Bilan 2011 du Forum Indie Rock

Comme chaque année, votre webzine est en charge de la publication officielle du bilan annuel du Forum Indie Rock. Comme chaque année, une certaine fébrilité est perceptible à l’heure du dépouillement des bulletins. Le top albums ne sera-t-il pas trop lisse, trop mainstream, trop érudit ? Reflètera-t-il finalement avec justesse les musiques actuelles qu’on défend chaque jour ? Et comme chaque année, le résultat nous apparait tout à la fois différent de tout ce qu’on a pu lire par ailleurs et malgré tout bien dans l’air du temps. Alléluia, tant que résonnera un son de cloche aussi beau et passionnant au sein du couple indierockmag/indierockforum, vous n’êtes pas prêts d’être en manque.



1. PJ Harvey - Let England Shake

< repères : chronique | 1er du top de février >

Can : L’album de l’année 2011, indiscutable à mes yeux et mes oreilles, Let England Shake a évolué largement au-dessus de la mêlée, atteignant une excellence musicale rare et précieuse.
De The Last Living Rose à Hanging In The Wire, je me demande encore comment la grande PJ parvient à enchaîner autant de magnifiques chansons, que dis-je de chefs-d’œuvre tout simplement.
La présence de John Parish, Mick Harvey et Jean-Marc Butty n’est pas étrangère à cela, même si le niveau retombe sensiblement sur les deux derniers morceaux, je leur pardonne bien volontiers me disant que je dispose ici de l’un des meilleurs disques entendus, la classe absolue.

Rabbit : Let England Shake, ou l’album qui a mis tout le monde d’accord en 2011 : la presse spécialisée comme les vieux routards du public indé, les inconditionnels de Polly Jean comme les insatisfaits de ses derniers albums, les amateurs de pop vindicative, d’hymnes baroques, de rock à nu ou de ballades mélancoliques. La classe absolue en effet, de celles dont on n’a pas besoin de jouer et parmi les deux derniers morceaux il y a tout de même le magique Written On The Forehead qui résume et transcende à lui seul tout l’esprit mélangeur de l’Angleterre des 90’s, donc non, c’est bel et bien un sans faute !

elnorton : Un sans faute, cela me semble effectivement être le terme approprié. Avec Let England Shake, PJ Harvey réussit à fidéliser les rares récalcitrants à sa discographie. Une sacrée prouesse due en partie aux mélodies accrocheuses et ce, au détriment du son brut d’un Stories From The City, Stories From The Sea ou d’un To Bring You My Love. Cohérent, l’album s’appuie néanmoins sur quelques temps forts, qu’il s’agisse de Written On The Forehead, England ou The Glorious Land. Le sommet d’une discographie déjà soignée...



2. Radiohead - The King Of Limbs

< repères : chronique | 2e du top de février >

GoJijibe : A la première écoute de cet album, j’avoue que je suis resté assez perplexe. Mais bon, en tant que fan de Radiohead, je me suis replongé dedans, sans trop d’espoir... Mais au fil des écoutes je me suis surpris à l’aimer de plus en plus. Et même en ce moment où j’écris ces lignes, je l’écoute et je l’apprécie encore un peu plus qu’avant. Rares sont les albums qui me font cet effet-là, je ne pourrai pas l’expliquer et la seule chose que je sais, c’est que je le trouve magnifique maintenant ce King Of Limbs.

Spoutnik : Radiohead arrive encore à surprendre son petit monde après un In Rainbows très accrocheur. Aérien, ce nouvel opus pourrait passer pour un album solo de Thom Yorke, un The Eraser bis en plus organique. Comme une drogue douce, The King Of Limbs ne scotche pas, la magie opère lentement, d’ailleurs fin mars, l’album n’aurait pas figuré dans mon top 20. C’est un plaisir délicat, presque caché, un bon album de Radiohead, mais pas un des meilleurs.

elnorton : Injustement raillé, cet album de Radiohead n’est probablement pas jugé que sur son contenu. Sans reproduire la révolution que constituait Kid A, ce nouvel album a quelque chose de commun, dans l’esprit, avec Amnesiac. La maîtrise du quintette d’Oxford dans cette froideur teintée d’une nouvelle influence, le dubstep, a pourtant tout de l’album ambitieux et réussi.

Rabbit : Avec le recul on pourra au contraire juger The King Of Limbs étonnamment peu ambitieux de la part du quintette d’Oxford, qui ne fait preuve ici ni de l’invention du diptyque Kid A / Amnesiac, ni de la virtuosité d’ In Rainbows, encore moins de l’inépuisable luxuriance thématique et sonique de Hail To The Thief. Pourtant, de ces productions soignées aux beats hypnotiques et aux atmosphères épurées émane une impression de simplicité forcément trompeuse et l’album s’insinue irrémédiablement dans les synapses au fil des écoutes. La marque des plus grands en somme, ceux qui n’ont plus rien à prouver même quand ils nous livrent d’authentiques petits chefs-d’œuvre de la trempe de ce Codex au spleen éthéré, ou du tubesque et troublant Little By Little.



3. Metronomy - The English Riviera

< repère : 2ème du top d’avril >

Can : "La rencontre entre Daft Punk et The Eagles" nous disaient les membres de Metronomy à la sortie de The English Riviera. Sous la boutade , c’est qu’ils n’avaient pas complétement tort, en s’adjugeant la charmante Anna Prior à la batterie et le très groovy Gabriel Steebing à la basse, les Anglais ont insufflé une dimension pop et New Wave à leur musique. En signant quelques-uns des plus beaux singles de l’année (The Look, The Bay, Corinne) , ils entrent dans une nouvelle dimension, populaire et reconnue, tout en gardant en tête un souci de qualité.

John Trent : The English Riviera c’est un peu le Revenge of the Nerds de Joseph Mount, le mec à lunettes un peu timide qui titube sur le dancefloor, jusqu’au jour où il devient le plus populaire de la classe et sort avec la bombe du lycée. A force de triturer ses machines tout seul dans sa chambre et composer des chansons bancales et bizarres, Mount a trouvé le secret d’une pop à la fois classieuse et innovante. Derrière l’usine à tubes (The Bay, instantanément un classique), il fantasme son Angleterre en station balnéaire, mélancolique et nostalgique derrière son vernis électro-pop.



4. Robin Foster - Where Do We Go From Here ?

< repères : streaming du jour | 1er du top de novembre >

indé.pdt : Délicat et poétique, Where Do We Go From Here ? dépasse les clichés cinématographiques qu’on veut porter au plus breton des Britanniques. Il nous enracine dans une émotion permanente sublimée ça et là par les sonorités instrumentales mélancoliques, et le timbre et la beauté des voix de Robin, Dave ou Ndidi qui portent à eux seuls la lumière de l’album. « A light in the dark » aurait pu s’appeler cet album, qui résume à la perfection ce voyage nocturne, plein de grâce.

GoJijibe : Du début à la fin, cet album ne m’a jamais déçu. J’ai été enchanté dès le premier titre, à mi-parcours je me suis dit que c’était trop beau pour être vrai et qu’il allait forcément y avoir une faille vers la fin du disque, et ben non, même pas ! Que ce soit chanté ou uniquement instrumental, ou voire même lorgnant du côté du trip-hop (Pick Your God Or Devil), chaque titre se laisse écouter avec un maximum de plaisir.

elnorton : Tout simplement la meilleure chose que j’ai eue à me mettre sous la dent cette année. La présence de Dave Pen au chant a permis à Robin Foster de sublimer ses compositions et en même temps de gommer les quelques longueurs présentes sur son premier LP.



5. Veronica Falls - s/t

< repères : 4e du top d’octobre >

Can : Du Velvet à Electrelane, en passant par les Pixies et les Breeders, les Veronica Falls balaient sur leur premier album éponyme plusieurs décennies musicales avec brio, des chansons addictives pour un disque réussi de bout en bout, la révélation de l’année 2011.

Djii : Aguicheur et prometteur, Found Love In A Graveyard annonçait un album majeur de l’année écoulée. Pour son premier LP, Veronica Falls avait donc la lourde responsabilité de ne pas décevoir. Et pourtant ces jeunes Londoniens ont non seulement tenu leur pari mais sont aussi parvenus à se forger une identité musicale propre à travers un album éponyme complet et varié. On attend la suite !



6. The Horrors - Skying

< repères : streaming du jour | 1er du top de novembre >

Rabbit : Exit le garage rock gothique de leur premier opus ou le shoegaze hypnotique de l’acclamé mais toujours tâtonnant Primary Colors, les Anglais ont finalement trouvé leur son et livrent enfin avec ce Skying rêveur et luxuriant un album à la hauteur de leur talent, quelque part entre le songwriting romantique de Suede (l’un des morceaux s’intitulant d’ailleurs Still Life...) et les envolées psychédéliques des Spacemen 3. La grande classe.



7. Bill Callahan - Apocalypse

Cyrod : Bill fait du Callahan, toujours aussi imperturbable dans son art. Certains y verront une redite, j’ai plutôt l’impression d’un nouveau chapitre à ajouter à l’œuvre du bonhomme. On est en territoire conquis, même si l’état sauvage des plaines traversées ne cesse de surprendre et d’éblouir.

FredM : Sans se soucier des modes, Bill Callahan poursuit son petit bonhomme de chemin. Sur son nouvel album, un disque à la beauté dépouillée (sauf sur le décoiffant America) et empreint d’une poésie aride, il nous emmène à la rencontre de son Amérique à lui, son bestiaire, ses petites histoires et ses grands espaces. Un périple dans lequel on l’accompagne volontiers, les oreilles en extase.



8. King Creosote & Jon Hopkins - Diamond Mine

< repères : 4e du top de mars >

Can : D’une efficacité redoutable puisqu’en une trentaine de minutes et sept titres seulement, Diamond Mine emporte l’auditeur sous une avalanche d’émotions, la voix bouleversante de Kenny Anderson, tout comme la magnifique pochette donnent une dimension intemporelle à cet album. Le dernier morceau Your Young Voice devrait tourbillonner dans mon cœur et ma tête pour de nombreuses années encore, "It’s your young voice that’s keeping me holding on to my dull life...".

indé.pdt : Gai, entraînant, timide, simple, mesuré, laconique, poétique, mystérieux, maîtrisé, romantique, humain, touchant, enveloppant, délicat. Définitivement délicat.



9. Nicolas Jaar - Space Is Only Noise

< repère : avis express >

Adrien49 : Nouveau venu de la scène électro flirtant avec la minimale, Jaar étonne depuis ses premiers titres. Jeune (22 ans !), éduqué, imprégné de différentes cultures (il a vécu longtemps au Chili), il offre une musique totalement personnelle, ouverte sur le monde, intelligente, et d’une parfaite beauté, en un mot : lumineuse. Son album ne fait que confirmer cette perfection. BO imaginaire de tout type de film, la musique universelle de Nicolas Jaar est jusqu’à aujourd’hui un sans faute absolu.

John Trent : Si on a beaucoup parlé cette année de Nicolas Jaar et James Blake, c’est sans doute le premier qui restera dans les annales avec ses compositions feutrées, et sa house au ralenti. Capable de se parer d’un superbe morceau électro (Space Is Only Noise If You Can See) autant que de regarder du côté de Satie, le jeune new-yorkais surprend par son audace et son originalité. Une musique a priori austère, froide et intello (il utilise un sample d’un film de Godard) mais à laquelle il insuffle un supplément d’âme qui la rend passionnante.



10. Low - C’mon

indé.pdt : Oubliée la dernière sombre et hésitante publication de Low. Oubliée même leur capacité d’invention et d’inlassable évolution. C’mon ne marque pas une nouvelle ère identifiable pour le trio. C’est en ce sens qu’il faut capter et ingérer les diverses substances contenues dans ce C’mon. Un album en deux parties : l’une dynamique, habitée, loin du spleen habituel de Low. Avec des titres comme You See Everything et Especially Me, les Américains sont dans un registre certes consensuel mais terriblement efficace. La deuxième partie commence avec $20 et Majesty/Magic et fait écho à l’univers dépouillé de Low. Mais peu à peu, ce retour au slowcore devient lumineux, débarrassé de ces jolies dérives apaisées avec au final, un joyeux Something’s Turning Over. Low n’a rien perdu de sa superbe, apparaissant fort et lumineux.

Can : Pas facile d’écrire un mot sur C’mon quand on sait à quel point le groupe Low est irréprochable depuis plusieurs années, il suffit donc de souligner que cet album trouvera une très belle place dans leur magnifique discographie, un gage de qualité juste incontestable.



11. The Kills - Blood Pressures

Adrien49 : Difficile de dire que Blood Pressures est une claque : à force de voir les Kills enchaîner les chefs-d’œuvre, comme Messi enchaîne les buts, on est plus vraiment surpris... Quoiqu’il en soit, ce disque est à la fois la réaffirmation d’un style originel (dont on pouvait craindre qu’il se perde avec le précédent album) et l’expérimentation, tout en allant vers plus d’accessibilité. Conséquence : l’album est blindé de tubes incroyablement efficaces. On ne le dira jamais assez, mais les Kills symbolisent l’essence même du rock’n’roll dans sa globalité et dans son histoire, en en étant à la fois une synthèse et un renouveau, et en prenant physiologiquement l’auditeur (et/ou le spectateur) en otage. Espérons que cette verve créatrice ne se termine pas là !



12. Kurt Vile - Smoke Ring For My Halo

< repères : 5e du top de mars >

Cyrod : En mettant de côté son penchant électrique, Kurt Vile offre un album imprégné, à l’atmosphère volumineuse. Rares sont ceux qui me touchent encore là où ça fait du bien avec cette mélancolie subtile et brumeuse. Une invitation à la déambulation au travers d’un champ de fougères légèrement venimeuses.

Can : Folk, Rock, Pop, Americana, Psychédélisme, pas facile de décrire le genre musical emprunté par Kurt Vile sur cet album tant l’artiste est déroutant , empruntant des voies multiples et variées. C’est sans aucun doute la force de l’album, donner à une musique déjà entendue un style personnel, contemporain et finalement novateur.

FredM : Rarement emballé par l’œuvre du bonhomme jusque là, je n’aurais pas parié sur la présence de cet album dans mon classement final, et encore moins à la première place. Mais dès ses premières notes Smoke Ring For My Halo ne m’a pas laissé le choix, je suis tombé amoureux de ce son de guitare, de ces mélodies imparables et de l’esprit qui se dégage de ce disque que j’ai écouté en boucle un nombre incalculable de fois cette année.



13. Low Roar - s/t

elnorton : Natif de San Francisco, Ryan Karazija a eu la bonne idée d’émigrer en Islande le temps de composer cet album. La teinte nordique est clairement perceptible et rafraîchit les compositions de cette charmante surprise.

Pol : Low Roar ça a été la bonne surprise de cette fin d’année, rares sont ceux qui n’ont pas été séduits par l’univers de cet Américain exilé en Islande pour mettre au point cet album à cheval entre les univers de Loney Dear et de Thom Yorke, et recouvert par cette couche de glace qui semble avoir saisi l’intégralité de ces compositions. Froid mais rassurant, et surtout terriblement efficace lorsqu’il opte pour un enrobage électronique bien que majoritairement acoustique, le premier album de Low Roar est une belle promesse pour le futur.

Flozik : Comment ne pas faire cas de Low Roar après avoir écouté son premier opus ? Le bonhomme est parti s’imprégner et composer en Islande quelque temps et ça se ressent dès les premières secondes d’écoute de son album éponyme. Le songwriting se retrouve plus intéressant, empruntant de ci de là quelques recettes nordiques bien connues. Les mélodies, tantôt vaporeuses et envoûtantes, tantôt plus légères, nous absorbent sans vraiment jamais nous laisser indemnes. Ryan Karazija, notre homme, pose sa voix cristalline avec talent sur de très jolies ballades solitaires, entre brouillard et soleil. Ce disque est un petit bijou, en témoigne le génial Tonight, Tonight, Tonight.



14. The Raveonettes - Raven In The Grave

Flozik : Les Raveonettes sont capables de nous surprendre à chaque nouvelle sortie. Parfois en mal, parfois en bien. Raven In The Grave, leur dernier opus, vient agrandir la seconde catégorie et même un peu plus que ça. Pour certains, les Danois ont sorti cette année leur meilleur album, en creusant davantage le sillon mélodique et romantique qui leur colle si bien à la peau, mais aussi et surtout dans une atmosphère plus froide et plus sombre que jamais. Le tout, cohérent et maîtrisé, se laisse savourer sans modération. La BO parfaite d’un hiver triste et glacial.



15. The Dears - Degeneration Street

< repère : avis express >

GoJijibe : J’ai découvert The Dears en écoutant Omega Dog, un titre au final éblouissant. Je suis tout de suite tombé sous le charme de ce groupe. J’ai acheté l’album du coup et je ne l’ai pas regretté. Il y a plusieurs titres qui font mouche dès la première écoute, avec des mélodies imparables : 5 Chords, Thrones, le très mélancolique Galactic Tides, Stick w/ Me Kid, Tiny Man... De plus je n’arrive pas à me lasser d’écouter ces titres, la preuve : chaque fois que je veux faire de la place dans mon lecteur mp3, je ne peux me résoudre à les effacer. Si il y a trop d’albums de ce genre en 2012 je crois bien que mon petit mp3 n’y survivra pas !



16. Cheveu - 1000

< repères : 4e du top de janvier >

Adrien49 : On pouvait craindre que Cheveu se restreigne à la radicalité et à la froideur dont avait fait preuve leur premier album. Une radicalité loin d’être déplaisante mais qui aurait pu finir par lasser, en tout cas qui risquait de maintenir ce grand groupe dans un anonymat inconfortable, au regard de la reconnaissance qu’ils méritent au bout de seulement deux albums. Le deuxième qui d’ailleurs signe une évolution de taille, vers moins de sérieux et un poil d’auto-dérision qui manquait à ce rock des cavernes (de Platon). Le style de Cheveu, s’il évolue, reste cependant éminemment personnel, déjanté et hautement recommandable aux amateurs de pop épicurienne.

John Trent : Aberration musicale, monstre hybride et tentaculaire, Cheveu fait le pont entre l’urgence du garage, l’expérimentation de Suicide, le phrasé des Beastie Boys et le grand n’importe quoi. Après un premier album prometteur, le groupe affirme sa singularité tout en explorant de nouvelles pistes musicales (l’apport d’une section cuivres sur plusieurs morceaux, notamment sur le dantesque Bonne Nuit Chérie) et signe un album aussi cohérent que bordélique, foisonnant d’idées, iconoclaste tout en restant résolument punk.

Darko : Qui peut oser reprendre Ice Ice Baby sans se ridiculiser ? Tout simplement nos petits Frenchies de Cheveu qui ne se prennent pas au sérieux et qui avec 1000 transforment la musique en un sacré bordel jouissif et abrasif. Autant dire que cela fait vraiment du bien en cette période d’austérité.



17. Apparat - The Devil’s Walk

< repères : streaming du jour | 1er du top de septembre >

GoJijibe : C’est un album à la fois mélancolique et envoûtant, comme j’aime. Cet album est une invitation à rêver, et rêver justement, c’est ce que je cherche quand j’écoute de la musique. Alors il n’en faut pas plus pour en faire l’un de mes albums préférés de 2012. Ah je suis bête, j’ai oublié de dire le principal : qu’il y a aussi de très belles mélodies dans The Devil’s Walk, et les belles mélodies, et ben vous savez... je raffole de ça !

Rabbit : Encensé par la plupart de ceux qui ont découvert à cette occasion l’univers de Sacha Ring mais souvent dénigré par les aficionados de l’électronica plus cérébrale de ses débuts, The Devil’s Walk s’inscrit pourtant dans la continuité logique d’une mue dessinée par l’Allemand avec Orchestra Of Bubbles en duo avec Ellen Allien puis véritablement entamée sur son superbe Walls de 2007, une transformation qui révèle aujourd’hui sous les lambeaux de glitch un cœur acoustique au spleen mélodique dont les envolées célestes n’ont pas fini de nous faire frissonner.



18. Mansfield.TYA - NYX

< repère : chronique >

John Trent : Mue nocturne pour les deux Nantaises avec cet album concept d’une beauté crépusculaire. La pénombre révèle une nouvelle facette de leur folk épurée, opérant des détours aveugles dans des bois sombres et des usines désaffectées, entre litanies obscures, émerveillements naïfs et traversées polyglottes s’échouant sur les récifs abrupts d’un opéra lo-fi.

Pol : Déesses ou démons de la nuit ? Probablement un peu les deux, les Nantaises ont su laisser libre cours à leur envies les plus variées et les faire graviter autour de cet environnement nocturne par le biais d’un agencement d’idées judicieux et d’un regard nouveau sur leurs possibilités d’expression. Riche, sauvage, anxiogène et euphorisant, NYX c’est tout à la fois et systématiquement efficace. De quoi alimenter plus que jamais leurs folles prestations scéniques.



19. Danger Mouse & Daniele Luppi - Rome

< repère : streaming du jour | 1er du top mai >

Can : La meilleure bande originale de film en 2011... Hein comment ça, ce n’est pas une BO ? Gageons qu’il existe quelque part un grand réalisateur digne de ces compositions classiques, ambitieuses et terriblement mélodiques qui m’ont réconcilié avec Jack White et Norah Jones, c’est dire !

indé.pdt : On l’avait déjà dit ici l’an dernier. Danger Mouse transforme en or tout ce qu’il touche. Mais Rome est plus qu’une transformation et plus que de l’or. Avant de pouvoir admirer sur grand écran cet univers western, Jack l’éléphantesque fraîchement célibataire et Norah la jolie et ancienne crooneuse maintream soignent des envolées retentissantes, des hymnes romanesques et forment, avec une souris et des loups, un ensemble harmonieux, irréversiblement génial. De l’or.



20. The Feelies Here Before

Cyrod : L’impression de revoir des potes d’il y a longtemps, de partager des bières avec eux et de retrouver le même plaisir intact. Un savoir-faire proche de la perfection qui n’a pas pris une ride.

leoluce : vingt années exactement séparent Here Before de son prédécesseur Time For A Witness et pas l’ombre d’un changement dans la musique si particulière des Feelies et rien que pour cela, déjà, en soi, on ne peut que leur adresser un grand merci. Merci de s’être tenus à l’écart de toute tentation de recours à la chirurgie esthétique ou à un quelconque coach en relooking bien relou, c’est que lorsque la musique est à tel point pure et authentique, simple sans pour autant être simplette, elle ne peut que bien vieillir... Pour preuve, leur Crazy Rhythms inaugural ainsi que tous ses successeurs tournent encore régulièrement sur la platine et ce n’est certainement pas dû à la seule nostalgie mais bien à cette dynamique singulière et restée intacte, de faux-plats en accélérations, qui rend n’importe quel morceau des Feelies immédiatement reconnaissable, une dynamique qui conserve encore aujourd’hui toute sa pertinence et n’a pas vraiment d’équivalent. Et on est bien prêt a encore attendre vingt années supplémentaires s’ils continuent à sortir des albums ce cet acabit.


- Meilleurs EPs :

1. Mogwai Earth Division
2. Petit Fantôme Yallah
3. Rach Three - 3 Songs For Claire
4. We Are Trees - Girlfriend
5. Red Space Cyrod - IV
6. Happy Trendy - Old Friends

- Meilleurs singles :

1. PJ Harvey - The Words That Maketh Murder


2. Metronomy - The Bay


3. Tune Yards - Gangsta


4. Puzzle Muteson - A Tightrope Dance


5. My Brightest DiamondBe Brave


- Meilleure bande originale de film :

1. Cliff Martinez - Drive
2. Andrew Bird - Norman

- Meilleur Best of, compilation ou réédition :

1. Tindersticks - Claire Denis Film Scores
2. The Beach Boys - The Smile Sessions

- Meilleur album live :

1. Sigur Rós - Inni
2. Balmorhea - Live At Sint-Elisabethkerk

- Meilleur DVD :

Radiohead - TKOL : Live From The Basement


- Révélation 2011 (artiste ou groupe ayant sorti son 1er album cette année) :

Puro Instinct

- Espoir 2012 (artiste ou groupe allant sortir son 1er album en 2012) :

Memoryhouse

- Évènement musical 2011 :

1. Les décès de Trish Keenan, Amy Winehouse, Gil Scott-Heron, DJ Mehdi, John Barry...
2. La résurrection des Stone Roses.
3. La séparation des White Stripes.
4. L’incendie de l’Elysée Montmartre.

- Déception ou coup de gueule de l’année :

1. Radiohead : album raté pour les uns, marketing de vaches à lait pour les autres.
2. L’incendie des entrepôts anglais de PIAS.

- Souhait musical pour 2012 :

Voir les Stone Roses en concert.


Voilà, c’est tout pour ce cru 2011 et c’est déjà pas mal, mais pour prolonger le plaisir on se quitte tout de même sur plus de 2h30 de playlist agencée rien que pour vous via Spotify par nos votants du FIR. En espérant vous retrouver l’année prochaine de l’autre côté du miroir...



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samedi 7 décembre 2019


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