2013 au peigne fin : 35 albums modern classical/chamber music (+ 7 EPs)

A l’exception de quelques stridences gothiques logiquement reléguées à la sélection dark ambient qui suivra, ce nouveau bilan personnel ne récuse aucune influence extérieure au champ de l’instrumentarium classique, des drones d’Olan Mill aux beats électroniques de r.roo en passant par les percus ethniques et autres incursions post-rock de William Ryan Fritch, les samples hantologiques de L. Pierre ou The Fucked Up Beat, le chant lyrique de Shara Worden pour David Lang ou le jazz cristallin de John Zorn. Un seul mot d’ordre : l’humeur se devait d’être introspective et propice à un certain raffinement des sentiments, avec un minimum d’éléments directement hérités de ces musiques occidentales dites "savantes" que certains artistes savent heureusement tirer de leur décorum élitiste.


35 albums





1. Olan Mill - Hiraeth



"C’est avec Olan Mill que la musique d’Alex Smalley (Pausal), toujours accompagné du violon de Mike Jessop, des chœurs sopranos beaux à se damner de Patricia Boynton et des vents discrets de Katie English (Isnaj Dui) emportés par les flots de textures séraphiques, dépasse la simple fascination esthétique pour devenir pure émotion."

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2. William Ryan Fritch - The Waiting Room



"Nul besoin d’avoir vu le documentaire hospitalier que cette BO accompagne pour apprécier les crescendos lyriques et poétiques de William Ryan Fritch, débarrassés ici du plus gros des oripeaux folkloriques et tribaux de son projet Vieo Abiungo au profit d’une instrumentation orchestrale flirtant par moments avec l’électricité voire avec le post-rock quand la batterie s’en mêle."

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3. Daníel Bjarnason - Over Light Earth



Entouré notamment des compères du label Bedroom Community Ben Frost (co-auteur de BO alternative du Solaris de Tarkovski en 2011) et Valgeir Sigurðsson, le compositeur islandais connu par ailleurs comme arrangeur et conducteur d’orchestre pour les derniers albums de Sigur Rós livre une symphonie angoissée aux cordes tantôt plaintives ou tourmentées, partiellement inspirée des peintures de Pollock et Rothko mais finalement très cinématographique dans sa dramaturgie parfois proche du gothique névrotique d’un Danny Elfman et l’urgence née de l’emphase percussive du piano.





4. Luke Howard - Sun, Cloud



"Luke Howard s’est entouré, outre ses compagnons d’armes du combo Magnolia, de deux orchestres symphoniques pour donner de l’élan aux compositions radiantes et pastorales de ce premier album solo, hommage avoué à son homonyme météorologue pionnier il y a plus de deux siècles de la classification des nuages, dont le souffle épuré et la parfaite balance entre piano intimiste et orchestrations saillantes culmine sur le crescendo presque post-rock d’August."

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5. Field Rotation - Fatalist : The Repetition Of History



Les vagues de cordes élégiaques, nappes de chœurs irréels et autres accords de piano accablés affluent contre les drones nocturnes et vive-versa sur ce nouveau chef-d’œuvre de l’Allemand Christoph Berg, dont l’ambient sensible et majestueuse possède l’aura de regret et de nostalgie de ces tragédies du destin contre lesquelles on ne peut rien.





6. Nadia Sirota - Baroque



On retrouve Daníel Bjarnason et deux autres représentants du label Bedroom Community (Nico Muhly et Paul Corley) au même titre que Judd Greenstein (co-fondatrice du label post-classique New Amsterdam qui publie l’album outre-Atlantique), Shara Worden ou Missy Mazzoli parmi les compositeurs de ces pièces à la fois complexes et spontanées dédiées aux saisissants sauts d’humeur de l’alto de Nadia Sirota, qui alternent complaintes affligées et fulgurances à fleur de peau.





7. L. Pierre - The Island Come True



Symphonie des marées du temps et de leurs reflux de rêves désuets, cet îlot discographique à nul autre pareil a rebuté plus d’un fan de l’ex Arab Strap Aidan Moffat mais devrait fasciner longtemps les amateurs de régression sous hypnose, accommodant bad trips et réminiscences nostalgiques au grain de vinyle étrangement immersif.





8. Ulver - Messe I.X-VI.X



"Comme souvent chez Ulver, la grandiloquence guette (des beats à la Hans Zimmer de Glamour Box au requiem incantatoire de Son Of Man) et l’avant-garde se pare parfois d’arrangements presque anachroniques mais le plus clair du temps l’équilibre s’avère parfait entre la tension des nappes électroniques aux pulsations fantasmatiques et le lyrisme des crescendos post-classiques aux harmonies troublées."

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9. Arve Henriksen - Places Of Worship



"A l’arrière-plan de cette trompette qui monopolise l’espace de sa majestueuse gravité, les notes de clavier se déposent en poudreuse, les cordes du Stahlquartett distillent leur malaise impalpable sur fond de remous aquatiques et du grand désert blanc naît soudain un mirage d’Orient, des esquisses d’Espagne, une chapelle hors du temps dont le diacre au timbre aussi perché qu’un Sigur Rós à la croix de bois n’est autre qu’Henriksen lui-même."

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10. Ennio Morricone - La Migliore Offerta (OST)



Si Morricone l’âge avançant se fait aussi rare depuis quelques années que le boycotté Tornatore sur nos écrans français, chacun de ses scores pour le cinéaste italien demeure exceptionnel, en témoignent les élégies tourmentées et autres variations pour chœurs oniriques de cette BO qui voit le Maestro s’attaquer brillamment à l’héritage de la musique baroque, pour un résultat crépusculaire et bouleversant à l’image de la tragédie des illusions que film l’auteur de Cinema Paradiso et Baarìa.





11. Ryuichi Sakamoto + Taylor Deupree - Disappearance



"Préparé ou subtilement désaccordé, le piano de Ryuichi Sakamoto se fait plus erratique, tantôt fragile ou inquiétant au contact des sombres fantasmagories du patron du label 12k, qui font la part belle ici aux friches de field recordings vaporeux et autres arrangements hantés sur fond de hiss cafardeux."

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12. Ben Lukas Boysen - Gravity



"Après une paire de bandes originales qui l’avait vu aborder des rivages plus apaisées aux confins de l’ambient et du classique contemporain, Ben Lukas Boysen laisse loin derrière la fureur des basses sismiques et des beats concassés de son projet électro Hecq pour signer un premier véritable album sous son propre patronyme, dominé par la simplicité mélodique d’un piano à la portée émotionnelle néanmoins ravageuse et quelques nappes analogiques aux allures de chœurs élégiaques."





13. Mr. Teddybear - Music For Video Games



"Drapant cette fois de textures vaporeuses et de percussions intrigantes, d’une étrange poésie amniotique et des accords épars d’un piano pétri de spleen ou d’anxiété ces fantasmagories dont nous sommes les protagonistes impuissants dans le sommeil paradoxal de nos songes les plus profonds, Mr. Teddybear nous laisse à la merci de ses enchantements tels des marionnettes suspendues aux mystères des récollections de leur propre inconscient."

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14. Tiago Sousa - Samsara



Entre spleen atonal et romantisme désabusé, cette suite pour piano du Portugais Tiago Sousa est certainement l’album atemporel par excellence de cette sélection, sommet d’intensité dépouillée dont les mouvements intriqués coulent de source et nous filent au travers du cœur avec moins de temps qu’il nous en faudra pour en comprendre la portée.





15. James Murray - The Land Bridge



"Dans la continuité des esquisses mélodiques de Floods et de ses flux et reflux lancinants, ce deuxième opus du Londonien n’en surprend pas moins par son économie de moyens, distillant ses drones impressionnistes, claviers cristallins et percussions éparses à base d’idiophones et d’objets de récupération dans un océan de silence et de mélancolie."

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16. Marsen Jules Trio - Présence Acousmatique

(w/ Roger Döring)



"Premier rejeton discographique d’une collaboration que Martin Juhls entretient sur scène depuis quelques années avec les frères Anwar et Jan-Philipp Alam (respectivement piano et violon), Présence Acousmatique voit l’Allemand délaisser les nappes de drones post-classiques qu’on lui connaît au profit d’une dynamique insidieuse et feutrée à la croisée du darkjazz et de la musique concrète, épaulé sur deux titres par Roger Döring de Dictaphone."

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17. James Blackshaw & Lubomyr Melnyk - The Watchers



Quelque peu éclipsées par le très beau Corollaries du même Melnyk classé un peu plus bas, ces quatre pièces fleuves voient le souffle romantique du pianiste canadien se frotter aux boucles d’arpèges folk du virtuose britannique de la 12-cordes acoustique, et s’aventurer aux frontières d’une atonalité quelque peu inquiétante entre deux lames de lyrisme en flux tendu. Terrassant.





18. The Fucked Up Beat - A Bomb Shelter In Kansas



"Duo new-yorkais fasciné par les collages surannés, la sci-fi vintage paranoïaque et les atmosphères de l’entre-deux guerres, The Fucked Up Beat est à à la musique de chambre, au jazz et au blues de la première moitié du XXème siècle ce que The Caretaker fut aux standards poussiéreux et au néo-classique lyrique de cette même époque : des passeurs de détresse, d’angoisse et de schizophrénie sous la nostalgie de façade qu’évoquent de prime abord ces transmissions d’un autre temps."

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19. Rauelsson - Vora



"Éloge du temps suspendu où souvenirs diffus d’un passé figé et rêves d’un futur pas encore fixé se télescopent au gré des chassés-croisés entre piano impressionniste et nappes synthétiques, beats d’horloger et field recordings bucoliques, cordes lyriques et chœurs éthérés, l’Espagnol Raúl Pastor Medall capte la poésie d’une traînée de poussière dans un rayon de soleil comme on fait d’un rêve une idée."

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20. Tiny Leaves - A Good Land, An Excellent Land



"L’Anglais Joel Nathaniel Pike va à l’essentiel avec ces 8 titres composés au piano puis étoffés d’échos de guitare drone ou post-rock, de cordes tantôt lyriques ou plus lancinantes et de contrebasse grondante ou jazzy qui siéent on ne peut mieux à cette succession d’élans maximalistes et de respirations introspectives."

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21. The Necks - Open
22. So Percussion - neither ANVIL nor PULLEY
23. Lubomyr Melnyk - Corollaries
24. r.roo - Hydref
25. David Lang - Death Speaks (w/ Bryce Dessner & Shara Worden)
26. Masayoshi Fujita - Stories
27. Richard Moult - Aonaran
28. Aaron Martin / Christoph Berg - Day Has Ended
29. John Zorn - The Mysteries
30. Eluvium - Nightmare Ending
31. F.S. Blumm & Nils Frahm - Music For Wobbling - Music Versus Gravity
32. Raven - New Resolution
33. Erik Friedlander - Claws & Wings
34. Sebastian Plano - Impetus
35. Gargle & Bosques de mi Mente - Absence



7 EPs



1. Steve Gibbs & Cyrus Reynolds - In Passing



Auréolé d’un beau succès d’estime en dépit d’une faible couverture médiatique, cet EP aurait pu gagner en cohérence sans un remix chillwave un brin maladroit de Where Am I mais compense amplement par son merveilleux triptyque d’ouverture, dont les crescendos de lyrisme orchestral sur fond de pulsations deep et minimalistes m’ont laissé le souffle coupé.


2. Isnaj Dui, Offthesky & Orla Wren - 85%
3. Ian Hawgood - Piano Works
4. Marsen Jules Trio - Étoiles de la nuit (string version)
5. Erik Friedlander - Haunted
6. Zoë Keating / Sarah Lipstate w/ Low End String Quartet - Restonia / Into the Midnight Sun
7. Isnaj Dui - After The Flood



indie rock mag - IRM des musiques actuelles


mercredi 21 novembre 2018


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