mag - IRM des musiques actuelles


mercredi 30 septembre 2020


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