Top albums - février 2017

Un bilan à l’image de notre profusion d’écoutes du mois dernier : éclectique, incandescent pour mieux trancher avec la fraîcheur de saison et surtout surchargé mais on a fait le maximum comme à l’accoutumée pour vous en extraire la substantifique moelle sonique.

Autant dire que les choix des rédacteurs en fin d’article seront encore plus essentiels ce mois-ci qu’en janvier, pour ne pas risquer de passer à côté d’albums aussi fameux que ceux de Shannon Wright, Ari Balouzian, Jesca Hoop, Onry Ozzborn ou encore Dag Rosenqvist & Matthew Collings, tous plébiscités par la team sans avoir été écoutés par suffisamment de chroniqueurs pour figurer en meilleure place ici.


Nos albums du mois





1. The Brian Jonestown Massacre - Don’t Get Lost

Et quel meilleur terme qu’incandescent justement pour qualifier l’album qui a dominé nos débats mensuels ? Ça n’était pourtant pas gagné d’avance, car après avoir déjoué les pronostics de ceux qui ne voyaient en lui, au regard de la disco 90s du Brian Jonestown Massacre, qu’un talentueux fétichiste 60s peinant à se démarquer de ses figures tutélaires Rolling Stones et Velvet Undergound, avec des sorties plus aventureuses lorgnant sur un shoegaze oppressant et désincarné (My Bloody Underground) puis un post-punk volontiers sous-produit aux incursions no-wave voire carrément ambient (l’immense Who Killed Sgt. Pepper ?) à la fin de la dernière décennie, Anton Newcombe n’avait depuis transformé l’essai qu’à moitié (cf. les timides influences krautrock dAufheben), flirtant même avec le remplissage et l’ennui sur les deux précédentes sorties de son groupe à géométrie variable.



Qu’à cela ne tienne, exit tout le monde encore une fois et le voilà qui nous recrute le Norvégien Emil Nikolaisen, tête pensante des géniaux rénovateurs shoegaze Serena-Maneesh dont l’influence a sûrement dépassé ici la participation créditée au saxo de Geldenes Herz Menz (il apparaissait déjà sur un titre de l’opus précédent après avoir ressuscité l’air de rien les moribonds A Place To Bury Strangers sur Transfixiation), Tim Burgess des classieux vétérans Charlatans et la sublime Tess Parks au chant (qu’on avait entendue ici). Résultat, des murs de son en fusion de Spacemen 3 ou de leurs héritiers The Oscillation à l’acid rock de Madchester (culminant sur un Acid 2 Me Is No Worse Than War croisant Happy Mondays et Boo Radleys sur fond de house droguée) en passant par les heures sombres de Bristol (Melodys Actual Echo Chamber avec son trip-hop à guitares lynchiennes) ou la noisy-pop vénéneuse et larsenisante de Throbbing Gristle sur le morceau de même nom. Les titres s’enchaînent sans se ressembler, avec un air de catalogue des quarante dernières années de musique psychédélique compressé, réarrangé, remis au goût du jour, ne semblant jamais céder au plagiat ou à la simple relecture hype. Parce qu’écouter un titre de cet album, ce n’est qu’en écouter un quatorzième, jamais aucun extrait ne pourra y faire honneur, jamais aucune écoute inattentive ne pourra le résumer. A l’heure où les avis musicaux sont bien souvent donnés à l’emporte-pièce, Anton et sa clique nous livrent là un album à écouter encore, et encore, et encore, sans même tomber dans l’écueil "dur d’écoute" ou "difficile à appréhender". Jamais le combo n’aura semblé avoir autant de facilité à poser des titres polymorphes sans avoir ne serait-ce que l’envie de les relier l’un à l’autre, mais néanmoins, jamais un de leurs albums n’aura semblé aussi cohérent. Ainsi, quand on atteint le final Ich Bin Klang, qui mêle la candeur des envolées psyché de Spiritualized à une scansion en allemand froide et abstraite, on a un sentiment de satiété et de satisfaction rarement atteint avec la musique pop de nos jours.

(Rabbit & Lloyd_cf)



2. Strange_U - #LP4080

Le retour de Strange_U s’annonçait bouillant ! Bouillant car le duo londonien fait maintenant partie de l’écurie/crew High Focus, l’événement ayant d’ailleurs été fêté comme il se doit fin-octobre de l’année dernière via une vidéo qui donnait déjà bien envie !
Bouillant car ce #LP4080 a été savamment teasé à grands coups de clips tous plus barrés les uns que les autres (Shots, Zuul ou Grizzle) !
Bouillant car quand on voit Lee Scott, Jehst ou Cappo en guests, on a les yeux qui pleurent !
Bouillant enfin, parce que #LP4080 = 2 fois #EP2040 (juste numéro 2 de nos EPs hip-hop de l’année 2014) et que si c’est le cas, Dr. Zygote et Kashmere (aka Lord Rao qu’on avait aussi kiffé l’année dernière avec Cupp Cave et Herrmutt Lobby) auront enfanté d’un monstre !



Et bien, c’est le cas ! L’album est juste monstrueux ! Sur un fond de théories du complot, de sci-fi, de drogue, de délires, de sexe et de sauvagerie version comics à la Kool Keith du turfu, les beats colossaux de Dr. Zygote et ses incrustations de jeux d’arcade extraterrestres inventent le Nintendocore version rap psychédélique. Et puis, il y a la puissance de Lord Rao au bord de la saturation à chaque rime et son flow d’éléphant à la MF Doom biberonné à coup de grime, eskibeat et autre sublow ! #LP4080 est une agression sonore pleine de dinguerie, un album en mouvement plein de morgue et d’arrogance fait d’expérimentations 8-bit massives et pourtant tellement dynamiques et bonnardes, de titres avec des productions pétries d’énergie sombre et d’une violence presque palpable comme constante cosmologique. Les deux Strange_U impressionnent par leur maîtrise, un peu comme s’il y avait un chef d’orchestre dans le ballet massif et inquiétant des étoiles d’une galaxie située de l’autre côté de la Manche ! GRAND !



(Spoutnik)



3. Jonwayne - Rap Album Two

Après une chouette série de cassettes et un Rap Album One devenu archi-culte (et classé numéro 2 de nos albums hip-hop de l’année 2013), le Californien avait lâché Jonwayne is Retired, c’était en 2015, tout était dans le titre, mais à l’époque on n’y croyait pas trop, surtout que la mixtape Here You Go (ici et ) suivit la même année… Et pourtant mélangeant alcool et dépression, Jonwayne était au fond du trou, bien sûr sa musique transpirait un peu tout cela, on le sentait névrosé et manquant de confiance en lui, mais jamais on ne l’aurait cru abîmé au point de tout arrêter...
Pourtant c’est ce que l’emcee et producteur fit, deux ans pour remonter la pente, deux ans pour se débarrasser de ses addictions et deux ans pour nous pondre ce Rap Album Two aussi cathartique pour lui que passionnant pour nous ! Car oui, Rap Album Two est grand, et même si Jonwayne ne fait toujours pas dans la démonstration, il rôde une présence tout au long de l’album, il y a ce petit supplément d’âme qui fait les petits chefs d’œuvre.



Entre exorcisme, auto-médication et introspection, Jonwayne fait comme d’habitude la part belle au verbe (le sien et celui de ses potes, Zeroh en tête) et son flow monocorde et précis atteint des sommets qui sans son beatmaking de génie auraient pu paraître abscons. Faites de ruptures et de modulations, les productions du gars (et de Dibia$e), toujours aussi lancinantes et répétitives, pourraient faire penser à un hip-hop d’esthète, oui, mais le minimalisme du Californien fourmille de détails délicats finement travaillés.
Jonwayne parait toujours aussi peu sûr de lui et de son génie, mais il plane finalement un sentiment de liberté retrouvée sur chaque piste comme si l’Américain avait enfin accepté qui il est. De l’auto-dégoût à l’acceptation de soi, il y a un chemin tortueux, Rap Album Two en dessine le plan et Jonwayne en ressort profondément humain et grandi !

(Spoutnik)



4. Monolog - Conveyor

Si Mads Lindgren est le Amon Tobin hardcore des années 2010 - comparaison que nous évoquait déjà le radical Merge en 2014 mais surtout en fait le génial Lift And Hold For Stolen de l’année précédente, entre IDM cybernétique et drum’n’bass organique - alors Conveyor est assurément son Foley Room, album mutant d’échantillonneur sonore dont les circonvolutions rythmiques, implosives et mitotiques, s’avèrent tout aussi atmosphériques que percutantes.
Avec ses respirations crépitantes entrecoupant des rouleaux-compresseurs fuligineux à la Autechre versant claustrophobique et ténébreux que surplombent des nappes ambient plus éthérées, le parfait Parse symbolise à merveille l’équilibre de cette nouvelle sortie cauchemardée pour le label Hymen Records. Des vestiges jazzy à la fin de For Elisa à l’ambient texturée de The Shakes ou du final Regain dont les tournoiements subsoniques évoquent une chorale de baleines de l’espace, c’est tout un parcours musical en mouvement perpétuel que concentre également ce 8ème long format en 16 ans, en témoignera bientôt notre compilation Twin Peaks où l’inédit lynchien de Monolog, Teufelsberg, se frottera sans complexe au drone abyssal de Lawrence English ou Dirk Serries, ainsi qu’à quelques artistes estampillés Denovali que le Danois vient de rejoindre au catalogue du label allemand avec un EP en collaboration avec Subheim.

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(Rabbit)




5. Robin Foster - Empyrean

Dès les premiers souffles présents sur Hercules Climbs The White Mountain, il paraît évident que l’on a un disque de Robin Foster entre les mains. Et pourtant, le Britannique est loin de faire du surplace avec Empyrean, quatrième long format, sur lequel l’artiste désormais basé à Camaret va plus loin encore dans cette fusion de post-rock et de trip-hop que lui seul maîtrise aussi bien et où jamais la tentation de plaire au plus grand nombre ne prend le pas sur l’authenticité de la démarche.
Alors même que Dave Pen, contrairement aux deux opus précédents, n’a pas participé ici, Robin Foster se rapproche des horizons chers à Archive, notamment sur Everlast où la montée en puissance contribue au sentiment d’hypnose avec ses boucles de basse, sa rythmique martiale et la voix de Ndidi O à la fois appliquée et survoltée. Les nappes mélancoliques traînantes de l’introductif Hercules Climbs The White Mountain au rythme downtempo, ou les synthétiseurs onirico-vaporeux à la Moby d’un Electronic Weapons au tempo presque big beat s’inscrivent également dans un héritage du son de Bristol.
Mais Robin Foster ne tourne pas en rond et finit par revenir très rapidement à des territoires plus électriques, d’un Roma à longue introduction arythmique, qui évolue vers un post-rock évoquant Mogwai, au sommet Empyrean, typique du son de Robin Foster avec ses lents accords de guitare, ses nappes fourmillant de détails et sa batterie appliquée qui génèrent un sentiment de décontraction qui évolue vers quelque chose de plus tourmenté.
Le triptyque final accentue ce retour vers des territoires plus connus, les accords de Man On Fire ponctuant une rythmique emballée sur fond de synthétiseurs dans un esprit pas si éloigné de Where Do We Go From Here ?, avant que l’introduction minimaliste de The Hardest Party ne prépare le terrain pour la voix de Pamela Hute qui s’adonne à un trip-hop froid et lumineux comme la glace que les fans avaient déjà pu découvrir sur l’EP paru l’an passé.

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(Elnorton)



6. Puce Moment - Ad Noctum

Un minimalisme tel que celui décliné ici par Puce Moment, duo composé de Nico Devos et Pénélope Michel, constitue une nouvelle étape dans l’approche musicale du label Chez.Kito.Kat. Et l’on ne s’en plaindra pas.
Car il y a quelque chose du Sv sorti par Nadja l’an passé sur ce disque de trente-huit minutes. Chacun des titres prend pourtant le temps d’imposer un univers aussi singulier que parfaitement intégré à l’ensemble, mais l’on retrouve bien quelque chose de la densité de l’œuvre proposée l’an passé par Aidan Baker dans les nappes ambient et les drones appuyés par des sonorités allant des bruits de pas à des oscillations électroniques en passant par des larsens.
Malgré l’étoffe et la diversité des composants, la dissonance n’est jamais au rendez-vous. A défaut de rythmique, les mélodies et les constructions labyrinthiques revêtent un caractère absolument fascinant (ADN). On n’écoute pas Ad Noctum de manière récréative. Ce n’est pas pour rien que les Lillois eux-mêmes décrivent ce projet comme "une longue et inquiétante procession".

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(Elnorton)


7. Les Marquises - A Night Full Of Collapses

Le grand truc des Marquises, c’est de ne jamais se répéter. Dans A Night Full Of Collapses, on identifie des choses que l’on ne retrouvera probablement pas dans le prochain mais qui nous manquent déjà. Des pizzicati fragiles mais déterminés (le violon d’Agathe Max), des claviers sombres et feutrés, un piano hanté, une contrebasse au bout du rouleau, des percussions chiches, un environnement majoritairement sec mais aussi très enveloppant et une élégance manifeste. Un disque à écouter la nuit pour la sentir grandir en soi et s’emmitoufler dans ses méandres noirs puis rester là, roulé en chien de fusil contre un impalpable abstrait mais tout de même accueillant, tout le temps énigmatique et parfois légèrement inquiétant.
Pop et jazz s’interpénètrent, les grands élans cinématographiques perdurent et les mélodies déviantes sont encore largement sollicitées. Et la grande élégance de ce disque, on l’a déjà croisée sur les précédents. Comme Lost lost Lost puisait son inspiration dans les peintures brutes d’Henry Darger ou Pensée Magique s’inspirait du cinéma de Jean Rouch, Werner Herzog ou Peter Brook, A Night Full Of Collapses se réclame aujourd’hui des déviances de David Lynch. Prenez A Forest Of Lines, neuf minutes et quelques où les nappes inquiètes s’agglutinent en strates, s’acoquinent à un piano solennel et finissent par dessiner une mélodie à tomber avant de s’évaporer dans un clair-obscur qui se déleste de ses photons pour ne garder que la nuit. Une épopée tout à la fois ténue et foisonnante car à l’origine d’un bon nombre d’images derrière les yeux. La scène est ouverte tout du long et la musique rythme le film qu’elle-même dessine. On pourrait aussi mentionner avant ça Vallées Closes qui ouvre le disque, renvoyant probablement aux maisons du même nom ou Feu Pâle, porté par la voix profonde de Matt Eliott, pour leur ambiance éminemment racée, légèrement capiteuse. Des morceaux qui débordent leur empreinte et suggèrent énormément avec trois fois rien.



Une nouvelle fois, Les Marquises impressionnent et A Night Full Of Collapses de s’ajouter à une série gagnante que rien ne semble pouvoir arrêter. À l’image de son titre et de son énigmatique pochette - on ne sait plus très bien qui chasse qui - le disque est construit sur un réseau chargé en chausse-trappes, fausses pistes et bifurcations construisant, in fine, un labyrinthe sombre et habité.

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(leoluce)


Nos EPs du mois



1. Seez Mics - WITH



En 2014, Seez Mics nous avait scotchés avec le précis, original et presque tribal Cruel Fuel. Depuis cette date, silence radio, mais nous avons bien fait d’attendre, car le rappeur de D.C. revient bien entouré : lui (c’est déjà cool) plus 2 emcees différents par piste ! C’est le concept de WITH, Seez Mics prête le micro, ça donne des rencontres assez dingues puisqu’on croise aussi bien Ceschi et Adeem que Napoleon Da Legend ou le toujours excellent Uptown XO. Et cerise sur le pompon, c’est Scott Kuzner qui assure les productions et comme sur Cruel Fuel, c’est excellent. Et puis, le flow rythmé et cadencé de Seez Mics fait la différence.

(Spoutnik)

2. Lonny Montem - What Kind of Music Do You Play ?



Pour le coup, il va être difficile de parler de Lonny Montem sans évoquer notre projet IRMxTP . Découverte via Guillaume Charret (Yules) à qui nous avions proposé de nous composer un morceau et qui finalement nous a envoyé un titre d’elle, duo où il officiait en deuxième voix, la suprise fut totale, genre mâchoire qui tombe (mais pour vous, chers lecteurs, il faudra patienter... un indice : c’est du très lourd). Son premier EP, collection impressionnante de maturité de titres folk à l’atmosphère claire-obscure, s’ouvre sur un titre, Dalva, dont les arrangements de cordes feraient pleurer plus d’un vétéran du genre, et c’est justement cette alchimie subtile entre cordes (Louise est violoniste à la base, et ça s’entend) et folk-rock plus conventionnel qui sous-tend l’ensemble de l’opus, passant de titres intimistes et americana (le duo Parallel Ride avec Guillaume Charret) à des pièces plus orchestrées et à l’ambiance faulknerienne (le final Gold & Wine). Mais ce qui surmonte le tout, c’est cette voix, complètement maîtrisée, à la fois intime et puissante, d’une prodigieuse justesse et au phrasé parfait. Cet EP est très bon, même plus que ça, mais, n’ayons pas peur des mots, il s’ouvre sur un chef-d’oeuvre instantané, et ça, pour une première oeuvre, c’est plus qu’impressionnant.

(Lloyd_cf)


Notre beat tape du mois



- Bix - And Then I Woke Up



Quart de l’impressionnant collectif hip-hop de Toronto Wolves dont il avait retrouvé l’an dernier l’excellent Ghettosocks (de nos chouchous alt-rap Backburner) pour un Hemispheres au groove light et aux arrangements féériques, quelque part entre soul céleste, baroque suranné de BOs imaginaires et jazz coloré des 60s, Bix est seul à l’œuvre sur ces 24 pistes instrumentales au spleen anachronique tournant toutes autour de la minute et demie, essentiellement dans cette veine jazzy aux samples cristallins et cuivrés (Vivid, Balance) où se croisent cette fois chœurs à la Bacharach (Foam, Rest) et gimmicks morriconiens (les vocalises de Sky, les vents de Clarity), cordes (Calm) et arabesques vocales (Flanel, Zen, Lavendar) à la Michel Legrand, cut up psychédélique (Waves) et rétrofuturisme (Zzz), magie tintinnabulante des idiophones (Duvet, Melatonin, Clear) et romantisme d’un autre temps (Bliss ou Serene et leurs faux-airs d’Henry Mancini). C’est gracile, élégant, aérien, ça s’écoute sans faim et surtout c’est beau comme pas permis (cf. Wake mais on pourrait toutes les citer si ça n’était pas déjà fait).

(Rabbit)


Le choix des rédacteurs



- Elnorton :

1. Robin Foster - Empyrean
2. Les Marquises - A Night Full Of Collapses
3. Puce Moment - Ad Noctum
4. Peter Silberman - Impermanence
5. Zwaffle - A Decade Of Well

- Lloyd_cf :

1. The Brian Jonestown Massacre - Don’t Get Lost
2. Jesca Hoop - Memories Are Now
3. Strange_U - LP#4080
4. Moon Duo - Occult Architecture Vol. 1
5. Novella - Change of State

- Rabbit :

1. The Brian Jonestown Massacre - Don’t Get Lost
2. Puce Moment - Ad Noctum
3. Monolog - Conveyor
4. Dag Rosenqvist & Matthew Collings - Hello Darkness
5. Daigo Hanada - Ichiru

- Riton :

1. Monolog - Conveyor
2. Strange_U - #LP4080
3. Ari Balouzian - Western Medicine
4. The Brian Jonestown Massacre - Don’t Get Lost
5. Wiegedood - De Doden Hebben Het Goed II

- Spoutnik :

1. Strange_U - #LP4080
2. Jonwayne - Rap Album Two
3. Roc Marciano - Rosebudd’s Revenge
4. Onry Ozzborn - c v p ii d
5. Pacific Yew - (((( ..Lamest Days ))))

- Spydermonkey :

1. Shannon Wright - Division
2. Grails - Chalice Hymnar
3. The Brian Jonestown Massacre - Don’t Get Lost
4. Robin Foster - Empyrean
5. Communions - Blue


Articles - 13.03.2017 par La rédaction