Top albums - mai 2018

Le calme et la tempête, se battre, abandonner, se perdre, faire un break et crever dans l’espace en riant comme un aliéné, les intitulés de nos albums du mois ne sont pas de tout repos et à leur image la musique risque aussi parfois de vous éprouver... mais heureusement, en parallèle, quelques-uns des EPs nettement plus sereins de notre sélection seront là pour vous accompagner dans le sommeil du juste.




Nos albums du mois





1. Carla Bozulich - Quieter

4 ans après un Boy intense et radical mais plus frontalement accrocheur qu’à l’accoutumée avec son petit groove de derrière les fagots, ses relents d’americana du côté obscur et ses mélodies vocales habitées aux émotions exacerbées, ce nouvel opus pour Constellation voit l’ex Geraldine Fibbers renouer avec les racines de son projet Evangelista, fantasmagorique et sombrement feutré, quoique en moins noisy et déstructuré. On y retrouve quelques habitués comme Andrea Belfi aux fûts, Shahzad Ismaily à la basse ou John Eichenseer le multi-instrumentiste de l’opus précédent qui co-signe une paire de morceaux, mais aussi des nouveaux venus comme Marc Ribot en guitariste intermittent adepte du fuzz triste ou même Noveller sur un Written in Smoke abrasif et planant à la fois, des drones vacillants (Let It Roll), des cordes plombées (Sha Sha, Stained in Grace), des ballades obscures et dépressives (Emilia, End of the World) et ce magnétisme inhérent à tout ce que fait la dame. Confrontant ses saturations et distos tourmentées à des carillons oniriques sur l’étonnant Glass House avec Freddy Ruppert de Former Ghosts aux machines, Quieter s’avère donc fidèle à son titre, mais l’électricité qui gronde n’est jamais loin et sous le calme apparent c’est l’incandescence qui bouillonne et dévoile ses saillies mordantes au fil des écoutes. Grand disque, encore une fois.

(Rabbit)




2. The Body - I Have Fought Against It, But I Can’t Any Longer.

Après deux séances orgiaques en compagnie des noise-grindeux de Full of Hell, il est l’heure de refaire corps en duo (ou presque) pour offrir une suite digne de ce nom au No One Deserves Happiness de 2016, sous forme d’une ode à la tristesse et la mélancolie dont le titre issu des écrits de suicide laissés par l’écrivaine Virginia Woolf en dit long sur la teneur désespérée de l’objet. A la lourdeur habituelle se mêle le lyrisme envoûtant du précédent opus insufflé par l’évidente présence de Chrissy Wolpert, relayée par la sublime Kristin Hayter aka Lingua Ignota et son supplément de rage triturant les viscères. La torture prend ses chemins de traverse, du doom noisy le plus atypique au dub distordu de The West Has Failed, jusqu’aux beats techno passéistes évoquant la célèbre TR-808 des merveilleux Nothing Stirs et An Urn, et culmine avec un Sickly Heart of Sand cataclysmique qui colle au cœur et prend aux tripes. The Body terrifie, pétrifie et terrasse avec un chef-d’œuvre dont il est aussi difficile de parler que de se défaire, en attendant la très prochaine collaboration prometteuse et alléchante avec les indus punk d’Uniform, donnée en avant-goût ici par les stupéfiantes apparitions vocales de Michael Berdan.

(Riton)




3. Amantra vs Submerged - Lost Direction

Sortie surprenante que ce Lost Direction, à la fois pour le très électronique et déstructuré label ukrainien Kvitnu et l’excellent Submerged, qu’on avait croisé pour la dernière fois l’an dernier sur un premier album du projet You Will Choose Fire aux mashups incongrus d’électro-indus et de chant pop. Aucun beat en effet de la part de cet adepte de la drum’n’bass la plus hardcore - et accessoirement patron d’un de ses bastions les plus radicaux, Ohm Resistance -, l’Américain manie ici dombra, sheng et synthé analogique Virus KC, se fondant dans l’inspiration naturellement dark ambient du Français Amantra, auquel on doit déjà cette année ce joyau ténébreux. C’est en effet ce dernier, officiant aux synthés et autres effets, qui donne le ton sur ces deux instrus-fleuve, offrant l’occasion à son compagnon d’armes d’un renouvellement bienvenu. D’une puissance terrassante, And Then We Started to Disappear voit ainsi ses basses fréquences bourdonnantes gonfler et ses oscillations anxiogènes se démultiplier et monter en célérité pour culminer à mi-parcours dans un déferlement déliquescent et malaisant. Quant à Because We Don’t Need to Breath Anymore, construit sur les cordes asiatiques en écho de Submerged peu à peu... submergées par les saturations d’Amantra, il fait son petit effet de façon plus sournoise et rampante à mesure que s’insinue dans nos synapses ce motif de synthé gothique qui sous-rend les deux tiers du morceau. La fin du monde approche, elle ne sera pas spectaculaire mais lente et étouffante et ça tombe bien, Thierry Arnal et Kurt Gluck viennent d’en signer la BO.

(Rabbit)




3. Tropical Fuck Storm - A Laughing Death In Meatspace

Parmi les membres de Tropical Fuck Storm, on repère Gareth Liddiard (chant, composition) et Fiona Kitschin (basse), tous deux échappés de The Drones, acoquinés à la guitare d’Erica Dunn (Harmony, Palm Springs) et aux baguettes de Lauren Hammel (High Tension). Même si on y pense à plusieurs reprises très très fort, Tropical Fuck Storm se détache néanmoins quelque peu de The Drones par son énergie féroce et totalement foutraque qui fait de A Laughing Death in Meatspace un disque suintant, iconoclaste, revêche et drôlement drôle. Complètement décousus, les titres semblent passer du coq-à-l’âne, alternant explosions furibardes, chœurs féminins majestueux et accalmies bizarroïdes un brin anxieuses. On a surtout l’impression que Gareth Liddiard vient de rompre les ultimes amarres qui l’agrafaient encore à un certain traditionalisme rock pour voguer sur des mers autrement étranges et disloquées. On pensait de prime abord être face à un fourre-tout sans queue ni tête et un peu vain mais le maelström noise-free-rock-électro-jazz complètement décalé montre très vite toute sa substance : You Let My Tyres Down, The Future Of History, Two Afternoons ou encore l’époyme (entre autres) sont de sacrés morceaux qui ne se livrent peut-être pas facilement mais que l’on ne se lasse pas d’explorer. Jubilatoire.

(leoluce)




5. aMute - Some Rest

"Some Rest s’ouvre sur l’un des titres les plus ambitieux du Bruxellois : 17 minutes d’émotions contrariées et de grands espaces mentaux. En deux mots, c’est puissamment beau.
Exit toutefois l’incandescence du prédécesseur Bending Time In Waves. Quoique tout aussi imposant, Some Rest déroule sa ferveur avec bien plus d’ambivalence, des inquiétantes abstractions granuleuses d’I’ve Seen It All dont les six minutes foisonnantes et violoneuses raviront à coups sûr les admirateurs de feu Jasper TX, aux orchestrations élégiaques du final Maria entre chaleur acoustique et production fantomatique, lorsqu’il n’opte pas pour une retenue non moins majestueuse mais nettement plus mélancolique, qu’il s’agisse du final bluesy guitare électrique/violon de The Obsedian ou d’un Dead Cold au chant désincarné, naine blanche dont les derniers éclats de chaleur finiront éparpillés en poussière d’étoiles dans une pluie d’arpeggiators.
Autant dire que Jérôme Deuson ne s’est pas reposé sur ses lauriers, ce nouvel opus témoignant, même depuis son sommeil agité, d’un goût de l’escapade aux limites aussi vastes que celles de l’imagination."

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(Rabbit)


Nos EPs du mois



1. From the Mouth of the Sun - Sleep Stations

"Entre l’épure, la mélodicité et la mélancolie de la BO de Menashe à laquelle le titre éponyme servit l’an dernier de point de départ et les progressions délicatement et luxurieusement arrangées du très beau Hymn Binding qui devait même à l’origine inclure ledit morceau, ce nouveau format court d’Aaron Martin et Dag Rosenqvist est certainement le plus poignant de leurs soundtracks imaginaires depuis l’immense Woven Tide. Car si About the Life of Stars semble dessiner de nouveaux horizons pour le duo avec son ballet évanescent voire presque silencieux de synthés en suspension dans un bruit statique caressant, le violoncelliste américain et son compère suédois, ex Jasper TX, laissent libre cours sur les plus beaux passages de cet EP à leurs envies de symphonies majestueuses aux émotions exacerbées, qu’elles naissent d’un souffle plus discret comme sur Sleep Station ou serrent le cœur et l’âme sur les orchestraux Reaching When Nothing Is There et About the Death of Stars."

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(Rabbit)



2. Chris Weeks - The Glass Ceiling

"Retour à l’ambient mais dans une veine très métissée pour Chris Weeks, particulièrement productif en ce début d’année sous son alias électronique Kingbastard. Auréolé de la même excellence que le récent Double Agents dont on parlait ici, The Glass Ceiling déroule le temps d’une suite d’une trentaine de minutes une fascinante mouvance onirique, où cordes pincées, synthés étirés, claviers cristallins et drones réverbérés se répondent en un jeu de miroir vertigineux. Avec l’épure d’un Brian Eno, la majesté d’un Labradford et la mélancolie impressionniste d’un Jacaszek, le Britannique s’y permet quelques incursions fantasmagoriques bienvenues, du final futuro-psyché du morceau-titre aux élégies fantomatiques de Reflection, en passant par la rêverie embrumée aux idiophones ballotés par la bruine d’un Glass Houses qui n’est pas sans évoquer le spleen naturaliste dHaverfordia voire la symphonie insomniaque du tout récent The Grey Ghost Of Morning.
D’une beauté à couper le souffle."

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(Rabbit)



3. Thou - The House Primordial

Dans l’attente d’un Magus cet été qui s’annonce déjà épique et poisseux à la fois à en juger par le premier extrait The Changeling Prince, les Louisanais de Thou ont sorti deux "EPs" en mai, des engins d’une grosse demi-heure tout de même à l’image du surprenant Inconsolable avec une certaine KC Stafford joliment écorchée au micro sur deux morceaux qui rejoint Emily McWilliams avec son timbre à la PJ Harvey et même le frontman Bryan Funcke du côté du chant clair, dans un esprit beaucoup moins metal qu’à l’accoutumée, quelque part entre Woven Hand, Nick Cave et Scout Niblett. Heureusement il y a ce The House Primordial pour ne pas trop être dépaysé, avec au programme 10 titres malsains et marécageux allant du presque dark ambient de Wisdom in the Open Air et Corruption and Mortal Trauma au doom crade et larsenisant de Psychic Dominance ou Malignant Horror avec leur grunt suintant la frustration, en passant par le sludge en déréliction de l’impressionnant Diaphonous Shift, les progressions insidieuses de Premonition, le pur harsh de Prideful Dementia and Impulsive Mayhem et du final d’Occulting Light ou encore la mystique tribale des enfers de Birthright.
Très noir, très désespéré et surtout très, très bon.

(Rabbit)



4. Nicolas Kunysz - MMXVI

"Organisateur des "Lowercase Nights" et co-fondateur du label Lady Boy Records, en plus de lives réguliers où, seul avec sa guitare, il improvise une ambient se mariant parfaitement à l’environnement dans lequel elle évolue, Nicolas Kunysz est désormais une figure incontournable de la scène indé de Reykjavik. Les cinq pistes qui composent ce MMXVI pourraient s’écouter en boucle, inlassablement, tant il s’en dégage une étrange sérénité. En bon observateur du monde, et usant de field recordings, Nicolas Kunysz nous transforme en témoins indirects de ces tranches de vie. Nous pouvons dès lors nous retrouver dans un aéroport, comme le suggère le titre d’ouverture While Seated pour un décollage en douceur. A cette ambient contemplative s’ajoutent aussi des nappes aux accents dronesques et autres expérimentations électroniques, s’imbriquant harmonieusement les unes dans les autres comme sur ce Bluespace tout en retenue. Au final, MMXVI se révèle totalement lumineux et apaisant."

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(Spydermonkey)



5. Lux’s Dream - s/t

"Avec Tako Tsubo, Lux’s Dream faisait la part belle à une électro-pop céleste et vaporeuse. Sur Lux’s Dream, la Lyonnaise n’a rien perdu de sa superbe. Comme sur son prédécesseur, le piano est omniprésent tel un compagnon fidèle s’adaptant à toute nouvelle inspiration. Tantôt grave voire lugubre, tantôt léger et aérien, l’instrument se révèle un précieux reflet des ambiances posées par chaque morceau. Il renforce aussi un chant maîtrisé dans lequel les intentions se veulent plus profondes. Car si les composantes de cet EP sont passablement identiques à celles de Tako Tsubo - à savoir un triptyque piano / voix / synthé - le ton est nettement moins lumineux. Enfin, on ne peut pas passer à côté de cette sublime et audacieuse reprise de Street Spirit de Radiohead, que Thom Yorke n’aurait sans doute pas reniée. Ici Lux’s Dream se livre avec pudeur et retenue dans cette interprétation personnelle et sensible."

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(Spydermonkey)




IRMxTP



Bien sûr en mai on a aussi lâché deux volets fantasmagoriques et ténébreux de notre compil hommage à Twin Peaks, à télécharger librement via la page Bandcamp d’IRM :





Les bonus des rédacteurs




- Funki Porcini - The Mulberry Files

"Dans la continuité des aventures atmosphériques et mélangeuses de Conservative Apocalypse ou One Day, l’ex génie de l’ombre du label Ninja Tune, influence avouée d’Amon Tobin à l’époque de ses premières sorties drum’n’bass élégantes et mutantes, insuffle à nouveau mystère et cinématographie dans ses instrumentaux désormais à la croisée de l’ambient et de l’électronica downtempo (le morceau-titre, évoquant sur fond de beats syncopés la BO fantasmée d’un film d’espionnage dans le milieu du luxe européen). Résultat : un nouveau chef-d’œuvre d’onirisme à la tension feutrée, intrigant jusque dans ses passages les plus délicats et faussement sereins (cf. la mélodie de piano de Postcard From Poland, à laquelle nappes d’harmonies fantomatiques et basses fréquences discrètement plombées confèrent une dimension proprement inquiétante)."

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(Rabbit)

- BOYS - Rest In Peace

"Déjà croisée sur deux EPs lo-fi qui laissaient présager d’un beau talent d’écriture, la jeune Suédoise Nora Karlsson frappe un beau coup avec ce premier album dont la production est enfin à la hauteur des compositions. En effet, on retrouve là le mélange de pop intimiste et dépouillée (l’efficace single Rabbits en tête, mais aussi What if I would die), la folk neurasthénique aux accords simples (Hemtjänsen, magistral avec sa fin instrumentale apaisée) et les bricolages electro lo-fi qu’on jurerait sortis des débuts de Belle & Sebastian (It is silly, End of Time et ses nappes féériques). Tout cela est emmené par le beau filet de voix de Nora gorgé de reverb, sorte de mélange entre Amber Arcades, le shoegaze et les pédales d’effet en moins, et les girl-bands des sixties avec un joli côté suranné à la Camera Obscura. Mais cette fois-ci les chansons ne sont plus, comme sur les précédents EPs, confidentielles et enregistrées à la maison, et cela donne une toute autre saveur au disque, qui s’avère être une des plus jolies sorties twee-pop de l’année."

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(Lloyd_cf)

- We Made God - Beyond the Pale

C’est vrai qu’il n’était pas évident - et c’est tant mieux - de prévoir la direction qu’allait prendre We Made God après It’s Getting Colder, son prédécesseur direct que nous évoquions il y a quelques mois. Avec des influences post-rock nettement plus marquées, Beyond the Pale, troisième opus du combo islandais, semble revenir vers l’univers dAs We Sleep et va probablement séduire un public plus large en raison d’un chant plus accessible et presque privé des cris possédés.
Largement contemplatif (Backdoor) et immersif (Arrows), le groupe ne s’épargne pas des sursauts rageurs, notamment avec le percutant IV. Drón, quant à lui, fait figure de classique du genre dans sa montée en puissance d’une dizaine de minutes en guise de final d’un album qui mérite d’être écouté.



(Spydermonkey)

- Varsovie - Coups Et Blessures

"Le troisième album de Varsovie garde intact le paradigme stabilisé depuis État Civil (2010) : guitare meurtrie et nerveuse, batterie musclée et nerveuse, basse arachnéenne et nerveuse (légèrement plus en retrait par rapport au précédent toutefois) et textes lettrés et nerveux déclamés en français. Frontal et monolithique, le post-punk de Grégory Catherina (chant, guitare) et Arnaud Destal (batterie, c’est lui aussi qui écrit les textes) déploie toujours cette urgence jusqu’au-boutiste qui le fait aller du point A au B sans embardées. On sent bien que le duo n’oublie pas le versant punk de cette étiquette que l’on aime accoler à sa musique (sans doute à la va-vite) en lui empruntant sa tension permanente. Et puis, il y a ces mots. Alors oui, les Grenoblois chantent en Français et incorporent des accents littéraires à leurs invectives toujours bien troussées. Et déclament le tout avec beaucoup d’engagement (comme Marquis de Sade avant lui ou Noir Désir sans pour autant partager tant d’autres points communs que ça avec eux). Même lorsque le texte est réduit au strict minimum comme sur Chevaux Échappés, il n’en reste pas moins indispensable : un minuscule « Traverser des siècles pour en arriver là » qui suffit pourtant à habiter les quatre minutes du morceau. En outre, une nouvelle fois, Coups Et Blessures peut capitaliser sur son lot de tubes anthracites et ultra-efficaces : l’éponyme à la hauteur du Lydia Litvak de L’Heure Et La Trajectoire, Va Dire À Sparte, Le Lac (presque sautillant) ou encore l’ultime Feux s’inscrivent immédiatement sous la peau et nous ramènent à ce petit bout de plastique très noir plus que de raison. Et tant pis si l’ombrageuse entité en appelle à nos cellules les plus romantiques (celles qu’on n’aime pas montrer), elle les électrise et c’est tout ce qui compte."

< lire la suite sur Des Cendres à la Cave >



(leoluce)


La playlist IRM des albums et EPs de mai



Une petite pensée pour Spoutnik qui n’a pas pu participer au top cette fois-ci mais nous tout de même glissé quelques morceaux hip-hop de bon aloi pour compléter cette sélection du mois à streamer sans modération :




Les tops 5 des rédacteurs



- leoluce :

1. E - Negative Work
2. Tropical Fuck Storm - A Laughing Death in Meatspace
3. Carla Bozulich - Quieter
4. Varsovie - Coups Et Blessures
5. HEX - HEX

- Lloyd_cf :

1. Beach House - 7
2. BOYS - Rest In Peace
3. Minna No Kodomochan - 壁のない世界 (Kabe no Nai Sekai)
4. Wooden Shjips - V
5. Carla Bozulich - Quieter

- Rabbit :

1. The Body - I Have Fought Against It, But I Can’t Any Longer.
2. Funki Porcini - The Mulberry Files
3. Crowhurst - Break Their Spirit
4. Amantra vs Submerged - Lost Direction
5. aMute - Some Rest

- Riton :

1. The Body - I Have Fought Against It, But I Can’t Any Longer.
2. Amantra vs Submerged - Lost Direction
3. Carla Bozulich - Quieter
4. Tropical Fuck Storm - A Laughing Death in Meatspace
5. Abraham - Look, Here Comes the Dark !

- Spydermonkey :

1. Carla Bozulich - Quieter
2. Liminal - Liminal
3. We Made God - Beyond the Pale
4. aMute - Some Rest
5. Le Crapaud et La Morue - Franche Camaraderie


Articles - 10.06.2018 par La rédaction